Le couscous de Mi Aziza fût un délice. Grand père mangeait de la main et Omar trouva un plaisir à l'imiter. Même si ses doigts en souffraient il sentais qu'il ne devait s plus mangert le couscous avec une cuillère comme un gamin. Par contre le lait caillé lui fit très mal au ventre.
Il eut une forte diarrhée et ne sortis plus de la maison pour le reste de la journée !
Le soir , alors que les enfants attendaient la suite de l'histoire il furent surpris par grand père qui engueulait Mi Aziza . Celle ci pleurait et la jeune maman très inquiète suivait la dispute depuis son petit coin .
Mi Aziza resta longtemps dans sa chambre et n'en sortit que pour la cuisine. Sa fille la rejoignit
" Dis aux enfants que je ne peux terminer le conte:" pourquoi mère, qu'est ce qui se passe, demanda la jeune maman intriguée
" C'est ton père il m'avait sermonné toute l'après midi et maintenant il me menace de me répudier si je vous raconte la suite " Qu'est ce qu'il y a de mal à nous raconter ça?
" Paraît-il cela affecte beaucoup Omar
" Qu'est ce qu'il en sait lui?
" C'est ton fils qui lui a parlé de sirènes qui lui auraient pris son père, ton fils tient beaucoup à son père
" Mais ce ne sont que des contes
" Allez savoir ce qui se passe dans l'esprit de petits garçons, de plus il me dit qu'il faut que je dise à Omar que tous cela n'était qu'imaginaire
" Oui il a raison, tu contes si bien que j'avais moi-même cru que c'était vrai
" mais c'est une histoire vrai
" Comment le sais-tu
" Tu oublis qu'on habitait Safi avant de nous installer ici, et que ton père y avait grandis. ".
Voyant que la bougie était toujours allumée, , grand père ordonna depuis sa chambre de l'éteindre et d'aller dormir tout de suite.
Omar s'exécutât bien forcé.
Ce fut l'une des plus longues nuits de son séjour à Meknés . Il n'arrivait pas à dormir. Tout était brouillé dans son esprit.
" Pourquoi ce changement d'attitude. Sûrement que grand père était fâché, mais contre qui? Peut être que c'était à cause de ce que je lui avait raconté sur les sirènes . Peut être oui, car il m'avait semblé perturbé sur le coup. Mais en quoi cela le gênait que les hommes suivaient Lalla Aicha Bahria, ou Aicha Quondicha (Il souffla sous son "Tchamir"*) . " Oui j'y pense maintenant cela devait avoir un lien avec Mi Aziza . Sûrement, car autrement grand père n'aurait pas réagit de la sorte. Aurait-il enfin découvert que Mi Aziza le trompait avec tous les marins du globe. Connaissait-il enfin sa véritable identité? Il n' y a pas d'autres explications!Le comble c'est que Mi Aziza croyait sûrement que c'était moi qui avait informé son mari, et elle n'attendrait que l'occasion pour venir se venger de moi. Si au moins elle me racontait la fin de l'histoire, avant de me tuer! Si au moins je savais ce qu'il était devenu de ce pauvre Aissa!Oui ce jeune garçon était vraiment seul . Je le plains . Il ne connaît pas son véritable père, et il n'a personne pour remplacer le portugais . Heureusement que sa maman sirène pourrait lui apporter tous les jouets qu'il veux , mais il n'a personne avec qui partager ces jouets , ni frère ni sœur. Il doit être bien triste à l'heure qu'il est. J'aimerais bien être son frère!.Mais peut être qu'il n'a que faire d'un frère qui lui prendrait ses jouets ni de mère qui lui empoisonnerait la vie avec ses questions: où tu vas et d'où tu viens Non il n'a besoin de personne, il est libre de faire ce qu'il veux , quand il veux et où il veux. Sa maman pourrait même le transporter dans un autre pays. Oui je l'envie et je voudrais tant l'accompagner. La sirène toute joyeuse nous portera sur son dos dans une course effrénée. Les vagues nous escorteraient, et beaucoup de baleines applaudiraient par leurs nageoires à notre passage. Les oiseaux chanteraient tous en chœur, et le petit nuage nous couvrirait des coups de soleil. Omar finit par céder à la fatigue et s'endormit.
"Soudain une grosse baleine apparu . Elle avait les yeux aussi ronds et la bouche aussi petite que ceux de Mi Aziza. Elle lui ressemblait étrangement.. Cela se voyait que Mi Aziza cachait bien sa méchanceté sous son apparence de bonté. Il savait bien que Mi Aziza se métamorphosait la nuit. La baleine était servie par des milliers de marins sales ivres et immondes qui riaient de leurs dents jaunes tous en tapant sur des pauvres femmes qui pleuraient. . Maman était parmi elles. Il voulut réagir mais ses mains lui désobéirent . Mi Aziza riait des plus belles et ses canines toutes brillantes s'approchaient dangereusement de lui comme pour lui croquer les fesses. Il avais très peur et personne ne vint à son secours.. Grand père écoutait sa radio sans se soucier et sa sœur chantait avec les filles. Les garçons enjambaient le feu, et les "Haddaouas" se coupaient les muscles. Il chercha son papa et le vit au loin . Il était entrain de boire avec ses amis entouré de plusieurs méchantes femmes . Il l'appela de toutes mes forces mais aucun son ne sortit de son gosier sec. Papa était trop occupé . Il ne remarqua même pas que sa femme pleurait ni que son fils allait être mangé par la sirène. Il voulut aller vers lui mais ses jambes ne le supportèrent pas . Les larmes lui brûlaient le fonds des yeux et sa bouche jetait le feu. Omar voulut suivre de vue Papa qui s'éloignait mais ne put faire bouger sa nuque . Soudain tout s'embrouilla dans son esprit. La chaleur du Hammam et l'encense du mausolée l'étouffaient .. Le feu qui sortait de la bouche du " Haddaoui " brûlait le Fkih qui narguait les veuves et les hommes qui circulaient nus dans les ténèbres du Hammam. Omar fuyait le Kessal qui voulait lui couper le bat ventre avec le couteau aiguisé du "Haddaoui" , Il insultais le mulet qui s'arrêtait tout le temps et les hommes qui se collaient aux femmes pour toucher un tissu vert . Il avais chaud et très soif et appelait maman, qui ne l'entendait pas. Puis plus rien, un noir absolu.
Lorsqu'il se releva le matin, il découvrit que son visage s'était complètement déformé. Sa bouche n'était plus à sa place, et son œil gauche grandissait alors que celui de droite se rétrécissait. ..
Sa maman fut la première à remarquer cette déformation faciale, elle cria de toutes ses forces
"Voilà où mènent tes récits,Tout en l'aspergeant de sel Mi Aziza répétait sans cesse:
." Bismi allah, bismi allah l'enfant est attrapé par une "Génia"Elle sortit son "Mejmer" et allait y jeter du "Bkhour", mais la jeune maman n'hésita pas une seule seconde, elle amena son enfant voir un médecin .