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HISTOIRE DE CONTES-9-

Expédié 7/5/2008 12:18:43
Auteur Keltouma

LE HAMMAM

Le lendemain, Omar accompagna grand père au Hammam du quartier. Il n'y était jamais allé auparavant.
Grand père se déshabilla tout de suite alors que l'enfant hésita longtemps avant d'enlever son pantalon. Il n'avait pas l'habitude de voir des hommes torse nu. Encore moins son grand père dont le buste presque squelettique faisait peine à voir. Qui aurait dit que ces tas d' os étaient capables de conduire un si grand car, se demandait -il intrigué par l'effet du temps sur les gens. Il plaint cet être si cher ,  devenu curieusement beaucoup plus petit sans ses habits

Omar gardant ma main bien collée sur mon bat ventre, ne comprenait pas comment tous ces gens pouvaient se permettre de circuler sans gêne totalement nus , sans même un slip. Heureusement que grand père avait le sien, car autrement il se serait sauvé tout de suite.
Ce dernier poussa une grande et lourde porte à laquelle était suspendu un grand pneu , donnant sur une salle très sombre . Une vapeur partait du sol et masquait complètement la vue.
Omar trébuchait à chaque fois sur le pied ou la main d'un corps allongé qu'il ne remarquait qu'à la dernière seconde. Il faisait encore plus sombre et surtout plus chaud à la seconde pièce. Omar en suffoquais . Soudain il se rappela que Aicha Quondicha était partout là où il y avait de l'eau et des ténèbres et il eut une grosse frayeur. Cette "Gine" pouvait surgir de n'importe où. . Il voulut revenir sur ses pas mais eut peur de se perdre ou que la "Gine" ne le rattrape avant qu'il n'atteigne le vestibule éclairé. Il resta collé au slip de grand père!
Ce dernier était loin de toutes ces tourmentes. Il choisit paisiblement la place la plus chaude et la plus sombre pour s'y allonger et demanda à l'enfant presque livide de peur de faire de même. Omar resta longtemps debout avant de m'accroupir à ses cotés. Il n'osait pas s'allonger dans une place qui non seulement cuisait la peau , mais où coulaient aussi toutes les saletés des autres .
Soudain de grands yeux blancs, suivies de dents très blanches sortirent des ténèbres . Omar sursauta et resta cloué sur place. Il ne savait quelle position adopter. Il perdit complètement la voix. Un homme de couleur noire, très grand et très fort s'agenouilla souriant près de son grand père toujours allongé sur le ventre et se mit à lui masser le dos . Il ne se contenta pas de ça, mais il passa ses jambes des deux cotés comme s'il voulait enfourcher un cheval. Omar , eut très peur et ses mains tremblaient. Sentant que ce qui était entrain de se passer devant lui n'était pas normale et croyant que son père était en danger il renversa le seau d'eau afin d'attirer son attention. Il s'attendait à ce que grand père réagisse et éjecte le monsieur bien installé sur son dos, mais ce dernier se contenta de lui faire signe de s'assoire et retrouva sa position allongée. Désabusé Omar regardait faire le monsieur et ne comprit qu'à la fin que le "Kessal" ne faisait que frotter le dos de grand père . Heureusement qu'il n'avait pas exprimé haut et fort ce, à quoi il pensait. Sinon il aurait été la risée de toute la famille. Lorsque vint son tour, le "Kessal"* frotta l'enfant de la plus belle des manières. C'était comme s'il voulait lui enlever la peau . Cela lui faisait mal, mais il n'osait pas le manifester . A un moment le "Kessal" essaya de lui enlever son slip , mais l'enfant d'un geste brusque le repoussa . et le pauvre homme , qui ne s'y attendait pas, se renversa. Omar alla trouver refuge chez grand père déjà habillé et qui l'attendait au vestibule. Ce dernier eut du mal à le calmer, et à lui expliquer que c'était dans les habitudes d'enlever le slip pour se faire mieux laver. Mais cela ne le convainquit guère , sa maman était catégorique, il ne devait laisser personne lui enlever le slip , même pas son propre père. De plus pourquoi ce vilain monsieur avait-il touché par deux fois son bas ventre ? N'était-ce pas pour s'assurer qu'il était homme . Il aurait du comprendre qu'un homme ne se laisse jamais toucher là ou il ne fallait pas. Sa maman avait raison , on n'est jamais assez prudent.

le pauvre Kessal désabusé venait s'excuser auprès de grand père. . Ce dernier fut obligé de se déshabiller à nouveau et de laver l'enfant de ses propres mains. Il prit soin de ne toucher aucune des parties interdites du corps de son petit fils.

Omar en sortis tout neuf mais tout meurtris





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