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27/05/12
27.05.2012 Encore un effort, M. le Secrétaire général de l'ONU, et vous reconnaitrez que l'opposition syrienne est parfois un peu brutale. Et,peut-être, plus tard, que Bachar conserve quelques partisans.... Ban Ki-moon vient d’adresser – vendredi 25 mai – un rapport de douze pages sur la situation syrienne au président du Conseil de sécurité de l’ONU, l’azerbaïdjanais Agshin Mehdiyeh, rapport dont les représentants des 15 membres permanents du dit Conseil ont reçu copie. Entre autres choses, Ban Ki-moon, qui a récemment envisagé la présence d’al-Qaïda en Syrie, constate qu’il y a « une augmentation du nombre d’attentats à la bombe, notamment à Damas, Hama, Alep, Idleb et Deir Ezzor ». Cette évidence étant ainsi officiellement avalisée, Ban Ki-moon « se mouille » officiellement en écrivant que « des groupes terroristes établis » « pourraient » être derrière ces attentats. Le Secrétaire général de l’ONU, c’est à noter, expose la thèse de Damas sur le sujet : « Le gouvernement syrien affirme que de tels groupes sont actifs dans le pays« . « Le Front al-Nusra (islamiste radical, NdlR), poursuit Ban Ki-moon, a revendiqué la responsabilité d’au moins six des récentes explosions« . Pour le reste, le patron de l’ONU a estimé que la situation globale en Syrie restait « extrêmement préoccupante« , un mois et demi après la proclamation – unilatérale – d’un cessez le-feu par les autorités, suivant le calendrier établi par le plan de paix présenté par Kofi Annan. Ban Ki-moon parle de « petits progrès sur certaines questions ». En conséquence de quoi, il recommande rituellement que les deux camps en présence ne soient pas fournis en armements par quiconque. Ban Ki-moon, dans un registre anti-Bachar qui lui est plus habituel, affirme que des villes entières sont sous le contrôle de l’opposition. À ce dernier sujet, on dira que le n°1 de l’ONU, semblable en cela aux médias, tire l’essentiel de ces informations de l’OSDH. Or c’est une tactique éprouvée qui fait annoncer par l’OSDH, ou l’ASL, que les bandes contrôlent une ville entière – Rastan, Idleb aujourd’hui, Homs hier, quand il s’agit de quartiers, ou de bouts de quartiers. De son côté, le porte-parole de Ban Ki-moon, Martin Nesirky, a indiqué jeudi dans son point de presse quotidien que le récent rapport de la Commission onusienne des droits de l’homme incriminait une responsabilité prépondérante aux services de sécurité dans la violence. Mais il a ajouté que la commission d’enquête internationale mandatée par les Nations-Unies avait « également reçu de nombreuses informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires de membres de l’armée et des forces de sécurité ainsi que d’informateurs présumés et de collaborateurs capturés par des groupes anti-gouvernementaux« . Il ne manque plus que d’intégrer à ce rapport les informations sur les assassinats ciblés, à domicile, au travail ou en voiture, de civils par les mêmes « groupes antigouvernementaux« , et l’ONU aura fait un grand pas vers la neutralité voire l’objectivité à laquelle elle est statutairement tenue ! Enfin, considérons que l’ondoyant Ban Ki-moon vient de « lâcher du lest ». Moins sous l’influence de sa conscience professionnelle que sous celle de la Russie et de la Chine. http://www.infosyrie.fr/ |
26/05/12
26.05.2012  L’OSDH a annoncé samedi un massacre de civils qui aurait été commis vendredi à Houla – 25 kilomètres environ au nord-ouest de Homs – par l’armée. Selon les versions produites par cette officine, les militaires auraient ouvert le feu sur une manifestation d’opposition. Ou auraient bombardé la ville et sa périphérie. C’est le plus lourd bilan de ce genre produit par l’OSDH qui affirme encore que 25 enfants figurent parmi les victimes. Plus tôt, l’OSDH avait établi un « premier bilan » de 50 morts et de 100 blessés. Le CNS a lui fait monter le bilan à 120 morts et réclamé une réunion urgente du Conseil de sécurité. L’OSDH en profite pour attaquer la mission d’observation de l’ONU – et donc le plan de paix – en accusant les bérets bleus de faire le silence sur ce massacre. Qu'en est-il ? Nous n’avons pas d’informations de première main sur le sujet. Mais nous ne pouvons que douter de la réalité d’un massacre commis par les forces syriennes, qui, quoiqu’en dise l’OSDH, observent dans le contrôle et même la répression des manifestations du vendredi une retenue dont témoignent même les bilans de l’OSDH : - -la plupart des morts, réels ou inventés, recensés ces derniers mois par l’OSDH le sont dans des « combats« , ou des « bombardements« , les militaires, surveillés non seulement par les gens de l’ONU mais par la presse internationale, préférant utiliser des gaz lacrymogènes que le tir à balles réelles pour disperser les manifestants. Quand d’ailleurs ils les dispersent. *
- L’OSDH signale certes des victimes qui auraient péri lors de manifestation, mais les chiffres alors produits n’ont rien de commun avec ceux avancés aujourd’hui pour Houla.
Alors comment croire que les mêmes militaires, très encadrés, auraient offert à l’opposition radicale une centaine de martyres ? Ce alors que la position du régime s’est globalement renforcée ces derniers temps. En revanche, le massacre de Houla tombe à pic pour relancer la machine du CNS, qui n’a plus aucune force d’attraction et vient de perdre son président Ghalioun, en attendant d’autres défections. Et aussi, éventuellement, relancer la contestation de base. Et de ce point de vue, pour conjurer une évolution globalement pas favorable à sa cause, l’OSDH a fait le forcing ce week-end : outre le massacre de Houla, l’officine londonienne a annoncé des manifestations de « plusieurs dizaines de milliers » de personnes à Idleb, et surtout à Alep, ville très longtemps restée à l’écart du mouvement. Dans les deux cas, c »est l’inflation des chiffres, les quelques images d’Alep que nous avons pu voir sur des chaînes d’information française ne permettant pas de conclure à des « dizaines de milliers » de manifestants. Mais l’OSDH continue de mentir en toute impunité, l’AFP répercutant le moindre de ses communiqués, se contentant, comme ce samedi, de rappeler que l’OSDH est « proche de l’opposition » ou de parler de « sources de l’opposition« . On verra ce que dit le gouvernement syrien de Houla. À signaler à ce propos qu’une vidéo sur le massacre de 25 enfants dans cette ville circule effectivement sur la toile, et les images sont dures. Qui a tué ces enfants, et dans quelles circonstances ? L’ASL disent les partisans du régime. Les hommes de Bachar affirment les activistes. - Une chose est sûre, les rebelles armés, qui prennent des populations de quartiers entiers en otages, s’efforcent de les impliquer dans leur tentative de guerre civile, et ainsi d’accroître les fractures, d’aviver les haines.
Si ces enfants sont morts dans un bombardement de l’armée sur des positions rebelles, n’ont-ils pas servi de boucliers humains à ces derniers ? Les rebelles, activistes, insurgés, ASL ou autonomes djihadistes, ne sont hélas pas actifs qu’à Houla : - Sana annonce qu’une attaque contre une veillée funèbre, vendredi soir, dans le village de Qab al-Hat près de Salamieh – à peu près à mi-chemin de Hama et de Homs – a fait sept morts et 14 blessés.
Les assaillants, surgis à bord de trois véhicules, ont été accrochés par les forces de l’ordre et plusieurs d’entre eux auraient été tués et blessés. La racine du mal syrien a pu être la corruption, ou le despotisme administratif de certains potentats locaux. Aujourd’hui c’est clairement le fanatisme religieux et le soutien qu’il reçoit de l’extérieur. http://www.infosyrie.fr/ |
25/05/12
La boussole russe montre toujours le nord ! La diplomatie russe n'a changé ni de tête - ni de ligne sur la Syrie. Comme dirait feu Alain Juppé, elle est "droite dans ses bottes" ! Certains chefs de diplomatie s’en vont (heureusement) – Alain Juppé – d’autres restent en place (heureusement) : - -ainsi Sergueï Lavrov qui aujourd’hui sous la présidence de Poutine comme hier sous celle de Medvedev maintient la ligne, les analyses et le franc-parler de l’administration russe quant à la Syrie.
- Ainsi mercredi 23 mai, il tenait conférence de presse à Moscou, et en a profité pour remettre, à la lumière des derniers développements, un certain nombre de points sur un certain nombre de « i ».
Au détriment de l’opposition et des pays qui la soutiennent, accusés par Lavrov de vouloir faire échouer le plan de paix de Kofi Annan et de l’ONU. Le ministre a clairement désigné les groupes armés et les pays qui les financent – suivez son regard en direction du Golfe – qui sabotent à coup d’assassinats et d’attaques le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis presque un mois et demi. - « Tout ceci constitue une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité qui a totalement approuvé ce plan stipulant l’arrêt immédiat de la violence non pas seulement de la part du gouvernement mais aussi de la part de toutes les factions de l’opposition, dont bien sûr l’opposition armée » a ponctué Lavrov.
Un énième rappel d’évidences, une nouvelle fois rendu nécessaire par l’autisme volontaire de certains gouvernements occidentaux, dont certains appuient théoriquement, eux aussi, le plan de paix. « On ne peut jeter la pierre à un seul camp » insiste S. Lavrov à l’intention de ceux dont il remarque qu’ils exigent du gouvernement syrien qu’il exécute immédiatement les dispositions du plan Annan alors qu’ils excusent, nient ou carrément encouragent et subventionnent les provocations sanglantes de l’opposition. Justement, probablement à l’intention de cette opposition, ou de sa tendance dite la plus représentative, le chef de la diplomatie russe a lancé un appel à exprimer clairement ce qu’elle veut, à arrêter enfin la violence et à débuter un vrai dialogue politique avec le pouvoir, c’est-à-dire à donner enfin une chance au plan de paix de l’ONU, de la Ligue arabe et de Kofi Annan. Et Lavrov de demander, en faux ingénu, si certains opposants n’avaient pas, par hasard, un plan secret, très différent de celui d’Annan, et qui consisterait à changer de régime par tous les moyens, même illégaux… La question mérite d’être posée, en effet… Dans le même temps, le second de Lavrov, le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, par ailleurs envoyé spécial du président russe au Proche-Orient, a accusé nommément le CNS de fuir tout ce qui pourrait conduire à une application du plan Annan. Sergueï Lavrov a aussi exprimé l’inquiétude quant à la possibilité de voir le conflit syrien s’inviter au Liban. À ce sujet l’ambassadeur de Moscou à Byrouth, Alexandre Zasypkin, s’est déclaré, à l’issue d’entretiens avec des responsables libanais, satisfait des mesures adoptées par l’armée libanaise pour lutter contre le trafic d’armes en direction de la Syrie. À noter que quelques jours plus tôt, le 10 mai, M.Zasypkin avait exhorté l’opposition syrienne à « couper toute relation avec les groupes armés« . Le genre de prière qu’on formule à haute voix pour mieux les voir tomber dans des oreilles de sourds ! Plus que jamais, l’administration russe, qui est là a priori pour un certain temps, montre le nord aux diplomates du monde entier comme aux protagonistes de la crise syrienne. Les cheveux d’Alain Juppé sont tombés bien avant lui, mais ceux d’Hillary Clinton n’ont pas fini de se dresser – et de blanchir ! http://www.infosyrie.fr/ |
25/05/12
Damas-Tichrine, le 23 mai : un béret bleu au chevet d'un soldat blessé. Eux verront, contrairement aux "enquêteurs" de Genève, toutes les variétés de victimes, tous les genres de violations des droits de l'homme Alors que la grande majorité des 300 bérets bleus est à présent arrivée en Syrie, et alors que tant le chef de la mission, le général Rober Mood, que le responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, ont reconnu la coopération du gouvernement syrien dans la tentative d’application du cessez-le-feu, et même reconnu le problème crucial que posait la présence sur le terrain de terroristes (voir notre article « L’ONU plus objective à Damas qu’à New York », mis en ligne le 22 mai), l’AFP accorde toute son attention au rapport d’une commission d’enquête « mandatée par l’ONU » selon lequel « la plupart des violations graves » (des droits de l’homme) en Syrie ont été commises par l’armée et les services de sécurité, soit dans le cadre d’opérations militaires, soit dans le cadre de recherches policières. Rapport – au mieux - »hémiplégique » Que des brutalités et des abus soient commis par les militaires dans un contexte tel que le connaissent plusieurs villes et régions de Syrie, c’est regrettable mais ce n’est pas étonnant. Et puis quand, quotidiennement, des soldats et des policiers, mais aussi des civils pratiquant la mauvaise religion, les mauvaises opinion, ou simplement ayant un profit social de notable ou de cadre de la nation, sont assassinés chez eux, sur leur lieux travail ou au volant de leur voiture, est-ce que cela ressort à des « violations graves » des règles de civilisation ou pas ? Les « enquêteurs » mandatés par le « Conseil des droits de l’homme » des Nations-Unies pointent des tortures et des exécutions extra-judiciaires, pratiquées y compris sur des enfants. Ca ne vous rappelle rien ce genre d’accusation? À nous si : on croirait lire la prose de l’OSDH ou des cyber-dissidents de Syrian Revolution 2011. Accuser le régime de tuer, torturer et même violer des enfants est un must de la propagande. Quitte d’ailleurs à parfois récupérer le cadavre d’une jeune victime de l’opposition armée comme Sari Saoud à Homs (voire notamment notre article « La mère de Sari Saoud témoigne et accuse », mis en ligne le 2 décembre). Il faudra que ces enquêteurs d’abord étayent ces accusations – qui si elles sont établies devront être publiquement condamnées par le gouvernement. Il faudra ensuite qu’ils disent un mot des « tortures » et « exécutions extrajudiciaires » commises notamment à Bab Amr entre l’été 2011 et le mois de février 2012 par les commissaires politiques de l’ASL et leur « brigade d’interrogatoire » – puis d’ »enterrement » – et qui ont fait l’objet d’un article « édifiant » mais guère commenté par l’AFP, du Spiegel » (voir notre article « Der Spiegel a interrogé des rebelles-tortionnaires de Bab Amr », mis en ligne le 30 mars). Qu’ils fassent tout cela, nos inquisiteurs genevois et nous les écouterons plus volontiers. Au fait, un détail, les enquêteurs en question ne se sont pas rendus en Syrie : -ils ont donc compilé des informations qu’on leur faisait parvenir. On ne demandera qui est « on », en la circonstance. Autre détail curieux, et relevé d’ailleurs par l’AFP, le rapport ne fournit pas de chiffre global des victimes de la crise syrienne depuis son début. Pourquoi ? Pas mal de médias ne se gênent pas pour mettre, sur les « indications » de l’OSDH, les compteurs à 14 000. Qu’est-ce qui motive donc cette pudeur soudaine ? On nous aurait menti ? On se refuse à le croire ! Au fait, on a identifié au moins certaines de ces victimes : par exemple, les 16 membres des forces de l’ordre dont a célébré les obsèques ce 24 mai à partir des hôpitaux militaires de Damas-Tichrine, d’Alep et de Deir Ezzor ainsi que de l’hôpital de la police de Damas. Si ça intéresse nos fonctionnaires genevois, voici toujours leur nom, grade et gouvernorat d’origine : -colonel Abdel Aziz Asaad (Lattaquié) -lieutenant-colonel Mosaab Abdel Karim al-Nahar (Quneitra) -capitaine Kifah Fajet Daakour (Tartous) -adjudant-chef Rakan Akram al-Chaarani (Soueidaa) -sergent-chef Sinan Chawwaf (Lattaquié) -sergent-chef Qassam Mohammad Kahalf (Quneitra) -sergent-chef Hawwach Amine Fandi (Hama) -conscrit Ahmed Abed al-Saho (Hassaké) -conscrit Abdallah Fouad Ahmad (Alep) -conscrit Ismaïl Zafer al-Zennar (Alep) -policier Zyad Nizar al-Hasan (Hama) -policier Mohammad Hammoud al-Madmoud (Homs) -policier Abdel Basset Mohammad Abdallah (Idleb) -policier Ibrahim Mostafa Hallak (Idleb) -policier Fawzi Rajab al-Sous (Idleb) -policier Sala Hussein Bader (Quneitra) Plus les civils… -Khaled Mohammad Zahra (Damas) -Mohammad Abdallah al-Zouhouri (Homs) Voilà donc 24 ou 48 heures de résultats de « violations » ordinaires du cessez le feu et de l’habeas corpus par des groupes se réclamant clairement de l’opposition, et ayant le plus souvent tué leurs victimes dans des attentats, des embuscades et des attentats à l’explosif, à Damas, Deraa, Idleb, Alep, Homs et Deir Ezzor. Vu de Genève, c’est sans doute moins impressionnant… Des morts qui ne sont sans doute pas encore assez nombreux, aux yeux de certains fonctionnaires genevois de l'ONU, pour être pris en compte http://www.infosyrie.fr/ |
25/05/12
Les "Amis" de la Syrie réunis en à Istambul en avril dernier : aujourd'hui la baudruche est bien dégonflée - « La Syrie a été en mesure de repousser les pressions et les menaces auxquelles elle a été soumise pendant des années (…) Elle sera capable de surmonter la crise actuelle« .
Ces propos de Bachar al-Assad, tenus jeudi au ministre iranien des Télécommunications, traduisent une certaine assurance. Manifestement, pour le chef de l’État, la Syrie entrevoit le bout du tunnel, en dépit de la dîme sanglante prélevée quotidiennement par la guérilla et le terrorisme. Bachar pense, pour reprendre une formule de Churchill, que pour les ennemis de son pays, « ce n’est peut-être pas le commencement de la fin, mais c’est déjà la fin du commencement« . Moscou prend les « amis » occidentaux de la Syrie de haut Justement, les ennemis, maquillés diplomatiquement en « Amis de la Syrie« , continuent d’organiser des sommets, un peu à la manière d’un canard à qui on a coupé la tête mais dont le corps continue quelques secondes de marcher. Le nouveau raout sous égide américaine, turque, arabe alignée, se tient cette fois à Abou Dhabi, un de ces Émirats arabes unis alliés au Qatar et à l’Arabie séoudite. Au récent sommet du G8, le président russe Vladimir Poutine avait ostensiblement boudé la réunion, y envoyant néanmoins son Premier ministre et ami Dimitri Medvedev. Pour ce qui est des (faux) amis de la Syrie, la Russie boycottera cette réunion comme les précédentes du genre, en Turquie, en Tunisie et à Paris. Et là aussi, la direction russe se sent assez forte pour poser une condition sine qua non et cependant inacceptable pour les « gentils organisateurs » du sommet : - - que la Syrie, à travers ses représentants officiels, y participe. Ca parait aller théoriquement de soi, étant donné la « raison sociale » de la réunion mais on sait bien que ces « amis » là n’acceptent comme Syriens à ces sommets que les gens du CNS.
Tout le monde, faux et vrais amis de la Syrie, sait à quoi s’en tenir, mais cette prise de position russe, exprimée jeudi par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch, est bien évidemment une petite vengeance diplomatique de Moscou à l’égard d’une coalition qui a essayé durant des mois de maquiller un coup d’État et une subversion tout à la fois politique et terroriste en aide à un peuple et à sa liberté. Par cette exigence d’une présence de représentants légaux – et, en tout état de cause, plus légitimes que les gens du CNS et de l’ASL – du peuple syrien à ce sommet de manipulateurs et de manipulés, l’administration Poutine signifie clairement que la comédie de l’opposition sous licence occidentale et golfiste a assez duré. Par ailleurs, Alexandre Loukachevitch a confirmé que la Russie avait envoyé des observateurs à la mission onusienne d’observation, qui compterait désormais, selon lui, 270 membres présents sur place, dont une soixantaine de civils. CNS : Ghalioun règle ses comptes L’été s’annonce morose pour celle-ci, et singulièrement pour le CNS, promu naguère représentant légitime du peuple syrien par les Clinton et autres Juppé, et dont le président démissionnaire, Burhan Ghalioun, conteste désormais précisément la légitimité. S’exprimant peu après l’annonce de sa démission, jeudi 24 mai, Ghalioun a notamment estimé qu’ »on » (le CNS) n’avait pas été à la « hauteur des sacrifices du peuple syrien« . Et il a dénoncé la « lenteur » du CNS par rapport au dynamisme de la révolte de terrain, reprenant à son compte les critiques des « Comités locaux de coordination« , une structure de l’opposition radicale derrière l’organisation des manifestations du vendredi en Syrie. On peut dire que pendant la démission, la myopie, voire la cécité de Ghalioun ne s’arrange pas : quelle que soit la déconnection du CNS des réalités de terrain, on ne peut pas dire que le mouvement de contestation intérieur, toujours vivace, soit pour autant en phase ascendante. Il y a toujours des milliers de manifestants dans un certain nombre de villes, c’est entendu, mais le mouvement est plus minoritaire, et a moins de perspectives politiques, que jamais. Ghalioun est un rien plus lucide quant au fonctionnement et à la composition du CNS, qu’il a pratiquées pendant presque dix mois : - « La formule actuelle (du CNS) est une formule de coalition de quelques partis ou formations politique qui monopolisent la décision et ne donnent aucune chance aux membres de participer réellement à la décision, c’est ça qui a causé beaucoup d’inertie« .
Mais qu’est-ce que le professeur Ghalioun pouvait espérer – en termes de démocratie interne – d’une machine politique – et diplomatique – dont Georges Malbrunot disait voici déjà plusieurs mois qu’elle était complètement dans les mains du gouvernement turc et de la confrérie syrienne des Frères musulmans ? Justement, dans le Figaro, Georges Malbrunot revient sur les causes et circonstances de cette spectaculaire démission : il indique que Ghalioun se heurtait à ses « employeurs » notamment sur la question de la militarisation croissante, via l’ASL, de l’opposition radicale. Et aussi de sa militarisation partisane : -le journaliste rappelle que les Frères musulmans ont « fait échouer » un acheminement d’armes en Syrie au motif que celles-ci étaient destinées à un groupe laïc ! Ghalioun, apparemment, était de plus en plus mal à l’aise dans ses fonction : « J’en ai le vertige (…) Je ne sais plus qui dirige le Conseil » a-t-il ainsi récemment confié à un ami diplomate arabe lors d’un séjour à Paris. Pourtant, le professeur a été réélu deux fois. Mais à chaque fois, explique Malbrunot, les Frères musulmans faisaient monter les enchères, exigeant plus de pouvoir et de créatures à eux au sein des instances dirigeantes. On s’en doutait, et on l’a exprimé plusieurs fois sur ce site, le CNS était un cache-sexe des Frères, et Ghalioun une potiche. Feu Alain Juppé, principal soutien international de feu Ghalioun aurait dû le savoir, mais son arrogance lui tenait lieu, ça aussi on l’a écrit ici, de ligne diplomatique. Naturellement, la démission de Ghalioun est une assez mauvaise nouvelle pour l’opposition radicale en général et pour le CNS en particulier. Cette construction artificielle à capitaux étrangers accusait depuis au moins le début de l’année d’une perte de crédibilité, en dépit des efforts de ses parrains étrangers. Aujourd’hui, c’est un champ de ruines, et presque un objet de ricanements : « Le CNS c’est une plaisanterie ! » dit à Malbrunot un expert travaillant pour un centre de recherches d’un émirat du Golfe. Une assez mauvaise plaisanterie, étant entendu que les meilleure sont les plus courtes. Enfin, on approche peut-être de la « chute » de cette histoire-là. Et deux de chute ! http://www.infosyrie.fr/ |
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