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27/10/14
Catégorie: Musique : 

Auteur: vilistia (12:34 am)

Journal de Syrie 26/10/2014, l’appui du gouvernement syrien aux Syriens kurdes








26/10/14
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (1:46 pm)

Dimanche 26 octobre 2014

Vers un monde multipolaire, enfin ! (eva)

L’OCS, un éventuel concurrent de l’OTAN ?
.15 octobre 2014

N.B. : Texte publié le 9 octobre 2014, sur le Blog : Iran : Analyses et Perspectives

“Une flèche en fin de course ne peut pas percer le costume de soie de Lu”
Proverbe et Principe Stratégique Chinois

Chut !...

Un évènement de portée considérable, sur le plan géopolitique, s’est produit à la mi-septembre 2014. Au point que des analystes l’assimilent à un "mouvement de plaques tectoniques" configurant les continents de notre planète, il est vrai sur des millénaires.

Evidemment, en Occident, notre Industrie de la Désinformation l’a consciencieusement « étouffé »… Rien de nouveau : sa "division", ou sa "branche", « Etouffement - Occultation » rivalisant de zèle estival avec sa consœur « Montage de Fictions »… (1)

Le 14eme sommet des chefs des Etats membres du SCO, s’est tenu les 11 et 12 septembre 2014 à Douchanbé, capitale du Tadjikistan. Précédé d’un intense travail préparatoire réunissant notamment, le 30 août, les ministres des affaires étrangères de chacun de ces Etats.

Organisation "non occidentale", puisqu’on n’y trouve aucune des traditionnelles "puissances coloniales", elle est moins connue que le BRICS. Illustration pourtant, davantage que le BRICS, du basculement inéluctable du centre de gravité de la puissance économique et stratégique de l’Humanité pour les prochains siècles.

Son appellation, liée à sa récente et modeste création à Shanghai en 2001, The Shanghai Cooperation Organization, sera amenée à évoluer du fait de la fulgurante ampleur qu’elle connaît actuellement dans tous les domaines, et de son élargissement prévisible.

Organisation intergouvernementale à dominante "Eurasienne" au départ, elle compte, pour le moment, six pays membres : Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Russie, Tadjikistan, et Ouzbékistan. Auxquels se sont ajoutés, en tant que "membres observateurs" : l’Afghanistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan. (2)

D’importantes décisions, orientations et programmations ont été engagées à ce sommet, déterminantes pour l’avenir de cette région et lerééquilibrage "multipolaire" mondial.

Il fut l’occasion, aussi, d’une consécration de l’Iran. Considéré en "grande puissance régionale", respectée, appréciée et sollicitée, par tous les chefs et délégations des Etats participant à cette manifestation. (3) Le président Rouhani, au cours de sa visite officielle au Tadjikistan, célébrant même l’inauguration d’un barrage et d’une centrale hydroélectriques construits par les ingénieurs et les entreprises Iraniens.

Mais, chut !...

Ne froissons pas la susceptibilité de nos vaillants Décrypteurs de l’Info. Ils ne cessent de croire et de proclamer l’isolement de l’Iran, mis au ban de "La Communauté Internationale" … (4)

Que leurs neurones reposent en paix !...

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

Stabilisateur et structurant

Par son rôle stabilisateur et structurant dans la région la plus explosive du monde, depuis la fin de la guerre du Vietnam, l’Iran est hautement apprécié par tous les pays soucieux de paix et de développement, dans le respect mutuel d’un partenariat aux intérêts équitablement partagés.

Tous, impressionnés par la remarquable résilience de ce pays de 80 millions d'habitants (3 fois la France en superficie) inébranlable quant à la défense de sa souveraineté nationale, tout en effectuant des progrès constants dans les domaines économiques, sociaux, technologiques et militaires.

L'Iran, à l'exemple de la détermination de Charles de Gaulle du temps où la France se voulait "Etat indépendant et souverain", édifiant en trois décennies une industrie de l'armement lui assurant une totale autonomie et une redoutable "défense nationale" : un des premiers "missiliers" dans le monde, constructeur de radars à haute performance, de ses propres frégates, drones et avions, sous-marins et hélicoptères, satellites et lanceurs, etc.

D’où le chaleureux accueil, reçu par le président Iranien, des principaux chefs d’Etats, membres ou observateurs du SCO, tout particulièrement de la Chine, de l’Inde et de la Russie.

Car le SCO, regroupant les plus grands pays de la planète par la superficie ou la population (Chine, Inde et Russie), s’est donné pour priorité, devant la complète décrépitude de l’ONU, de recentrer les relations internationales sur le dialogue et la négociation, fondements de la Paix.

Pendant et à l’issue du sommet, on se doit de retenir dans les déclarations officielles l’affirmation claire, déterminée, du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de toutes les nations.

Citant tout spécialement, du fait des évènements en cours, celles de la Syrie et de l’Irak. En conséquence : la condamnation de tout "l’arsenal" devenu aujourd’hui le seul mode de communication de l’Occident à l’égard des autres nations : menaces, sanctions, provocations militaires, et manœuvres de déstabilisation par services spéciaux ou mercenaires interposés.

Tous les pays du SCO ont soutenu, ainsi, le droit souverain de l’Iran, dans le respect du Traité de Non Prolifération dont il est signataire, d'exploiter l’énergie nucléaire. Exprimant leur solidarité avec la Russie quant à ses droits inaliénables en Crimée, et son comportement pacifique dans la « crise ukrainienne » fabriquée de toutes pièces par l’Occident. (5)

Récusant, de ce fait, toutes les interventions de puissances extérieures à la région, souvent anciennes puissances coloniales des pays subissant les opérations de chaos artificiellement créé et entretenu chez eux. Avec leurs habillages de propagande, ou dégâts collatéraux : terrorisme, extrémisme, séparatisme et trafic de drogue.

Une mention spéciale pour le "trafic de drogue" avec sa principale source qu'est la culture de l'opium qui a plus que décuplé en Afghanistan depuis l’invasion des troupes de l’OTAN. Transformant ce pays en plaque tournante du trafic d’opium et d'héroïne à destination de l’Europe, mais surtout des pays d’Asie, centrale ou périphérique.

Parmi les premiers visés, pour les miner de l'intérieur comme au temps des"Guerres de l'Opium" du XIX° siècle : Iran, Russie et Chine.

Il s’agit de milliards de dollars en jeu blanchis dans les banques des Emirats du Golfe (paysans et petits chefs Afghans n'en recevant que les miettes), nourrissant ce que les chercheurs en organisations socio-politiques qualifient l’Etat Profond (Deep State) dans les pays occidentaux. Ce "pouvoir invisible", élections et parlements n’étant qu’un simulacre, qui détient la véritable « décision » économique, diplomatique et militaire. (6)

Ces milliards alimentant les fonds secrets (hors "budgets officiels") des services spéciaux pour déstabiliser les Etats réticents ou imperméables aux diktats de l’Occident. Enrichissant, aussi, sur le plan personnel et dans l'impunité, une grande partie de la hiérarchie militaire et politique des « élites » occidentales ayant la haute main sur l’appareil sécuritaire et financier des Etats : services spéciaux, de propagande ou de sécurité, diplomatie et intervenions militaires secrètes…

On comprend d’autant mieux l’hostilité viscérale, irrationnelle en apparence, de cette oligarchie à l’encontre de l’Iran quand on sait qu’il représente le pays où les saisies de drogues et la neutralisation des trafiquants sont les plus performantes actuellement sur la planète.

"L’Etat Profond", comme toute mafia et pas plus qu’Al Capone dans le temps, n’apprécie pas qu’on "perturbe" son plantureux et discret trafic…

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

Défilé des troupes d'élite de l'Armée Iranienne (septembre 2014)

Développement et Coopération

La sécurité dans la région d’Asie Centrale ne peut s’envisager sans y associer étroitement l’Iran. Dans un partenariat actif et confiant. Au-delà du simple aspect sécuritaire ou militaire, trafics mafieux, chaos architecturés par le mercenariat occidental, entravent le développement économique de tous les Etats de la région, ainsi que l’ont fait ressortir les présidents de la Russie et de la Chine. (7)

Ce volet "solidarité dans la sécurité" est particulièrement travaillé par les pays membres avec le développement croissant des manœuvres conjointes (les récentes, conduites en Mongolie, ont été spectaculaires en termes de moyens employés et de distances parcourues), avec la mise en commun des outils de surveillance et de renseignement.

Mais, c’est surtout sur le plan de la croissance économique, avec la multiplication des investissements créateurs d’emplois, que le SCO s’est focalisé. De multiples accords ont été conclus entre ses membres, sur des projets de développement du commerce, de l’agriculture, des énergies renouvelables, des hautes technologies, des infrastructures relevant des transports (routes et voies ferrées) et des ressources en eau. S’ajoutant à des plans de coopération et d’intégration dans la recherche, l’éducation, la santé, la culture, la lutte contre pauvreté et précarité.

Chine et Russie montrant l’exemple dans l’exploitation des ressources de la Sibérie, et sa mise en valeur, avec d’énormes contrats d’infrastructures et d’échanges. Notamment la construction de l’East Route Pipeline. (8) Le tout, formaté dans un plan stratégique de développement du SCO jusqu’en 2025 que la Russie, dans le cadre de sa présidence tournante prenant effet dès la fin du sommet, s’engage à activer avec le maximum de moyens. (9)

Parmi les chantiers pour l’année prochaine figure en tête de liste un acte de portée historique pour cette organisation : l’accueil en tant que "membres permanents", quittant ainsi leur statut "d’observateurs", de l’Inde et du Pakistan. (10)

Magistrale inflexion du cours de l’Histoire sur, entre autres, deux points fondamentaux :

i) Inde et Pakistan sont deux puissance nucléaires, non encore signataires du Traité de Non Prolifération, hostiles entre elles depuis leur indépendance. Accordée par le colonisateur britannique, prenant soin de laisser entre les deux pays une "pomme de discorde" : le Cachemire (un des immenses "châteaux d’eau" de la région…). Source permanente de conflits frontaliers allant jusqu’à des guerres.

A partir du moment où l’Inde et le Pakistan décident de devenir "partenaires", cet engagement va les obliger à éradiquer la tension militaire entre les deux nations, négocier un accord définitif sur leurs litiges frontaliers, et changer leurs priorités : "le voisin" ne constituant plus une menace, mais l’opportunité de créer et d’intensifier les projets de développement communs. (11)

Evidemment, via leur "relais-collabos" dans chacun des pays, les occidentauxvont tout faire pour s’opposer à la disparition collatérale, pour eux, de gigantesques marchés de ventes d’armes et d’incessantes occasions d’interventions, économiques, diplomatiques ou militaires. Les opérations de sabotage ont déjà commencé : cette semaine "des tirs non identifiables", de part et d’autre des frontières, au Cachemire, ont provoqué la mort de 12 personnes…

ii) Inde et Chine vont se retrouver, de leur côté, partenaires au sein d’une organisation où la coopération sécuritaire et militaire est éminente. Conséquences aux profondes ramifications : l’Inde ne participera pas au projet occidental d’encerclement de la Chine… L’équilibre des forces en présence et les délires guerriers d’un Occident mégalomaniaque sont fracassés…

Définitivement.

Evidence, de l’historien-poète : " Le Soleil de la Puissance se couche en Occident et se lève en Orient " …

L’intégration de l’Iran dans le SCO, en tant que "membre" et non plus "observateur", est prévu pour le tour suivant. Entretemps, il renforce son rayonnement, son influence économique et diplomatique dans la région et au-delà. Comme en témoigne sa participation au 4eme sommet des chefs d’Etats du Littoral de la Caspienne, à Astrakhan en Russie, le 29 septembre dernier. Regroupant les présidents d’Azerbaïdjan, d’Iran, du Kazakhstan, de Russie et du Turkménistan.

La Mer Caspienne ne représente pas seulement les 90% du caviar dans le monde, du fait de la présence de l’esturgeon dans ses eaux. Les Etats riverains prennent conscience qu’il s’agit d’un fabuleux réservoir d’hydrocarbures sous-marins et un carrefour d'échanges, d’oléoducs et gazoducs, vitaux pour les décennies à venir. Nécessitant la paix et le partage. D’où la concrétisation, sous la dynamique présidence de la Russie, de nombreux accords de coopération et d’investissements. (12)

L’Iran est ainsi reconnu comme un vecteur de paix et de développement. Essentiel. Pour le Moyen-Orient, certes. Mais, tout autant pour l’Asie Centrale. Et, le reste du monde, en route vers sa" multipolarité"…

N’en déplaise au bellicisme occidental et ses "cuistots cocaïnés" de la Désinformation.

Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l’Iran

La présidence Russe du SCO face aux menaces occidentales

1. Cf. : Paul Moreira, Les Nouvelles Censures – Dans les Coulisses de la Manipulation de l’Information, Editions Robert Laffont, 2007.

2. Alexander Yakovenko (ambassadeur de Russie à Londres), The Shanghai Cooperation Organization: Allies of a New Type, RT News, 12 septembre 2014,
http://rt.com/op-edge/187360-sco-economic-humanitarian-cooperation/
3. President Rouhani : All SCO Members Interested in Improvement of Ties with Iran, (Président Rouhani : Tous les membres du SCO désireux de renforcer leurs liens avec l’Iran), Fars News, 13 septembre 2014,
http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13930622000261
4. Cf. : Christian Salmon, Storytelling – La Machine à Fabriquer des Histoires et Formater des Esprits, Editions La Découverte, 2008.
5. SC0 Leaders support Putin’s Peace Plan for Ukraine, RT News, 12 septembre 2014,
http://rt.com/politics/187332-dushanbe-summit-putin-peace/
6. Cf. : Alain Badiou, La République de Platon, Editions Fayard, 2012, p. 454 :
« La plupart des décisions importantes, celles qui concerne la police, la guerre, les alliances, les grands groupes financiers ou industriels, sont des décisions secrètes, prises dans des réunions que la Constitution ne prévoit pas et dont le public n’a pas connaissance.
On amuse par ailleurs la galerie avec de vifs "débats" sur des points secondaires, comme le mariage des prêtres homosexuels ou la protection des baleines bleus.
»
7. Shannon Tiezzi, Xi Jinping, Vladimir Putin Meet Ahead of SCO Summit, 12 septembre 2014,
http://thediplomat.com/2014/09/xi-jinping-vladimir-putin-meet-ahead-of-sco-summit/
8. Shannon Tiezzi, The New Improved Shanghai Cooperation Organization, 13 septembre 2014,
http://thediplomat.com/2014/09/the-new-improved-shanghai-cooperation-organization/
9. SCO Development Strategy up to 2025 to be aimed at raising organization’s effectiveness, Itar Tass, 15 septembre 2014,
http://en.itar-tass.com/world/749571
10. SCO may take decision on India, Pakistan membership in 2015, Itar Tass, 10 septembre 2014,
http://en.itar-tass.com/world/748906
11. Ce qu’au Maghreb, Maroc, Algérie et Tunisie, par exemple, devront un jour s’engager à programmer. Au lieu de s’ingénier, actuellemnt, à faire en sorte que leurs échanges commerciaux, entre chacun d'eux, n’atteignent pas les 2%...
12. Marina Kortunova, Heads of state from Caspian littoral states meet in Astrakhan (Sommet des Chefs d’Etats de la Caspienne à Astrakhan), Press TV, Moscow, 30 septembre 2014,


Sommet du SCO à Douchanbé : Consécration de l'Iran

OCS : le sommet de Douchanbé entame ses travaux

Douchanbé accueille le sommet de l'OCS

L’OCS, un éventuel concurrent de l’OTAN ?

Russie-Iran: de belles perspectives de coopération (Poutine)

Xinhua : Le président chinois fait une proposition en quatre points pour le développement de l'OCS

Xinhua : Xi Jinping propose un traité contre l'extrémisme et des efforts communs antiterrorisme sur Internet
Xinhua : La Chine et le Turkménistan s'engagent à approfondir la coopération énergétique
Xinhua : La Chine et le Kazakhstan vont renforcer leur coopération en mettant en œuvre l'initiative de la Route de la Soie

The BRICS Post : Putin, Xi urge stronger ties within security bloc

The BRICS Post : SCO, SAARC must jointly fight terror: Afghan President

The BRICS Post : China, Russia to jointly face external challenges: Xi

The BRICS Post : China, Russia, Mongolia to create economic corridor

Russia Beyond The Headlines : Poutine invite l’Inde et le Pakistan à rejoindre le groupe de Shanghai

Afghanistan - Héritage néfaste des USA : les talibans encore plus forts au lieu d'être battus

La réunion du Conseil des chefs des États membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s'est ouverte à Douchanbé (Tadjikistan)

http://senor-information.over-blog.com/article-occulte-par-les-medias-le-grand-basculement-du-monde-avec-l-ocs-124865886.html







25/10/14
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (5:08 pm)

25/10/2014 - Bloc-Notes

Le discours du président russe Poutine lors de la onzième rencontre du Club Valdaï (Valdai International Discussion Club) a permis d’entendre pour la première fois de façon claire et précise de son chef, l’affirmation que la dédollarisation est en marche. Ce fut une étrange occurrence où Poutine joua à la fois son rôle de chef d’État et de leader antiSystème, et d’autre part le rôle d’une sorte d’anthropologue incrédule, demandant au bloc BAO, et particulièrement aux USA :

“Mais pourquoi faites-vous cela ?” (“pourquoi faites-vous ce que vous faites ?”), – c’est-à-dire, votre politique, votre frénésie de désordre et de pressions unilatérales, qui nous conduisent évidemment à chercher des alternatives au dollar ? Ou dit encore autrement, selon une expression employée par Poutine, “mais pourquoi sciez-vous la branche sur laquelle vous êtes assis, en nous poussant à diverses mesures contre vous, dont cette dédollarisation ?”

Pas de réponse certes, et aucun espoir d’en avoir, mais un discours intéressant et, effectivement, ces questions qui ne le sont pas moins. Nous nous concentrons sur cet aspect du discours de Poutine (la dédollarisation effective, déclenchée par les sanctions contre la Russie), mais on trouve d’autres aspects intéressants, tous marqués par une critique aiguë des USA et du bloc BAO et par l’affirmation que la Russie, plus que jamais symbolisée par ce noble et puissant animal qu’est l’ours de la taïga, a décidé de suivre sa propre voie qui est de se tourner vers d’autres partenaires

(“[L’ours] est considéré comme le maître de la taïga et, je le sais d’expérience, il ne veut pas vivre sous un autre climat où il ne serait pas à son aise. Quoi qu’il en soit, il ne cédera devant personne ; je pense que cela devrait être clairement compris... [...]

La Russie a fait son choix, – nous voulons développer notre économie et les valeurs démocratiques. Nous y travaillons, notamment avec nos partenaires de l’Organisation de Coopération de Shanghai et avec les BRICS. Nous voulons que nos opinions soient respectées. Nous devons tous être prudents pour éviter de prendre des initiatives hâtives et dangereuses. Certains des acteurs de la scène mondiale semblent avoir oublié cette nécessité...”)

Russia Today (RT) donne, le 24 octobre 2014, un rapide résumé de l’intervention de Poutine sur le double thème des sanctions et de la dédollarisation ... «The sanctions imposed on Russia by the US and the West, among other financial blunders, are mistakes that have triggered the world to de-dollarize. Russian President Putin describes this as like “cutting down the branches, upon which they are sitting.” Putin said that sanctions have an overall negative effect on the entire global community, and actually motivate countries to seek financial sovereignty from the status quo. [...]

» “Politically-motivated sanctions have intensified the trend of economic and financial sovereignty, the desire of countries and regions would like to secure themselves against outside pressure,” he said. Dependence on a single global power will decrease, and new reserve currencies, such as the yuan and ruble, are already starting to emerge. “Now, an increasing number of countries are attempting to move away from dollar dependence and to establish alternative reserve currencies and settlement systems,” the President said.

»Maintaining global equilibrium becomes difficult when everyone stops playing by the rules, the President said, citing the precedent of the Cyprus bailout and the “politically-motivated” sanctions against Russia over its action in Ukraine. “Now they risk losing confidence as the leaders of globalization. My question is – why would they do it? The prosperity of the US depends on its investors, those that own dollar debt,” he said. “I think our American counterparts are sawing the branch they are sitting on,” Putin said,..»

... Ainsi pourrait-on parler d’une “doctrine Sinatra” pour la Russie, en souvenir amical de ces temps heureux où la rupture et la fin brutale de la Guerre froide semblaient pleines de promesses. En 1990, le ministre des affaires étrangères de Gorbatchev, Edouard Chevardnadze, avait qualifié le désir manifesté par les satellites est-européens de l’URSS en processus accéléré d’émancipation, de sortir du Pacte de Varsovie qui se dissolvait à une très grande vitesse, de “doctrine Sinatra”. Il faisait allusion à la chanson My Way, adaptation par Sinatra du Comme d’habitude de Claude François, exprimant dans la version US le constat et la volonté de suivre sa propre voie pour faire sa propre vie.

Poutine a donc proclamé sa propre version de la “doctrine Sinatra“, dissipant un malentendu né autour de 1990, avec l’arrivée d’Eltsine, vodka en bandouillère. Cette circonstance oiseuse, d’ailleurs favorisée par tous les agents américanistes du monde, avait fait croire à l’Ouest, futur bloc BAO, que la Russie, entretemps mise à l’encan par le même futur-bloc, abdiquerait toute prétention identitaire et souveraine pour se couler docilement dans le moule de la “gouvernance mondiale” que prétendaient et prétendent toujours assurer, chacun d’ailleurs avec ses illusions propres qui ne cessent d’accentuer de plus en plus les perceptions faussaires impliquées, les USA et l’UE constitués en un bloc BAO.

Mais à part le nom, la “doctrine Sinatra” de Poutine diffère de fond en comble de celle de Chevardnadze. Le temps des sourires et des visites à l’OTAN des chefs d’état-major des forces armées soviétiques puis russes a laissé place à des crispations extraordinaires de tension et de puissance contenues. Le ton et les termes du discours de Poutine sont calmes et mesurés, mais la résolution est évidemment inflexible, parce qu’il ne peut en être autrement. Manifestement, on a l’impression constante qu’en même temps qu’une affirmation politique résolue mais classique, le président russe ne cesse d’exsuder une stupéfaction sans fin.

Il semble que ses affirmations évidentes soient soulignées, en arrière-plan, de l’interrogation constante, concernant la politique russe du bloc BAO :

“mais comment et pourquoi font-ils cela et à qui croient-ils donc avoir à faire quand ils ont à faire à la Russie?” Effectivement, un tel discours fait s’interroger de savoir si tous nos distingués dirigeants, surchargés de diplômes et de réformes postmodernistes, savent ce dont il s’agit quand il s’agit de la Russie, – ou, disons, comme dit Poutine, du grand ours qui est le maître de la taïga. Tout cela culmine avec l’interrogation effectivement stupéfaite de Poutine, qui semble répétée sans fin : “Ma question est, – pourquoi font-ils cela ?” («My question is – why would they do it?»)

Cette question concerne effectivement la dédollarisation comme acte concret et extraordinairement déstructurant de l’ordre du bloc BAO, en plus de diverses autres avancées politiques. C’est la première fois que Poutine l’évoque en des termes si concrets, selon un constat si clair et sans détour. Il n’est plus temps de jouer au plus fin : la Russie “dédollarise” et elle n’est pas la seule, elle ne fait que caractériser, susciter, démarrer un mouvement qui va priver les USA de l’une de leurs armes principales...

“Je pense que nos homologues [américains] sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis”. Ces diverses affirmations, – toujours le ton, la mesure et la résolution, avec cette constante stupéfaction en une sorte de basse continue, – montrent combien Poutine agit sans intention agressive ou mobilisatrice, mais bien qu’il y est contraint par la politique du bloc, qu’il le fait parce qu’il le faut, sans joie particulière mais aussi sans la moindre hésitation, et finalement sur la voie (“doctrine Sinatra”) d’y trouver évidemment des avantages considérables pour la Russie et ses amis.

En fait, l’impression dominante serait que ce discours serait plus important par l’interrogation à propos de l’étrange comportement des “homologues” du bloc BAO, que par l’affirmation de la Russie qui, elle, va évidemment de soi, sans nécessité de discours finalement. On comprend d’autant mieux ce constat inattendu que, de tous côtés, – sauf du côté de l’Ouest du monde certes, –s’accumulent les rapports et les commentaires sur les catastrophiques conséquences pour le bloc BAO de la “politique” du bloc BAO.

(Voir par exemple l’article de Edward Lozansky et de Martin Sieff, – Martin Sieff, ancien journaliste-vedette de United Press, – deux dirigeants universitaires US de l’American University de Moscou qui n’ont rien de “dissidents” US pro-Poutine, dans Inside Russia, ce 25 octobre 2014Sanctions Policy Is a Massive Fail. Hurting Europe, Helping China, and Isolating... the US. The policy is short-sighted, petulant, and self-destructive. It’s making Putin more popular and strengthening Russia's resolve on Ukraine. EU and Washington are “deluded”.»] «It is indeed an extraordinary strategic fantasy to imagine that the United States and the EU can “isolate” Russia and China, which are not so lonely after all... [...] Policymakers in Washington and Brussels continue in the delusion that they live in an “End of History” world where their shared liberal and democratic values are bound to win – and quickly – over every alternative economic and political system... [...] Economic sanctions are not isolating Russia: They are isolating the United States and straining the bonds of the European Union. Those outcomes are already clear.»)

Ainsi soit-il... Le discours de Poutine, au Club Valdaï dans sa onzième session annuelle, constitue l’annonce officielle de l’ouverture de la voie de la dédollarisation. C’est l’événement conjoncturel le plus important qui résulte de l’étrange crise ukrainienne, ouverte et poursuivie sans aucun frein par le bloc BAO, selon une perception extraordinairement faussaire de la situation. Ce que va montrer cette voie de la dédollarisation, encore plus que le considérable basculement géopolitique qu’elle amorce, c’est l’extraordinaire enfermement de la perception du monde des dirigeants des USA et de l’UE, la fantastique autosuggestion qui anime cette perception, cette “extraordinary strategic fantasy” dénotant en fait une situation encore plus hors du commun, une “extraordinary psychological fantasy”...

C’est-à-dire que si l’on comprend parfaitement Poutine, la logique de sa démarche, sa volonté de préserver et d’affirmer la “voie” sociale et culturelle de la Russie, la puissance de la Russie, la réalité des soutiens extérieurs de la Russie, l’évidence de la démarche de la dédollarisation, etc., on doit aussi savoir que l’important, sinon l’essentiel réside dans cette “extraordinary fantasy” caractérisant le comportement du bloc BAO (du terme fantasy tel qu’introduit dans notre idée de fantasy-narrative inauguré dans notre texte du 1er septembre 2014).

Ce n’est pas une situation normale, et c’est bien pourquoi l’importance réelle du discours de Poutine réside dans cette question («My question is – why would they do it?») ; car c’est bel et bien la question de l’état de l’esprit d’un bloc BAO complètement sous l’empire du Système qui est posé, et c’est bel et bien la question du fou...







25/10/14
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (12:27 pm)

Préambule

Un article aussi long sur (ce que nous devons désormais appeler) le conflit américano-russe, signé par Dmitry Orlov, un délice.

Orlov est d’abord russe. Il a subi et couvert le désastre de l’effondrement des années 90, il est considéré comme un des papes du revivalisme, cet art de survivre allègrement, pour, par la suite, vivre avec beaucoup moins.

Plus précisément un Russe originaire de Leningrad [nom donné à Saint-Pétersbourg durant l’URSS]. Ces habitants de Leningrad, qui se sont serré les coudes durant un siège terrible. Ces habitants jardiniers dans leurs squares, mais aussi architectes prolétariens relevant les plans des palais tsaristes, avant qu’ils ne soient bombardés, afin de restituer, un jour, ce patrimoine à la Russie.

Le Gang de la clé à molette (The Monkey Wrench Gang), un roman de 1975 par Edward Abbeyc
Le Gang de la clé à molette (The Monkey Wrench Gang), un roman de 1975 par Edward Abbeyc

Un Russe émigré en occident, du genre freak, ceux qui ont fait les beaux jours de l’image de l’Amérique vendue d’ici : les Hunter S. Thompson, les Edward Abbey, des renégats, les Jazzmen rejetés, le fameux Gang de la clef à molette.

Autant dire qu’Orlov est un communicant, qui nous fait mieux comprendre l’âme russe que d’aucuns pourraient trouver vieux jeu ou désuète, en écoutant certains caciques russes dans des émissions grand public de la télévision russe. Mais sans se départir de l’essentiel, la simplicité et la cohérence qui caractérisent les interventions de Poutine ou de Lavrov.

L’auditeur occidental est toujours surpris de se sentir à nouveau concerné, impliqué. C’est l’occasion pour entamer une détoxification.

Entre un premier « Bouh ! » et un « Bouh ! » final (entre ses guillemets donc), c’est toute la situation vécue par les Russes qui défile, dans un sarcasme typiquement occidental, mais qui saura rester juste. Pour tous les Russes (mais « j’en suis » aussi), le comportement des occidentaux est tellement absurde. C’est la longue liste de tous les coups tordus de ces deux dernières années qui sont passés en revue par Orlov, ceux-là même qui ont réveillé l’âme russe.

Dès lors, les US ont beaucoup à perdre, historiquement beaucoup à craindre. Quelques phrases assassines vont faire hurler bien des Nuléo-con’s. Mais la France, le peuple français, pourrait y voir une opportunité de s’émanciper, de respirer et retrouver cette cohésion sociale avec laquelle nos aînés ont eux aussi fait des miracles (je pense au Conseil national de la Résistance).

Alors bien sûr, nous avons ici aussi nos élites séniles, nos Paneta, des Fabius, des Hollande, mais un consensus mafieux est en train de s’effriter, beaucoup de peuples ont une histoire forte et la Russie fait appel à eux au-delà des oligarques, avec des discours simples, clairs, positifs.

Désormais There Is An Alternative [il y a une alternative, TIIA, par opposition à TINA].

Cette TIAA n’est pas politique, elle n’est pas plus économique pour l’instant : c’est un capitalisme régulé à l’ancienne qui est envisagé. Les portes sont ouvertes : aux politiques, aux nouvelles économies, aux ingénieurs (les satellites du système Galileo lancés par des Soyouz ont été remis sur orbite, un repère donc).

C’est la Russie qui s’éveille. Avec la foi et la pugnacité de son peuple.

Le Saker francophone

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Comment commencer une guerre et perdre un empire

Il y a de cela un an et demi, j’ai écrit un essai sur la façon dont les États-Unis ont choisi de considérer la Russie, intitulé L’image de l’ennemi. A l’époque, je vivais en Russie, et, après avoir entendu la rhétorique américaine antirusse et la réaction russe, j’ai fait quelques observations qui semblaient importantes à l’époque.

Il s’avère que j’ai réussi à repérer une tendance importante, mais, étant donné le rythme rapide de l’évolution depuis lors, ces observations sont maintenant obsolètes, donc voici une mise à jour.

La tentative de main-mise guerrière des USA sur le monde sous le prétexte de libérer les peuples et de promouvoir la démocratie
La tentative de main-mise guerrière des USA sur le monde sous le prétexte de libérer les peuples et de promouvoir la démocratie

A cette époque, il n’y avait pas encore beaucoup d’enjeux Il y avait beaucoup de bruit autour d’un gars nommé Magnitski, un avocat-escroc d’entreprise qui avait été appréhendé et était mort durant sa détention provisoire. Il était l’intermédiaire d’escrocs occidentaux bien pires et qui n’ont, bien sûr, jamais été appréhendés.

Les Américains ont choisi de considérer cela comme une violation des droits de l’homme et ont répondu avec la dénommée loi Magnitski, qui était censée sanctionner certains individus russes qualifiés de violeurs des droits de l’homme.

Les législateurs russes ont réagi avec le projet de loi Dima Yakovlev, nom d’un orphelin russe adopté par des Américains, qui l’ont laissé mourir, en l’abandonnant dans une voiture verrouillée pendant neuf heures. Cette loi dissuade les Américains tueurs d’orphelins d’adopter des orphelins russes. Tout cela est devenu un mélodrame un peu idiot.

Mais quel changement a pu se produire en un an et demi ? L’Ukraine, s’effondrant lentement au même rythme que durant les deux décades passées depuis son indépendance, est maintenant vraiment un État défunt, avec son économie en chute libre, une région disparue et deux autres en rébellion ouverte, la plupart du pays terrorisé par des escadrons de la mort financés par les oligarques, et dirigé par quelques marionnettes désignées par les Américains et tremblant à l’idée de ce qui peut arriver.

Les conflits larvés en Syrie et en Irak ont, depuis, éclaté en véritable guerre, avec de grandes parties de ces deux pays désormais sous le contrôle du califat islamique, qui a été formé avec l’aide des États-Unis, avec des armes de fabrication américaine, via les Irakiens. La Libye post-Kadhafi semble tout à fait capable d’établir un califat islamique par ses propres moyens.

Dans ce contexte d’échec patent de leur politique étrangère, les États-Unis ont récemment dû s’adapter, et ont accusé la Russie de poster des troupes aux portes de l’Otan, comme si cela n’avait rien à voir avec le fait que l’Otan s’était étendu à l’est, le long des frontières de la Russie.

Sans surprise, les relations américano-russes ont maintenant atteint un point, où les Russes s’autorisent à émettre un avertissement sévère : de nouvelles tentatives de chantage occidentales pourraient entraîner une confrontation nucléaire.

Le comportement américain tout au long de cette succession d’échecs a été remarquablement stable, l’élément constant étant leur refus catégorique de faire face à la réalité, autant dans la forme que sur le fond. Tout comme avant, en Syrie, les Américains sont toujours à la recherche d’islamistes modérés pro-occidentaux, qui feront ce que les Américains veulent (renverser le gouvernement de Bachar al Assad), mais sauront s’arrêter, au moment de tuer tous les envahisseurs infidèles qui leur tombent sous la main. Le fait que des islamistes modérés pro-occidentaux ne semblent pas exister n’affecte en rien la stratégie américaine dans la région.

De même, en Ukraine, le fait que les lourds investissements américains dans la liberté et la démocratie ou une société ouverte, ou ce que vous voudrez, aient produit un gouvernement dominé par les fascistes et une guerre civile à l’est, selon les Américains, ne sont que de la propagande russe. Défiler sous la bannière de la division ukrainienne SS de Hitler et la reconnaissance des collaborateurs nazis comme des héros nationaux n’est tout simplement pas assez convaincant pour eux.

Qu’est-ce que ces nazis doivent faire pour prouver qu’ils sont nazis ? Construire des fours et rôtir des Juifs ?

Massacrer les gens en mettant le feu à un bâtiment, comme ils l’ont fait à Odessa, ou tirer dans le dos de civils désarmés et de les jeter dans des fosses communes, comme ils l’ont fait à Donetsk, ne semble pas suffire non plus. Le fait que de nombreuses personnes ont refusé d’être dirigées par des voyous nazis, et ont résisté avec succès, a conduit les Américains à les étiqueter comme des séparatistes pro-russes. Cela, à son tour, a été utilisé pour rendre responsable la Russie des troubles en Ukraine, et imposer des sanctions à la Russie. Les sanctions seront reconsidérées, si la Russie retirait ses troupes d’Ukraine. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de troupes russes en Ukraine.

Notez que ce genre de comportement n’a rien de nouveau. Les Américains ont envahi l’Afghanistan parce que les talibans n’envisageaient d’expulser Oussama Ben Laden (qui était un agent de la CIA), que si les Américains produisaient des preuves l’impliquant dans l’attentat du 9/11, preuves qui n’existaient pas. Les Américains ont envahi l’Irak parce que Saddam Hussein ne renonçait pas à ses armes de destruction massive, qui n’existaient pas. Ils ont envahi la Libye parce que Mouammar Kadhafi n’abandonnait pas les positions officielles qu’il ne détenait pas.

Ils étaient prêts à envahir la Syrie de Bachar al Assad, qui avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple-sans jamais l’avoir fait. Et maintenant, ils ont imposé des sanctions à la Russie, parce que la Russie a déstabilisé et envahi l’Ukraine, alors qu’elle n’en a rien fait non plus (les États-Unis l’ont fait.).

Les sanctions contre la Russie paraissent d’autant plus incompréhensibles, qu’elles ont un effet boomerang dans la mesure où elles font du mal à l’Ouest, tout en donnant au gouvernement russe l’élan nécessaire pour faire ce qu’il a toujours voulu faire.

Les sanctions portant atteinte aux droits d’un certain nombre d’hommes d’affaires et de responsables russes, elles les incitent à rapidement retirer leur argent des banques occidentales, à sortir leurs enfants des écoles et des universités de l’Ouest, et à faire tout ce qu’ils peuvent pour démontrer qu’ils sont de bons Russes patriotiques et ne sont pas des laquais des Américains.

Les sanctions qui affectent un certain nombre de compagnies russes dans le secteur de l’énergie, les coupant des ressources technologiques et des financements occidentaux, vont principalement nuire aux bénéfices des sociétés occidentales de l’énergie, tout en aidant leurs concurrentes chinois. Il y avait même des menaces de couper la Russie du système bancaire SWIFT, ce qui aurait rendu difficile la tâche de transférer des fonds entre la Russie et l’Occident, mais ces menaces ont plutôt donné à la Russie l’impulsion nécessaire pour introduire son propre système dénommé RUSSWIFT, qui sera même ouvert à l’Iran, et de neutraliser les efforts américains pour imposer des restrictions financières.

Les sanctions ont été conçues pour causer des dommages économiques, mais les efforts occidentaux pour infliger des dommages économiques à court terme à la Russie sont défaillants. Couplé à une baisse significative du prix du pétrole, tout cela était censé faire du mal à la Russie sur le plan financier, mais, comme les sanctions ont fait chuter le cours du rouble, le résultat net sur les finances de la Russie est un véritable lifting.

Les prix du pétrole sont plus faibles, mais, grâce en partie aux sanctions, il en est de même pour le cours du rouble, et parce que les revenus du pétrole sont encore en grande partie libellés en dollars, les recettes fiscales de la Russie restent au même niveau qu’avant. Et puisque les compagnies pétrolières russes gagnent des dollars à l’étranger, les convertissant ensuite en rouble sur le marché intérieur, leur budget de production n’est pas affecté.

Les Russes ont également répondu en imposant des contre-sanctions, et ont pris des mesures rapides pour neutraliser l’effet des sanctions à leur encontre. La Russie a interdit l’importation de produits provenant de l’Union européenne, au grand dam des agriculteurs européens.

Les plus touchés sont des membres de l’Union européenne particulièrement antirusses :

les pays baltes, qui ont perdu rapidement une fraction importante de leur Produit intérieur brut, ainsi que la Pologne. Une exception est faite pour la Serbie, qui a refusé de se joindre aux sanctions. Ici, le message est simple :

les amitiés qui ont duré plusieurs siècles prévalent ; ce que les Américains veulent, n’est pas ce que les Américains auront ; et l’Union européenne est un simple bout de papier. Ainsi, les contre-sanctions créent des frictions entre les États-Unis et l’Union européenne, et, au sein de l’Union européenne, entre l’Europe de l’Est (où les sanctions causent le plus de difficultés) et l’Europe de l’Ouest. Et, plus important encore, elles évoquent un message simple : les États-Unis ne sont pas les amis de l’Europe.

Il y a autre chose qui va devenir plus important dans le long terme:

la Russie a relevé le défi et se détourne de l’Ouest pour se rapprocher de l’Est. C’est assimilé à une défiance ouverte aux tentatives américaines de domination du monde, au travers des relations commerciales dans le monde entier, dont une grande partie est malade et fatigué de rendre hommage à Washington.

La Russie joue un rôle clé dans la mise sur pied d’un système bancaire international, qui contourne le dollar américain et la Réserve fédérale américaine. Dans ces efforts, le territoire et les populations de plus de la moitié du monde sont carrément du côté de la Russie et applaudissent.

Ainsi, l’effort d’isoler la Russie a produit l’inverse du résultat prévu : il isole l’Ouest du reste du monde.

Dans d’autres secteurs, les sanctions sont aussi utiles.

L’interdiction d’importation sur les denrées alimentaires de l’Union européenne est une aubaine pour l’agriculture nationale, qui répond à un point politique important :

ne pas être nourri des mains de ceux qui vous mordent. La Russie est déjà l’un des plus grands exportateurs de céréales au monde, et il n’y a pas de raison qu’elle ne puisse atteindre une entière auto-suffisante alimentaire.

L’incitation à se réarmer face à la présence de l’Otan aux frontières russes (il y a maintenant des troupes américaines stationnées en Estonie, à seulement quelques kilomètres de la deuxième plus grande ville de Russie, Saint-Pétersbourg) fournit le stimulus nécessaire à une reconversion industrielle. Cette série de dépenses militaires est prévue un peu plus intelligemment que durant l’époque soviétique, la conversion éventuelle [des innovations militaires, NdT] dans le domaine civil faisant partie du plan dès le début. Ainsi, avec les meilleurs chasseurs à réaction du monde, la Russie est susceptible de commencer à construire des avions civils pour l’exportation, qui viendront en concurrence directe avec Airbus et Boeing.

Mais ce n’est que le début. Les Russes semblent s’être enfin rendu compte à quel point le terrain de jeu a été étendu à leur détriment. Ils ont été forcés de jouer avec les règles de Washington de deux façons :

  1. se plier à la volonté de Washington, afin de maintenir leurs cotes de crédit élevées dans les trois principales agences de notation de crédit occidentales, afin de garantir l’accès au crédit de l’Ouest ;
  2. respecter les règles de l’Ouest lors de la délivrance de leur propre crédit, donc maintenir les taux d’intérêt intérieurs artificiellement élevés.

Le résultat a été que les entreprises américaines étaient en mesure de financer leurs opérations à moindre coût, ce qui les rendait artificiellement compétitives. Mais, maintenant que la Russie agit rapidement afin de sortir de l’emprise du dollar américain, commerçant via des contrats d’échanges bilatéraux (complétés par une quantité d’or, lorsque la couverture commerciale est insuffisante), elle est aussi à la recherche de façons de transformer la création monétaire à son avantage.

À ce jour, le diktat transmis de Washington est : Nous pouvons imprimer autant d’argent que nous voulons, mais vous, vous ne pouvez pas, sinon nous allons vous détruire. Mais cette menace sonne de plus en plus creux, et la Russie n’utilisera plus ses recettes en dollars pour acheter de la dette américaine.

Une proposition actuellement sur la table est de rendre impossible de payer les exportations de pétrole russe autrement qu’en rouble, par la création de deux sociétés de courtage de pétrole, une à Saint-Pétersbourg, l’autre à sept fuseaux horaires de là, à Vladivostok.

Les acheteurs étrangers de pétrole auraient alors à gagner leurs pétro-roubles par la voie honnête du commerce bilatéral ou, s’ils ne peuvent fournir suffisamment de biens que les Russes souhaitent importer, ils pourraient payer le pétrole avec de l’or (jusqu’à épuisement des stocks).

Sinon les Russes pourraient simplement imprimer des roubles, et, pour s’assurer que cette création de monnaie ne provoque pas d’inflation intérieure, ils pourraient exporter l’inflation en jouant avec le robinet du pétrole et les taxes à l’exportation sur le pétrole. Et si des gens comme George Soros décident d’attaquer le rouble afin de le dévaluer, la Russie pourrait défendre sa monnaie tout simplement en imprimant moins de roubles pour un temps (pas besoin de stocker des réserves en dollars).

Jusqu’à présent, cela ressemble à une guerre économique typique : les Américains veulent obtenir tout ce qu’ils veulent en imprimant de l’argent, tout en bombardant ceux qui leur désobéissent, pour les soumettre et les sanctionner, tandis que le reste du monde tente de leur résister.

Mais, au début de 2014, la situation a changé. Les États-Unis ont tenté un coup à Kiev, et au lieu de se coucher et de faire le mort comme ils étaient censés le faire, les Russes ont monté une campagne rapide et réussi brillamment à regagner la Crimée, puis maté avec succès la junte de Kiev, l’empêchant de consolider son contrôle sur le reste de l’ancien territoire de l’Ukraine, en laissant entrer des bénévoles, des armes, de l’équipement et de l’aide humanitaire et en laissant sortir des centaines de milliers de réfugiés (par la frontière russo-ukrainienne strictement théorique, tout en évitant la confrontation militaire directe avec l’Otan).

Voir tout ce qui se passe dans les journaux télévisés du soir a réveillé la population russe de sa torpeur politique, les a poussé à s’asseoir et à s’intéresser, et la cote de popularité de Poutine s’est envolée, pour crever le plafond.

La perception de tout cela, comme ils aiment le dire à la Maison Blanche, est plutôt de mauvais augure. Alors que nous fêtons le 70e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale (une occasion importante pour les Russes, qui se piquent d’avoir défait Hitler sans l’aide de personne), dans le même temps, les États-Unis (auto-proclamés ennemi juré de la Russie) profitent de l’occasion pour réveiller et nourrir le monstre du nazisme juste à la frontière russe (à l’intérieur des frontières de la Russie, diraient certains Russes et Ukrainiens).

Cela incite les Russes, à leur tour, à se souvenir de la mission historique et unique de la Russie parmi tous les pays, qui est de contrecarrer les tentatives de toutes les autres nations à vouloir dominer le monde, que ce soit la France napoléonienne, l’Allemagne hitlérienne ou l’obamaniaque Amérique.

Chaque siècle, une nation oublie ses leçons d’histoire et attaque la Russie.

Le résultat est toujours le même : beaucoup de cadavres cloués dans des congères, puis la cavalerie russe galope dans Paris, ou les chars russes roulent sur Berlin. Qui sait comment cela va finir cette fois-ci ? Ce seront peut-être des hommes polis, bien armés, en uniformes verts sans insigne, patrouillant dans les rues de Bruxelles et de Washington D. C. Seul le temps nous le dira.

Le costume d'Obama-Superman rétrécit dans les sondages (Polls)
Le costume d’Obama-Superman rétrécit dans les sondages (Polls)

On pourrait penser qu’Obama a déjà surestimé sa main, et devrait se comporter en conséquence. Sa popularité chez lui est à peu près l’inverse de celle de Poutine, en fait, Obama reste plus populaire que le virus Ebola, mais de justesse. Il n’obtient rien après avoir tout joué, pas même le moindre résultat, et ses efforts à ce jour, chez lui et à l’étranger, ont été, à peu de chose près, une catastrophe. Alors qu’est-ce que ce travailleur social devenu mascotte nationale s’est décidé à faire ? Eh bien, de la façon dont les Russes le voient, il a décidé de déclarer la guerre à la Russie !

Dans le cas où vous l’auriez manqué, regardez son discours devant l’Assemblée générale des Nations-Unies. C’est sur le site Web de la Maison Blanche. Il a placé la Russie exactement entre Ebola et l’État islamique [ISIS, EIIL, DAECH…), parmi les trois plus grandes menaces qui pèsent sur le monde. Avec des yeux russes, son discours se lit comme une déclaration de guerre.

C’est une nouvelle sorte de guerre mixte. Ce n’est pas une guerre totale à mort, bien que les États-Unis se soient montrés bien imprudents, selon les vieux critères de la Guerre froide, en oubliant la confrontation nucléaire. C’est une guerre de l’information, à base de mensonges et d’injuste diffamation. C’est une guerre économique et financière, en usant de sanctions. C’est une guerre politique, avec le renversement violent d’un gouvernement élu et le soutien à des régimes hostiles, aux frontières de la Russie. Et c’est une guerre militaire, avec le déploiement, certes inefficace, mais néanmoins insultant, d’une poignée de soldats américains en Estonie.

Et les objectifs de cette guerre sont clairs : porter atteinte à la Russie sur le plan économique, la détruire politiquement, la démembrer géographiquement, et la transformer en un État vassal, qui fournit les ressources naturelles de l’Ouest presque gratuitement (avec quelques aumônes à une poignée d’oligarques russes et des voyous criminels qui jouent au ballon).

Mais tout cela ne se produira pas, parce que, vous voyez, beaucoup de Russes savent tout cela, et veulent choisir des dirigeants, qui, sans gagner des concours de popularité en Occident, vont les conduire à la victoire.

Selon la prise de conscience que les États-Unis et la Russie sont, qu’on le veuille ou non, dans un état de guerre, même si ce n’est pas toujours très clair, les gens en Russie essaient de comprendre pourquoi il en est ainsi et ce que cela signifie.

De toute évidence, les États-Unis ont vu la Russie comme un ennemi dès l’époque de la Révolution de 1917, sinon plus tôt. Par exemple, il est connu que, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des stratèges militaires, en Amérique, envisageaient une attaque nucléaire contre l’URSS, et la seule chose qui les a retenu, c’était le fait qu’ils n’avaient pas assez de bombes, et que donc la Russie aurait pris l’ensemble de l’Europe, avant que les effets des frappes nucléaires aient pu les dissuader de le faire (la Russie n’avait pas d’armes nucléaires à l’époque, mais beaucoup de forces conventionnelles en plein cœur de l’Europe).

Mais pourquoi la guerre a-t’elle été déclarée maintenant, et pourquoi a-t’elle été déclarée par ce travailleur social devenu un dirigeant traitre ?

Certains observateurs attentifs ont mentionné son slogan, l’audace de l’espoir, et se hasardèrent à deviner que ce genre d’audace (qui en russe ressemble beaucoup à la folie) pourrait être un élément clé de son caractère, qui lui donne le désir d’être le leader de l’univers, comme Napoléon ou Hitler. D’autres regardaient le charabia de la campagne de sa première élection présidentielle (qui a attiré autant de stupides jeunes Américains) et ont découvert qu’il faisait beaucoup de compliments à divers militaires partisans de la Guerre froide.

Pensez-vous qu’Obama serait peut-être un spécialiste de l’histoire et un géopoliticien habile à part entière ? (Cette question pousse à rire habituellement, parce que la plupart des gens savent qu’il est juste un simple d’esprit et répète ce que ses conseillers lui disent de dire.) Hugo Chavez, l’a une fois qualifié d’otage à la Maison Blanche, et il n’était pas trop loin du compte. Alors, pourquoi ses conseillers sont désireux d’entrer en guerre avec la Russie, à l’heure actuelle, cette année ?

Est-ce parce que les USA s’effondrent plus rapidement que la plupart des gens ne l’imaginaient ? Ce raisonnement est le suivant :

le système américain de domination du monde par l’agression militaire et par la création de monnaie illimitée est un échec devant nos yeux. Le public n’a aucun intérêt à davantage de bottes sur le terrain, de campagnes de bombardement, qui ne font rien d’autre qu’aider des militants à régner, des militants que les Américains eux-mêmes ont aidé à organiser et à équiper. L’hégémonie du dollar se délite, chaque jour qui passe.

La Réserve fédérale n’a plus de munitions fraîches et doit faire le choix entre un crash sur le marché boursier et un crash sur le marché obligataire. Pour arrêter, ou au moins pour prévenir cette tendance à la baisse financière, économique et politique, et la masquer, les États-Unis doivent agir rapidement, en sapant toutes les économies concurrentes dans le monde, et cela par tous les moyens qu’ils ont à leur disposition :

campagne de bombardement, révolution ou pandémie (même si cette dernière peut être un peu difficile à garder sous contrôle). La Russie est une cible évidente, c’est le seul pays au monde qui a eu le courage de réellement montrer un leadership international dans sa confrontation avec les États-Unis et qui a réussi à les faire plier; Par conséquent, la Russie doit être punie d’abord, pour maintenir les autres au garde-à-vous.

Je ne suis pas en désaccord avec cette ligne de raisonnement, mais je veux ajouter quelque chose à cela.

Tout d’abord, l’offensive américaine contre la Russie, avec la plupart du reste du monde, est une des choses que les Américains aiment à qualifier de réalités de terrain, et celles-ci prennent du temps à être réalisées. Le monde n’a pas été fait en un jour, et il ne peut pas être détruit en un jour (sauf si vous utilisez des armes nucléaires, mais il n’y a là de stratégie gagnante pour personne pas même pour les États-Unis).

Mais tout le château de cartes financier peut être détruit assez rapidement, et ici la Russie peut faire beaucoup de choses, tout en risquant peu.

Financièrement, la position de la Russie est si solide, que même les trois agences de notation de crédits occidentales n’ont pas le culot de dégrader la note de la Russie, et cela malgré les sanctions.

C’est un pays qui a volontairement remboursé sa dette extérieure, qui dispose d’un excédent budgétaire record et d’une balance des paiements positive, qui a entassé des réserves d’or physique, et pas un mois ne passe sans qu’elle ne signe un grand accord commercial international (qui contourne le dollar américain).

En comparaison, les États-Unis sont un homme mort en marche :

à moins qu’ils puissent continuer à rouler sur des milliards de dollars de dette à court terme, chaque mois à des taux d’intérêt historiquement bas, ils ne seront pas en mesure de payer les intérêts sur leur dette ou leurs factures. Adieu, l’État providence, bonjour les émeutes. Adieu aux entrepreneurs militaires et à l’application de la loi fédérale, bonjour le chaos et l’ouverture des frontières.

Maintenant, infléchir les réalités de terrain suppose des actions physiques, tandis que financièrement, pour provoquer une ruée vers la sortie, il suffit que quelqu’un crie un « Bouh ! » assez fort et de façon assez convaincante.

Deuxièmement, il faut comprendre, qu’à ce stade, l’élite dirigeante américaine est presque entièrement sénile. Les plus âgés semblent effectivement séniles au sens médical. Prenez Leon Panetta, l’ancien secrétaire à la Défense :

lors de la descente en flamme de son dernier livre, et il en est toujours à blâmer Bachar al Assad en Syrie pour le gazage de son propre peuple ! A présent, tout le monde sait que c’était une attaque sous fausse bannière, menée par des rebelles syriens désemparés, avec l’aide de l’Arabie saoudite, pour être utilisée comme une excuse pour les États-Unis pour bombarder à nouveau la Syrie (vous savez, à nouveau le vieil argument des armes de destruction massive).

Soit dit en passant, ce genre de stupidité, l’insistance répétitive sur un raisonnement faux, apparaît comme un signe certain de la sénilité. Ce plan n’a pas fonctionné, parce que Poutine et Lavrov sont intervenus et ont rapidement convaincu Assad d’abandonner son inutile stock d’armes chimiques. Les Américains étaient livides. Donc, tout le monde connaît l’histoire, sauf Panetta.

Vous voyez, une fois qu’un responsable américain commence à mentir, il ne sait tout simplement pas comment s’arrêter. L’histoire commence toujours par un mensonge, et, quand des faits émergent, qui contredisent l’histoire initiale, ils sont tout simplement ignorés.

Voilà pour la vieille garde sénile, mais quid de leurs remplaçants ? Eh bien, le garçon à l’affiche pour les jeunes est Hunter Biden, fils du Vice-président, qui a fait la tournée des putes et des coups fourrés en Ukraine l’été dernier, et a atterri par inadvertance sur un siège au conseil d’administration de la plus grande entreprise de gaz naturel de l’Ukraine (qui n’a plus beaucoup de gaz d’ailleurs). Il vient de se révéler être un fou de coke.

En plus des nombreux préemptés, comme le fils du Vice-président, il y a aussi des granges pleines de prêts à bêler parmi les diplômés de l’Ivy League, qui ont été préparés pour les emplois dans les hautes sphères. Ce sont d’excellents moutons du professeur William Deresiewicz.

Le fait est qu’il n’y a pas grand monde, jeune ou vieux, apte à répondre à des problèmes internationaux, des défaites militaires, des catastrophes humanitaires. Toutes ces choses les dépassent, et ils s’en remettent à vous pour les promouvoir, sans être trop regardants quant à leur vision idyllique sur eux-mêmes. Le seul coup qu’ils peuvent réellement flairer, c’est un coup sur leur portefeuille.

Ce qui nous ramène toujours à mon premier point : Bouh !


Dimitry OrlovTraduit par LaLEF (qui a aussi rédigé le préambule) et révisé par Hervé, pour vineyardsaker.fr

Source : How to start a war and lose an empire (cluborlov.blogspot.fr, anglais, 21-10-2014)

Pour approfondir







25/10/14
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (12:24 pm)

Changements des opinions mondiales envers Israël

TERRE DE PALESTINE / Israël et le respect dû à l’opinion de l’humanité
Date de publication sur Tlaxcala : 23/10/2014
Original: Decent Respect
Traductions disponibles : Deutsch Español Português
Uri Avnery أوري أفنيري אורי אבנרי

Traduit pour l’AFPS par FL/​SW

SI LE Par­lement bri­tan­nique avait adopté une réso­lution en faveur de l’occupation israé­lienne de la Cis­jor­danie, la réaction de nos médias aurait donné ceci :

“C’est dans une atmo­sphère de grand enthou­siasme que le Par­lement bri­tan­nique a adopté à une majorité écra­sante (274 pour, à peine 12 contre) une motion pro-​​israélienne… Plus de la moitié des sièges étaient occupés, plus que d’habitude… les oppo­sants à Israël ne se sont pas mani­festés et n’ont pas osé voter contre…”

Mal­heu­reu­sement, le Par­lement bri­tan­nique a voté cette semaine une réso­lution pro-​​palestinienne, et nos médias ont de façon presque unanime réagi comme ceci :

“Le Par­lement était à moitié vide… il n’y avait aucun enthou­siasme… un exercice sans signi­fi­cation… Seuls 274 par­le­men­taires ont voté en faveur de la réso­lution, qui n’est pas contrai­gnante… Beaucoup de par­le­men­taires ne s’étaient même pas déplacés…”

Pourtant tous nos médias ont lar­gement rendu compte des débats, beaucoup d’articles ont paru dans la presse. Un véri­table exploit pour un évé­nement tel­lement négli­geable, sans impor­tance, insi­gni­fiant, sans consé­quence, déri­soire, petit.

La veille, 363 citoyens israé­liens juifs avaient appelé le Par­lement bri­tan­nique à adopter la réso­lution, qui demande au gou­ver­nement de recon­naître l’État de Palestine. Parmi les signa­taires il y avait un lauréat du Prix Nobel, plu­sieurs lau­réats de la plus haute déco­ration civile israé­lienne, deux anciens ministres et quatre anciens membres de la Knesset (dont moi), des diplo­mates et un général.

La machine de pro­pa­gande offi­cielle ne s’était pas mise en mou­vement. Sachant que la réso­lution serait de toute façon adoptée, elle a tenté de mini­miser l’événement dans toute la mesure du pos­sible. L’ambassadeur israélien à Londres n’était pas joignable.

ÉTAIT-​​CE un évé­nement négli­geable ? Sur un plan stric­tement pro­cé­dural, oui. Sur un plan plus large, loin de là. Pour les auto­rités israé­liennes, c’est le présage de très mau­vaises nouvelles.

Quelques jours plus tôt, une nou­velle sem­blable était venue de Suède. Le Premier ministre de gauche nou­vel­lement élu avait annoncé que son gou­ver­nement envi­sa­geait de recon­naître l’État de Palestine dans un avenir proche.

La Suède, comme la Grande Bre­tagne, a tou­jours été consi­dérée comme un pays “pro-​​israélien”, qui vote loya­lement contre les réso­lu­tions “anti-​​Israël” aux Nations unies. Si des nations occi­den­tales aussi impor­tantes remettent en question leur com­por­tement à l’égard de la poli­tique d’Israël, qu’est-ce que ça signifie ?

Un autre choc inat­tendu est venu du sud. Le dic­tateur égyptien, Muhammad Abd-​​al-​​Fatah al-​​Sissi,a détrompé les auto­rités israé­liennes de l’idée que les États arabes “modérés” iraient rejoindre les rangs de nos alliés contre les Pales­ti­niens.

Dans un dis­cours tran­chant, il a averti son âme sœur de fraîche date, Ben­jamin Neta­nyahou, que les États arabes ne coopé­re­raient pas avec Israël avant que nous ayons fait la paix avec un État palestinien.

Il a ainsi crevé le ballon fraîchement gonflé lancé par Neta­nyahou – que les États arabes pro-​​US, comme l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Jor­danie, les Émirats, le Koweit et le Qatar devien­draient ouver­tement des alliés d’Israël.

En Amé­rique du Sud, l’opinion publique s’est déjà clai­rement tournée contre Israël. La recon­nais­sance de la Palestine gagne du terrain dans les milieux offi­ciels, éga­lement. Même aux USA, le soutien incon­di­tionnel au gou­ver­nement israélien semble vaciller.


Que diable se passe-​​t-​​il ?

Le putois du monde, par Jonathan Shapiro,Mail & Guardian, Afrique du Sud, 3/6/2010


CE QUI se passe est un chan­gement profond, peut-​​être tec­to­nique, dans l’attitude de l’opinion publique à l’égard d’Israël.

Cela fait main­tenant des années qu’Israël est pré­senté dans les médias du monde prin­ci­pa­lement comme le pays qui occupe le ter­ri­toire pales­tinien. Les photos de presse d’Israéliens montrent presque tou­jours des soldats lour­dement armés et har­nachés face à des mani­fes­tants pales­ti­niens, souvent des enfants. Peu de ces images ont produit un effet spec­ta­cu­laire immédiat, mais il ne fau­drait pas en sous-​​estimer l’effet cumu­latif, progressif.

Un service diplo­ma­tique vraiment attentif aurait dû alerter son gou­ver­nement depuis long­temps. Mais notre service étranger est com­plè­tement démo­ralisé. Avec à sa tête Avigdor Lie­bermann, une énorme brute consi­dérée par beaucoup de ses col­lègues dans le monde comme un semi-​​fasciste, le corps diplo­ma­tique vit dans la terreur. Ils pré­fèrent se tenir cois.

Ce pro­cessus per­manent a atteint un sommet avec la récente guerre de Gaza. Elle ne dif­férait pas des deux guerres de Gaza qui l’avaient pré­cédée il n’y a pas si long­temps, mais pour quelque raison inson­dable, elle a eu un impact beaucoup plus fort.

Pendant un mois et demi, jour après jour, les gens du monde entier ont été bom­bardés d’images d’êtres humains tués, d’enfants mutilés, de mères en pleurs, d’immeubles d’habitation détruits, d’écoles et d’hôpitaux endom­magés, de masses de réfugiés sans abri. Grâce au Dôme de Fer, il n’était pas pos­sible de voir des immeubles israé­liens détruits, ni guère de morts civils israéliens.

Une per­sonne honnête normale, que ce soit à Stockholm, à Seattle ou à Sin­gapour, ne peut assister à un tel flot continu d’images hor­ribles sans en être marquée– d’abord incons­ciemment, puis consciemment. L’image “des Israé­liens” dans l’esprit des gens change len­tement, de façon presque imper­cep­tible. Le brave pionnier face aux sau­vages qui l’entourent se trans­forme en une hor­rible brute qui ter­rorise une popu­lation sans défense.

POURQUOI les Israé­liens n’en ont-​​ils pas conscience ? Parce que Nous Avons Tou­jours Raison.

On l’a déjà souvent dit : le prin­cipal danger de la pro­pa­gande, de toute pro­pa­gande, c’est que sa pre­mière victime est le pro­pa­gan­diste lui-​​même. Elle le convainc, lui plutôt que son audi­toire. Si vous déformez un fait et que vous le répétez cent fois, vous êtes amené à y croire.

Prenez l’affirmation selon laquelle nous étions obligés de bom­barder des ins­tal­la­tions des Nations unies dans la bande de Gaza parce que le Hamas les uti­lisait pour lancer des roquettes sur nos villes et nos vil­lages. Des jardins d’enfants, des écoles, des hôpitaux et des mos­quées étaient pris pour cibles par notre artillerie, nos avions, nos drones et nos navires de guerre. 99 % des Israé­liens pensent que c‘était néces­saire. Ils furent choqués quand le Secré­taire général de l’ONU, Ban Ki-​​Moon, qui a visité Gaza cette semaine, a déclaré que c’était tota­lement inadmissible.


Le Secré­taire général ignore-​​t-​​il que notre armée est l’Armée la plus Morale du Monde ?

Une autre affir­mation est que ces immeubles étaient uti­lisés par le Hamas pour y cacher leurs armes. Une per­sonne de mon âge nous a rappelé cette semaine dans Haaretz que nous fai­sions exac­tement la même chose quand nous nous bat­tions contre le gou­ver­nement bri­tan­nique de Palestine et contre nos agres­seurs arabes : nos armes étaient cachées dans des jardins d’enfants, des écoles, des hôpitaux et des syna­gogues. Dans beaucoup de ces endroits on peut voir des plaques com­mé­mo­ra­tives qui le rap­pellent avec fierté.

Aux yeux de l’Israélien moyen, les tueries et les des­truc­tions à grande échelle au cours de la cam­pagne récente se jus­ti­fiaient plei­nement. Il lui est presque impos­sible de com­prendre le scandale mondial. Faute d’autre raison il l’attribue à l’antisémitisme.

APRÈS L’UNE des guerres du Liban (j’ai oublié laquelle), j’ai reçu un message inha­bituel : un général de l’armée m’invitait à pro­noncer devant l’ensemble de ses offi­ciers une confé­rence sur l’impact de la guerre sur les médias mon­diaux. (Il voulait sans doute impres­sionner ses offi­ciers avec son attitude éclairée.)

J’ai dit aux offi­ciers que le champ de bataille moderne avait changé, que les guerres modernes étaient menées en pleine lumière via les médias du monde, que les soldats d’aujourd’hui devaient prendre cela en compte dans leurs projets et leurs combats. Ils m’ont écouté res­pec­tueu­sement et ont posé des ques­tions per­ti­nentes, mais je me suis demandé s’ils assi­mi­laient réel­lement la leçon.


Le métier de soldat est un métier comme un autre. Tout pro­fes­sionnel, qu’il (ou elle) soit juriste ou balayeur, adopte un com­por­tement en rapport avec sa profession.

Un général pense en termes concrets : quels effectifs me faut-​​il, combien de canons. Que faut-​​il pour briser la résis­tance de l’ennemi ? Comment réduire nos propres pertes ?

Il ne pense pas aux photos dans le New York Times.

Au cours de la cam­pagne de Gaza, des enfants n’ont pas été tués ni des maisons détruites de façon arbi­traire. Tout répondait à une logique mili­taire. Il fallait que des gens soient tués pour réduire les risques pour la vie de nos soldats. (Il est pré­fé­rable qu’une cen­taine de Pales­ti­niens soient tués plutôt qu’un seul soldat israélien.) Il fallait que les gens soient ter­ro­risés pour les faire se retourner contre le Hamas. Des quar­tiers devaient être détruits pour per­mettre à nos troupes d’avancer, et aussi pour donner à la popu­lation une leçon dont elle se sou­vien­drait pendant des années, éloi­gnant ainsi la pro­chaine guerre.

Tout cela répond à une logique mili­taire pour un général. Il mène une guerre, nom d’un chien, et ne peut pas s’encombrer d’autres consi­dé­ra­tions. Comme celle de l’impact sur l’opinion publique mon­diale. Et de toute façon, après l’Holocauste…

CE QUE pense le général, Israël le pense.

Israël n’est pas une dic­tature mili­taire. Le général al-​​Sissi peut bien être le meilleur ami de Neta­nyahou, mais Neta­nyahou n’est pas général. Israël aime faire des affaires, en par­ti­culier du com­merce d’armement, avec des dic­ta­teurs mili­taires du monde entier, mais en Israël même l’armée obéit au gou­ver­nement civil élu.

C’est vrai, mais…

Mais l’État d’Israël est né dans le cadre d’une guerre durement menée, dont le résultat n’était en rien garanti à ce moment là. L’armée était alors, elle l’est aussi aujourd’hui, au centre de la vie nationale d’Israël. On peut dire que l’armée est le seul élément uni­fiant de la société israé­lienne. C’est le lieu où les hommes et les femmes, les ash­ké­nazes et les séfa­rades, les laïques et les reli­gieux (à l’exception des ortho­doxes), les riches et les pauvres, les anciens et les nou­veaux immi­grants se ren­contrent et sont endoc­trinés dans le même esprit.

La plupart des Israé­liens juifs sont d’anciens soldats. La plupart des offi­ciers qui quittent l’armée vers 45ans, se recyclent dans l’élite admi­nis­trative, éco­no­mique, poli­tique et uni­ver­si­taire. Le résultat c’est que la men­talité mili­taire est domi­nante en Israël.

Dans ces condi­tions, les Israé­liens sont tota­lement inca­pables de com­prendre le retour­nement de l’opinion publique mon­diale. Qu’attendent-ils de nous, ces Suédois, ces Bri­tan­niques et ces Japonais ? Pensent-​​ils que nous prenons plaisir à tuer des enfants, à détruire des maisons ? (comme l’exprime cette décla­ration mémo­rable de Golda Meir : “Nous pouvons par­donner aux Arabes de tuer nos enfants, mais nous ne leur par­don­nerons jamais de nous obliger à tuer leurs enfants !”)

LES FON­DA­TEURS d’Israël étaient très sou­cieux de l’opinion publique mon­diale. Il est vrai que David Ben-​​Gourion a déclaré un jour que “ce n’est pas ce que disent les goyims qui importe, mais ce que font les Juifs !” Mais, dans la vie réelle, Ben-​​Gourion était très conscient de la nécessité de convaincre l’opinion mon­diale. C’était aussi le cas de son adver­saire, le diri­geant sio­niste de droite Vla­dimir Jabo­tinski, qui déclara un jour à Menahem Begin que s’il perdait espoir dans la conscience du monde, il lui fau­drait “se jeter dans la Vistule”.




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