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25/07/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: motpassant (4:54 pm)

 

- Bonjour, auriez-vous de l'eau de toilette Dune.

Je prononce "dioune"pour faire anglais. Elle me regarde avec commisération.

- Dune de Dior ?

- Oui c'est ça. - Je ne sais jamais s'il faut prononcer en anglais ou en français. D'autant que je ne parle pas anglais !

Je souris bêtement, mais elle ne le voit pas puisqu'elle ne m'a pas encore regardé.

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué le décalage qu'il peut exister entre le style homme qui entre dans une parfumerie et celui des vendeuses. D'autant qu'en raison de la saison et de la chaleur, certains hommes dont je suis, s'affublent de ces affreux bermudas, mais tellement pratiques. Certains vont même et je n'en suis pas ( veuillez me croire ) jusqu'au ridicule en se chaussant de mocassins dans lesquels ils ont gardé leurs chaussettes ! Il ne faut pas oublier le tee-short qui pend ou la chemise ouverte sur des poils autrefois symbole de virilité !

En face de ce tableau, vous avez la vendeuse en parfumerie. Au premier regard vous comprenez que vous n'avez pas affaire une vendeuse de légumes ou de poissons. Vous avez affaire à une vendeuse d'un degré " supérieur " qui vend des produits de luxe auquel vous aspirez, mais dont vos moyens ne vous permettent pas d'y accéder. Aussi, dès votre entrée, vous regarde-t-elle comme si vous vous étiez trompé de boutique.

Et elle, elle n'a pas de bermuda ! C'est la grande classe ! D'abord, elle sent bon ! Normal, vous me direz !

Celle de ce matin, donc sentait bon. Elle portait un chemisier d'un blanc immaculé dont le décolleté laissait entrevoir deux seins bien proportionnés enveloppés dans un soutien-gorge gris !

La classe !

Afin de satisfaire à ma demande, elle se dresse sur la pointe des pieds pour saisir le flacon situé un peu trop haut sur les rayons. Ce geste, malgré la jeunesse de la dame semble pourtant lui demander un effort dont apparemment elle n'est pas coutumière, effort qui a surtout pour effet de déranger sa belle harmonie vestimentaire. Elle doit, d'urgence réintégrer le chemisier blanc dans le pantalon de toile blanche transparente au travers duquel on peut, si l'on regarde évidemment, éviter de deviner la présence d'un string , et je ne sais trop pourquoi remonter la mèche de cheveux qui de toute manière même sans bouger lui recouvre la moitié du visage. Un visage d'où ressort principalement des lèvres rouges et brillantes. Les yeux, en revanche paraissent éteints. Était-ce du à la nuit précédente ? Ou des soucis ? Ou et sûrement à cause de ma présence aussi incongrue qu'un chat dans un aquarium ( ça, c'est de moi ) ?

- C'est pour offrir ?

Ce qui voulait dire, si j'interpréte son état d'esprit :

- Si en plus, il faut que je lui fasse un paquet !

- Non, non, c'est pour moi !

Je réponds, fier de laisser entendre que je ne suis pas aussi rustre qu'elle semble le penser, mais non rien n'y fait 

- Ça fait 89 euros. Chèque ou carte bleue ?

Non, décidément les vendeuses en parfumerie ne m'aimeront jamais ! 







24/07/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: motpassant (12:09 pm)

Jordan avait décidé de rejoindre le port et de la ramener ensuite chez elle. Il avait besoin de faire le point, d’essayer de comprendre ce qu’il lui arrivait.

Il habitait une villa récente que une colline qui donnait sur le Rhône C‘était une maison modeste, mais qu’il avait su meubler et décorer avec goût. Une piscine et un jardin ombragé faisait de cet endroit un lieu où l’on respirait le calme et le repos.

Astrid s’était enfin réveillée. Son sommeil avait été agité. Les traces de sa crise se lisaient sur son visage, mais elle semblait doucement revenir à la réalité. Jordan s’installa à côté d’elle, soulagé d’être rentré chez lui, il allait être plus à l’aise pour gérer cette situation.

Elle se comportait comme si elle était seule. Rien autour, ne semblait avoir prise sur elle.

- Vous allez-mieux ? Vous pouvez me parler ?

- Je n’ai plus rien à dire depuis longtemps.

- Pourtant, j’aimerais comprendre ce qui vous est arrivé.

-Je n’ai pas envie de parler pour le moment, s’il vous plaît, laissez-moi.

Sa voix était suppliante empreinte d’une douleur réelle.

- Pas de problème, mais il faudrait tout de même que je prenne des dispositions pour prévenir votre famille. Personne ne sait où vous êtes.

Sa tête, doucement s’est tournée vers lui :

- S’il vous plaît, laissez-moi du temps ! Je ne veux voir personne.

- Très bien, reposez-vous et nous parlerons plus tard, il le faudra bien.

Quand la nuit est tombée, elle n’avait pas bougé de son fauteuil. Après le repas, Jordan invita de nouveau Astrid à s’exprimer, ce qu’il faisait avec une douceur contrainte.

- Astrid, il faut absolument que je comprenne ce qui se passe. je ne sais pas encore où vous habitez. Je ne sais rien de vous et vous êtes là, chez moi, en état de choc. Vous devez bien vous rendre compte de la situation. Si vous ne voulez pas me parler, dites-moi au moins à quel endroit et je vous ramènerai chez vous.

Jordan lui tenait les mains, elles étaient glacées.

- Savez-vous au moins où nous sommes ?

- Oui, nous sommes chez vous. Mais je ne veux pas partir.

- Mais enfin Astrid, pourquoi ? Vous m’avez dit que vous étiez mariée, il faut au moins téléphoner à votre mari. Vous m’avez dit être en vacances dans la région, dites-moi où c’est.

- Je ne veux pas partir. Je veux rester ici. Je ne veux plus bouger. Plus voir personne !

Des larmes coulent à nouveau, elle se prend la tête dans les mains.

- Je ne veux pas partir !

- Astrid…

- Personne ne m’écoute. Personne ne me comprend. Je souffre depuis tant d’années. Gardez-moi ici ! Vous ne pouvez pas comprendre. Je ne m’en sortirai jamais. Je n’ai plus envie de vivre !

Jordan est obligé de la soutenir pour éviter qu’elle ne tombe au sol. Elle s’accroche à ses bras à lui faire mal.

- Je vais appeler un médecin.

- Non ! Ne faites pas ça !

- Mais que voulez-vous ? Il s’énerve et perd quelque peu son sang -froid.

- Je ne veux pas partir ! Gardez-moi ici !

- Allons nous coucher et nous verrons demain. D’accord ?

Elle se laisse emmener à la chambre en silence.

Le lendemain, Jordan s’était levé de bonne heure et attendait avec inquiétude le réveil d’Astrid. Il ne savait plus comment agir. C’était un garçon qui avait toujours vécu seul. Fils unique, il avait conçu sa vie au fil des années, de manière à ne pas s’impliquer dans la vie des autres, surtout en fait par méconnaissance des relations sociales. Peu à peu il avait isolé son expérience, faisant de celle-ci sa seule référence pour évoluer dans la société. On pouvait ainsi ressentir à son contact une certaine indifférence ou même de l’égoïsme, mais ce n’était en réalité que la perception d’une personnalité qu’il s’était construite patiemment. Malgré tout, sa compagnie n’était pas désagréable et sa façon de vivre n’entraînait pas, dans son entourage de critiques particulières. D’autant que physiquement il était agréable et que des études universitaires brillantes avaient fait de lui quelqu’un d’ouvert.

Cependant, il ne recevait jamais. Peu de gens connaissait sa maison et beaucoup, d’ailleurs ne savaient même pas où il vivait.

C’était encore plus vrai depuis qu’il avait réduit son activité professionnelle de pêcheur. Il avait pris la succession de son père et avait pendant quelques années dirigé une flottille de cinq bateaux ce qui lui avait permis de vivre confortablement et depuis qu’il avait vendu son affaire, il vivait la plupart du temps en retrait sur son bateau ou tranquillement dans sa maison où il passait de longs moments à lire ou même parfois à écrire. Il aimait coucher sur le papier tout ce qu’il ne partageait pas avec ses semblables.

…………







23/07/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: motpassant (6:47 pm)


J'ai commencé plusieurs billets aujourd'hui. Dont un sur Félix
Vallotton dont vous pouvez voir les oeuvres ici et un sur ma visite dans une parfumerie ce matin où je me suis acheté ça , mais finalement j'ai préféré vous présenter cette magnifique chouette !





22/07/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: motpassant (12:15 pm)

Source

 Il faut laisser entendre que l'on sait, d'une part par manque de courage et d'autre part par peur de la mise à l'écart.

On aboutit ainsi à une ou deux pensées uniques qui marginalisent ceux qui voudraient prendre un chemin différent.

La pression actuelle sur les individus est telle que reconnaître que l'on ne sait pas ou que l'on ne comprend pas est devenu rédhibitoire.

Ne plus s'aventurer dans la contradiction est devenu une règle car elle provoque aussitôt non pas une discussion, mais une confrontation. Les convictions ne sont plus en soi, mais conçues à l'extérieur et proposées au plus grand nombre. Elles sont souvent empreintes d'une certaine dose de démagogie, ingrédient nécessaire de base dans les relations actuelles.







21/07/08

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