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18/08/12
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: vilistia (11:20 pm)

18.08.2012

Le nouveau président égyptien pour l’entrée en scène officielle de l’Iran dans le jeu diplomatique

Par Louis Denghien,



Mohamed Morsi : Égyptien avant que d’être Frère musulman, homme de paix plutôt que prosélyte ?


La proposition faite hier par le nouveau président égyptien Mohamed Morsi mérite d’être relevée :

  • créer un « groupe de contact » sur la Syrie associant l’Égypte, la Turquie, l’Arabie séoudite… et l’Iran représente en effet une transgression majeure par rapport aux canons du diplomatiquement correct défini par les Américains et les Européens.
  • L’implication de l’Iran, allié régional n°1 de la Syrie, dans ce dossier est un tabou pour Washington, Londres et Paris. Et c’était une exigence de la diplomatie russe, rejointe, dans les derniers temps de son mandat, par Kofi Annan.

L’Iran s’est empressé du reste d’accepter la proposition du président égyptien, formulée, c’est à noter, en marge du sommet de l’Organisation de la coopération islamique de la Mecque, dont la totalité des membres – à l’exception justement de l’Iran – avaient voté la suspension de la Syrie.

Les possibles raisons du président Morsi

La diplomatie iranienne a donc sauté sur cette occasion de reprendre pied dans le débat inter-musulman, et un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a salué l’initiative du président Morsi, estimant qu’en effet, un tel « groupe de contact » permettrait de « suivre l’actualité régionale et ramener le plus vite possible le calme dans la région et atténuer les tenions« .

Là, le porte-parole de Téhéran donne carrément dans l’optimisme sinon dans l’utopie, la rébellion s’enfonçant de plus en plus dans le jusqu’au-boutisme à forte implication fondamentaliste ; et l’Arabie séoudite et la Turquie n’ayant pas renoncé au renversement de Bachar.

Mais il est question de la région, et non de la seule Syrie, et justement, des nuages de violences se sont amoncelés ces derniers temps sur le Liban, le Kurdistan irakien, turc et syrien, et jusque dans le Sinai égyptien.

C’est du reste peut-être ce qui se passe aux frontières de son pays avec la bande de Gaza et Israël qui pousse le chef de l’État égyptien, qui semble marquer des points contre l’armée dans la lutte pour le contrôle effectif du pays, à adopter sur le dossier syrien une démarche conciliatrice, « équilibrée » comme diraient les Russes.

Le terrorisme salafiste, avec ses provocations meurtrières et déstabilisatrices, Morsi vient d’y être confronté ces derniers jours, et il a réagi avec la fermeté que l’on sait aux menées des guérilléros islamistes opérant aux confins de Gaza.

Tout frère musulman qu’il soit, Mohamed Morsi semble conscient que des proliférations cancéreuse de type djihadiste menacent le très fragile équilibre de tout le monde arabe, et qu’à cet égard la Syrie est un « laboratoire ».

La démarche du nouveau président égyptien va objectivement dans le sens du dialogue et de la désescalade. Et, jusqu’à preuve du contraire, elle est quand même une manifestation d’indépendance de la diplomatie égyptienne par rapport aux mots d’ordre du Département d’État américain.

Entretiens syro-russes

La Russie ne peut qu’appuyer elle aussi l’initiative Morsi, elle qui a réclamé jeudi une mobilisation des grandes puissances pour qu’elle lancent, avec l’Arabie séoudite, soutien de rebelles, et l’Iran, soutien du gouvernement syrien, un appel aux belligérants pour qu’ils mettent fin à la violence le plus tôt possible.

Là encore, utopie, et une réunion du groupe international sur la Syrie, qui devait se tenir ce vendredi à Moscou, a été annulée pour cause de boycott occidental. Mais enfin la question de l’entrée de l’Iran dans le jeu diplomatique avance.

Les Occidentaux n’ont pas dû apprécier la dernière sortie du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qui s’est encore élevé avec force contre l’éventuelle mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie « sous prétexte de crise humanitaire« .

Lavrov qui doit rencontrer ce samedi à Moscou le vice-Premier ministre – et ministre du Commerce – Qadril Jamil et le ministre de la Réconciliation nationale Ali Hayder.

Les deux hommes doivent transmette aux russes des propositions concrètes favorisant un dialogue politique et une « réconciliation nationale« . Mais encore faut-il définir et cerner ceux avec qui il est possible encore de se réconcilier. Sans doute, les deux émissaires de Bachar espèrent-ils une marginalisation du CNS, annoncée par de nombreux observateurs ces derniers jours, et une redistribution subséquente des carte politiques.

Qadri Jamil s’était déjà rendu à Moscou début août, en tant que ministre du Commerce, et avait signé avec ses interlocuteurs un accord sur l’organisation de la coopération « géopolitique, scientifique, technique et commerciale« .

Comme leurs interlocuteurs russes, les deux hommes se réclament du plan de paix onusien naguère porté par Kofi Annnan. C’est désormais l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères, Lakdar Brahimi, qui assumera cette tâche. Le nouvel émissaire de l’ONU – et de la Ligue arabe – pour la Syrie s’est d’emblée dit peu optimiste quant à ses chances de succès.

Les deux camps géostratégiques en présence ont salué cette nomination avec un unanimisme de façade. On verra vite en tous cas si M. Brahimi fait preuve de la même relative autonomie de pensée que son prédécesseur.

Un Algérien devrait en principe être conscient de ce que représente le terrorisme intégriste et la logique de guerre civile…



http://www.infosyrie.fr/







18/08/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (10:59 pm)

18.08.2012 Par Louis Denghien,


Pendant sa visite éclair et auto-publicitaire aux réfugiés syriens de Jordanie, Laurent Fabius, entre deux avis définitifs sur Bachar al-Assad et le sort que celui-ci mériterait selon lui, avait annoncé avec gourmandise des défections « spectaculaires » au sommet de l’appareil d’État syrien.


Et dès vendredi, comme en écho à la jactance fabiusienne, les chaînes jumelles de la désinformation pan-arabe - al-Jazzera et al-Arabiya – annonçaient, relayant les cyber-affabulateurs de l’opposition syrienne, la défection du vice-président syrien Farouk al-Chareh.

Effectivement, cette défection du n°2 syrien, survenant peu après celle du Premier ministre Riad Hijab, était bien frappée du sceau du spectaculaire.

Gros pétard mouillé

Spectaculaire mais faux. Dès vendredi, par communiqué lu au journal télévisé, le vice-président syrien démentait la nouvelle de sa défection, précisant qu’à aucun moment il n’avait pensé à quitter le pays. Dans le même communiqué Farouk al-Chareh, saluait la nomination du nouvel émissaire de l’ONU pour la Syrie, le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, se déclarant favorable « à une position unifiée du Conseil de sécurité de l’ONU. pour qu’il (Brahimi) puisse mener sa difficile mission sans obstacle« .

L’ASL, à l’origine de ce bobard « spectaculaire », a tenté de « rattraper le coup », évoquant des « informations préliminaires (?) » selon lesquelles il y aurait bien eu « tentative de défection« , qui s’est « soldée par un échec ».

De son côté, un reponsable jordanien a démenti la présence du vice-président syrien dans son pays, annoncée par certains opposant imaginatifs. Pour l’heure c’est plutôt l’effet d’annonce de Fabius et de ses amis d’al-Jazeera qui se « solde par un échec ».

Bien sûr, tout est possible avec les hommes (politiques), spécialement dans un contexte de tension maximum et prolongée tel que le connait la Syrie. Mais, tout de même, Farouk al-Chareh (74 ans, dont au moins 30 au service de l’État syrien) n’avait pas le profil idéal du déserteur :

  • sunnite, originaire de Deraa, c’est d’abord un nationaliste syrien, membre du comité central du Baas depuis 1963, qui a fait sa carrière sous Assad père et fils : il a été ministre des Affaires étrangères pendant plus de vingt années, après avoir occupé des postes diplomatiques, notamment à Rome.

Durant ce long mandat, il n’a pas dévié de la ligne « anti-impérialiste » et anti-sioniste. Une ligne qui l’a notamment poussé à déclarer, au moment de la seconde attaque américaine contre l’Irak en mars 2003, que l’intérêt de la Syrie dans cette affaire était que les « États-Unis soient vaincus« . Al-Chareh avait été nommé vice-président syrien en 2006.

La crise l’avait vu manifester, c'est vrai, des velléités de dialogue avec certains éléments de l’opposition, mais après tout c’était aussi la ligne Bachar, dans les premiers temps de l’insurrection.

Au début de l’année, la Ligue arabe sous influence qatari avait proposé qu’il remplace le président syrien dans le cadre d’un gouvernement de transition et d’union nationale, mais al-Fareh ne s’était pas prêté à une manoeuvre cousue de fil blanc (ou vert).

À noter que les Américains et leurs collaborateurs européens l’ont placé sur une de leurs listes noires de personnalités syriennes impliquées « dans les violences contre la population civile« . Les mêmes l’ont qualifié de « caution sunnite » du régime.

  • Et c’est vrai que sa défection eut été un « joli coup » pour le camp anti-syrien : car le départ d’une aussi haute personnalité sunnite aurait amené de l’eau au moulin des prophètes et artisans de la décomposition communautaire du pays.

Oui mais voilà, Farouk al-Chareh est un de ces millions de sunnites patriotes, qui pensent syrien avant de penser religieux, et qui refusent d’avoir quoi que ce soit à voir avec les fanatiques et dévoyés de la religion qui font le jeu de puissances fort peu musulmanes..

À présent, puisque nous parlions des instances dirigeantes syriennes, quelques images – rares c’est vrai – de Bachar al-Assad et de son épouse Asma prenant un petit bain de foule, en un lieu non précisé, mais qui visiblement n’a rien à voir avec le palais présidentiel :

à un moment il est même porté en triomphe, tandis que les gens scandent son nom, et que le nom d’Allah est invoqué, cette fois pour la bonne cause.

Propagande ? Assurément. Mais démonstration que Bachar se montre en public et à son peuple, dans la limite des exigence de sa sécurité, tout de même assez menacée ces derniers temps.

Du reste, à voir cette joyeuse cohue, on ne peut s’empêcher de penser qu’il serait assez facile à un fanatique déterminé d’atteindre Bachar qu’on voit s’arrêter à plusieurs reprises et prendre le temps de répondre aux saluts et interpellations du public, avant de regagner sa voiture et de repartir sous les applaudissements et les slogans de ses partisans.

http://www.infosyrie.fr/



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