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02/08/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (9:04 pm)

Questions :

  • d’où viennent ces chars et ces armes lourdes ?
  • par où sont-ils arrivés ?
  • qui les a financés ?
  • qui a appris aux « rebelles syriens » leur maniement ?

M. Martin Nesirky, porte-parole des Nations unies, vient de déclarer à des journalistes, au siège de l’ONU à New York, que les « rebelles syriens sont en possession de chars et d’armes lourdes dans la ville d’Alep, selon la mission de l’ONU en Syrie. »

Les observateurs des Nations unies sont allés dans la ville du nord du pays mardi. L’affrontement entre les troupes régulières et les
« rebelles » se concentre depuis le 20 juillet sur Alep, capitale économique du pays.

Les observateurs de l’ONU en Syrie viennent également d’affirmer que les troupes régulières avaient eu recours à des avions de chasse pour tirer sur Alep.

Citant des chiffres du CICR et du Croissant Rouge syrien, la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos avait évoqué 200.000 personnes ayant fui Alep.

COMMENTAIRES :

IL FAUT MAINTENANT ARRÊTER DE PRENDRE LES OPINIONS PUBLIQUES POUR DES IMBÉCILES

Il y a des limites au bourrage de crâne.

Quel que soit le pays, on peut comprendre, dans l’absolu, qu’une partie de la population se rebelle contre un régime politique autoritaire qui dirige son pays contre la volonté de son peuple.

On peut aussi admettre que des rebelles soient conduits, dans la pire des extrémités, à se battre contre les forces régulières de ce régime dictatorial.

On peut même imaginer que des rebelles se battent contre ces forces régulières, avec des armes légères achetées en contrebande.

Mais il y a un moment où l’on ne peut plus tout gober. Si des « rebelles » mènent des combats acharnés dans une ville, avec des chars d’assaut et des armes lourdes, c’est que ce ne sont plus de simples « rebelles ».

Car on ne peut pas se procurer des tanks sous le manteau.
On ne peut pas acheter des batteries de missile sur Ebay.
On ne peut pas se faire livrer toutes les munitions et la logistique par Chronopost.
Et on ne peut pas s’improviser conducteur de char d’assaut ou responsable d’une batterie d’artillerie lourde.

Il faut donc arrêter maintenant de prendre les opinions publiques occidentales pour des imbéciles et les citoyens français pour des demeurés.

Nous demandons donc aux autorités françaises, et notamment au Président François Hollande, de venir expliquer aux Français :

1)- d’où viennent les chars et les armes lourdes qui sont aux mains des « rebelles syriens », comme l’ont constaté désormais officiellement les observateurs de l’ONU ?

2)- par où ces armes lourdes et d’un volume considérable ont-elles transité ?

Je souligne que le renseignement militaire de la France, alliée de l’OTAN et des États-Unis sur cette affaire comme sur les autres, doit nécessairement avoir des informations satellitaires sur les trafics en question.

3)- qui a financé ces armes ?

4)- qui a appris aux « rebelles syriens », qui sont officiellement de simples civils selon nos médias, à manier ces armes lourdes et ces chars ?

5)- qui assure la logistique en munitions et en essence ?

RUSSIE ET CHINE ONT UNE POSITION BEAUCOUP PLUS CONFORME À LA CHARTE DE L’ONU ET AU DROIT INTERNATIONAL

Les nouveaux développement de cette affaire tendent à accréditer l’analyse de la Russie et de la Chine, qui ont opposé leurs vétos au Conseil de Sécurité de l’ONU sur les résolutions présentées par les pays membres de l’OTAN, au motif qu’elles étaient outrageusement partisanes et hostiles au régime syrien.

L’agence russe RIA NOVOSTI vient d’ailleurs d’informer que le président Vladimir Poutine se rendra à Londres demain 2 août pour y rencontrer le premier ministre britannique David Cameron et évoquer avec lui spécialement la situation en Syrie.

Le porte-parole du président russe a précisé : « Nous nous attendons à un échange d’avis. Dans le prolongement du dialogue sur ce thème initié à Los Cabos (au Mexique), nous attendons une nouvelle possibilité de porter à la connaissance de la partie britannique (…) la position extrêmement claire et transparente qu’occupe la Russie. »
http://fr.rian.ru/world/20120801/195544032.html

Force est de constater que, plus les jours passent et plus la position de la Russie – comme celle de la Chine – apparaissent en effet comme responsable et transparente, tandis que les positions de la France, de l’OTAN et de l’Union européenne apparaissent comme visant à couvrir une véritable guerre d’agression néo-coloniale qui ne dit pas son nom.

CONCLUSION : LES ÉLECTEURS DE GAUCHE DE NOUVEAU TRAHIS PAR LES PARTIS DE GAUCHE FRANÇAIS

M. François Hollande, théoriquement « socialiste » et théoriquement héritier de la pensée pacifiste française de Jean Jaurès, doit impérativement expliquer à nos compatriotes ce qui se passe RÉELLEMENT en Syrie, notamment sur ces trafics d’armes lourdes et de chars révélés aujourd’hui officiellement par l’ONU.

Le président de la République doit également expliquer en quoi sa politique en la matière est différente de celle de Nicolas Sarkozy.

M. Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé ses 11% d’électeurs – le soir même du 1er tour, à 20 H 37 -, à voter pour François Hollande sans rien négocier dans aucun domaine, doit expliquer à ses électeurs :

- ce qu’il pense de l’engrenage militaire de plus en plus inquiétant qui est en train de se mettre en place en Syrie et autour de la Syrie.

- ce qu’il pense de l’origine des chars et des armes lourdes dont disposent les « rebelles syriens ».

- ce qu’il pense de l’action militaire de François Hollande et en quoi elle se distingue de celle de Nicolas Sarkozy.

http://www.u-p-r.fr/








02/08/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:58 pm)

02.08.2012

Par Louis Denghien,



On a un peu tendance à l’oublier – et lui aussi – mais Obama s’est fait élire comme l’anti-George Bush. Aujourd’hui, la crise syrienne montre que le « premier président noir » était quand même plus influencé par Colin Powell que par Martin Luther King…


Les chaînes d’information américaines CNN et CBS ont affirmé que Barack Obama avait récemment signé une directive secrète portant sur une aide américaine « directe » aux rebelles syriens.

Cette aide directe incluerait des actions clandestines de la CIA sur le territoire syrien. Interrogés à ce sujet, des responsables de haut niveau de l’admoinistratio Obama ont refusé de confirmer, tout en laissant entendre que la Maison Blanche envisage sérieusement d’apporter « plus de soutiens » dans le domaine du « renseignement » à l’ASL.

À noter qu’une « source gouvernementale » américaine a donné la même information à l’agence Reuters. On rappellera qu’en 2011 Obama avait signé un document similaire autorisant le même soutien « actif » américain aux rebelles libyens

Des dollars, des pansements et des téléphones

Jusqu’à présent, le discours officiel des dirigeants américains s’en tenait à une aide « non léthale » aux insurgés : pas d’armes, des téléphones et du matériel sanitaire, en gros. Mercredi, l’administration Obama a fait, dan le cadre de ce programme, un premier chèque de 25 millions de $ à l’ASL.

Et le même jour, un responsable du Trésor américain a confirmé l’autorisation accordé au représentant de l’ASL à Washington de mener des opérations financières pour le compte des rebelles armés.

En tous cas, lundi 30 juillet, Obama a eu un entretien téléphonique à sujet syrien avec son allié turc Erdogan, et les deux compères seraient mis d’accord pour « accélérer la transition politique » en Syrie.

Évidemment, un programme aussi ambitieux ne se fera pas à coups de téléphones cellulaires, de drones espions ou de pansements sanitaires. Alors, la CIA enverra-t-elle ses hommes déjà stationnés en Turquie de l’autre côté de la frontière ?

Ou bien Washington poussera-t-il Ankara à l’escalade ? Erdogan à dépêché des renforts dans la partie orientale de sa frontière avec la Syrie, ou des milices kurdes pro-Bachar seraient positionnées.

Et puis il y a ces informations circulant depuis plusieurs jours sur une base « spéciale » américaine aménagée en Turquie à des fins nettement hostiles à la Syrie.

On peut déjà se poser la question de savoir si le « secret » n’a pas été trahi à dessein, en une de ces « fuites organisée » qui servent aux gouvernements à faire passer des messages à caractère semi-officiel.

En ce cas le message est sûrement adressé à la Russie et à la Chine, comme quoi les États-Unis, même en campagne électorale, ne lâchent pas l’affaire, et disposent toujours de leurs sous-traitants turcs pour les basses besognes.

Rien de nouveau sous le soleil de Washington en somme ? Pour le moment toutes les démarches publiques et manoeuvres obliques des Américains ont échoué en Syrie.

Il semble qu’Obama/Clinton caressent à présent une stratégie d’escalade indirecte, avec soutien militaire accru à une ASL qui lance à Alep ses dernières forces dans la bataille.

Le site russe anglophone Russia Today fait état d’informations selon lesquelles l’ASL était parvenue à obtenir de Washington la livraison de « presque deux douzaines de missiles sol-air » bien utiles contre les hélicoptères syriens.

Si au fond, Obama ne fait que persister dans son intention de renverser le gouvernement syrien, la médiatisation de sa directive « secrète » laisse un peu songeur.

Outre que la réputation de l’ASL n’en sortira pas renforcée, à notre avis, en Syrie et dans l’ensemble du monde arabo-musulman, outre qu’elle peut conduire les Russes à augmenter en parallèle leur aide à l’armée syrienne, cette « fuite » officialise en quelque sorte la duplicité de la politique américaine..

Que résume ainsi Brian Becker, dirigeant de la coalition pacifiste américaine Answer, interrogé par Russia Today :

  • « Tout ce que cette affaire révèle, c’est que la soi-disant diplomatie, le soi disant souci de parvenir à une solution négociée en Syrie est un mensonge – c’est que la diplomatie est, en fait, devenue une forme de parjure« . Et Becker d’ajouter : « La réalité, c’est que le gouvernement américain – l’administration Obama plus le Pentagone et la CIA – ont étroitement coordonné des opérations pour renverser le gouvernement souverain en Syrie ».

Il y a sûrement un peu de ça, en effet. Maintenant, Obama voudra-t-il vraiment aller plus loin qu’il n’est allé jusqu’à présent, à l’orée d’une campagne électorale difficile ? Nous ne le croyons pas. Quant aux Turcs ils n’ont pas bougé quand la destruction de leur chasseur-bombardier leur offrait un « prétexte en or » pour attaquer la Syrie.

Osons alors une hypothèse audacieuse : l’administration Obama n’a pas de plan, agit au jour le jour, en espérant que ses demi-menaces déclencheront quelque chose diplomatiquement ou militairement.

Elle ne veut sûrement pas risquer en tous cas la précieuse vie de ses boys – même si ce sont des agents de la CIA – avant l’élection de novembre. We will see, we will see. Mais les ASL d’Alep ne pourront évidemment pas tenir jusque-là

http://www.infosyrie.fr/





02/08/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:46 pm)

Par Droits réservés,



Une « auto-mitrailleuse maison » de l’ASL vue au nord d’Alep, le 29 juillet : l’armée syrienne semble en avoir fait une grande destruction, à Alep et ailleurs, ces derniers jours….

Dans son bulletin militaire daté du 2 août et qui donc couvre des événement de la matinée et de la veille, Sana signale….

-sur le front d’Alep :

La destruction d’un « 4×4 automitrailleuse » supplémentaire au village d’al-Qanater, près d’Antareb (ou al-Attareb), et des pertes infligées au groupe qui l’accompagnait ; et parmi ces pertes pas mal d’étrangers.

Un accrochage à al-Hajeb avec une formation rebelle, qui aurait laissé des « dizaines de tués et de blessés » dans l’affaire ; le groupe a été surpris par les militaires alors qu’ils venaient de faire sauter un immeuble dans le centre de la localité.

Il semble que Florence Aubenas, l’envoyée spéciale du Monde à Alep, d’où elle a envoyé des papiers d’un haut niveau de partialité et de sentimentalisme pro-ASL, ait quitté la ville pour se replier au nord de la ville :

  • le 30 juillet, elle se trouvait apparemment à Suran, à une trentaine de kilomètres au nord d’Alep : on peut penser que ce « repli » est un bon signe.

Toujours en ce qui concerne Alep, aux confins de la lutte armée, de l’humanitaire et de la lute politique, l’exécution par les rebelles de membres du clan sunnite pro-Bachar des Berri continue de faire pas mal de vagues et de susciter de nombreuses condamnations.

Même I-Télé, c’est dire, est obligée d’y revenir aujourd’hui, quitte à à recycler la thèse opposante (et ridicule) d’une « trahison » de l’ASL par la famille Berri.

C’est la première fois après 17 mois d’exactions diverses et variées, de Jisr-al-Choughour en Bab Amr en passant par Hama, que l’opposition armée se retrouve à ce point sur la sellette dans la médiasphère occidentale. La bataille d’Alep, un « tournant » ? À plus d’un titre, semble-t-il.

-al-Qusayr :

Des accrochages quotidiens dans et autour de cette ville stratégiquement située entre Homs et le Nord Liban, et dont le rebelles tiennent une partie ; cette fois, une embuscade de l’armée a permis la destruction de deux véhicules de l’ASL, pick-up équipés de l’habituelle mitrailleuse lourde Douchka, à l’aube de ce jeudi.

-Homs :

Les soldats ont attaqué un groupe de eux véhicules rebelles sur la route Homs-Tartous, qui court parallèlement à la frontière nord du Liban ; un des véhicules a été stoppé, trois de ses occupants tués, et la moisson d’armes est la suivante : un mortier avec 8 obus, 9 roquettes de RPG, 2 Kalashnikov, 3 fusils à lunette et les munitions ad hoc.

-Damas :

Dans le secteur de Jdaidet Artouz – où l’OSDH affrme que les militaires ont exécuté des civils hier – la traque des bandes repoussées de Damas se poursuivait cet après-midi ; on notera que la localitése situe à l’extrême limite sud-ouest de la vaste agglomération damascène, au-delà c’est la campagne : la bataille de Damas est bien lin déjà !

À défaut de combats significatifs, un incident tragi-comique à signaler dans ce secteur : on apprend qu’une bande armée a attaqué le 31 juillet une ferme pilote située à Kharabo et rattachée à la faculté d’agriculture de l’Université de Damas ;

sous la menace de leurs armes, les rescapés de la bataille de Dama ont raflé quelque 66 bovins et ovins ; un temps détenu par les insurgés le gardien de la ferme a finalement été relâché par eux. Presque tout est donc bien qui finit bien, sauf pour le bétail… et l’ASL : en effet, le doyen de la fac d’agriculture, Rabi’ el Mersetani, a fait avoir plus tard que les animaux en question avaient fait l’objet de recherche à caractère plus ou moins génétiques et se trouvaient de ce fait impropres à la consommation ! Les rebelles auront-ils eu l’information à temps ?

On demande sa Majesté Abdallah d’urgence !

Nous évoquions Homs où quelques dizaines de rebelles s’accrochent aux ruines de deux ou trois quartiers ou parties de quartiers. Cette vidéo (sous-titrée en anglais) très récente semble indiquer que les jours « glorieux » de Bab Amr sont loin pour les extrémistes religieux de Homs.

On y voit en effet un massif et caricatural moudjahidine dûment barbu lancer sur un ton des plus véhément – mais néanmoins respectueux – un véritable SOS au roi d’Arabie séoudite, l’adjurant de faire quelque chose pour les combattants de l’Islam.

L’homme vocifère sur fond des ruines que lui et ses pareils ont causées, et il est encadré de deux très jeunes combattants qu’il montre (au potentat séoudien) pour souligner la gravité de la situation des derniers combattants de Homs, pris dans une souricière de plus en plus réduite.

On est désolé pour eux, surtout le plus jeunes embarqués dans cette galère – ou plutôt cette felouque – salafiste, mais ce désarroi fait plaisir à voir, alors que Homs a été, depuis l’été dernier, ravagée et dépeuplée par ces fanatiques dont on voit bien, une fois encore, les véritables références politiques, assez éloignées quand même des exigences démocratiques mises en avant par Juppé et Fabius.

https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=ung7xLbGPJc







02/08/12



02/08/12
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (3:13 pm)

Une scène qui se répète à longueur d’heure dans un   théâtre  de fous qui ne semble pas trop s’intéresser au  sort de cette nouvelle venue perchée à la fenêtre d’un hôtel de passe, qui a tout son temps pour  réfléchir à sa folle aventure.

Elle aime bien son pays et pense à l’avenir une  France sortie  si fragile d’une deuxième guerre mondiale dévastatrice et qui ne pouvait continuer à gérer indéfiniment un si grand empire.  Pour elle la seule  solution de survie pour un empire en plein effritement était l’indépendance des colonies et la collaboration avec l’élite locale restait l’ultime porte de sortie.

C’était son sujet de thèse et elle y avait si activement travaillée qu’elle en connaissait par cœur tous les aboutissements et c’est ce qu’elle avait reprit juste après dans les fameuses chroniques politiques qui lui ont causé ce départ précipité.

L’avenir des territoires sous tutelle française intéressait aussi beaucoup de    journaux de gauche au moment où la lutte pour s’accaparer d’un  pouvoir qui battait ses ailes faisait fureur en France, dévastée, et qui ne vivait justement que par le produit de ses colonies.

Ils prônaient les tractations avec les nationalistes au Maroc comme en Tunisie ce qui en fait n’était qu’une illustration de la pertinence de  l’approche de la jeune journaliste et c’est  ce qui la réconforte quelque peu.

Elle avait entendu dire qu’un puissant homme d’affaires installé au  Maroc comptait  acquérir  des  journaux marocains mis à la disposition de toutes les plumes libérales.

 Ses recherches l’avaient aidée à localiser ce grand monsieur de la finance mais son passé politique demeurait dans le flou total.

Tout ce qu’elle avait pu recueillir c’est que monsieur Lemaigre Dubreuil de son nom avait installé  les huiles « Lesieur » à Casablanca suite à l’invasion allemande et que politiquement, il était pour l’autonomie du Maroc.  

C’était cette dernière information qui l’avait encouragée à choisir l’sa destination lorsqu’elle décida de fuir.

 

Elle  a la certitude  que si elle arrive à exposer ses positions , elle serait la bienvenue parmi les nationalistes et une bonne partie de la gauche marocaine, mais encore faut-il qu’elle puisse mieux s’installer afin de pouvoir  s’exprimer librement.

Or, non seulement elle ne connait personne, mais même  Jamal  qui lui  avait laissé entendre que sa famille serait heureuse de l’accueillir, est  à Fès, soit à plus de trois cents kilomètres de cette vieille chambre toute grouillante de punaises où elle attend impatiemment la levée du jour.                 

A l’approche de l’aube, l’activité dans la ruelle baisse d’intensité et la jeune journaliste retrouve son lit, pensant  encore à cette prise de position dans un conflit entre nations qui l’avait mise dans cette difficile situation.

La fatigue prenant le dessus, elle  eut une petite latence lorsque Mustapha vient taper timidement à sa porte.

Les cheveux frisés quelque peu brunis par ce grand soleil qui envahit le patio, il avait longtemps attendu  que sa cliente descende avant de monter la chercher.

Il est déjà dix heures passée et pour  sa première vraie sortie, Mireille est gâtée par un si beau soleil et par un décor qui n’a rien de commun avec le calme du petit quartier où elle vivait depuis qu’elle avait fini ses études de journalisme.

 La valise sur la tête, Mustapha la  mène   à travers des ruelles autrement grouillantes de vendeurs ambulants  de légumes et de poissonniers dont les criés se font écho.

Elle a  abandonné son pantalon large et son colle montant pour  un tailleur en soie qui  dessine avec élégance sa parfaite forme et dégage  bien sa belle taille.  Ses jambes galbées et le déhanchement de ses fesses attirent à chaque tournant l’attention de ceux qui s’ébrouent à la vue de la première jupe qui passe.

Désorientée par les labyrinthes  ruelles elle se demande à chaque fois s’ils n’étaient pas déjà passée par là tellement les quartiers se suivent et se ressemblent.

Heureusement que Mustapha la guide car autrement elle ne serait jamais parvenue au  grand portail, qui, une fois traversé,  dévoile  l’autre visage de la ville de Casablanca.

Une cité moderne presque  européenne  où les rues larges et très propres  contrastent  avec les ruelles ténébreuses, encombrée et impropres  de l’ancienne Médina.

Il fait vraiment  très beau de ce coté-ci de la ville, et le dépaysement qu’elle ressentait la veille s’estompe au fur et à mesure des petits pas de son guide.

Elle s’arrête subjuguée à contempler  un grand et beau jardin tout fleuré où de petits enfants en guenille se bousculent en grappe autour de manèges ou se balancent en escarpolettes sous les yeux attendris de parents, bien installés sur les bancs ensoleillés.

Rien à voir avec ce qui s’écrivait sur la situation des colonies  et dont les échos arrivaient jusqu’à la métropole.

 

La « Place de France » transcrite bien en claire sur un grand panneau s’ouvre sur un large avenu où des  gens, qui ne sont  pas différents de  ceux qu’elle avait laissés à Paris, circulent sans contraintes ni protection policière.

La  petite promenade la mène à regarder  de belles vitrines semblables à celles qu’elle  avait l’habitude de visiter chaque fois qu’elle était en cours d’idées.

Devant  un très haut immeuble abritant sur ses flancs deux grands magasins du nom de « Monoprix»  et «Galeries Lafayette » une longue file se dessine.

Des hommes et des femmes, attendent patiemment l’ouverture des deux centres commerciaux dans un ordre impeccable.

Enchantée elle investit une   grande  terrasse ensoleillée  archi comble  de «  Café de France » et  trouve difficilement une table vide,  le temps de mettre de l’ordre dans ses idées.

Resté à l’extérieure Mustapha dépose la grande malle dans un coin et fatigué s’assoit dessus lorsque  la journaliste l’invite de la main à la rejoindre.

Hésitant le petit porteur  rapproche tant bien que mal sa valise tout en essayant de ne pas heurter au passage quelques clients au risque de se faire expulser.

Passant lascivement la main sur sa chevelure rousse Mireille prend plaisir à regarder tout autour,  laissant ces cristallins rayons incruster son visage évanescent et colorer ses pommettes bien esquissées.

Le chemisier dessine bien  les contours de son buste saillant et ses  motifs floraux en  rose épousent largement  la tonalité de cette peau ocrée. à suivre





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