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13/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (7:05 pm)

13.07.2012

The Guardian passe l’opposition syrienne au scanner

Bassma Kodmani, porte-parole du CNS, et salariée de plusieurs groupes d’influence anglo-américain -et fançais – photograhiée ici en 2012 à la sortie d’une conférence du groupe Bilberberg, où elle a prêché, une fois de plus, en faveur de la guerre contre son pays d’origine


Par Droits réservés,



Force est de constater qu’à alignement égal sur Washington et l’OTAN, le pays de David Cameron et de William Hague fait quand même un peu mieux, en ce qui concerne le pluralisme, la lucidité et la pertinence de sa presse, que celui de François Hollande et de Laurent Fabius.

Ainsi, dans son édition du 12 juillet, un grand quotidien britannique comme The Guardian consacre un long article sur les sources occidentales d’information sur la Syrie, et donc sur cette institution établie en territoire anglais qu’est l’OSDH.

L’article est dû à Charly Skelton, qui mène en Angleterre une double activité d’acteur, d’auteur et de journaliste, spécialiste du groupe Bilderberg, dont il va être question ici.

Charly Skelton commence par pointer la « passivité remarquable » des grands médias vis-à-vis de leurs sources d’info sur la Syrie, se contentant de définir leurs informateurs des appellations vagues mais majoratives de « militants pour la démocratie« .

Sans, comme le note Skelton, analyser sérieusement leurs déclarations ni s’intéresser à leurs affiliations politiques. Et le journaliste anglais rappelle ses collègues occidentaux à cette évidence un rien négligée par la plupart d’entre eux : « la haine passionnelle du régime syrien n’est pas une garantie d’indépendance (au sens d’objectivité) ».

Un grand nombre d’opposants syriens, rappelle-t-il encore, sont des exilés de longue date « qui recevaient de l’argent américain bien avant que le « printemps arabe » n’éclate« .

À partir de là, Charly Skelton s’intéresse à trois structures et personnalités emblématiques de cette opposition syrienne sous influence et perfusion financière étrangère, notamment, rappelle le journaliste du Guardian, des néoconservateurs américains :

  • le Conseil national syrien, une de ses porte-parole Bassma Kodmani et, of course, le prince de la désinformation sur la Syrie, Rami Abdel Rahmane de l’OSDH.

Bassma Kodmani salariée des néoconservateurs américains, britanniques… et français !

Sur le CNS, chouchou politique des puissances occidentales qui en ont fait le « représentant légitime du peuple syrien« , Skelton se contente de constater que parmi les différents groupes oppositionnels, il incarne en effet la structure la plus liée aux puissances occidentales.

Il est plus disert sur Bassma Kodmani, membre du bureau politique du CNS et son porte-parole officiel : Skelton rappelle ses récentes déclarations bellicistes à la dernière conférence, tenue cette année en Virginie, du Bilderberg Grup, un puissant lobby à direction américaine et vocation internationale, de tendance néoconservatrice.

Et Skelton, spécialiste du Biderberg, précise que miss Kodmani n’en est pas à sa première conférence du genre, ayant participé à une réunion du Bilderberg dès 2008 : la différence étant qu’elle était présentée alors comme « française » (elle vit en France) alors que pour l’édition 2012 elle est désignée comme « internationale » : pas syrienne en tous cas.

Mais le journaliste britannique remonte plus loin dans le passé effectivement fort peu syrien de Bassma Kodmani :

  • en septembre 2005, elle a été appointée directrice de l’ »Arab Reform Initiative » (ARI), un bidule visant à accroître l’influence américaine dans le monde arabe, et du reste sponsorisée par une autre tycoon du lobbying néoconservateur made in America, le Council for Foreign Relations (CFR) qui réunit le gratin de la politique et des affaires, démocrate et républicain, aux États-Unis.
  • Tout ce beau monde travaillant de concert au reformatage de la planète, et du Proche-Orient en particulier, selon les canons idéologiques et les intérêts géostratégiques de l’empire atlantique.

L’action de l’ARI s’inscrit d’ailleurs tout naturellement dans le cadre du « Projet États-Unis/Proche-Orient » promu par le CFR. Et le « Projet » est supervisé par le général américain (retraité) Brent Scowcroft, ancien conseiller national pour la Défense auprès de la présidence américaine, poste auquel il avait succédé à rien moins qu’Henry Kissinger.

Et comme le fait incidemment remarquer Charly Skelton, c’est cet homme qui a choisi une Bassma Kodmani « sur dossier », pour prendre la tête de l’ARI !

Skelton s’intéresse aussi aux ramifications britanniques de cette discrète mais tentaculaire nébuleuse d’influence « néocon » américaine, par exemple le Center for European Reform (CER) de Lord Kerr, par ailleurs président délégué de la Shell.

Et qui retrouve-t-on dans la liste des gentils membres associés du CER ? Bassma Kodmani. Qui est en bonne compagnie : entre autres, le milliardaire américain anti-russe George Soros !

Mais la « Kodami connection » nous emmène bientôt en France, après tout son pays de résidence :

Bassma est « directrice de recherches » à l’ »Académie diplomatique internationale« , une structure qui revendique dans ses statuts « indépendance » et « neutralité » mais n’en est pas moins dirigée par Jean-Claude Cousseran qui,, dans une « vie antérieure », était le chef de la DGSE.

Bref, si l’on ne doit plus s’inquiéter, depuis longtemps, pour les fins de mois de l’exilée professionnelle Bassma Kodmani, tout honnête homme doit en revanche frémir à l’idée que ce soit ce genre de personne qui est choisie par nos dirigeants d’Occident pour représenter le peuple syrien, pour lequel elle ne cesse de prêcher, entre deux dîners chics et chers, des sanctions et même des bombardements !

Dans le cours de son long et documenté article Charly Skelton s’intéresse encore aux cas de deux figures du lobbying syro-atlantiste, Radwan Ziadeh, responsables des relations extérieures du CNS, Ausama Monajed, autre porte-parole du CNS, Hamza Fakher, autre propagandiste anti-Bachar bien payé en dollars et livres sterling ou encore, côté anglo-saxon, l’expert pro-ASL et pro-intervention Michael Weiss.
Il examine aussi les sources de financement de l’opposition, via le Golfe et les États-Unis.
Rami Abdel Rahmane, le père tranquille du mensonge belliciste
En Angleterre, R.A. Rahmane vend des fringues et des fausses nouvelles : les affaires marchent bien...
Mais nos lecteurs nous pardonneront de passer outre pour concentrer notre attention sur une autre figure majeure de l’anti-Syrie, depuis le début de la crise, à savoir Rami Abdel Rahmane, grand maître incontesté de la désinformation via son OSDH, fournisseur quasi-exclusif de la presse occidentale en matière de (fausses) nouvelles sur la Syrie.
Skelton constate comme tout le monde le caractère quasi-obligatoire, dans les articles de la grande presse occidentale traitant de la Syrie, des informations et bilans estampillés OSDH.
« Mais au fait, qui sont-ils, ces gens de l’OSDH ? » demande Skelton. À cette question légitime, mais très rarement posée depuis 16 mois par ses collègues français, le journaliste du Daily Telegraph s’efforce de répondre.
Citant un des rares articles (de Reuters) sur le sujet, paru en décembre 2011, Skelton nous révèle que R.A. Rahmane, quand il n’est pas au téléphone avec ses innombrables (?) « correspondants de guerre » de l’ASL, s’occupe de la boutique de vêtements qu’il gère avec son épouse à Coventry, ville du centre de l’Angleterre où il habite.
C’est tout, mais Charly Skelton résume tout le problème quand il écrit ceci : « Ce nom, « Observatoire syrien des Droits de l’Homme », sonne si grand, si inattaquable, si objectif.
Et pourtant quand Rami Abdel Rahmane et son « ONG basée en grande-Bretagne » (selon la terminologie habituelle de l’AFP, précise malicieusement Skelton) sont les seules sources pour autant de nouvelles concernant un sujet aussi important, il paraitrait raisonnable de soumettre ce dossier à un peu plus d’esprit critique que ça a été le cas jusqu’à présent ».
Charly Skelton nous ôte les mots de la bouche, même si notre bouche les formule depuis des mois déjà.
Au total un article qui honore le journalisme britannique, et flétrit du coup celui pratiqué aujourd’hui au pays de Beaumarchais et du « J’accuse » de Zola…
Ci-dessous, le lien vers l’article du Guardian :

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/jul/12/syria...

http://www.infosyrie.fr/






13/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:34 pm)

13.07.2012

Par Droits réservés,



La mayonnaise a apparemment du mal à prendre sur la récente « tuerie » d’al-Treimseh. Certes un média gaucho-atlantiste jusqu’à la moëlle comme I-Télé relaie comme à son habitude les mots d’ordre officiel, présentant les quelque 150 morts comme des victimes de bombardements de l’armée syrienne (en attendant sans doute de nous ressortir, dans une étape ultérieure, les bons vieux chabihas.

Mais, plus sérieusement, un grand titre de la presse française comme Le Point corrobore la version gouvernementale syrienne dès le titre de l’article qu’il consacre, ce 13 juillet, à l’affaire :

« Massacre en Syrie : la majorité des morts seraient des rebelles« .

Une embuscade qui tourne très mal

Le Point, il est vrai, parle sous l’ »autorité » de l’AFP, qu elle-même s’abrite derrière son « fournisseur » habituel, l’OSDH qui reconnu que l’ASL avait perdu dans son affrontement avec l’armée autour du village « des dizaines de morts ».

Et Le Point s’appuie aussi sur le témoignage d’un militant de l’opposition, fait à Sham News Network, un réseau favorable aux insurgés très en pinte dans la diffusion sur la toile de vidéos anti-régime :

  • le dénommé Jaafar indique que « selon un décompte encore provisoire, le nombre de civils tués ne va pas au-delà de sept, ayant péri dans les bombardements. Les autres, ce sont des membres de l’ASL« .

Jafaar poursuit : « Un convoi de l’armée se dirigeait vers la région de Hama lorsqu’il a été attaqué par l’ASL. L’armée a contre-attaqué avec le soutien de renforts de villages alaouites (entourant Treimseh). L’ASL a résisté pendant une heur avant d’être battue« .

On voit que, opposition oblige, Jaafar tente de « mouiller » dans l’affaire des miliciens ou irréguliers alaouites pro-régime. Mais il ne leur attribue aucun massacre.

Le fait que ce soit l’AFP qui soutienne cette version devrait avoir des conséquences sur le reste des médias français – I-Télé exceptée, bien sûr. La presse suisse romande relaie aussi cette version

On ne peut que se réjouir en tous cas que le nombre de civils victimes, directes ou indirectes, du terrorisme ASL, soit ramené de 150 à 7. Nous écrivions dans notre précédent article : « À al-Treimseh, l’ASL a massacré avant de se faire massacrer« .

Et nous citions un témoignage d’un habitant mis en avant par Sana, selon lequel les rebelles avaient effectivement eu le temps de tuer au moins 50 civils du village.

Un Jafaar peut avoir répugné à reconnaître que ses amis se soient sali les mains à Treimseh. Attendons donc d’autres bilans, mais tout le monde semble pour une fois bien d’accord :

  • à al-Treimseh, comme du reste naguère à Houla, l’ASL s’est fait étriller ; et ça, c’est l’autre bonne nouvelle de la journée

De Timisoara à Houla

Tout ça n’empêche pas Kofi Annan, sans doute insuffisamment informé, d’exprimer son « horreur« , et la diplomatie française autiste de faire de nouveaux effets de manche en direction du Conseil de sécurité. Mais, à l’évidence, al-Treimseh ne sera pas un nouvel Houla exploitable par l’opposition syrienne et ses coaches occidentaux.

D’autant que, dans les rédactions, au moins chez les spécialistes de la Syrie, il est vraisemblable que l’affaire de Houla, pas encore officiellement tranchée par l’ONU, a laissé comme un malaise :

  • l’origine des victimes, les hésitations embarrassées de la commission d’enquête des Nations-Unies, les témoignages recueillis par les journalistes russes, des analyses parues notamment dans la presse allemande, tout concourt à invalider la version médiatique politiquement correcte du drame.
  • Les journalistes français sont souvent des gens conformistes, mais certains se veulent sérieux et n’apprécient pas qu’on les manipule.

Il y aura peut-être un « effet Houla » dans le journalisme français, un effet à long terme sans doute, mais la corporation, du moins ses éléments les plus indépendants et professionnels, ne voudrait pas traîner un nouveau charnier de Timisoara dans son « CV ».

Ci-dessous, le lien vers l’article du Point:

http://www.lepoint.fr/monde/massacre-en-syrie-la-majorite-des-morts-seraient-des-rebelles-13-07-2012-1485147_24.php

http://www.infosyrie.fr/







13/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (5:17 pm)

13.07.2012

À Houla, les bandes armées avaient « rentabilisé » médiatiquement leur massacre de civils pro-régime. Et aujourd’hui l’ONU se fait très prudente sur les responsabilités réelles dans cette tuerie. En sera-t-il de même pour Al-Treimseh ?

Par Louis Denghien,



La Syrie déplore un nouveau village martyr : al-Treimseh (ou Treimsa), dans les environs de Hama :
  • de 100 à 150 civils auraient péri selon l’OSDH qui, bien sûr, accuse l’armée. De son côté, le gouvernement impute le massacre dont l’ampleur reste à préciser – aux bandes terroristes. Dans un premier temps, l’OSDH avait avancé le chiffre de 17 villageois tués.

Un air de déjà vu

Il y a en tous cas des similitudes entre ce drame et celui de Houla-Taldo, en mai dernier :

  • -Il survient au moment d’une réunion du Conseil de sécurité, et l’opposition CNS a exigé de celui-ci des mesures à la hauteur du drame contre le gouvernement syrien, soit une « résolution contraignante » dans le cadre du désormais fameux chapitre VII de la charte des Nations-Unies qui prévoit jusqu’à un recours la force :
  • -C 'est, comme à Houla, la thèse d’un « bombardement » du village par les chars et canons de l’armée qui est avancée par Rami Abdel Rahmane ; rappelons qu’en ce qui concerne Houla, les observateurs de l’ONU avaient dû abandonner cette version au bout de 24 heures seulement, pour privilégier celle d’assassinats rapprochés par balles ou armes blanches ; à noter qu’à toutes fis utiles, qu’un « militant », interrogé par l’AFP, nous refait le coup des chabihas venus finir le travail des soldats avec leurs couteaux.
  • -Comme à Houla, des combats opposaient en fait les militaires à des groupes armés et le village s’est transformé en champ de bataille. Et l’agence Sana et les médias syriens parlent de « lourdes pertes » infligées aux insurgés (nous y reviendrons par ailleurs).
  • - Comme à Houla, les habitants d’al-Treimseh , en tous cas une partie d’entre eux, soutenaient le gouvernement. Et ils ont accueilli de façon ostensiblement favorable l’entrée des soldats dans le village comme le montre ce lien vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=YH-_H1NJZkM

Le CNS et les Frères musulmans contre Annan

Bref tout cela a une forte odeur de déjà vu. Il va y avoir une enquête, sans doute avec participation des casques bleus du général Mood, pour l’heure consignés, depuis deux semaines, dans leurs hôtels.

Mais on notera, en parlant de l’ONU, cette vive attaque des Frères musulmans syriens contre Kofi Annan, accusé par eux d’une responsabilité das cette tuerie.

Les Frères, et donc le CNS, voient d’un très mauvais oeil les derniers développements de l’action diplomatique de l’émissaire de l’ONU :

  • accord de Genève sur un gouvernement de transition ne demandant pas le épart de Bachar ; accord Annan/Bachar sur une réduction progressive des zones de confrontation; visite d’Annan à Téhéran et, plus largement, désir de celui-ci d’associer l’Iran aux négociations sur la Syrie.

Tout ceci, et le rôle grandissant de la Russie dans le dossier, fait craindre au CNS sa marginalisation.

Dès lors, tout lui est bon pour essayer de torpiller – à l’instar de ses mentors occidentaux – un processus qui l’obligerait à reconnaître un part de légitimité à l’actuel gouvernement et, concrètement, l’obligerait à négocier avec lui

Inébranlable Russie

Le drame d’al-Treimseh intervient donc alors que le Conseil de sécurité est à nouveau réuni à la demande du trio États-Unis/Grande-Bretagne/France, rejoint pour le coup par l’Allemagne, lesquels prétendent adresser un ultimatum à Damas, lui donnant dix jours pour retirer ses armes lourdes des zones de confrontation sous peine de nouvelles sanctions diplomatiques et économiques.

La Russie a d’ailleurs fait savoir dès jeudi qu’elle jugeait « inacceptable » ce nouveau texte euro-américain. Moscou pointe le vice récurrent de ce genre de texte occidental :

  • « Il ne prévoit des obligations que pour le gouvernement syrien et il n’y est pratiquement rien dit des obligations de l’opposition« .

Même motif, même punition : la Russie et la Chine appliqueront leur véto à ce projet s’il est soumis au vote du Conseil de sécurité.

Bien sûr, la tragédie d’al-Treimseh va être exploitée dans cette enceinte pour faire pression sur les Russes. Mais lors du drame de Houla ceux-ci ne s’étaient pas laissé impressionner, attendant d’en savoir plus.

La suite a prouvé qu’ils avaient raison : le gouvernement syrien n’a pas eu de mal à établir que les victimes de Houla-Taldo appartenaient à la communauté alaouite et que certaines d’entre elles étaient apparentées à un député pro-Bachar, une enquête – entre autres – d’une télévision russe avait incriminé les bandes armées islamistes et la commission Pinheiro de l’ONU a prudemment conclu que les responsabilités dans ce drame étaient partagées, façon onusienne de dire que la culpabilité du pouvoir ne pouvait être établie.

Il est plus que probable qu’il en est allé d’al-Treimseh comme de Houla :

  • les bandes armées religieusement sectaires et politiquement extrémistes sont prêtes à tout – des mois et des mois de terrorisme généralisé le prouvent assez – pour « punir » les civils qu ne les suivent ou approuvent pas, quitte à faire endosser leurs crimes au gouvernement.

De son côté, le gouvernement syrien, en phase de reconquête militaire, et en meilleure posture diplomatique, a moins que jamais intérêt à laisser commettre de pareilles tuerie de femmes et d’enfants.

Et, peut-être, justement, la « jurisprudence Houla » va–t-elle inciter certains « aboyeurs » médiatiques à plus de prudence…

http://www.infosyrie.fr/







13/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (5:50 am)

13.07.2012

Radio Iran, interview le 12 juillet 2012 de Thierry Meyssan, écrivain journaliste, à propos de la situation de guerre qui menace la Syrie depuis des mois.
Th. Meyssan réexplique que depuis le début les Occidentaux cherchent par tout moyen à renverser le régime de Damas quand dans le même temps les Russes
cherchent une solution negociée permettant d’éviter la guerre civile.

Les Occidentaux ne veulent pas d’observateurs sur place en Syrie car ceux-ci donneraient raison au gouvernement syrien qui répète que les exactions sont le fait de mercenaires étrangers, ils constateraient également que seules les forces fidèles au régime respectent le cessez-le-feu.

VOIR VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/xs4ni1_irib-2012-7-12-t-meyssan-sur-la-menace-de-guerre-en-syrie_news








13/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (5:20 am)

12/07/2012 – Bloc-Notes

La question des références pour parvenir à une perception acceptable des situations du monde est essentielle, dans un temps où règnent la plus complète subjectivité, la manipulation et la narrative dans le système de la communication et, par conséquent, dans l’information.

Le chroniqueur indien M.K. Bhadrakumar est, à cet égard, une référence de bonne confiance. Nous tiendrons donc son dernier article, qui est une rapide impression de la situation russe, retour de deux jours passés à Moscou, pour largement supérieur en véracité aux tonnes d’articles-standard que publie la presse-Systrème, y compris et surtout les “journaux de référence” qui sont aussi bas qu’ils prétendent être hauts, sur la situation en Russie.


La narrative de la fragilité russe, et particulièrement de Poutine, le-président-qui-ne-terminera-pas son-mandat, est en général accueillie par des éclats de rire, nous rapporte M.K. Bhadrakumar, sur son site Indian PunchLine, le 10 juillet 2012.
  • «Almost across the board, all my friends — and even casual encounters like the taxi driver or the bar maid or the concierge at the hotel — passed on the judgment that ‘life is improving’ in Russia. Of course, there is the caveat that the capital city is always a hopelessly spoilt brat and life in tooth and claw is to be found elsewhere in the country. [...]
  • »All the same, the capital reflects the spirit of the times and is also the trendsetter. Thus, I concluded that when the flame of hope burns in the common man’s mind about a better life ahead, the country is not in any imminent danger of ‘implosion’. Inveterate cold warriors like Ariel Cohen are talking rubbish.
  • »Unfortunately, the protest demonstrations had died down by the time I got to Moscow. But, again, unlike the impression being conveyed in the Western media, no one saw the regime in existential danger. When I probed friends with Cohen’s prophecy that Vladimir Putin won’t complete his term in office, they laughed at my naivety and ignorance. Everyone — including harsh critics of the regime — agreed that Putin’s mandate (62%) is an accurate reflection of his immense popularity and of the Russian people’s conviction that he is the best leader to lead Russia at this point in its history.
  • »The protestors themselves appeared to me as incohate, with no big picture for Russia, highly fragmented ideologically and politically (ranging from liberals to Nazi sympathisers) with a variety of nationalist groups beign the noisiest. By the way, I could discern for the first time a latent undercurrent of antipathy toward foreigners and a demand for stringent anti-immigration laws — something unthinkable in the Soviet era.
  • »Coming back to the demonstrations, no one saw them reappearing on the streets on a scale to create disharmony or disrupt order, leave alone to bring down the house. In retrospect, Putin took a wise decision to remove lid and let off the steam — not to use state power or coercion to curb protestors and dissent.
  • »So, it is back to business? The dismal part is that most Russians I spoke to do not think the regime has the capacity or willingness to reform on its own. Because, entrenched vested interests within the regime may stymie any efforts to reform. Citing specific instances in the recent weeks and months relating to the formation of the new government and the placement of powerful personalities, Russians argue that the ‘ancien regime’ is continuing to monopolise power despite the promises of change that have been held out…»

Ce témoignage, auquel il faut accorder bien plus d’importance que tous les jugements extérieurs et intéressés sur la situation en Russie, concerne l’essentiel dans la polémique en cours entre le bloc BAO et la Russie à propos des ONG russes alimentées par de l’argent non-russe, et qu’une nouvelle loi, considérée par la Douma mais pour laquelle Poutine demande des amendements dans un sens libéral, va faire entrer dans une réglementation plus stricte.

  • Cette loi a provoqué diverses réactions courroucées venant évidemment du bloc BAO, dont celle de la Haute représentante de l’UE, Lady Ashton, qui a, comme à son habitude, publié un communiqué. (Cela semble effectivement l’acte essentiel de “politique étrangère” de l’Europe,– tandis que les USA réagissaient par une déclaration d’un porte-parole du département d’Etat dans le même sens.)

On en publie ici les deux premiers paragraphe, sans nous attarder sur le fondement de la critique, correspondant aux normes actuelles BAO d’interférences dans les affaires intérieures et la souveraineté, à partir de situations qui sont elles-mêmes la conséquence d’autres aspects de cette même sorte d’interférences ; on le fait simplement pour faire goûter la tranquillité et la certitude stupéfiantes, comme allant de soi avec une poussée qui semble irrésistible, avec lesquelles les législations du bloc BAO, USA et UE, sont présentées comme la référence évidente pour “le reste” (the Rest Of the World), les moujiks et compagnie. (Voir le passage souligné en gras par nous.)

Pour se conformer aux normes BAO, les Russes n’auraient donc plus qu’à chercher, en même temps que l’une ou l’autre traces d’activités “terroristes” aisément détectables par anticipation, comme font le FBI et consorts, chez tel ou tel membre de l’une ou l’autre ONG qui va bien, une formule type-Guantanamo pour résoudre la sorte de problème que leur posent ces activités de “l’une ou l’autre ONG”.

  • «La Haute Représentante de l’Union, Mme Catherine Ashton, est vivement préoccupée par les modifications de la loi russe sur les ONG qui ont été adoptées en première lecture le 6 juillet par la Douma contre l’avis du Conseil consultatif auprès du président de la Fédération de Russie pour les droits de l’homme et le développement de la société civile.
  • »Selon ces modifications, les ONG russes qui bénéficient d’un financement étranger et qui sont considérées comme exerçant des activités politiques, qui ne sont que vaguement définies, seront tenues de se présenter comme “agents de l’étranger” dans toutes leurs activités. Le texte impose d’autres restrictions, des charges administratives supplémentaires et prévoit même des peines d’emprisonnement. Cette loi ne peut être comparée à aucune forme de législation ou de pratique en vigueur dans l’UE ou aux États-Unis.»

On peut constater que cette bataille au niveau de l’“agression douce”, des ONG, etc., en même temps que les pressions qui vont avec, alors qu’on voit par ailleurs (M.K. Bhadrakumar) les constats faits pour ce qui concerne la situation en Russie, rendent compte parfaitement du schéma classique de la recherche de la déstructuration systématique du bloc BAO, mais cete fois avec la perspectives de réactions fortes du pays agressé, en cours et à venir.

La défense de la Russie se durcit terriblement, comme la loi envisagée elle-même, qui est notablement dure, parce que dans l’actuel contexte seul l’affrontement est envisageable, et seul le durcissement est une évolution envisageable pour la Russie.

Le paradoxe de cette situation est que Poutine apparaît dans ce contexte beaucoup plus modéré que ne le présente la presse-Système et qu’il devrait être poussé au durcissement par la pression de sa base politique, voire de la population.

La perspective n’est pas du tout d’un accroissement de la contestation mais d’un accroissement de la pression populaire pour un durcissement anti-occidental (au reste, une partie de l’“opposition” à Poutine que l’“agression douce” est censée favoriser va elle-même dans ce sens, notamment celle du parti communiste).

  • De ce point de vue, le cas de la Russie diffère complètement des cas des “révolutions de couleur” diverses des années 2003-2006, notamment par la solidité du sentiment national russe et le regroupement autour du gouvernement et de l’État, quels que soient les reproches qu’on puisse leur faire.

L’attaque contre la souveraineté avec l’interférence dans la situation intérieure va être ressentie vivement par la population, d’autant que l’attitude du bloc BAO dans ce cas est absolument radicale puisque perçue par le bloc lui-même comme objectivement justifiée par les conceptions qui la dirigent, et que son attaque ne cessera de s’accentuer au niveau officiel et de la communication.

Dans le contexte général de crise extérieure que l’on connaît (Syrie et le reste), où la Russie est en position d’affrontement avec le bloc BAO, le sentiment populaire a de fortes possibilités de devenir de plus en plus radical lui-même.

Ce n’est donc pas vers une situation de “fragilisation” intérieure de la Russie que l’on évolue, mais effectivement vers une situation de durcissement interne du pays dans son entièreté, contre l’extérieur.

Au contraire d’être mis en accusation et “fragilisé” lui-même, comme le souhaitent les activistes du bloc BAO, le gouvernement Poutine va surtout devoir tenter de contenir la pression populaire en faveur d’un durcissement contre le bloc BAO.

Ce facteur de l’“agression douce” a donc toutes les chances d’obtenir le résultat inverse à celui qu’il recherche, en renforçant l’union intérieure en Russie et en renforçant l’antagonisme avec le bloc BAO.

Les effets sur la politique extérieure (affrontement, là aussi) seront importants, parce que, finalement, les deux aspects (situation intérieure et durcissement d’une part, crises extérieures d’autre part) ne vont plus cesser de s’alimenter l’un l’autre.

La connexion entre la situation intérieure russe avec l’“agression douce” et la situation extérieure (Syrie) a déjà été constatée dans un premier temps (voir le 2 avril 2012 :

  • «[I]l y a une chose plus intéressante encore à examiner, qui est la cause de l’engagement russe. La Russie, jusqu’à l’automne 2011, avait conservé une attitude réservée, malgré l’aggravation constante de la situation en Syrie, notamment pour le régime Assad. La réaction russe a commencé à peser à partir du tout début de 2012… […] Notre hypothèse à ce point est qu’il faut établir un lien avec la situation en Russie telle qu’elle est apparue avec les deux élections (législatives de décembre 2011 et présidentielles de mars 2012) et la perception d’une attaque contre le pouvoir en place par le système de la communication…»).

Les développements du processus de l’“agression douce” et les réactions générales en Russie, y compris populaires, vont renforcer irrésistiblement cette évolution, dans le sens d’une situation d’affrontement avec le bloc BAO, avec une Russie conduite à un durcissement général.






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