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11/07/12
Sergueï Lavrov accueillant le président du CNS à Moscou, ce 11 juillet : l’opposition syrienne pro-américaine est cette fois tombée sur un (vrai) ami de la (vraie) Syrie, autrement dit sur un os !
Par Droits réservés, le 11 juillet 2012
C’est encore un signe, après tout, que le pôle magnétique de la diplomatie internationale s’est vraiment déplacé vers l’Est : une délégation du CNS a fait ce mercredi 16 juillet le déplacement de Moscou, avec son nouveau président Abdel Basset Sayda. Lequel a tenté de convaincre le redoutable chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, qu’une « révolution » était en cours en Syrie. Et, sans doute pour impressionner ou émouvoir son interlocuteur, Sayda a fait un parallèle entre cette « révolution » syrienne aux événements ayant entraîné la disparition de l »URSS en 1991. Pas sûre que la comparaison soit heureuse : - quoiqu’il pense du bilan soviétique et de l’idéologie marxiste-léniniste, Lavrov – comme Poutine – est bien conscient que cet effondrement historique a entraîné pour une bonne dizaine d’années un recul géopolitique, social et moral pour l’essentiel du peuple russe et pour la Russie en tant que grande nation, toute l’oeuvre d’un Poutine consistant justement à faire remonter à son pays la pente vertigineuse des années Eltsine,soigneusement mises à profit par les Américains et l »OTAN.
- Vingt ans plus tard, Poutine est président, il a restauré la puissance russe et a réinstallé son pays au coeur du jeu international.
Le Titanic CNS conte l’iceberg Lavrov Et c’est précisément sur le dossier syrien que les dirigeants russes ont enregistré, ces tous derniers mois, un nouveau « pic » d’influence internationale. Pour en revenir au CNS et à son président, Lavrov leur a poliment dit qu’il se réjouissait de leur visite, avant de leur poser la question à mille roubles : - « Nous aimerions comprendre s’il y a de réelles perspectives d’union de tous les groupes d’opposition sur la base d’un dialogue avec le gouvernement, comme le prévoit le plan de Kofi Annan approuvé par le Conseil de sécurité ».
On peut dire que chaque segment de cette longue question était destiné à embarrasser la délégation du CNS : - sur l’union de l’opposition, Lavrov sait très bien que dans le champ somme toute réduit de l’opposition radicale syrienne, le CNS est contesté par l’ASL, le CCCND de Haytham Manaa, les Comités locaux de coordination, le Forum démocratique de Michel Kilo, plus deux ou trois autres groupes, sans oublier son ex-président démissionnaire Burhan Ghalioun !
- Et le ministre russe n’a pas oublié que le congrès de l’opposition organisé voici peu au Caire par la Ligue arabe a tourné à la foire d’empoigne, et pas seulement métaphoriquement.
Et puis sur le reste, Lavrov rappelle « malicieusement » à ses invités d’un jour qu’il sont tenus de se conformer au plan Annan, approuvé par le Conseil de sécurité, et affiné le 30 juin dernier à la réunion de Genève du Groupe d’action sur la Syrie. Lequel plan oblige les parties prenantes de la crise syrienne à s’asseoir à une table commune de négociations pour jeter les bases du fameux « gouvernement de transition ». Or le CNS ne veut pas entendre parler de négociation avec le gouvernement de Bachar, dont il continue à demander le départ comme préalable, alors que l’accord de Genève a écarté,, sous pression sino-russe, cette éventualité. Voilà pourquoi Abdel Basset Sayda a parlé à Lavrov de « révolution » irrésistible en cours en Syrie, essayant peut-être de recycler le concept marxiste de « sens de l’Histoire« . Sans succès. À l’issue de la rencontre, M. Sayda s’est fendu d’un franc constat d’échec : - « Je confirme au nom de toute l’opposition populaire syrienne (abus de langage manifeste, NdlR) qu’il ne peut pas être question d’un dialogue, tant qu’Assad ne sera pas parti ».
Et Sayda d’en arriver à cette précision : « La Russie est d’un autre avis ». En effet, e l’on se demande ce qu’espéraient en arrivant à Moscou Sayda et ses comparses. Et un bonheur n’arrivant jamais seul, un responsable de la coopération militaire russe annonçait, ce même mercredi, que la Russie allait poursuivre ses livraisons d’armes à la Syrie, et notamment des systèmes de DCA. Il se confirme que le camp syrien et pro-syrien a gagné en assurance, quand les Occidentaux n’ont gagné qu’en arrogance. Quant au CNS, il a visiblement mangé son pain blanc, jusqu’à l’ultime miette….  http://www.infosyrie.fr/ |
11/07/12
11.07.2012 Le cortège des otages de l’ASL à Salqin, début juillet : accusés d’être des miliciens pro-gouvernementaux, ces hommes n’auront ni avocats, ni recours. On constate (voir cercles rouges) que les épurateurs de l’ASL ratissent large – et jeune… Par Guy Delorme, le 11 juillet 2012
 Il y a quelques jours, nous vous savons parlé de Salqin, une petite villle à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d’Idleb, tout près de la frontière turque ; des groupes salafo-wahhabites, a étiquette ASL, y avaient, au cours d’une incursion, raflé au moins une quinzaine d’hommes – dont trois jeunes garçons – accusés par eux d’être des « chabbihas » (voir notre article « Qu’adviendra-t-il ds otages de Salqin ? », mis en ligne le 5 juillet 2012). On a reçu depuis de nouvelles images de ces infortunés. Des images émanant de leurs ravisseurs, qui semblent avoir à coeur de diffuser la moindre de leurs (ex)actions, comme si elles avaient valeur d’exemplarité. Et pourtant, que voit-on ? Une douzaine d’hommes agenouillés, la peur dans les yeux, contraints de se présenter un par un en reconnaissant devant la caméra ASL leur qualité de chabiha, et en avouant « spontanément »que la Sécurité syrienne leur a donné une arme « pour tirer sur les manifestants ». Aveux unanimes, à l’exception du dernier de la rangée dispensé d’autocritique pour cause de surdité. Cependant, cette infirmité n’empêche nos Vichinsky – ou Fouquier-Tinville, restons français – islamo-atlantistes de compter ce malheureux, comme ses compagnons d’infortune, comme « chabbih ». Qu’ils soient ou non des chabiha, ces hommes sont donc décrétés « ennemis de la Révolution », un crime passible de mort dans la « jurisprudence » insurgée… 14 combattants palestiniens pro-syriens assassinés La vidéo a été postée hier le 10 juillet sous le titre « Les aveux de chabbihas de Salqin et l’ASL leur coupe la moustache ». On souhaite vraiment que les épurateurs s’en tiennent à cette seule mutilation : ce que l’on sait des pratiques de nombre d’insurgés ne laisse pas optimiste. Ce 11 juillet, on apprend, de source militaire syrienne, la découverte des corps de 14 personnes enlevées quelques jours plus tôt dans le secteur de Binnich (ville à kilomètres au sud-est d’Idleb): 11 cadavres ont été abandonnés dans les villages de Zerdené et de Ketyané, trois autres dans celui d’al-Mastorneh. Selon les mêmes sources, ces 14 hommes appartenaient à une faction palestinienne pro-syrienne, l’Armée de Libération de la Palestine, proche du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Les liens entre la Syrie baasiste et ces tendances palestiniennes sont anciens et sont restés solides, des unités de l’ALP combattant l’ASL aux côtés de l’armée syrienne. Début juillet, le secrétaire général du FPLP, Ahmed Jibril, a réaffirmé la solidarité militante, et, le cas échéant, militaire, de son organisation avec la Syrie, suite à des entretiens avec Hassan Nasrallah. C’est cet engagement d’une tendance palestinienne importante que ces 14 hommes ont payée. La Syrie a accueilli des centaines de milliers de réfugiés et de descendants de réfugiés palestiniens sur son sol, et outre le FPLP, le Hamas a longtemps eu des bureaux à Damas. Gageons que ce rapt suivi de massacre ne va pas grandir la cause de l’opposition syrienne chez un peuple qui, plus que tout autre peuple arabe – à l’exception peut-être du peuple irakien – a assez vécu pour sait globalement où sont les vrais résistants, et donc qui sont les impérialiste et leurs agents. Terminons sur une note moins tragique. Tous les prisonniers de l’ASL ne sont pas perdus ans retour : - l’armée vient de libérer deux d’entre eux, Mohammad Hassan Fadel et Yussef Eddine, enlevés quelques jours plus tôt. Les deux hommes ont été retrouvés au cours d’un ratissage à al-Bassatine, dans la région de Damas. Un happy end
qui rappelle incidemment que l’armée en Syrie défend moins Bachar et ses ministres que le peuple syrien dans sa globalité. Accrochages, déminages…. Et cette lutte se poursuivait ce mercredi 11 juillet. Sana annonce l’interception d’une bande qui se livrait au pillage de vestiges antiques à Qalet al-Madiq (région de Hama) : - dans l’échange de tirs six de ces homes , à mi-chemi de l’activisme « pur » et du banditisme, ont été blessé et captutés, quatre d’entre eux étant de nationalité turque. Autre accrochage à Tall Khamis (ou Al-Qamishli), sur la frontière turque et à une soixantaine de kilomètres au nord-est d’al -Hassaké, grande ville du nord-est syrien, entre territoires turc et irakien :
- un repaire d’insurgés a été pris d’assaut, ses occupants capturés et, comme de coutume, un important arsenal saisi. Vu la situation géographique de Tall Khamis, la question de l’origine de ces hommes – dont l’un détenait la somme de 28 000 dollars US – et de ces armes ne se pose guère…
Sana annonce encore un autre raid contre une autre « base » rebelle installée à Daraya, dans la banlieue sud-ouest de Damas : nombreuses arrestations, nombreuses armes saisies. Et puis, toujours au chapitre de la défense très concrète de la population, les hommes du génie militaire ont désamorcé plusieurs bombes dans ce même secteur de Daraya. Ci-dessous, la vidéo sur l’ interrogatoire » des otages de l’ASL de Salqin : http://www.youtube.com/watch?v=oVIM28Ku5Ro&feature=youtu.be http://www.infosyrie.fr |
11/07/12
11.07.2012 Le 9 juillet à Damas, Bachar a tendu à Koffi Annan une perche que ce dernier s’est empressé de saisir Par Louis Denghien, le 11 juillet 2012
On en sait un peu plus sur ce que se sont dit lundi dernier Bachar al-Assad et Kofi Annan. Ce dernier avait exprimé publiquement sa satisfaction de cet échange au sortir de celui-ci, avant de se rendre en Iran, puis en Irak. Mardi soir 10 juillet, l’émissaire spécial des Nations-Unies pour la Syrie a levé un coin du voile sur les propositions qui lui ont été faites par le chef de l’État syrien : - Bachar al-Assad lui a suggéré en substance de concentrer dans un premier temps les efforts onusiens de pacification sur les zones les plus touchées par la violence, afin d’y faire baisser progressivement l’intensité des affrontements ; cet exemple, selon Bachar, pouvant permettre ensuite une diminution progressive de la tension militaire dans le reste du pays.
Très précisément, Kofi Annan explique que Bachar al-Assad lui a proposé « de mettre en place une approche partant de la base dans certaines zones théâtre d’une extrême violence pour tenter d’y contenir la violence puis progressivement de faire cesser la violence dans tout le pays ». La preuve par Homs ? À Homs, les derniers insurgés cherchent à sortir de l’impasse. Une évolution qui pourrait, si elle se confirme, faire tache d’huile en Syrie À quelle « approche partant de la base » le président syrien fait-il allusion ? Peut-être à des négociations, possiblement arbitrées ou garanties par le général Mood et ses casques bleus, entre autorités militaires et politiques d’une part, et chefs rebelles d’autre part, au niveau d’une ville particulièrement touchée par les affrontements. Ce n’est pas de la politique fiction : -
- en ce moment même à Homs, des négociations sont en cours avec un certain nombre de rebelles – 300 dit-on - retranchés dans les quartiers centraux d’al-Khaldeeye, Juret al-Shiyah, Qarabis, al-Hameediye.
Ces négociations, qui auraient d’ailleurs abouti selon le site d’information catholique Fides, se sont faites sous l’égide d’un « comité interreligieux Mussahala« , qui regroupe effectivement des personnalités religieuses de toutes les confessions du pays – dont le père Michel Naaman, prêtre syro-catholique – ainsi que des figures de la société civile homsie. - Selon le père Naaman, les quelque 300 insurgés concernés par ces pourparlers sont des jeunes, voire de très jeunes gens entrés dans la bagarre par idéalisme, mais qui auraient à présent pris conscience de l’impasse de la lutte armée.
Nombre de membres du comité Mussahala ont de relations avec certains de ces jeunes, ce qui a facilité les négociations. Le fait que les représentants de l’armée aient donné à ces combattants l’assurance qu’il pourraient ensuite, non seulement revenir à une vie civile normale mais poursuivre une opposition politique à condition qu’elle soit pacifique, a évidemment été décisif. Le comité Musahala s’est, bien sûr, lui aussi porté garant. On attend la confirmation de l’accord, mais s’il se fait vraiment, ce sera certainement une étape importante – pas seulement pour Homs – sur la voie de la pacification et du dialogue tant réclamé, avec plus ou moins de sincérité, par tant d’intervenants extérieurs. À suivre de très près, donc…. De Homs, revenons à Damas : bien sûr, Bachar cherche, tout en faisant un nouveau geste envers la communauté internationale et Kofi Annan, à séparer les rebelles « repéchables » des durs. Et notamment des djihadistes étrangers : à Homs, , il resterait environ une centaine de ces combattants étrangers qui ne peuvent bénéficier de l’amnistie gouvernementale et n’ont donc plus rien à perdre. Mais il se dit que la Croix-Rouge internationale pourrait tenter une médiation avec ceux-là aussi. Ce n’est pas pour rien que régulièrement le médias syriens annoncent des manifestations de « repentance » d’insurgés », venu à chaque fois par dizaines rendre leurs armes et se faire enregistrer dans les postes de police du pays. Ce n’est pas pour rien non plus que le président syrien a promulgué une amnistie « de la dernière chance » étendue à tous les hommes armés. Ce n’est pas pour encore qu’il a confié un nouveau ministère dit de « la Réconciliation nationale » à Ali Heidar, un opposant modéré, lequel a commencé à organiser à travers le pays des réunions dans ce sens. Le camp pro-syrien a repris l’initiative diplomatique Téhéran, 10 juillet : pour redonner une chance à son plan, Kofi Annan tourne ses yeux vers le camp des (vrais) amis de la Syrie : Russie, Iran, Irak En tous cas cette nouvelle proposition de la direction syrienne s’inscrit dans – ou coïncide avec – une nouvelle initiative russe proposant la tenue à Moscou, après Genève, d’une nouvelle réunion du Groupe d’action pour la Syrie, D’autre part, le « plan Bachar » est dévoilé dans ses grandes lignes par Annan alors que celui-ci est allé chercher un appui à son plan auprès de l’Iran et de l’Irak, dont le premier est un allié déclaré de Damas, et le second – qui préside symboliquement la Ligue arabe – n’est pas une ennemi, bien au contraire. Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a sans surprise apporté son appui, comme les Iraniens à la démarche de Kofi Annan. Ce mercredi 11 juillet ce dernier doit rendre compte des résultats de sa tournée devant le Consil de sécurité de l’ONU : - gageons que les représentants du « trio infernal » ingérent États-Unis/Grande-Bretagne/France l’attendent de pied ferme
C’estque, entre autres choss, Annan s’est prononcé, comme les Russes, pour une participation en bonne et due forme de l’Iran aux travaux et sommets du Groupe d’action pour la Syrie : - ce rapprochement de fait de l’envoyé de l’ONU (et, pour mémoire, de la Ligue arabe) des positions sino-russes, mai aussi, on vient de le voir, syriennes, est quelque chose de nouveau et d’important,; et pourrait représenter u tournant dans le long psychodrame syrien, longtemps dominé par le camp de L’OTAN et des princes arabo-pétroliers.
Et comme dans cette crise, le militaire n’est jamais loin du politique, on apprenait, alors que s’achevaient d’importantes manoeuvres combinées terre-air-mer de l’armée syrienne, que cinq unités de la marine russe faisaient route vers la Syrie. Autant de signes objectivement convergents d’une nette montée en puissance diplomatique du camp pro-syrien : - l’opposition radicale se déchire, ses protecteurs occidentaux sont plus que jamais réduits aux menaces et pressions, l’OTAN et la Turquie n’ayant pas voulu ou pu saisir le prétexte de l’avion turc abattu pour passer « à la vitesse supérieur ».
Alors les regards – ceux d’Annan notamment – se tournent « naturellement » du côté de l’Est et de sa « force tranquille ». Le feuilleton n’est certes pas fini, mais cette « saison » est intéressante ! De grandes manoeuvres militaires syriennes combinées ont coïncidé avec les offensives diplomatiques syrienne, russe, iranienne. http://www.infosyrie.fr/ |
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