À ce dernier sujet, on notera que l’agence Sana ne rend plus compte des obsèques de militaires depuis deux semaines au moins. Et ne reconnait dans ses dépêches que des pertes restreintes de l’armée dans ses diverses opérations. Mais la fiabilité des statistiques de l’OSDH est plus que sujette à caution :
- cette officine de propagande anti-Bachar alimente ses statistiques militaires à partir de la propagande faite par l’ASL et ses « correspondants » locaux, tous engagés contre le régime syrien : exagérer les pertes militaires, ou le nombre des déserteurs est donc de bonne guerre psychologique pour ces activistes du communiqué.
Pour autant, l’OSDH n’est pas trop prolixe sur les combats de lundi, ou alors ce sont ses « clients » des médias occidentaux qui ont jugé ses rapports comme quantité négligeable.
Le fait saillant du 9 juillet – et il est rapporté par l’AFP, non l’OSDH – semble être la chute de quelque obus syriens en territoire libanais, dans le cadre d’un échange de tirs entre militaires syriens et activistes les harcelant depuis le territoire libanais selon un -détestable – habitude : pas de victimes signalées.
L’agence de presse syrienne Sana donne elle des détails sur la journée de lundi :
- -Dans le secteur d’Alep, à Daret Izza, un accrochage avec des bandes a entraîné des « pertes considérables » pour celles-ci, et en tous cas la destruction de pas moins de huit véhicules « customisés » en auto-mitrailleuses.
- -Dans celui d’Idleb, une nouvelle tentative d’infiltration rebelle depuis le territoire turc a été mise en échec, près des villages d’Ain al-Beida et de Beksiryea : plusieurs activistes tués, d’autres capturés, Sana donnant le noms de deux de ces activistes.
- À Ariha (ville située à un quinzaine de kilomètres au sud d’Idleb, une autre bande a été accrochée à deux carrefours routiers – Kafr Zeiba et Kafr Majd : là encore plusieurs activistes ont été tués – deux sont nommés -, Sana reconnaissant deux soldats tués et deux autres blessés.
- Harmouche, Armouta, Arida, Noura,et Dalieh : cette infiltration de grande ampleur, avec pick-up à mitrailleuse, a été néanmoins repoussée par les gardes-frontières : l’un d’entre eux a été blessé, tandis que plusieurs assaillants sont restés sur le carreau, les rescapés regagnant leur sanctuaire du Nord-Liban.
À défaut de pouvoir s’imposer à l’armée syrienne, les radicaux poursuivent leur campagne d’élimination des élites :
- cette fois c’est un médecin d’Alep, Abdel Basset Arja qui a été la victime d’un commando, alors qu’il se trouvait au volant de son véhicule, au rond-point d’al-Koura.
- La terreur demeure bien le principal argument de ces bandes animées par le sectarisme et l’obscurantisme épurateur. C’est bien pourquoi, n’en déplaise à Hollande et Fabius, elles échoueront politiquement. Et c’est pourquoi l’armée doit en finir avec elles.
Des manoeuvres militaires très médiatique et politiques
Pendant cette guerre réelle, la Syrie continue une guerre virtuelle : les grandes manoeuvres entamées le 7 juillet se poursuivaient le 9, avec des évolutions d’avions et d »hélicoptères, et des tirs à missiles réels, qui ont touché leurs cibles (conventionnelles).
Cette démonstration de force s’est déroulée devant un état-major composé notamment du général Daoud Rahja Abdellah, commandant en chef adjoint de l’armée syrienne et par ailleurs ministre de la Défense depuis août 2011.
C’est, évidemment, la dimension médiatique et diplomatique qui l’emportait sur le caractère « technique » dans cette répétition de guerre virtuelle.
Avec comme message que :
1) l’armée continue sa mission, en dépit des rumeurs de presse sur sa « fatigue » ou « démoralisation » et
2) elle a même les moyens d’organiser des manoeuvres tandis qu’elle traque sur tous les fronts l’insurrection.
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