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06/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:46 pm)

06.07.2012

Paris, le 6 juillet 2012 : mise en scène solennelle pour non événement géopolitique : c'est la touche Hollande-Fabius

Ce matin, François Hollande a honoré de sa présence le sommet parisien dit « des Amis de la Syrie« , organisé par son ministre Fabius.

L’occasion de prendre la parole devant les nations acharnées depuis plus d’un an à renverser le gouvernement syrien, moins pour les droits de l’homme que pour leurs intérêts géostratégiques bien compris.


De l’incantation et du parti pris comme grille d’analyse

L’allocution du président français – élu contre le précédent mais son continuateur à maints égards – a été une bonne synthèse de ce moralisme de bazar (occidental), d’arrogance « citoyenne » et de déni des réalités dérangeantes à quoi semble désormais se réduire le discours politique français, de droite ou de gauche. En voici les « lignes de force » :

  • - »Bachar al-Assad doit partir. C’est ce que veut son peuple. C’est l’intérêt de la Syrie, de ses voisins, et de tous ceux qui veulent la paix dans la région« .

  • - »Une chose est sûre, c’est que le régime ne tiendra pas, sa chute st inéluctable« .

À chaque phrase du président français, un mensonge, un déni de réalité, une « vérité révélée ».

1) Comment Hollande sait-il ce que veut le peuple syrien ? Il a quand même ce peuple, dans des conditions chaotiques, participé à hauteur de 51% aux dernières élections législatives.

Et comme l’a rappelé Bachar lui-même dans l’entretien qu’il a accordé au quotidien turc Cumhuriyet, si vraiment le peuple syrien n’avait plus voulu de lui, il n’aurait guère résisté plus longtemps que le Shah d’Iran en 1979, malgré sa garde, ses chars, ses hélicoptères de combat, et l’appui des Russes.

En un an et demi, quelques généraux et quelques milliers de soldats – un proche du président aussi, nous y reviendrons – ont fait défection, mais l’appareil d’État est resté à son poste.

Il y a certes chaque vendredi des manifestations de l’opposition radicale à direction islamiste mais elles ne rassemblent pas 50 000 personnes sur une population de 23 millions d’habitants.

2) L’intérêt de la Syrie et de la région serait donc que Bachar quitte le pouvoir ? Qui le remplacerait ? L’opposition radicale, son dernier barnum du Caire l’a confirmé une nouvelle fois, est gravement divisée, ne recèle dans ses rangs aucune personnalité capable d’assumer une transition pacifique.

Mieux, ou pire, elle n’a aucun contrôle sur l’ASL, pur ne pas parler des bandes plus ou mins djihadistes et complètement autonomes qui ensanglantent le pays. Le reversement de Bachar, c’est le chaos assuré, avec – cette fois ce sera exact -une guerre civile et/ou religieuse qui s’étendrait au Liban, à l’Irak et à la Jordanie voisins, et dans laquelle s’impliquerait probablement l’Iran.

3) Le régime ne tiendra pas ? On entend ça, et de bouches plus « autorisées » que celle de François Hollande, depuis le printemps 2011.

Le régime en question peut enregistrer, sous l’effet de la dure pression diplomatique, médiatique et économique, quelques défections, l’édifice résiste.

Par patriotisme ou claire conscience qu’il adviendrait si les barbus fanatiques et épurateurs de l’ASL arrivaient à Damas. L’exemple irakien est présent dans bien des mémoires syriennes, quel que soit le degré de bacharisme des Syriens. L’exemple libyen aussi, du reste. L’exemple du Liban d’il y a 20/30 ans aussi sans doute.

De quoi Hollande est l’expression (ou le nom)…

Au fond, les paroles de François Hollande n’expriment rien d’autres que le formatage des élites européennes sur le modèle « atlantiste-social-démocrate (ou libéral) » avec les présupposés idéologiques afférents :

  • révérence de fait vis-à-vis du leadership américain, diplomatie cachant derrière la rhétorique des droits de l’homme de sordides intérêts géostratégiques – qui, en l’occurrence, ne sont même pas ceux de la France !

Et ignorance, crasse et sans doute volontaire, de la complexité des situations : ces gens-là veulent au fond faire entrer la terre entière dans un schéma et dans un slogan concocté par un quelconque BHL, un quelconque Kouchner, un quelconque think tank néoconservateur américain.

Ce faisant, ils s’exposent à des déceptions, voire à des ridicules historiques : des Bachar, des Poutine, à côté de ces « communicateurs » sont autant de Richelieu ou de Bismarck.

Le combat est inégal !

http://www.infosyrie.fr/







06/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:38 pm)

06.07.2012

Mounaf Tlass (deuxième à gauche) du temps où il n'avait ni états d'âme ni barbe de trois jours...

... le même, après sa "prise de distance" : on espère qu'au moins il refusera les cigares de l'émir du Qatar...

Par Louis Denghien,

La rumeur, qui courrait depuis 24 heures;, est devenu une nouvelle : Mounaf Tlass, fils d’un ministre de la Défense de Hafez puis Bachar al-Assad, général commandant une brigade de la Gare républicaine, et par ailleurs ami d’enfance et jusqu’il y a peu membre de son cercle rapproché, Mounaf Tlass a donc fait défection « voici trois jours » et fui la Syrie.

Cette défection, la plus importante qu’ait enregistré le régime depuis le début des troubles, n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle, mais a été confirmée officieusement à l’AFP par « une source proche du pouvoir« .

Drame de l’ambition politique déçue ?

Qu’est-ce qui a poussé un homme comme Mounaf Tlassa à abandonner son pays en pleine crise, et à trahir celui qui lui avait donné des gages évidents de sa confiance ?

Apparemment une divergence politique tactique, née justement de la crise. Selon les milieux gouvernementaux sondés par l’AFP, Tlass voulait négocier avec les membres – ou des membres – de l’opposition radicale. Des contacts en ce sens avaient même été pris à Deraa et à Rastane, au cours de trêves entre l’armée et les groupes ASL.

Ces contacts, entrepris semble-t-il voici un an, avaient refroidi les relations entre Tlass et Bachar al-Assad qui devait les juger inopportuns. Le général commandant une unité d’élite de la Garde républicaine avait ostensiblement troqué depuis l’uniforme contre des habits civils.

Autres signes apparents de dissidence morale, Mounaf Tlass s’était même, selon l’AFP, laissé poussé les cheveux et la barbe, comme s’il voulait signifier par son apparence physique qu’il était devenu un autre homme !

Barbu ou glabre, Tlass, selon une autre source damascène (méfiance, mais..), avait remanifesté avec éclat sa différence nouvelle lors de la reconquête du quartier de Bab Amr à Homs, en février dernier : il aurait refusé de diriger les opérations de reconquête et Bachar l’aurait alors démis de ses fonctions.

À la lumière de ces éléments, on voit que la fuite du général Tlass était en gestation depuis un bout de temps. Du reste, toute sa famille, à commencer par son frère Firas, l’aurait précédé à l’étranger, notamment à Dubaï, ce qui en dit hélas assez long sur l’état d’esprit, voire les complicités internationales, de la famille.

Incontestablement, la défection de Tlass est un coup pour Bachar al-Assad, même si le coup était finalement prévisible compte tenu du « parcours » récent du général.. Un coup disons symbolique. Mais au fait de quoi, Mounaf Tlass devient-il le symbole, la figure emblématique ?

D’une trahison des élites, ou même, disons-le, des enfants gâtés d’un système, qui crachent, en fonction de leur ambitions politiques contrariées, dans la soupe qu’ils ont si longtemps dégustée.

Un cas pas particulier à la Syrie d’ingratitude et d’irresponsabilité, observé en tous temps et en tous lieux.

Que Tlass ait tenté de négocier avec certains rebelles au début de l’insurrection, c’était peut-être compréhensible, encore que naïf, vu ce qu’on savait déjà des exactions et déclarations faites par l’ASL dès l’été 201.

Mais son refus d’attaquer Bab Amr, en février-mars 2012, relève déjà de la désertion devant l’ennemi, un ennemi dont il savait pertinemment qu’il n’y avait aucun dialogue, aucune « paix des braves » à espérer.

Minimum de décence

Irresponsabilités, car même aigri, et sans perspectives de carrière, Mounaf Tlass commet quand même une désertion devant l’ennemi, lui le général :

  • il trahit non seulement Bachar mais les hommes qu’il a commandés, dont certains sont morts et dont d’autres mourront encore au combat.
  • À la limite, son cousin Abdel Razak Tlass, commandant à Homs la brigade Farouq de l’ASL, risque encore sa vie, lui…

Selon Laurent Fabius, Mounaf Tlass devrait arriver ce vendredi à Paris alors que ce tient la réunion anti-syrienne que l’on sait. Pour y faire quoi ?

Jouer l’opposition en blazer comme Rifat al-Assad, frère de Hafez et donc oncle de Bachar, qui « milite » pour une nouvelle Syrie démocratique entre Londres, Paris et la Côte d’Azur ? S’afficher aux côtés de Clinton et de Fabius ?

On ose espérer qu’il aura au moins la décence de ne passe prêter à cet exercice-là.

Et, d’une manière générale, on espère que Mounaf Tlass, où qu’il se trouve, saura au moins faire preuve de dignité et refusera de répondre aux milliers de micros anti-syriens qui ne manqueront pas de lui être tendus, ou qu’alors, il ne crachera pas sur ses compatriotes.

Ou sur ses hommes de la Garde républicaine, vivants ou morts.

http://www.infosyrie.fr/







06/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (11:32 am)

06.07.2012

Le continuateur d'Alain Juppé applique au dossier syrien une stratégie éprouvée : un mensonge mille fois répété tend à devenir une vérité


Avec un aplomb inversement proportionnel à sa capacité d’influence réelle, Laurent Fabius s’est interrogé gravement, lors d’une émission sur Europe 1, sur les États susceptibles d’accueillir Bachar al-Assad pour un exil définitif.
Le décidément « digne » successeur d’Alain Juppé au Quai d’Orsay intervenait dans le cadre du 3ème (?) sommet des « Amis de la Syrie », qui regroupent plus précisément les ennemis occidentaux arabes et syriens du gouvernement en place en particulier et de la Syrie résistante en général.
Ce sommet de l’ingérence et de la déstabilisation s’ouvre en effet aujourd’hui à Paris sous les auspices de la nouvelle diplomatie social-démocrate – « socialo-atlantiste » la définirait mieux – et regroupera une centaine de nations, de groupes politiques et institutions internationales.

Absolument sans illusion sur le caractère profond de cette réunion, la Russie et la Chine n’ont pas manqué de faire savoir qu’elles la boycotterait, ce qui condamne de fait ses participants à de nouvelles gesticulations impuissantes, même si le sommet devrait accoucher de quelques sanctions économiques ou diplomatiques supplémentaires.

Et que Paris devrait annoncer un don de téléphones satellitaires ultra-modernes à la « résistance » ASL, à défaut de pouvoir envoyer des Rafale et des Mirage dans le ciel syrien.

Une stratégie de l’intox diplomatique

Pour autant, quand Fabius déclare au micro complaisant d’Europe 1 que « la question (du départ de Bachar) est posée » et qu’il passe en revue les pays susceptible de ne pas l’accueillir avec l’apparence du plus grand sérieux, que doit-on comprendre ?

Que l’ivresse des cimes politiques lui a fait perdre le sens des réalités ? Que la haine l’aveugle ?

Avec une véhémence qu’il n’est pas prêt d’appliquer à ses amis américains responsables de tant de malheurs et de massacres, de l’Irak à la Libye en passant par l’Afghanistan, Fabius a tranché : »Bachar al-Assad est un assassin, il doit partir » !

Alors, hystérie, méthode Coué de politique impuissant et atlanto-sioniste ? Sans doute un peu.

Mais il y a aussi une stratégie de communication à l’oeuvre : il s’agit, vis-à-vis de l’opinion française et internationale, mais aussi des alliés russes, chinois et autres de la Syrie, d’enfoncer dans les esprits l’idée que Bachar et son gouvernement sont condamnés par la « Morale »‘ et l’Histoire, qu’ils tomberont inéluctablement et que donc tous ceux qui s’opposent à ce plan ne font que mener un combat d’arrière-garde.

On peut appeler ça aussi de l’intox psychologique de niveau étatique.

Et Fabius n’est pas le seul a exceller dans le genre : on ne compte plus depuis le début de la crise les effets d’annonce et fausses nouvelle propagées par les mille bouches de la désinformation diplomatique et médiatique d’Occident.

Qui ont décrit pendant des mois l’ASL comme une fore irrésistible sur le point de prendre le contrôle du pays, Bachar comme « de plus en plus isolé » internationalement et, plus récemment, la Chine et la Russie sur le point de changer de position sur la Syrie, et de « lâcher » le président syrien.

Autant de fausses nouvelles qui ont fait les grands titres des différent journaux écrits, audiovisuels et électroniques de France et de Navarre, avant de s’avérer – très vite – de gros pétards mouillés.

Le dernier en date est d’ailleurs tout récent : l’AFP et bien d’autres avaient annoncé, malgré la position russe clairement exprimée à Genève le 30 juin, que la diplomatie occidentale était en train de « persuader » les autorités russes d’accueillir Bachar al-Assad sir leur sol.

Jeudi 5 juillet, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé que son gouvernement avait bien été « sondé » en ce sens, mais il a qualifié cette initiative occidentale de « plaisanterie« .

Nos propositions à L. Fabius

Des plaisanteries de ce mauvais goût, il faut s’attendre à ce que le bloc occidental en fasse d’autres, car – avec l’ASL – c’est bien la seule arme qui leur reste.

Au point où il en est, on suggère à Fabius de ne pas s’arrêter en si bon chemin : pourquoi n’adresse-t-il pas à Bachar une convocation au Tribunal pénal international, ne lui envoie-t-il pas un huissier pour constater un occupation illégale de palais présidentiel, avec menace d’astreinte financière par journée d’ »infraction » constatée ?

Ou bien pourquoi pas ouvrir une ambassade de Syrie « libre » à Paris, et signer des accords de coopération économique avec le CNS ?

Ou encore préparer une visite officielle de François Hollande dans la campagne d’Idleb ou al-Qusayr ?

Tant qu’à être dans le virtuel « citoyen« , allons-y à fond, Laurent !

http://www.infosyrie.fr/





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