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05/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (8:42 pm)

05.07.2012

SYRIE - Bachar aux Turcs : « Si je ne disposais pas du soutien du peuple, j’aurais été renversé «

Dans son édition du 5 juillet, le quotidien turc Cumhuriyet publie la troisième et dernière partie de l’entretien que lui a accordé Bachar al-Assad. La première voyait le n°1 syrien assurer le peuple turc de ses regrets de la destruction du F4 mais maintenir que la Syrie avait agi en état de légitime défense et conformément au droit international, et il exprimait l’espoir que l’amitié entre les deux nations survivrait à la politique d’Erdogan ; dans la seconde partie, le président syrien s’en prenait plus directement aux responsabilités du premier ministre turc dans l’aggravation de la situation en Syrie, soulignant son appui très concret et important aux groupes terroristes ASL hébergés sur le sol turc (voir nos articles « Avion turc :

  • Bachar expose ses regrets et ses explications au peuple turc » et « Bachar prend à témoin les Turcs de la duplicité d’Erdogan », mis en ligne les 3 et 4 juillet 2012).

La parabole du Chah d’Iran

Cette troisième partie, parue au moment où les corps des deux pilotes turcs ont enfin pu être localisés, nous en publions l’essentiel après que notre collaborateur Mohamed en a assuré la traduction pour notre site.

On verra que si le président reconnait des erreurs (implicitement dans la réponse aux premières manifestations) il maintient que très vite l’étranger, « avec en tête les États-Unis », et les terrorises se sont mêlés de la partie.

Il accuse des puissances extérieures de payer les manifestants, donnant même les tarifs (de plus en plus élevés avec le temps). C’est une accusation grave dans sa précision, mais des États engagés à fond (et à fonds perdus) contre la Syrie comme l’Arabie séoudite et le Qatar sont parfaitement capables, politiquement et financièrement, d’avoir ouvert une ligne de crédit pour ce faire.

Et puis un certain nombre de manifestants arrêtés n’ont pas dû faire mystère de cette forme d’incitation militante.

Plus globalement, Bachar, qui explique que son pays a fait l’objet d’un plan de subversion en trois étapes, s’adresse à l’opinion turque, par-dessus son gouvernement du moment :

  • la Syrie est agressée par des terroristes et c’est son droit de se défendre. Et là, il fait vibrer une corde sensible dans l’opinion turque, qui est sensibilisée depuis des années aux raids et attentats du PKK depuis l’Irak, les différents gouvernement turcs qui se sont succédé utilisant tous à ce sujet la même rhétorique « anti-terroriste ».

Mais l’argument le plus fort de Bachar est sans doute ailleurs, quand il pose cette question de fond :

  • sans soutien populaire aurait-il pu tenir 16 mois, quand des Moubarak et des Reza Pahlavi ont été balayés en quelque jours malgré un formidable appareil militaire et policier ?

Entretien de Bachar al-Assad à Cumhuriyet – troisième partie

(les intertitres et passages soulignés le sont par nous)

-Bachar al-Assad :

« Votre voisin direct, le Shah d’Iran, avait un État très fort, une armée très forte, et des renseignements très forts, et un soutien international, et, évidemment, un soutien régional illimité aussi, mais a-t-il été capable de résister devant le peuple ?

Il est évident qu’il n’en a pas été capable. Si, moi, j’avais été dans cette position, je n’aurais pas tenu 15 mois, ni deux semaines, ni trois mois !

Si je ne disposais pas du soutien du peuple, j’aurai été renversé comme le Shah d’Iran Tout le monde pensait que je partagerais le même sort, on s’est trompé !

(…) La crise syrienne, en grande partie, est extérieure, la preuve en est l’existence de combattants arabes et d’extrémistes islamiques, et d’un armement sophistiqué qui entre en contrebande à travers les frontières, et aussi l’argent venu de l’étranger.


Ce qui s’est passé a changé les convictions de beaucoup à l’intérieur de la Syrie, qu’ils soient opposants ou partisans. Maintenant ils défendent la patrie.
La révolution ne peut pas être une révolution de gangs, elle doit être une révolution du peuple. Et personne ne peut réprimer une révolution du peuple.


Vous êtes maintenant en Syrie, et vous pouvez aller, de vous-même, vous promener dans n’importe quel endroit pour voir s’il y a révolution ou non.


Nous traquons et nous tuons des terroristes, et nous nous défendons … Eux, ils commettent des massacres de civils, et il est de notre devoir de défendre les civils … C’est notre devoir en tant qu’Etat.


Que faîtes-vous quand vous vous faîtes tuer ?

Vous les Turcs, ne vous défendriez-vous pas ?

Ne justifiez-vous pas toutes vos opérations militaires, au nord de l’Irak et en Turquie, par la lutte contre le terrorisme ?


Allons-nous dire que l’État turc tue son peuple dans ce cas ? … C’est du deux poids-deux mesure, c’est de l’hypocrisie politique que nous n’acceptons pas !

Les trois étapes de la subversion internationale

Dans chaque tache accomplie, il y a un niveau d’erreur. C’est évident. Nous sommes des hommes, nous nous trompons et nous réussissons. Mais nous devons bien distinguer entre les erreurs que nous commettons à l’intérieur de la Syrie et les facteurs extérieurs.


Le plan contre la Syrie est passé par trois étapes : la première étape est celle des manifestations … et une grande partie de ces manifestations est appuyée par l’extérieur …


Au début de la crise, le coût du manifestant était de 10 dollars ; maintenant, il est de 50 ou 100 dollars selon la région.


Ils s’attendaient à ce qu’il y ait, effectivement, une véritable révolution, à travers des manifestations. Et une révolution pacifique, comme en Égypte et en Tunisie, au mois de ramadan dernier. Mais ils ont échoué à cette étape …


Ils sont alors passé à l’étape suivante, qui était de créer des zones entièrement contrôlées par des bandes armées, à la façon de Benghazi, en Libye, et l’armée a brisé cette tentative qui s’est poursuivie jusqu’en mars dernier.


Ils ont donc échoué aussi à la deuxième étape, et ils sont passés aux assassinats individuels et aux massacres contre des civils, en plus du sabotage d’institutions de l’État par des explosifs.


Si l’on dit que les manifestations sont pacifiques, ce sont des propos naïfs : ce n’était pas le cas et de toutes les façons, il y a encore des manifestations qui se produisent de temps en temps, mais avec une participation très réduite, et payée dans la plupart des cas.


Nous savons tous que les institutions internationales sous soumises à la volonté étatsunienne et occidentale, et il est stupide de considérer que les déclarations des organisations internationales sont une référence en matière de vérité. Elles expriment, uniquement, les rapports de forces internationaux.


L’objectif, en fin de compte, est d’imposer davantage de pressions sur la Syrie, et à mesure qu’ils échouent dans la mise en œuvre de leurs plans, ils essayent d’exercer davantage de pressions sur la Syrie.


Tant que nous sommes dans notre droit, nous n’allons nous plier ni aux organisations internationales ni à d’autres ».

Source : http://www.facebook.com/addounia.channel/posts/3867833113... traduction pour Infosyrie.







05/07/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (8:39 pm)

05.07.2012

Le coup de colère du général Mood visait les discussions internationales sur la Syrie, pas le gouvernement syrien

« Il y a beaucoup trop de discussions dans de beaux hôtels, dans d’agréables réunions, alors que l’on agit trop peu pour aller de L’avant, et arrêter la violence« .

Le coup de gueule du général norvégien Robert Mood, chef de la mission d’observation de l’ONU en Syrie – actuellement en « chômage technique » – a été abondamment relayé par la presse, qui voulait y voir une nouvelle condamnation implicite de la « répression » gouvernementale.


Par Droits réservés,


Mood n’a pas mis en cause le gouvernement syrien

À vrai dire, le général Mood, toujours à Damas deux semaines après sa décision de « suspendre » les déplacements de ses casques bleus, ne désigne ni n’incrimine personne nommément.

Et son irritation est surtout causée par les belles paroles et grandes réunions de la communauté internationale, où les diplomates, surtout occidentaux, recomposent sur le papier une Syrie « idéale » plus conforme à leurs desiderata géostratégiques qu’aux réalités socio-politiques de la Syrie réelle.

Du reste, Mood est le premier à reconnaître la « difficulté » des négociations de paix. il est à vrai dire assez bien placé pour ça :

  • lui et ses observateurs savent bien qu’un grand nombre de bandes armées n’obéissent à personne, en tous cas pas aux injonctions de Kofi Annan, et multiplient leurs attaques de cibles militaires ET civiles.

Et puis, même si les médias français ont « oublié » de citer cette partie de son intervention, le général onusien a rappelé dans Sa conférence de presse qu’il avait reçu du gouvernement syrien « un engagement total » en faveur du plan de paix en six points de Kofi Annan.

Mood n’a semble-t-il pas indiqué que l’opposition radicale avait été aussi claire à ce sujet. On doit aussi rappeler, ce que « nos » journaux ne font pas, que Robert Mood s’exprimait au sortir d’un entretien avec Fayçal al-Miqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères.

Robert Mood, une fois sa colère exprimée, se raccroche « comme tout le monde » aux propositions issues du sommet du 30 juin à Genève, qui tournent autour de la solution du « gouvernement de transition« .

C’est ce mois-ci qu’on saura, en tous cas, si la mission des observateurs onusiens est prorogée. Normalement, la logique de Genève voudrait qu’elle le soit.

Sur le front diplomatique, justement, la Russie a démenti, comme on pouvait s’y attendre, les rumeurs portées presque à l’état de scoop par les médias, et selon lesquelles les puissances occidentales étaient en train de « persuader » Moscou d’offrir l’asile politique à Bachar al-Assad.

Plus tôt, et ce n’était pas davantage une surprise, la Russie a confirmé qu’elle ne participerait pas à la réunion des soi disant « Amis de la Syrie« , énième congrès des opposants radicaux syriens et de leurs protecteurs étrangers, que Laurent Fabius organise à Paris vendredi 6 juillet.

Ce jeudi, la Chine a emboîté le pas à la Russie, annonçant sa non -participation à cette imposture géopolitique d’ampleur, la première organisée par le nouveau gouvernement français.

De son côté, le président iranien Mahmoud Ahmaninejad a déclaré que les Syriens devaient « décider librement de leur destin« , sans que d’autres pays s’en mêlent.

Trois jours plus tôt, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait exprimé à peu près le même point de vue, proclamant l’attitude de « neutralité » de son pays dans le conflit syrien, neutralité qui se traduisait par sa volonté de s’opposer aux trafics d’armes et aux infiltrations de combattants au profit d’un camp ou d’un autre, étant étendu que ces mouvements s’opérant depuis l’Irak se font au profit des bandes armées de l’opposition.

Constitution d’un axe de combat pro-syrien FPLP/Hezbollah

Autre déclaration importante, quoique n’émanant pas d’une puissance étatique, celle faite sur la chaîne satellitaire arabe Mayadine, par Ahmed Jibril, secrétaire général du Front populaire de Libération de la Palestine, une des principales composantes historiques de l’OLP. C’est en effet une sorte d’avertissement sans frais que vient d’adresser Jibril aux déstabilisateurs avérés et agresseurs potentiels de la Syrie :

  • « Le régime en Syrie est fort, mais en cas d’agression extérieure, nous avons discuté de cette question avec nos frères syriens, avec le secrétaire général du Hezbollah Sayyed Nasrallah au Liban et avec nos frères en Iran, e nous ferons parie de cette bataille« .

Précisons que parmi les « frères » rencontrés par le n°1 du FPLP en Syrie et en Iran figurent Bachar al-Assad et Mahmoud Ahmadinejad. Ahmed Jibril a précisé son propos :

  • « S’il y a une tentative d’escalade militaire turque, européenne ou de la part de l’OTAN, nous descendrons dans la rue aux côtés de nos frères syriens« .

Jibril a indiqué que Nasrallah lui avait confirmé que le Hezbollah participerait lui aussi à cette éventuelle bataille. Rappelons très brièvement que le FPLP a obtenu 4,2% aux élections législatives palestiniennes de 2006, trois de ses membres siégeant au sein du Conseil national palestinien, l’assemblée législative palestinienne.

Son idéologie mi-nationaliste mi-marxiste, en tous cas laïque, ne l’a pas empêché d’être plus proche sur certains points du Hamas que du Fatah, et l’année dernière les deux mouvements avaient condamné à l’unisson la volonté exprimée par Mahmoud Abbas de reprendre les négociations avec Israël.

Mais il est vrai que la crise syrienne constitue un clivage entre FPLP et Hamas.

L'emblème du FPLP

Damas marque aussi sa souveraineté maritime

On voit que dans ce climat d’ »avant-guerre », les camps en présence resserrent les rangs et par la-même forcent les hésitants à se déterminer peu à peu.

Cela témoigne de la gravité de la situation mais cette mobilisation morale et orale des alliés de la Syrie – l’Iran n’a pas parlé aussi nettement mais son engagement n’est pas douteux – est une façon aussi de sauvegarder la paix dans la région, les fauteurs de guerre, sans doute déjà un peu échaudés par certaine récente mésaventure aérienne turque, y réfléchissant à deux fois avant de passer à l’acte.

La Syrie elle-même s’apprête à mettre en pratique ce principe romain du « Si vis pacem para bellum » (« Si tu veux la paix prépare la guerre ») : un certain nombre de chancelleries occidentales – dont la française – vienne de recevoir du ministère syrien de la Défense notification officielle de la tenue, les 7, 8 et 9 juillet prochain, de manoeuvres navales de grande ampleur, « comprenant des tirs de missiles et de l’artillerie navale« .

La note du ministère avertit les gouvernements étrangers que les dites manoeuvres se dérouleront « dans une zone maritime formellement interdite d’accès aux navires et bateaux civils et aux navires et bateaux militaires, toutes catégories confondues, ainsi qu’à tout autre engin maritime civil ou militaire« .

Les autorités syriennes président que pendant ces trois journées les manoeuvres commenceront à 6 heures et se termineront à 17 heures (heurs locales) et elles fournissent, à toutes fins utiles, les coordonnées géographiques et topographiques de la zone concernée, pour éviter toute incursion « involontaire » d’un « corps étranger »….

Quelques semaines après l’incident du Phamtom turc en mission de testing des défenses syriennes et abattu par la défense anti-aérienne syrienne, Damas envoie à l’étranger un nouveau signe de sa fermeté dans la défense de sa souveraineté.

On ignore si les unités navales syriennes apercevront au cours de leurs évolutions des navires russes allant ou revenant de Tartous, mais il est peu probable qu’elles croiseront des unités turques ou de l’OTAN.

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