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23/06/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (6:10 pm)

23.06.2012

Un nouveau gouvernement, un nouveau parlement, une nouvelle constitution : des pas dans la bonne direction, au seul rythme rendu possible par la situation. Et tout le reste n'est que démagogie et irresponsabilité (calculées)...

Bachar al-Assad a donc formé, un mois et demi après les élections législatives, un nouveau gouvernement, dirigé par l’ex-ministre de l’Agriculture Riad Hijab. C’est évidemment un gouvernement taillé pour la gravité de l’heure, avec des fidèles issus du sérail bassiste. Et quand même un léger air de nouveauté et d’ouverture.

. Les ministères-clés ne changent pas de titulaires :

  • Walid al-Mouallem aux Affaires étrangères, le général Daoud Rajha à la Défense, Mohammad Ibrahime al-Chaar à l’Intérieur et Mohammad Jleilati aux Finances.

Il y a quand même du nouveau symbolique : l’opposition modérée sera représentée par deux personnalités,Ali Haidar et Qadri Jamil, co-dirigeants du Front populaire pour le Changement et la Libération, coalition, créée en juillet 2011, de communistes et de nationalistes de gauche qui avaient accepté de participer aux élections législatives (voir nos articles « Désolé M. Juppé, Russes et Chinois ne veulent toujours pas de votre guerre ! » et « Et si on parlait un peu des législatives ? », mis en ligne le 27avril et le 2 mai 2012).

Ali Haidar, issu du PSNS (nationaliste grand-syrien) a hérité d’un ministère de type nouveau et, si l’on peut dire, taillé pour mesure, celui des « Affaires de la Réconciliation nationale » :

Ali Haidar, il n’est pas inutile de le rappeler, a perdu un fils dans les événements, assassiné le 2 mai dernier près de Hama par un groupe terroriste. Qadri Jamil, ex-communiste, est pour sa part nommé ministre du Commerce intérieur et de la Protection des consommateurs, ainsi que vice-Premier ministre pour les affaires économiques.

À ceux qui crieront à la « poudre aux yeux », ou au changement homéopathique, on répondra calmement que c’est tout de même la coalition d’ »Unité nationale » dirigée par le Baas qui a gagné la grande majorité des suffrages exprimés par 51,3% du corps électoral, et que la plupart des autres forces d’opposition – ne parlons évidemment pas du CNS ni des Frères musulmans – comme le CCCND n’ont pas voulu tenter leur chance.

La présence au gouvernement de ces deux hommes politiques critiques de la gestion passée est quand même un avancée démocratique, comme l’ont été la nouvelle constitution post-article 8 ou la nouvelle loi sur les partis.

Ce n’est pas assez ?

C’est déjà pas mal pour un pays sans tradition réelle de pluralisme « à l’occidentale », et soumis aujourd’hui aux pressions que l’on sait.

Et c’est beaucoup mieux pour les Syriens que la charia, le sectarisme communautaire et les voitures piégées de l’opposition radicale !

Conférence de presse du Front populaire pour le Changement et la Libération, à Damas, le 19 avril dernier

Martyrs civils et militaires

Et puisqu’on parlait de l’opposition radicale, de son projet et de ses oeuvres, constatons que c’est un chiffre particulièrement élevé de « martyrs » qui ont été portés en terre ce samedi 23 juin.

Pas moins de 67 selon Sana. Il est vrai que ce chiffre intègre 22 civils victimes des terroristes. S’agit-il des hommes massacrés vendredi à Darat Izeh (ou Darat Ezzat), à une trentaine de de kilomètres à l’ouest d’Alep ?

On note que la très grande majorité de ces victimes civiles provient de la ville ou du gouvernorat de Hama. Soit à une centaine de kilomètres minimum au sud du lieu du drame.

S’agissait-il de certains de ses fameux chabihas comme le prétend l’OSDH, venus en mission dans ce secteur très proche (une quinzaine de kilomètres à peine), là encore, de la frontière turque, par où s’infiltrent – ou se réfugient – en permanence les bandes armées ? Sana continue de parler de civils, et même de femmes, d’enfants et de vieillards.

Miliciens ou civils, ces hommes sont bien tombés victimes de semeurs de mort et de chaos hébergés et encadrés par l’actuel gouvernement Erdogan.

Pour les autres, 45 tout de même, tombés hier ou ce matin dans les environs de Damas, dans les gouvernorats de Homs, Idleb, Alep et Deraa, il s’agit de deux colonels, un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, cinq adjudants-chefs, trois adjudants, deux sergents-chefs, six sergents, cinq caporaux, seize conscrits et trois policiers.

Bien évidemment ces hommes ont pour la plupart péri dans des affrontements avec des groupes rebelles sur lesquels Sana, et on peut le regretter, ne s’étend pas.

Tout de même, l’agence de presse syrienne signale pour ce samedi la mort de plusieurs terroristes tués par l’explosion de la bombe qu’ils étaient en train de poser près d’un réservoir d’eau à al-Rosen, près de Talkalah, à l’ouest de Homs et sur la frontière du Nord-Liban.

Ce genre d’ »accident » meurtrier semble assez fréquent chez les activistes qui n’ont pas tous apparemment le niveau de professionnalisme exigé par leurs activités (même si le réservoir a été mis hors d’usage).

Par ailleurs un nouvel arsenal a été découvert dans le quartier d’al-Arba’ine de Hama.


http://www.infosyrie.fr/







23/06/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (4:51 pm)

23.06.2012

Erdogan joue avec le feu - et avec la Syrie - depuis des mois : et le voilà arrivé à un instant critique de son poker menteur diplomatique

Des milliers, ou des dizaines de milliers de personnes – les deux formulations ont été utilisées presque simultanément par les agences françaises – ont manifesté à travers la Syrie contre le gouvernement à l’occasion du traditionnel vendredi de mobilisation de l’opposition.


Redisons que tout ça est bien possible mais le laconisme de la presse française à ce sujet témoigne assez que cette mobilisation était – au mieux – ordinaire, c’est-à-dire très limitée.

L’OSDH annonce un bilan de 96 morts pour vendredi. Parmi ceux-ci 26 pro-Bachar massacrés à Darat Ezzat près d’Alep, dont le statut n’est toujours pas vraiment défini :

civils enlevés par des commandos selon le gouvernement, ou miliciens chabihas tombés dans une embuscade selon l’opposition ? C’est en tous cas clairement un nouveau « fait d’armes » des bandes armées.

Un avion de moins, ou de trop ?

Cependant, c’est toujours l’affaire du chasseur bombardier turc disparu en mer hier qui retient l’attention des commentateurs :

une source militaire syrienne a confirmé vendredi soir à l’AFP que l’appareil turc avait été atteint par un coup au but de la défense anti-aérienne syrienne, sans que la nature du projectile soit précisée. L’avion s’est abimé en mer à une dizaine de kilomètres au large de Lattaquié.

Un porte-parole (officieux) de l’armée a indiqué que les radars syriens avaient repéré vers 11 heures 40 (heure locale) une « cible non identifiée », en tous cas pas un appareil syrien.

À la suite de quoi ordre a été donné d’ouvrir le feu. Un porte-parole, cette fois officiel, de l’armée syrienne a donné ce 23 juin les précisions suivantes :

  • l’appareil non identifié a été touché alors qu’il survolait à basse altitude et à grande vitesse les eaux territoriales syriennes, à un kilomètre environ de la côte.
  • Il s’est ensuite abimé en mer à une dizaine de kilomètres au large, et à hauteur de la localité d’Oum Touyour, à une quinzaine de kilomètres au nord de Lattaquié, et à une vingtaine de la frontière turque.
  • On est toujours sans nouvelles des deux hommes d’équipage, objets recherches conjointes d’unités navales turques et syriennes, confirmée tant côté turc que côté syrien.

Il ne s’agit donc pas vraiment d’une méprise, mais d’une réaction légitime et automatique de la défense d’un État souverain, d’autant plus légitime vu le contexte de tension, intérieure et extérieure, que connait le pays.

Quant aux pilotes turcs, étaient-ils en mission de provocation, de « testing » des réactions syriennes ? S’étaient-ils à ce point égarés ?

Le président turc Abdullah Gül a lui envisagé que le F4 a pu violer accidentellement l’espace aérien syrien en raison de sa vitesse. Oui, mais à ce compte-là, les violations seraient quotidiennes !

L’agence Sana ne fait pas états d’ »excuses » de Damas à Ankara, excuses qui avaient dans un premier temps été annoncées par Erdogan, avant qu’il semble se montrer plus évasif à ce sujet.

Pour l’heure tout ce qui est sorti de la réunion de crise politico-militaire convoquée par le Premier ministre turc vendredi soir est le communiqué suivant :

  • « La Turquie fera connaître son attitude définitive et prendra avec détermination les mesures qui s’imposent quand toute la lumière sera faite sur cet incident« .

Il est certain qu’Erdogan a subi là un camouflet, mineur mais symbolique, et ce qu’on ait du personnage, de son arrogance et de son anti-bacharisme rabbique a de quoi inquiéter a priori.

Dans un ^passé récent, parce qu’un obus et quelques balles syriens avaient franchi, à la poursuite de bandes ASL, sa frontière, le Premier ministre turc avait agité le droit pour son pays de se défendre, avec l’appui de l’OTAN.

Pour autant, nous n croyons toujours pas qu’Erdogan et son équipe ont les moyens, militaires et politiques, de leur bellicisme :

  • un aventure armée, même appuyée diplomatiquement par Washington serait équivalent à une séance de roulette russe . Ce alors que plusieurs soldats turcs-, sur un autre front, viennent de tomber victimes de séparatistes kurdes.
  • Et que nombre de politiques et de citoyens turcs ne sont pas d’accord avec la ligne anti-syrienne et pro-OTAN. Il est certain que l’homme voudra absolument sauver la face. Comment, cela demeure la question.

Kofi Annan pour une entrée de l’Iran dans le processus de paix

L’affaire a sûrement été évoquée au cours des entretiens du ministre syrien des Affaires étrangères,Walid al-Mouallem, avec son homologue russe Sergueï Lavrov, qui ont commencé vendredi 22 juin à Saint-Pétersbourg. Une chose est sûre :

Lavrov a indiqué ce même vendredi, dans un entretien accordé à la télévision Rossia 24, que son interlocuteur syrien lui avait proposé un retrait des troupes syriennes des villes, à condition qu’il soit « simultané » avec celui des groupes armés.

Tout ceci relevant selon nous de l’utopie militaire et politique, mais nous sommes sur le terrain de intentions et gestes diplomatiques.

Sergueï Lavrov a par ailleurs informé Walid al-Mouallem des préparatifs de la conférence internationale de Genève sur la Syrie, dans laquelle la Russie est très impliquée.

Sans surprise, les deux hommes se sont accordés sur le fait que cette réunion devait se pencher activement sur le problème du financement et de l’armement des groupes armés en Syrie ; le Qatar, l’Arabie séoudite et la Turquie, qui doivent participer à la conférence de Genève se retrouveraient sur la sellette.

Pour équilibrer cette réunion, on sait que Moscou défend avec vigueur la participation de l’Iran, que rejette la troïka Washington/Londres/Paris.

Reste que sur ce point Moscou vient de recevoir vendredi un appui de taille, celui de Kofi Annan :

« L’Iran devrait faire partie de la solution en Syrie » a déclaré à Genève au cours d’une conférence de presse le promoteur du plan de paix, qui sait bien que le temps de l’unilatéralisme occidental est passé.

http://www.infosyrie.fr/





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