C’est ce lundi 18 juin que Barack Obama et Vladimir Poutine se rencontrent au Mexique pour discuter, en marge du sommet du G20, de la Syrie et de l’Iran, et aussi le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe.
Deux sujets -brûlants, surtout le premier vis-à-vis duquel Obama s’accroche à l’espoir de voir son interlocuteur évoluer, notamment dans le sens d’un lâchage de Bachar al-Assad.
C’est un vain espoir, pour des raisons géostratégiques et aussi de crédibilité de la direction russe déjà évoquées sur ce site, mais les Américains, en mauvaise position en Afghanistan, décrédibilisés une fois de plus sur le dossier palestinien et incertains de l’évolution égyptienne, aimeraient se refaire une santé diplomatique sur le dos des Syriens et de là sur celui des Iraniens.
Et Obama dont des porte-paroles ont fait croire que les dirigeants russes en étaient déjà à négocier une éviction de Bachar avec eux (voir notre article « France/Russie/Syrie : Fabius est-il sous cocaïne ? », mis en ligne le 15 juin) n’a pas été avare d’assurances à l’égard de Moscou, affirmant vendredi que Washington n’avait nullement l’intention de léser les intérêts de Moscou en Syrie.
On doute là encore que Poutine et Lavrov puissent se satisfaire des protestations de désintéressement démocratique et humanitaire d’une nation dont il ont eu l’occasion de voir, depuis une bonne dizaine d’années, les agissements en Afghanistan, en Irak, en Libye, et même, dans le pré carré russe, les tentatives de déstabilisation en Ukraine et en Géorgie et dans certaines républiques musulmanes ex-soviétiques.
Sans oublier l’avancée de l’OTAN – théoriquement sans raison sociale depuis l’effondrement de l’URSS – jusqu’aux frontières baltes, polonaise, roumaine et bulgare !
Justement, à ce dernier sujet, le président russe avait réaffirmé publiquement son opposition, jeudi 14 juin, au déploiement du bouclier antimissile, se faisant même menaçant :
« Tout ce qui pourrait conduire à dévaloriser notre capacité nucléaire stratégique entraînera inévitablement une réaction inappropriée« .
Dans l’immédiat, l’état-major russe a laissé entendre que deux navires de guerre russes allaient incessamment faire route vers le port syrien de Tartous, où se trouve la grande base militaire russe de Méditerranée.
Il parait que le conciliabule semi-privé de Poutine et d’Obama doit durer une heure et demie :
c’est très largement suffisant pour que Poutine reprécise une nouvelle fois sa position inébranlable sur le refus de toute ingérence étrangère dans le processus politique en Syrie, et rappelle au président américain que la présentation de la crise par les Occidentaux est assez éloignée de ce que la Russie constate sur le terrain.
En revanche, cela risque d’être insuffisant pour qu’Obama convainque Poutine, et de sa bonne foi, et de la nécessite de s’ »assouplir » sur la Syrie.

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