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17/06/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (1:23 pm)

La mission du général Mood était vouée à l'échec, mais la Syrie devait néanmoins jouer le jeu

  • La décision annoncée samedi après-midi par le général Mood de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » les déplacements des observateurs, qui resteront désormais dans leurs hôtels et quartiers, est une demi-surprise.
  • Quelques heures plus tôt, dans une conférence de presse, le chef de la mission d’observation de l’ONU en Syrie avait déploré que ses casques bleus ne puissent exercer leurs attributions vu l’accroissement des violences, qu’il attribuait prudemment aux deux parties.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a dit comprendre la décision du général norvégien.

Un échec annoncé, mais une étape nécessaire

On l’a déjà dit, mais à partir du moment où l’opposition CNS/ASL, pour ne pas parler des islamistes les plus durs, restait accrochée à son objectif de renversement complet du régime et où ce dernier n’avait aucune intention de laisser les groupes armés étendre leur influence, le cessez-le-feu était condamné dès l’origine.

Et, de fait, la proclamation de celui-ci, le 12 avril, n’a vu aucun arrêt des attaques des groupes d’opposition, et assez tôt le gouvernement a pu annoncer des centaines de violations de la trêve par l’ASL.

Les embuscades, attentats, assassinats se sont poursuivis à un rythme de plus en plus soutenu, et l’armée, qui a perdu des centaines d’homme depuis deux mois, a dû riposter, et s’efforcer de maintenir l’autorité de l’État dans ses villes et ses provinces.

Plus le temps passait, plus le cessez-le-feu tournait à la farce tragique. Fin mai, le massacre de Houla, dont l’ONU tarde toujours à attribuer la responsabilité, a servi de prétexte à l’ASL pour dénoncer un rêve jamais respectée par elle.

Peu après, le 3 juin, dans un discours prononcé devant le nouveau parlement syrien, Bachar al-Assad sifflait, en quelque sorte, la fin de la récréation – ou de la fiction du cessez-le-feu – en disant que son pays était confronté à une vaste offensive terroriste, et que celle-ci serait combattue jusqu’à la victoire.

On résumera les réactions occidentales à cette annonce du général Mood par celle des États-Unis qui ont parlé de « moment critique » et ont annoncé de prochaines consultations avec ses alliés « sur les prochaines étapes à suivre pour la mise en oeuvre d’une transition politique menée par les Syriens« .

On n’a pas encore de réaction russe ou chinoise, mais ce n’est pas cet épisode qui va dissuader Moscou d’organiser sa conférence internationale « rééquilibrée » sur la Syrie :

le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est du reste entretenu du sujet avec Kofi Annan, selon un communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères le 16 juin.

Certains parmi les habitués du site ont vu dès le départ dans la mission des casques bleus une manoeuvre des Occidentaux pour préserver les rebelles, en difficulté militaire, d’un désastre irrémédiable. Et sûrement les Euro-américains avaient la chose en tête.

Oui, mais Russes et Chinois ont appuyé de leur côté le plan Annan pour couper l’herbe diplomatique sous le pied des Occidentaux, et tout à la fois montrer que le gouvernement syrien était prêt à jouer le jeu, et mettre l’opposition radicale au pied du mur.

  • Moscou défend depuis des mois, au Conseil de sécurité notamment, l’idée – qui est une réalité objective – que l’opposition est responsable d’une grande partie de la violence. Elle a d’ailleurs réussi à le faire reconnaitre, dans les textes onusiens, à ses adversaires diplomatiques.

Pour les Russes, la tentative d’application du plan Annan allait être une sorte de « leçon de choses » pour la communauté internationale, qui démontrerait que la mauvaise volonté n’était pas du côté où Washington et ses alliés le disaient.

La démonstration n’a pas vraiment réussi, compte tenu du « bétonnage » de l’information occidentale par les milieux atlantistes, mais tout de même on a vu ceux-ci développer, au fil des dernières semaines, la thèse de la « guerre civile » menaçante en Syrie, ce qui équivalait à une reconnaissance implicite d’une réalité devenue incontournable :

  • la présence de milliers de combattants armés résolus à ne laisser aucun répit au gouvernement.

Nous continuons de penser que Mood et ses hommes ne sont pas responsables des arrières-pensée des uns et des autres, et se sont efforcés honnêtement de remplir leur « mission impossible ».

On a en tous cas pas de preuve flagrante du contraire.


Que va-t-il se passer ?

Eh bien la lutte de l’armée contre les bandes va s’intensifier, avec de bonnes chances de succès. Il pourrait y avoir, dans cette lutte pour la destruction des groupes armés qui veulent le chaos s’ils ne peuvent avoir la victoire, de nouveaux succès comme celui de Haffé dans les jours à venir. Le tout étant que soient évitées au maximum les bavures sur les civils.

Mais la Syrie ne peut décidément pas faire l’économie d’une victoire militaire décisive sur des forces qui sont dans une logique de révolution violente, et sont soutenues ouvertement par la Turquie et le Golfe, et à peine plus discrètement par l’axe Washington/Londres/Paris.


Par Louis Denghien,








17/06/12
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (12:46 pm)

Général Amin Hoteit Réseau Voltaire jeu., 14 juin 2012 05:56 CDT


Il est désormais certain que la dite « crise syrienne », qui dès le départ nous est apparue comme étant une guerre mondiale contre la Syrie [1], est devenue un problème universel autour duquel le monde s'est divisé en deux camps : le camp occidental qui a planifié, commandité, et dirigé l'agression par des mercenaires arabes ou régionaux, du moins jusqu'ici [2] ; et le camp adverse qui s'est coalisé par la force de ses propres objectifs stratégiques.

  • Ce dernier a formé un groupe international qui considère que la réussite des projets de l'Occident en Syrie signifierait la chute de toute la région sous l'emprise d'un néo-colonialisme qui anéantirait toute velléité de liberté et d'indépendance.
  • Le conflit est donc clair entre un agresseur aux ordres des USA et un défenseur qui s'organise par une distribution coordonnée des rôles à chacun des membres de son organisation stratégique, en fonction de leur capacité et de leur efficacité à repousser l'agression.

I. Plus le temps passe et plus les constantes de cette confrontation deviennent évidentes. Au terme d'un peu plus de quinze mois, elles peuvent être résumées comme suit :
1. Les capacités de défense des défenseurs sont supérieures aux capacités d'attaque des agresseurs.
  • En effet, compte tenu du potentiel de chacun des deux camps, le succès du camp agresseur pour atteindre ses objectifs en Syrie et redessiner la région de telle sorte qu'elle puisse se conformer aux intérêts des États- Unis et du sionisme, est devenu impossible. Par conséquent, entendre le camp des agresseurs répéter à l'envi :
  • « Le président syrien doit s'en aller », « Il faut qu'il cède le pouvoir à un gouvernement civil de transition », « Il faut une transition pacifique du pouvoir », ne témoigne que du ridicule et de l'ironie de la situation ; parce qu'il se comporte en vainqueur alors qu'il est vaincu et que, jusqu'à présent, son agression ne lui a rapporté que ses propres crimes qui ont coûté la vie à des Syriens innocents. À moins qu'il ne considère la criminalité comme une victoire ?
2. La désintégration et l'affaissement du système des agresseurs :
  • alors que la cohésion du système des défenseurs parait de plus en plus solide, chacun de ses membres estimant que la question syrienne le concerne directement ; ce qui explique leurs prises de position de plus en plus fermes contre toute atteinte ou intervention étrangère en Syrie et sous n'importe quel prétexte qui nécessiterait l'usage de la force, notamment par adoption d'une résolution en vertu du Chapitre VII.
  • Les États-Unis sont, peut-être, sur le point de comprendre cet état des choses, surtout depuis la dernière prise de position russe. Seuls les « ourbans du pétrole » restent sourds devant l'évidence et refusent de comprendre
  • C'est pourquoi, avec le Secrétaire général (malencontreusement dénommé « Al-Arabi ») de la Ligue pétrolière prétendument concernée par la « Cause arabe », ils persistent à tenter et à exiger que la « question syrienne » soit soumise au fameux Chapitre VII.
  • Mais, en l'occurrence, leurs appels ne seront pas entendus à travers la porte définitivement scellée du Conseil de sécurité.
3. En plus de ce qui précède, il est important de constater que chacun de ces deux camps rassemble et exhibe ses forces dans le but de précipiter l'heure décisive et d'y mettre fin de manière à ce qu'elle lui soit favorable. En effet :
  • Le camp des agresseurs, comme nous l'avons précédemment écrit [3] , a organisé des manœuvres militaires de grande envergure en Jordanie sous la dénomination « Eager Lion » (Lion avide), après avoir recruté l'ensemble des forces qui pourraient jouer un rôle lors de sa future intervention militaire en Syrie.
  • Il a très généreusement inondé sa prétendue « opposition syrienne » d'armes de toutes sortes, et de toutes technologies, pour assurer aux terroristes mercenaires qui lui sont inféodés les moyens de commettre leurs méfaits.
Il a chargé les observateurs internationaux de recueillir les renseignements utiles et de mener l'enquête qui favoriserait son intervention militaire à venir. Il a décidé d'étrangler les médias syriens pour créer les conditions favorables à son opération militaire, qu'il suggère très proche avec ou sans résolution du Conseil de sécurité. Pour finir, voici que des manœuvres israéliennes se mettent en branle pour, dit-on, passer le message d'une attaque sur les bastions du Hezbollah.

Le camp des défenseurs, après avoir résisté en absorbant les chocs depuis le début de l'agression et après avoir laissé le temps à la Syrie pour qu'elle puisse réaliser ses réformes, se met lui aussi à rassembler et à exhiber ses forces pour renforcer sa défense et confirmer ses acquis.

Ainsi, et suite au succès des élections législatives syriennes, est venue la décision ferme et définitive de combattre le terrorisme sans relâche ; suivi du « test surprise » correspondant au tir de missiles balistiques intercontinentaux russes [4], lequel a semé la confusion dans le camp adverse qui a bien compris le sérieux du nouveau message militaire signifiant que les décisions politiques déclarées par Moscou, à l'intérieur et à l'extérieur du Conseil de sécurité, reposent sur une puissance militaire réelle et prête à intervenir en cas d'agression.

Un projet de manœuvres militaires communes à quelques pays membres de cette organisation défensive n'a pas tardé à être envisagé. Quant au plan d'étranglement des médias syriens [5], il a échoué avant même sa mise à exécution par la prise de mesures adaptées aux circonstances et capables de protéger le droit de la Syrie à faire entendre sa vérité.


II. Dans ces conditions, la question qui se pose concerne le devenir de cette crise mondiale révélée par la soi-disant crise syrienne :
  • le monde est-il à la veille d'une confrontation militaire globale, ou bien, est ce que ces démonstrations de force ne sont là que pour servir d'atouts lors de futures négociations ?
Or, en matière de guerres, il est raisonnablement impossible de lancer une attaque avant de s'assurer de deux éléments :
  • le premier correspond à la possibilité de réaliser l'exploit escompté tout en amenant l'adversaire à l'effondrement ou à une sorte de dépression ou d'égarement ;
  • le second correspond à la capacité à transformer une victoire militaire en victoire politique qui puisse permettre d'ancrer, de conserver et d'exploiter la victoire.
  • Dans certains cas, un troisième élément est à prendre en compte et correspond à ce que l'attaquant peut supporter comme pertes potentielles suite à la confrontation. Si nous appliquons ces règles immuables au camp des agresseurs, nous constatons que :
  • 1. Dans le domaine de la guerre conventionnelle, les forces militaires essentielles à ce camp (l'OTAN) sortent de deux décennies décevantes qui ont épuisé leur économie au point qu'elles ne peuvent envisager une nouvelle guerre, alors que le camp adverse a des capacités militaires défensives qu'il leur serait extrêmement difficile de vaincre ; ce qui nous amène à laisser tomber l'éventualité d'une intervention militaire justifiée ou non par une résolution du Conseil de sécurité.
  • 2. Dans le domaine de la guérilla et des opérations terroristes en cours, alimentées et dirigées par le camp des agresseurs qui poussent à l'escalade des violences et à leur généralisation à tout le territoire syrien et notamment aux grandes villes (Damas et Alep), le battage médiatique et les possibilités des agresseurs sont en deçà du seuil nécessaire à la réalisation de leur projet.
En revanche, il est désormais très clair que la prochaine étape de la lutte contre ce terrorisme sera différente des précédentes, notamment parce que depuis la formation du nouveau gouvernement issu d'élections parlementaires libres il ne sera plus question d'opposer des lignes rouges infranchissables aux forces militaires syriennes et de les empêcher de faire ce qui doit être fait.
Il ne sera plus possible au terrorisme médiatique et aux politiques du camp des agresseurs, qui sont derrière les massacres, de continuer leurs frauduleuses campagnes accusant l'État syrien de leurs propres crimes.

Il ne sera plus acceptable que la mission des observateurs internationaux serve à intensifier les opérations criminelles, mission désormais sujette à caution vu ses manquements volontaires ou involontaires à dire la vérité.
  • 3. Quant au reste, il nous suffit de rappeler l'impossibilité pour Israël de mettre en place une organisation défensive qui protégerait son front intérieur.

  • Il brûle d'impatience pour attaquer l'Iran en plus de toutes les menaces qu'il ne cesse d'alimenter contre son programme nucléaire. Ce simple rappel suffit pour comprendre que le camp des agresseurs est incapable de supporter la réaction possible à son agression.
III. Par conséquent, nous pouvons déduire que la guerre militaire contre la Syrie est très peu probable ; que la guerre terroriste ne permettra pas à l'agresseur d'atteindre ses objectifs mais, qu'au contraire, elle lui imposera des pertes qui l'useront même si cela doit prendre un certain temps.

À ce stade, nous pouvons revenir à la question posée plus haut : pourquoi un tel rassemblement des forces ?
  • À notre avis la réponse réside dans le fait que le camp agresseur, qui a constaté son échec, sait que la seule issue qui lui reste passe par une solution négociée et pacifique, mais il sait aussi que celui qui s'installe à la table des négociations ne reçoit qu'une part proportionnelle à ce qu'il a acquis sur le terrain et aux cartes qu'il tient dans sa main ;
ce qui explique qu'il tente d'en rassembler un maximum pour que sa défaite devienne tolérable, maintenant que sa victoire en Syrie est entrée dans le domaine de la fiction et que la Russie a lancé ses invitations aux négociations selon un code compréhensible par toute personne qui connait le protocole :
  • un missile qui lève les doutes, dissipe les délires, et ouvre la voie à la paix.
Ainsi, le Président Bachar Al-Assad aura offert à son père l'équilibre stratégique pour lequel il a toujours œuvré et dont il a toujours rêvé, en commémoration du dixième anniversaire de sa mort.

Source : Tayyar(Liban)[1] « La Contre-révolution au Proche-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 mai 2011.[2] « La triple alliance contre la Syrie », par James Petras, Réseau Voltaire, 31 mars 2012.[3] « Syrie : Manœuvres militaires en Jordanie...simple message ou signes avant- coureurs d'une opération militaire conjointe de 19 pays », par le Général Amin Hoteit, mondialisation.ca, 23 mai 2012.[4] « Coups de semonce russes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 juin 2012.[5] « L'OTAN prépare une vaste opération d'intoxication », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda/Réseau Voltaire, 10 juin 2012.

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