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30/06/09
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (4:36 pm)

 « Et toutes ces images obscènes que nous impose cette immonde machine, tu as vu ?

La plume préféra ne pas commenter et rejoignit son mutisme criard.

Déjà qu'elle refusait d'écrire les  gros mots alors décrire ces impudeurs, serait le pire des supplices. Avec  le mot pour épée, et  les valeurs  pour  bouclier, elle était   encore capable de rendre au mot sa beauté,  et à la phrase sa dignité,  et au texte son intégrité et à la langue sa virginité.

Elle pouvait  aussi  faire ralentir l'horloge  et laisser aux gens le temps de vivre et d'aimer la beauté de la parole, mais elle semblait résignée.

 

L'encrier  par contre ne  voulait pas encore déposer les armes. Il pensait  que si on l'arrosait d'une seule goûte, il enflammerait la plume,  qui se raviverait, et demanderait encore à caresser le papier.

 « Et  la phrase, tu as vu la phrase, elle  se présente d'elle-même maquillée de mille façons pour plaire. Elle se solde  pour ne pas dire qu'elle se "prostitue». « C'est écœurant !   Se contenta de répondre la jolie plume !

« Même le mot a perdu sa  vanité. Il n'est plus aussi beau qu'avant et ses  caractères uniformes  donnent l’impression de sortir  d'une usine.

« C'est lamentable.   Il n'attend  plus qu'on peine   pour le  choisir  et  le  supplier de peindre la pensée comme avant.

Il savait tout cela, mais il avait peur pour elle.

 Il ne voulait  pas la lancer dans un combat perdu au risque d'être choquée.

 Il préférait lui  laisser  cette petite lueur d'espoir qui la faisait encore  rêver.

Oui, l'espoir ! Le rêve !

Elle était  la seule à croire encore à ce remède  miracle.

 

 







30/06/09
Catégorie: Jeunz : 

Auteur: colozigo (1:55 pm)

On va tous vivre ensemble pendant presque 3 semaines...et si on se découvrait un peu avant ? Notre séjour débute dans 15 jours...mettons à profit ce temps pour se rencontrer ... virtuellement ! Ca sera aussi l'occasion pour vous de nous dire ce que vous avez envie de faire pendant vos vacances avec nous... nous sommes à votre écoute !!
Alors à vos claviers...


Marie*





29/06/09
Catégorie: Tout et rien... : 

Auteur: lulu75 (7:04 pm)

je pensais que j'allais pouvoir discuter avec quelques membres, mais apparament ça bouge pas trop chez blog-Media... j'ai laissé quelques commentaires sur le forum et personne ne relève .. ni même les auteurs des sujets...

je pense que c'est pour ça qu'il n'y a pas beaucoup d'adhésion... si nos mots restent lettre morte.. on fini par aller voir ailleurs..

snif..







29/06/09
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (10:08 am)

Oui c'était la belle époque.  Malheureusement rien n'est éternel.

 

 

 

L’encrier, accablé, n'avait  plus de larmes pour pleurer, alors il  devenait   de plus en plus coléreux  et objectait  tout le temps:

" Je ne supporte plus le son de cette boite à son , je vais finir par piquer  une crise

" Moi ce qui me manque surtout, ce sont les belles phrases de ces grands auteurs que je prenais plaisir à transposer sur le papier blanc, lui répondit la plume, bien allongée sur son buvard vert !  Tu a vu le maitre, il n’a même pas ouvert le livre de Sartre, pourtant il en lisait chaque soir un extrait avant de partir.  Regarde ce qu’il advient de tous ceux qui ont fait l’histoire de l’humanité !ils sont là, blêmes, presque inertes. Pourtant ils insufflaient la vie à la parole, l’idée à l’action, le cadre à la réflexion !

« C’est la faute à cette maudite machine ! Elle crie tout le temps et réfléchit plus vite que le maitre lui-même, parfois c’est elle qui lui dit ce qu’il doit faire !Alors il n'a plus besoin de les consulter!

« Ces ouvrages qui  ont toujours résisté aux temps, donnent des signes de  vieillissement, ils semblent accepter  leur destin!

 Il faut  reconnaitre  aussi que  tant leurs formes que leurs couvertures les rendent  plutôt "snobs", gênants même! 
"
Il me  semble surtout  qu’ils manquent  de souffle, et la  folle course à l'information les avait  largués loin derrière.

Cette criminelle les a carrément écrasés !

 

«   A mon avis elle n’est pas la seule coupable,  se sont les humains  qui  sont impatients, et encore plus  fainéants!  Ils ne veulent  plus  prendre la peine de feuilleter les livres.

« Tu sais que cette funeste machine  porte en son sein plus d'ouvrages que  tous ceux qui nous entourent ! Il suffit de "cliquer" sur une touche et  le texte accoure comme un chien bien rôdé, prêt à lécher la  main du maitre.

« Tu  vois ce qu’elle a  fait du texte, il  le coupe et découpe, l’emporte, le recolle ! La destructrice !  Et ce  texte  qui ne  résiste même pas ! Il ne réclame même pas sa dignité!  C'est dommage, elle lui a fait perdre  toute son intégrité  et toute son humilité.  

 

« C'est que ce n'est plus la même génération d’écrits orgueilleux  et fiers de l’être ! Tu te rappelle, quand le  premier maitre réfléchissait des heures durant pour choisir le mot qu’il fallait, je pense qu’il t’appréciait  trop pour te dépenser dans les ratures !

« Non c’était seulement pour pouvoir  te caresser plus  longtemps, je crois qu’il t’aimait vraiment !

« Ah le bon vieux temps, moi aussi je les aimais tous et  surtout ce qu’ils écrivaient, pères et fils. Avec eux la langue de Molière était plus riche que jamais ! Pas comme de nos jours.

 « Tu as raison, et même que toutes les langues se mêlent dans une proximité inquiétante. Aucune d'elles n'a  su garder sa  souveraineté et sa virginité.

 " C'est honteux.

 « Et toutes ces images obscènes que nous impose cette immonde machine , tu as vu ?







29/06/09
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (9:57 am)

Vidé de  cette encre qui lui avait pourtant donné  son nom, l’encrier était plutôt malheureux depuis qu'il ne pouvait  plus féconder le mot!

 

Pourtant, il sentait  qu’il  pouvait encore,

Enfanter ; créer la vie,

 Louer la  justice divine,

Chanter le jour, pleurer la nuit 

Défendre   le  "bien", lorsque le "mal" domine

 Influencer  l’histoire,

  Raviver   les ardeurs,

  Créer  l’espoir,

  Et apaiser  les douleurs … Comme l’avait si bien écrit le maitre dans l’un de ses beaux poèmes d’entant !

Il contemplait   la plume   qui  n'avait  rien perdu de  sa beauté malgré son âge.

Cela faisait un siècle qu'il la connaissait, et il ne lui avait jamais vu  une seule  ride.

Il faut dire aussi qu’elle était intraitable sur toute la ligne et que sa ligne de conduite était irréprochable. Elle veillait elle-même sur la ligne de   sa feuille, et aussi de sa conduite  et de son corps !

 Elle  restait  calme, pensive, et …..Stérile.

Cela faisait très longtemps qu’elle ne s’était plus enivrés du must de l’encre ni même caressé    un  bon papier.

Elle se remémorait tous ces grands auteurs pour avoir transcrit leurs noms  et se  rappelait  parfaitement le contenu de leurs  pensées. Elle  répondait  toujours présente  et  n'hésitait pas à s'envoler aux fins fonds de la connaissance, et d’y puiser  la sagesse !

Avec eux elle avait  apprit  que c’était  toujours  le vocable, aussi sacré que  vulnérable, qui véhiculait la pensée.

 C'est pour cela,  qu'elle rechignait à reproduire la mauvaise parole, et parfois lorsqu'on la forçait, elle marquait son amertume par le jet d'encre.

 D'ailleurs tous ceux qui l'avaient côtoyé évitaient toutes  les grossièretés en les mettant   entre guillemets,  car ils savaient que jamais la plume  ne le leur pardonnerait. Elle préférait ne pas  accoucher plutôt que salir la belle phrase par un mauvais  mot.

En fait, les deux amis n'avaient  jamais aimé l'oisiveté.

Ils  croyaient toujours en  la beauté absolue, et pour eux le mot n'était   pas  une simple suite de syllabes, mais  de belles images ; Plus que cela, des  fresques qui embellissaient les  pages.





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