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06/05/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (5:49 pm)

Une fois n'est pas coutume, nous parlerons sport.
M Hayatou, président de la CAF, décida un jour d'organiser une autre coupe d'Afrique résérvée cette fois aux joueurs évoluant dans les championnats nationaux. C'était une escellente idée.Les autres, les vedettes Drogba et autre Ettou, bien que techniquement bien meilleurs n'ont pas pu enlever la coupe à une selection egyptienne composée en majorité de joueurs évoluant en championnat local. Mais voilà, si l'idée est bonne, il faut aussi que l'organisation des éliminatoires le soit aussi. Malheureusement un petit incident" banal" aurait pu faire capoter tous  ces efforts et bien d'autres. Lors du match aller opposant l'Algerie au Maroc, le hymne national marocain à été interrompu juste au milieu créant un état de nevrosité assez remarqué et à faillit perturber une fête qu'on voulait de conciliation.
 En fait des erreurs comme ça sont courantes sur  les stades du  continent  africain , mais ce qui choque réellement c'est qu'un match aussi important entre deux selections nationales se passe dans un petit terrain situé dans une petite ville qui n' pas l'habitude d'organiser des manifestations où l'hymne national est chanté. Cela aurait pu enveminer des relations encore tendues entre deux ex protégés de la France et deux piliers dans sa politique de lutte contre le terrorisme.Comme quoi il n' y a pas que les bombes qui peuvent être mortel. L'innattention voulue ou non peut tuer des ésperances de rapprochement de deux peuples frères par la langue la culture et bien d'autres choses.  





06/05/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (4:02 pm)

Des jeunes femmes venaient de partout pour lui caresser la chevelure et demander à Dieu de leur donner des enfants qui lui ressemblaient. D'autant plus que la beauté de son visage dépassait l'imaginaire. Ses yeux verts luisaient comme des diamants ,et ses cheveux blonds et très lisses dansaient au rythme du vent et sa peau toute blanches rappelait pour beaucoup ce qu'on racontait sur la beauté de "Sidna Youssef"*. Les "Fkihs" et les gardiens de la religion trouvaient cela hérétique , mais personne ne pouvait arrêter ce flux.

Beaucoup plus une petite activité se créa autour des vestiges du vieux port en ruine. Les visiteurs se restauraient sur place et s'achetaient en partant, des petits souvenirs. Les poteries et autres productions artisanales se vendaient bien.

"Saluez le prophète

"Que Dieu salue sidna Mohammed!

"Je n'entends pas tout le monde, répétons

"Allah salue sidna Mohammed!

"Aissa devint très connu, et la petite hutte ne se vidait plus. La vie du portugais se perturba à nouveau. Il n'avait que faire de toutes ces histoires et de tous ces gens qui transgressaient son intimité. De plus les marins le suspectaient de collaboration avec l'ennemi qui encerclait toujours le port et lui cherchaient souvent  des problèmes . L'un d'eux, probablement ivre l'empêcha un jour de débarquer son poisson . Il y eut une petite altercation et l' agresseur,  glissa, tomba et se blessa. La police intervint et arrêta le portugais lui même ivre .
Il passa un an en prison.

" Le pauvre, mais ce n'est pas lui qui a commencé
" Oui il n'a fait que se défendre
" Un an c'est trop pour un pauvre marin qui n'a fait de mal à personne
" Oui mes chéris, c'est comme ça la vie. Son destion  est ainsi fait, c'est Dieu qui commande, malheureusement ce n'était pas la fin de son calvaire
" Qu'est ce qu'on lui a fait de plus?
" A sa sortie de prison le portugais ne retrouva plus sa barque . Certains marins qui pensaient que c'était la barque rouge qui avait la "baraka", la volèrent et changèrent de port d'attache!
N'ayant plus de quoi faire vivre son enfant, il alla discrètement à la "Quissaria"* et échangea une petites pièce d'or contre des billets d'argent. Il répéta cette opération chaque fois qu'il avait besoin d'argent . Ceci alimenta une polémique autour de l'existence d'un trésor que le portugais cacherait quelques parts. Les joailliers commençaient à se disputer ces pièces d'autant plus qu'elle étaient uniques et avaient une grande valeur historique . Alors dès que le vieux pêcheur apparaissait à la "quissaria", les courtiers l'entouraient et le tiraient vers les boutiques de leurs maîtres en l'appelant "Sidi Bou dheb " , "Sidi Bou Dheb"*, tandis que les pauvres le suivaient partout sous l'œil curieux des brigands qui le pistaient.

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*Sidna Youssef: le prophète Joseph connu pour sa beauté naturelle

*Sidi Bou Dheb: le monsieur de l'or

*Quissaria: l'enceinte où se vendait l'or et autres marchandises rares.







06/05/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (3:09 pm)

Les médias français se focalisent ces derniers jours sur le premier anniversaire de M Sarkozy aux champs Elysés.Les avis diffèrent entre ceux qui disent que le président en avait trop promis, et ceux qui s'accordent qu'il n'a pas assez réalisé.Etant un problème franco-français, la question des réalisations d'un chef d'Etat ne devrait en principe interesser que les citoyens de l'hexagone. Pourtant cela m'interesse aussi, mais d'un autre point de vue.Je ne comprend pas pourquoi on fait supporter à une institution plus qu'elle ne peut supporter. Les règles de fonctionnement de la Cinquième république sont claires, il n' ya pas que le président. Un parlement a aussi son mot à dire sur le plan national, et les élus locaux gardent tous leurs pouvoirs de décision. Sans parler du contexte international que ni M le président ni les honorables élus de la nation ne peuvent  maitriser.Le prix du pétrole qui fait le vertige, les chinois qui tapent aux portes  et qui ferment des usines, des industries qui se délocalisent, des prises de positions politiques qui rejaillissent sur les marchés, un billet vert qui joue à l'ascenseur, autant d'éléments qui peuvent lier les mains de tout politicar, quel que soit son charisme.Non que je défende M Sarkozy  mais je vois défiler derrière toute cette ruée de plumes un petit business qui donne une bouffée d'oxygène à des maisons d'édition en perte de vitesse . Un livre sur le président, il est partout. Placardé à tous les coins de rues, en première sur toutes les émisssions politica-litteraires, et leurs auteurs à la une de tous les journaux.
Enfin c'est déja de réalisé pour tous ceux qui avaient soutenu le candidat Sarkozy et qui avaient fait tourner les vents de son coté.





06/05/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (1:20 pm)

Omar repris sa place sur les genoux de Mi Aziza et la charrette qui portait une dizaine d'autres clients prenait la direction du "Ouali : "sidi El Hadi Ben Aissa". Là encore la place fourmillait de gens. Il y avait beaucoup de mendiantes traînant des jeunes enfants sales et mal habillés. Mi Aziza ne leur donna pas de figue sèche, elle n'en avait plus.

A l'intérieur du mausolée , l'odeur de l'encense emplissait ce grand lieu de pèlerinage. Grand mère ne pouvant se frayer un chemin resta à la porte . Elle recommanda à son petit fils de se faufiler pour déposer une cierge au pied du sarcophage et lui fit apprendre les mots qu'il devait répéter. Les chants religieux se mêlaient aux pleures et aux récits du coran, des enfants criaient et des jeunes riaient ; des hommes se collaient aux femmes sans gêne pour toucher un tissu vert et personne ne se plaignait. Omar trouvait cela tellement amusant qu'il oublia ce que Mi Aziza lui avait demandé de faire. Il revint avec la cierge en main . Hors d'elle , et jurant de tous les noms, elle lui pinça les fesses, rangea la bougie dans son sac, et quitta précipitamment le Ouali .

Au Souk , les cris des vendeurs faisaient écho aux sons des hauts parleurs. Tout se vendait, fruits et légumes, habits et ustensiles de cuisine . Mi Aziza devait acheter des fruits secs pour la journée d'achoura . Alors qu'elle pouvait le faire chez le même commerçant, elle faisait le tour d'une dizaine de vendeurs. Cela lui permettait d'en goûter à chaque fois, tout en demandant le prix.

Elle eut de la peine à retenir son petit fils qui s'éclipsait chaque fois qu'elle s'arrêtait pour marchander . Ses pincements ne réussirent pas à le laisser collé à sa "Jellab". Il étais plutôt intéressé par les jouets et autres pétards et ses mains fouinèrent dans tous les chariots à jouer. Il visait avec les mitraillettes et les pistolets , tapait sur les "tamtams" et les "Derboukas" , soufflait dans les flûtes en roseau. Tout ce qui lui passait entre les mains était bon à essayer. Mi Aziza finit par lui acheter une "mitraillette" et un paquet de pétards . Il en fut émerveillé.
De retour à la maison , Omar passa le reste de la matinée à jouer au militaire et à tirer sur tout ce qui bougeait. En fait sa sœur était sa seul cible et son unique ennemie de guerre. La pauvre s'ennuyait plutôt. Elle se sentait de trop dans cette famille. Elle ne pouvait même pas s'exprimer. Comme si elle n'était là que pour seconder sa mère, à la cuisine comme pour satisfaire les besoins de son jeune frère. Il n' yen avait que pour Omar.
Si au moins son père revenait, il lui aurait acheté tous les jouets qu'elle voulait et ne laisserait jamais grand père la sermonner alors qu'elle ne faisait que jouer comme toutes les filles de son âge.
Elle était vraiment malheureuse et haïssait tout le monde, Omar, et grand mère surtout!

La sieste après un bon plat de lentilles était l'occasion de rattraper le manque de sommeil et de mieux préparer la veillée qui commença juste après le dîner . On ne lésinait pas avec ce grand soleil qui emplissait à lui seul tout le ciel bleu azur. Les enfants étaient bien au chaud , confortablement allongés dans leurs lits de fortune grignotant les délices du Souk. La suite du conte les interpellait au plus haut niveau .
" Saluez le prophète
" Que Dieu salue sidna Mohammed
" encore une fois
" Que Dieu salue sidna Mohammed
" La troisième est celle aimée par le prophète
" Que Dieu salue sidna Mohammed "
"Où en étions nous?
" A lalla Aicha Bahria
" Non à Aicha Qondicha
, répliquait Omar bien fier!
" Dis "bismillah" et souffle sous ton pull, un homme ne doit jamais prononcer ce nom maudit sans requérir la protection de Dieu

L'enfant s'exécuta sans attendre

" Je vois que certains n'ont pas résisté au sommeil , je vous résume: Une femme abandonna son enfant que récupéra le portugais, comme il ne savait pas parler arabe il prononça des noms qui firent penser à des "Gins". L'enfant fut considéré comme un enfant de sirène et le pauvre pêcheur eut beaucoup de problèmes
" Quel genre?
" Soit patient tu vas tout comprendre, mais essaye de résister au sommeil, tu es un homme maintenant, n'est ce pas? lui répondit sa maman
" Oui mère je te jure que je saurais résister
"Des bateaux étrangers étaient venus bombarder la ville . Tout le vieux port fut détruit sauf hutte du "Portugais" et toutes les barques coulèrent sauf la sienne!
Alors les envieux avancèrent que les étrangers avaient épargné la barque et la hutte car le portugais était leur collaborateur!
Le plus curieux dans l'histoire c'était que le vieux pêcheur continuait ses sorties comme si rien n'était. Les bateaux qui encerclaient le port ne l'empêchaient nullement d'aller jeter ses filets dans les zones où le poisson fuyant le "baroude" des cotes c'était concentré. Alors ses prises n'en furent que plus spectaculaires, alors qu'aucun autre pêcheur n'osait aller pêcher .
Il était le seul à alimenter le vieux port tout en ruine. Il offrait gratis son poisson aux autres marins , mais cela ne l'épargna pas pour autant des commérages.

" qu'est ce qu'on lui reprochait, demanda la fille plutôt écœurée par cette ingratitude
" Malheureusement la guerre entraîna des maladies, et les épidémies s'abattirent sur la ville . Beaucoup de gens moururent. Ils en conclurent que c'était dû aux sardines offertes par le portugais, et incriminèrent ce dernier de leur apporter exprès du poisson empoisonné.
" C'était vrai? "
" Non pas du tout, le portugais n'apportait que du poisson frais et de plus d'autres personnes qui n'avaient jamais mangé ce poisson mouraient aussi. En fait il ne voulait qu'aider les pauvres mais cela ne faisait que développer l'esprit très superstitieux qui prédominait partout. Certains pensèrent que tout cela était le fait du petit Aissa!
" Mais pourquoi Aissa? Qu'est ce qu'il avait encore fait?
Se révoltât Omar
" Pour certains cette désolation qui s'abattit sur la ville n'était que la vengeance de la sirène contre ceux qui avaient refusé de l'accueillir le premier jour. Pour eux l'enfant était un porte malheur. Ils soutenaient même que c'était pour le récupérer que les portugais avaient bombardé la ville. Ils en conclurent qu'il fallait le jeter à la mer. Pour d'autres au contraire c'était lui qui avait évité à la ville une destruction totale car les étrangers avaient peur de faire du mal au fils de la sirène. Ils soutenaient même que c'est ce qui avait empêché les étrangers d'envahir la ville. Pour ces gens Aissa devint presque un héros national Personne ne savait quelle attitude adopter à l'égard du jeune garçon .
"Qu'est ce qu'ils ont décidé à la fin?
" Ils ont été unanimes : Il ne fallait surtout pas faire de mal à l'enfant, les conséquences n'en seront que plus désastreuses. Les gens étaient de plus en plus convaincus que ce petit avait des pouvoirs mystiques et surnaturels. Le fait que la petite maison qui l'abritait ne fut pas détruite et qu'elle ne manquait jamais de poissons, rappela aux gens les origines mystérieuses du bébé sortit de l'eau. Il devint à leurs yeux une source d'espoir, presque un ange. Alors beaucoup de pauvres démunis venaient tout simplement lui rendre visite et demander sa "Baraka". Alors un phénomène extra ordinaire se produisit .

lui répondit sa maman, demanda la filleplutôt écœurée par cette ingratitudeSe révoltât Omar






06/05/08
Catégorie: Arts & Littérature : 

Auteur: Keltouma (12:19 pm)

Omar fut à nouveau réveillé par grand mère qui lança très haut:"Dites que Dieu salue le prophèteLes lèvres de l'enfant presque paralysées répétèrent difficilement :" Dieu salue …….Il était le seul à prononcer un mot, , les autres dormaient déjà.

Mi Aziza l'embrassa tendrement ajusta la couverture et regagna sa chambre. Omar s'abandonna à ses cauchemars recroquevillé sous sa lourde "Laabana" entouré des marins ivres et de toutes ces sirènes qui kidnappaient les vilains pères. Il répétait sans cesse "Bismi Allah" et soufflait sous mon Tchamir, de peur qu'elles ne le volent à son tour.
Le lendemain de bonne heure, Mi Aziza réveilla Omar , l'habilla elle même et le traîna dehors . Il avait encore sommeil et n'eut même pas le temps d'aller vérifier s'il avait encore tous ses cheveux. Il avait aussi très faim!

Deux gros beignets de chez le "Chenaje"* du quartier lui réchauffèrent l'estomac.

A la grande place les "Koutchieurs"* halaient les gens. Pour ne payer qu'une seule place, Mi Aziza installa Omar sur ses genoux . Tout au long du trajet qui menait à la cimetière, l'enfant avait l'esprit ailleurs. L'image du petit Aissa tout grolettant de froid et criant de toutes ses forces alors que des marins ivres le malmenaient ne le quittaient pas. Il en était choqué!

Ce qu'il découvrit à l'arrivée n'était pas pour le réjouir. L'endroit grouillait de mendiants qui infestaient toutes les allées de cette grande cimetière. Surtout des femmes portant sur leurs dos ou sur leurs genoux des enfants très sales . ce dénuement total l'interpella . Pourquoi y avait-il tant d'enfants sales et mal habillés , assis à juste le sol sous ce soleil de plomb ? N'avaient -il pas de maisons où vivre ou de pères qui leur achèterait des habits neufs? .

"Mi Aziza" se procura des figues sèches appelés communément "Chriha" et de l'eau de rose. Tout en cherchant la tombe de son père, elle donnait à chaque mendiante une figue et s'arrêtait afin d'écouter les prières adressées à la mémoire du défunt . En fait cela lui permettait aussi de souffler un peu. Il faisait vraiment très chaud et il n'y avait pas d'endroit pour se reposer.Lorsqu'elle retrouva enfin le tombeau, elle s'y assit un bon moment avant de commencer son cérémonial. La bonne dame qui était sûre que son père attendait impatiemment sa visite commença par le saluer:" Salam Alikom* , vous êtes les précurseurs et nous sommes les suivants". Omar trouvait marrant que grande mère parlait à un mort. Il se mit à rire, se demandant si ce dernier l'écoutait réellement après tout ce temps enfouis dans cette tombe tout en herbes. En guise de réponse , un pincement lui réchauffa les fesses!

" Ne rit jamais dans un cimetière , il est mal élevé de se réjouir des malheurs des autres.

" Non je ne voulais pas le faire , excuse moi ..

Omar aida Mi Aziza à enlever les mauvaises herbes et à dépoussiérer les bords de la tombe. Elle s'assit du coté de la pierre tombale et commença à raconter tout ce qui s'était passé depuis la dernière visite. " Les choses ne s'arrangent guère, mes rhumatismes ne me relâchent plus et cela me fait très mal . Je n'ai personne à qui me confier à part toi . Même pas Lhaj qui ne me parle presque plus . Il communique plus avec son transistor qu'avec moi. Remarque c'est tant mieux car non seulement il crie plus qu'il ne parle , mais de plus nous n'avons rien à nous dire. Depuis le demi siècle que nous sommes mariés nous avons épuisé tous les sujets. Mais je ne veux quand même pas qu'une autre femme vienne prendre ma place! après tous ces sacrifices!. Ma fille a raison, je ne sais où il passe ses nuits lorsqu'il est en voyage. J'espère que de ton coté les choses vont bien. Que tu prend soin de maman, car avec vous les hommes on peut s'attendre à tout! C'est dire qu' une malédiction vous suit partout où vous allez . Mon gendre ne vois les siens que rarement,. J'aimerais bien que tu cherche si l'haj n'a pas une autre femme, et par la même occasion voir aussi pour ma fille. La pauvre souffre. Comment peut elle vivre sans mari. Elle passe sa vie à s'occuper des autres et personne ne s'occupe d'elle et même qu'elle pense au divorce. Je ne la laisserais jamais faire, nous n'allons pas devenir la risée du quartier à la fin de notre vie. peut -tu me faire cette petite faveur?

L'air sérieux de Mi Aziza donnait l'impression qu'elle pouvait facilement parler aux morts et cela faisait peur à l'enfant qui n'avait raté aucune parole. Il attendait de savoir si le défunt pouvait rendre ce service à sa fille. Ce qui l'intéressait en fait c'était de savoir si son père avait une autre femme . Il voulait tant que la vérité sorte de cette tombe, mais il se rendit à l'évidence, elle était aussi muette que toutes celles qui l'entouraient.

Mi Aziza se recueillit un long moment en pleurant doucement, et en parlant au défunt. Elle prononçait des phrases que l'enfant n'arrivait plus à capter . Il la laissa à ses confidences et entama un petit tour .

Tout au fonds du cimetière de petites tombes attirèrent son attention. Elles étaient isolées loin de celles des grands. Elles n'étaient pas ornées et portaient des petites pierres tombales sur lesquelles étaient inscrits des noms et des dates. Omar eut pitié de ces petits qui non seulement étaient morts , mais ils étaient aussi seuls sans parents pour les protéger. Il les plaignis.
En revenant vers Mi Aziza il se mit à lire les noms portés sur les pierres tombales et un fou rire le repris : des femmes gisaient sans gêne à coté des hommes. Il s'imagina les scènes qui pourraient se passer , la nuit au cimetière. Son imagination partait encore plus loin en voyant ces Fkihs qui se disputaient les tombes comme des vautours et qui jouaient à l'interprète entre les veuves et leurs défunts époux. Il regarda toutes ces femmes en blancs qui s'agenouillaient sur ces tombes jaunes au lieu de profiter de cette verdure sauvage qui donnait au lieu une paix de l'âme

Mi Aziza fait signe à un Fkih qui récita précipitamment quelques versets coraniques , demanda la miséricorde au défunt et lui tendit la main .

Ne distinguant pas un verset coranique d'une chanson religieuse Mi Aziza lui murmura quelques choses à l'oreille . Le Fkih s'agenouilla à coté de la pierre tombale, et parla tout bat au défunt. Il resta un bon moment concentré, puis rendit la réponse à Mi Aziza ,qui, satisfaite, lui donna un billet de dix dirhams.

Mi Aziza versa par la suite le contenu de la bouteille à eau de rose sur toutes les parties de la tombe et s'attarda du coté de la pierre tombale . Omar se retint de rire , il ne comprenait pas ce besoin de se parfumer de la part d'un mort.

Mi Aziza fit un dernier "à dieu" et traîna son petits fils dehors.





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