- Bachar al-Assad lui a suggéré en substance de concentrer dans un premier temps les efforts onusiens de pacification sur les zones les plus touchées par la violence, afin d’y faire baisser progressivement l’intensité des affrontements ; cet exemple, selon Bachar, pouvant permettre ensuite une diminution progressive de la tension militaire dans le reste du pays.
Très précisément, Kofi Annan explique que Bachar al-Assad lui a proposé « de mettre en place une approche partant de la base dans certaines zones théâtre d’une extrême violence pour tenter d’y contenir la violence puis progressivement de faire cesser la violence dans tout le pays ».
La preuve par Homs ?
À Homs, les derniers insurgés cherchent à sortir de l’impasse. Une évolution qui pourrait, si elle se confirme, faire tache d’huile en Syrie
À quelle « approche partant de la base » le président syrien fait-il allusion ?
Peut-être à des négociations, possiblement arbitrées ou garanties par le général Mood et ses casques bleus, entre autorités militaires et politiques d’une part, et chefs rebelles d’autre part, au niveau d’une ville particulièrement touchée par les affrontements.
Ce n’est pas de la politique fiction :
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- en ce moment même à Homs, des négociations sont en cours avec un certain nombre de rebelles – 300 dit-on - retranchés dans les quartiers centraux d’al-Khaldeeye, Juret al-Shiyah, Qarabis, al-Hameediye.
Ces négociations, qui auraient d’ailleurs abouti selon le site d’information catholique Fides, se sont faites sous l’égide d’un « comité interreligieux Mussahala« , qui regroupe effectivement des personnalités religieuses de toutes les confessions du pays – dont le père Michel Naaman, prêtre syro-catholique – ainsi que des figures de la société civile homsie.
- Selon le père Naaman, les quelque 300 insurgés concernés par ces pourparlers sont des jeunes, voire de très jeunes gens entrés dans la bagarre par idéalisme, mais qui auraient à présent pris conscience de l’impasse de la lutte armée.
Nombre de membres du comité Mussahala ont de relations avec certains de ces jeunes, ce qui a facilité les négociations. Le fait que les représentants de l’armée aient donné à ces combattants l’assurance qu’il pourraient ensuite, non seulement revenir à une vie civile normale mais poursuivre une opposition politique à condition qu’elle soit pacifique, a évidemment été décisif.
Le comité Musahala s’est, bien sûr, lui aussi porté garant. On attend la confirmation de l’accord, mais s’il se fait vraiment, ce sera certainement une étape importante – pas seulement pour Homs – sur la voie de la pacification et du dialogue tant réclamé, avec plus ou moins de sincérité, par tant d’intervenants extérieurs. À suivre de très près, donc….
De Homs, revenons à Damas : bien sûr, Bachar cherche, tout en faisant un nouveau geste envers la communauté internationale et Kofi Annan, à séparer les rebelles « repéchables » des durs.
Et notamment des djihadistes étrangers :
à Homs, , il resterait environ une centaine de ces combattants étrangers qui ne peuvent bénéficier de l’amnistie gouvernementale et n’ont donc plus rien à perdre. Mais il se dit que la Croix-Rouge internationale pourrait tenter une médiation avec ceux-là aussi.
Ce n’est pas pour rien que régulièrement le médias syriens annoncent des manifestations de « repentance » d’insurgés », venu à chaque fois par dizaines rendre leurs armes et se faire enregistrer dans les postes de police du pays.
Ce n’est pas pour rien non plus que le président syrien a promulgué une amnistie « de la dernière chance » étendue à tous les hommes armés.
Ce n’est pas pour encore qu’il a confié un nouveau ministère dit de « la Réconciliation nationale » à Ali Heidar, un opposant modéré, lequel a commencé à organiser à travers le pays des réunions dans ce sens.
Le camp pro-syrien a repris l’initiative diplomatique
Téhéran, 10 juillet : pour redonner une chance à son plan, Kofi Annan tourne ses yeux vers le camp des (vrais) amis de la Syrie : Russie, Iran, Irak
En tous cas cette nouvelle proposition de la direction syrienne s’inscrit dans – ou coïncide avec – une nouvelle initiative russe proposant la tenue à Moscou, après Genève, d’une nouvelle réunion du Groupe d’action pour la Syrie,
D’autre part, le « plan Bachar » est dévoilé dans ses grandes lignes par Annan alors que celui-ci est allé chercher un appui à son plan auprès de l’Iran et de l’Irak, dont le premier est un allié déclaré de Damas, et le second – qui préside symboliquement la Ligue arabe – n’est pas une ennemi, bien au contraire.
Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a sans surprise apporté son appui, comme les Iraniens à la démarche de Kofi Annan. Ce mercredi 11 juillet ce dernier doit rendre compte des résultats de sa tournée devant le Consil de sécurité de l’ONU :
- gageons que les représentants du « trio infernal » ingérent États-Unis/Grande-Bretagne/France l’attendent de pied ferme
C’estque, entre autres choss, Annan s’est prononcé, comme les Russes, pour une participation en bonne et due forme de l’Iran aux travaux et sommets du Groupe d’action pour la Syrie :
- ce rapprochement de fait de l’envoyé de l’ONU (et, pour mémoire, de la Ligue arabe) des positions sino-russes, mai aussi, on vient de le voir, syriennes, est quelque chose de nouveau et d’important,; et pourrait représenter u tournant dans le long psychodrame syrien, longtemps dominé par le camp de L’OTAN et des princes arabo-pétroliers.
Et comme dans cette crise, le militaire n’est jamais loin du politique, on apprenait, alors que s’achevaient d’importantes manoeuvres combinées terre-air-mer de l’armée syrienne, que cinq unités de la marine russe faisaient route vers la Syrie.
Autant de signes objectivement convergents d’une nette montée en puissance diplomatique du camp pro-syrien :
- l’opposition radicale se déchire, ses protecteurs occidentaux sont plus que jamais réduits aux menaces et pressions, l’OTAN et la Turquie n’ayant pas voulu ou pu saisir le prétexte de l’avion turc abattu pour passer « à la vitesse supérieur ».
Alors les regards – ceux d’Annan notamment – se tournent « naturellement » du côté de l’Est et de sa « force tranquille ». Le feuilleton n’est certes pas fini, mais cette « saison » est intéressante !
De grandes manoeuvres militaires syriennes combinées ont coïncidé avec les offensives diplomatiques syrienne, russe, iranienne.
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