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A la recherche d’une racine
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Le silence enveloppait une grande demeure déjà dormante, lorsque le chien de garde se mit subitement à aboyer tirant sur la corde, au risque de déterrer le clou en bois qui la fixait au sol. Tenant fermement un gros bâton, le veilleur, eut de la peine à stopper le chien presque enragé, à une vingtaine de mètres du buisson où il semblait avoir vu des petites silhouettes se cacher furtivement.
D’une voix grave il ordonna aux personnes de se manifester sous peine de lâcher le chien et allait mettre sa menace à exécution, lorsqu’un monsieur en Jellaba se démarqua balbutient : « Salam ou alikom » « Quoi, je n’entends rien « Salam ou alikom, nous n’avons rien mangé depuis deux jours, Incrédule le vieux gardien demanda aux autres de sortir sans précipitation, l’un après l’autre. Une femme fit timidement son apparition, cachant sous son « Haïk » de petits enfants apeurés dont les pleurs ne voulaient pas s’arrêter. « N’ayez pas peur mes enfants, n’ayez pas peur. Les rassura le gardien, les invitant à entrer dans la petite hutte, et mettant à leur disposition tout ce qui lui restait de ses repas de la journée. En moins de deux la petite jarre était déjà vide et le fond d’une marmite de « harira » et d’un « tagine » de légumes furent presque grattés à blanc sous l’œil des parents heureux de voir les mâchoires de leurs enfants claquer autrement que par le froid. La spacieuse construction en pisée, se réchauffa peu à peu des effets de la chaleur de ces corps amincis par la famine et le froid allongés à même le sol que le vieux gardien aida à couvrir regardant avec intérêt un petit garçon presque inerte qu’il n’avait pas remarqué auparavant. Il s’enquit auprès du père qui lui apprit qu’il avait de la fièvre, s’étalant sur la désolation qu’ils avaient vue durant cet exode, du fait de la guerre de pacification entamée par l’armée d’occupation Française. Avant de repartir le lendemain, il supplia le vieux de veiller sur l’enfant moribond dont la présence devenait un danger pour toute la famille, et de le confier s’il guérissait à qui voudrait en prendre soin.
Cet enfant presque squelettique abandonné par ses parents et qui avait pour nom Ali, c’était moi. « Ba Said » ne m’avait raconté cette scène que plusieurs années après, alors qu’il était sur le lit de la mort, me suppliant de ne pas blâmer mes parents pour cet abandon !
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