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l'adolescence dans le monde des adultes
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14/08/2006 16:27
De Ardèche
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Envois: 841
Hors Ligne

samedi 26 mai 2007 09:46:20   

Je propose de réfléchir sur la période l'adolescence que l'actualité récente a mis en exergue cette semaine.
Plusieurs thèmes pourraient être débattus :
" l'enfant-roi "
" l'autorité "
" l'adolescent face à la société de consommation "
" les familles recomposées "
" le déficit intergénérations " ( coupure entre les différentes générations avec souvent le mépris de ce qui est ancien )
" internet "
" la sexualité " etc.....

Bon courage !

Motpassant 


Contribution le : 26/05/2007 09:47
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Re: l'adolescence dans le monde des adultes
visiteur_

J’ai pris connaissance de votre sujet de forum pour lequel vous proposez l’ouverture d’une réflexion listée sur la vie de « l’adolescence » et si j’ai bien suivi votre allusion, plus spécialement sur les incidents vécus en Corse … mettant en scène ces deux pauvres jeunes filles défenestrées !

 

A l’instar de vos écrits, j’ai édité hier deux billets dirigés sur le même sujet, à savoir :

« Conscience de connaissance de soi » et « Défenestration et autre Jeu du Foulard…Stop ! ».

 

Toutefois c’est avec plaisir que je vais adhérer à votre souhait en prenant dans l’ordre chronologique de votre énoncé « L’enfant-roi ».

Le sujet étant « brûlant », outre une réponse en « forum », je doublerai mon billet sur blog.

 

Bien à vous,

Mickaelos


Contribution le : 28/05/2007 08:23
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Re: l'adolescence dans le monde des adultes
visiteur_

l’enfant roi
dans une inconscience collective

Trop gâtés, surprotégés, capricieux, égoïstes que ne dit-on pas de ces enfants "rois" ? C’est bien connu : ce qui est rare est cher et donc l’attention portée aux enfants est grande

Cet amour pour l’enfant qui se transforme en colossale bêtise !

Plus de 50 % de décisions d’achat dans un couple sont motivées par l’enfant. Ce simple chiffre, effrayant, est l’arbre cachant la forêt. Plus qu’une forêt, notre société est malade de ses enfants et des comportements « dits normaux » qu’on accepte chez eux et puis de surcroît, que l’on encourage.


Une pathologie .... récente!


Si l’on reprend l’histoire du XXème siècle, le culte de « l’enfant roi » apparaît chez l’enfant comme une pathologie il y a environ 15 ans, soit quelques années après que la contraception soit entrée dans les mœurs sociales comme une habitude légale.

Evidemment, il n’est bien sûr pas question de remettre en cause la contraception, ni sa légalisation légitime, restons sereins et logiques. Il faut cependant - et c’est le grand travers de notre société > regarder les conséquences en face d’une telle maîtrise intellectuelle de la procréation, cela afin d’éviter le tabou (et même si quelque part, le discours est forcément politiquement incorrect au regard de notre société).


La conséquence de la légalisation de la contraception au niveau psychologique et au niveau de l’inconscient collectif est le fait de faire de l’enfant un bien de consommation comme un autre.


L’enfant dans notre monde « est voulu et non pas désiré ». Il est le plus souvent le fruit d’une réflexion intellectuelle et non pas d’un mouvement du cœur, d’une envie. Cette modification est très profonde, car dans la psychologie de l’enfant, la place qui lui est réservée au sein du couple et au sein de l’histoire de ses parents qu’il n’a pas choisis, est fondamentalement différente.


Hé oui..., c’est comme çà, à force de monotonie on en oublie la triste réalité.


Cela devient un totalement débile, aujourd’hui on veux faire un enfant comme on veut acheter une voiture. On entend partout que l’on a besoin d’un enfant - comme on aurait besoin d’un ordinateur pour écrire ses chroniques en lignes. C’est dingue !


Enfant, « volonté et désir » > Mon enfant, ce héros

"Famille nombreuse, famille heureuse" chantait le groupe les Négresses vertes. Les enfants uniques ont longtemps souffert d’une mauvaise image, mais aujourd’hui, alors qu’une femme sur trois n’a qu’un seul enfant, les mentalités évoluent.

Alors, règne de l’enfant roi ou avènement de l’enfant alibi ?

"Combien veux-tu avoir d’enfants quand tu seras grand(e) ?" Voilà avec la future profession l’une des questions le plus souvent posées aux enfants lorsqu’on les interroge sur leur avenir. Une étude de l’INSEE a révélé que la famille de deux ou trois enfants était l’idéal partagé par la majorité des Français. Pourtant qu’il s’agisse d’un choix mûrement réfléchi pour des raisons financières, professionnelles ou personnelles, ou liée aux hasards de la vie, le nombre d’enfants uniques ne cesse d’augmenter.


La transformation psychologique qui mène du désir d’enfant à la volonté d’avoir un enfant est très significative de la mentalité que nous avons héritée du XXème siècle, cette certitude que l’homme pouvait maîtriser son destin et son histoire, de manière individuelle dans le cas qui nous occupe, mais aussi de manière collective (dans le cas de théories fascistes ou communistes). L’homme est devenu une machine intellectuelle qui doit se maîtriser et maîtriser son futur.


La conséquence pour l’enfant est d’être postulé à une place au sein du couple qu’il ne devrait jamais endosser. Etant très souvent incapables de différencier l’enfant de l’adulte, les adultes font tout pour séduire l’enfant, pour éviter les conflits avec l’enfant, pour permettre naïvement à l’enfant d’apprendre seul la vie.


Cette attitude navrante se traduit par la pathologie de l’enfant roi, qui est un enfant n’ayant jamais connu de limites, qui donc est dans une position de désarroi intense dès lors que la moindre des contradictions vient le perturber - quand par exemple, ses parents ne lui achètent pas ce qu’il veut tout de suite.


L’enfant d’aujourd’hui est trop souvent dépourvu de cadre et la responsabilité malheureusement n’en incombe pas qu’aux parents. L’inconscient collectif social, poussé par le consommateur enfant roi, encourage cette postulation de l’enfant en tant que dictateur du couple, en tant qu’arbitre, un arbitre au comportement incohérent car non encore formé.


Le rôle de l’inconscient collectif


On pourra poser la question du pourquoi du silence de la société envers ses enfants qui deviennent des périls pour eux-mêmes et pour les autres dès l’adolescence (voire même avant), pourquoi la société encourage à ce point cette vision absurde et inepte des relations entre parents et enfants, relations qui peuvent être saines si elles sont basées sur un cadre et un respect mutuel des différences.

Une ébauche de réponse se fonde sur la constatation des tabous incrustés dans notre inconscient collectif social à soulever la question de l’éducation des enfants. Pourquoi ?


Une des pistes pouvant conduire à la réponse à cette question est que la notion d’éducation est, aujourd’hui, fortement teintée d’histoire du XXème siècle.

L’enfant « unique »est éleva dans le monde des adultes, cet enfant unique en adopte certains comportements, ce qui laisse penser qu’ils sont matures plus tôt que leurs petits copains, alors que c’est totalement faux et les parents ne s’en rendent souvent pas compte dans l’absence de recul et de comparaison. Les enfants uniques feraient en outre l’apprentissage de la lecture plus précocement et auraient de meilleurs résultats scolaires ! C’est ce que disent les « statistiques » Le suivi "personnalisé" par les parents plus disponibles serait un facteur d’explication.

Il y a là matière à faire hyper attention en ce qui rapproche le comportement parental. Il est tout de même bien connu et vécu qua la surprotection de certains parents peut fragiliser les enfants et les empêcher de prendre confiance en eux.

C’est notamment le phénomène du portable, utilisé comme un baby-phone ou cas extrême heureusement encore peu répandu ( mais, n’en doutons pas, cela viendra plus vite qu’on ne le pense ), la surveillance des chérubins grâce aux webcams placées dans certaines crèches comme à Issy-les-Moulineaux…

Les conséquences d’un investissement affectif débordant ne doivent pas être sous-estimées. Les attentes des parents peuvent devenir pesantes pour l’enfant qui choisit une voie différente de celle qui lui a été tracée. Avec le sentiment de les décevoir, de ne pas être à la hauteur


Quand on dit éducation, on pense « contraintes », « brutalité », « manipulation », « fascisme », « totalitarisme ». Quand on dit autorité avec ses enfants, on pense « violence », on pense « autoritarisme ».

Quand on dit « limites », on pense à des principes moraux - symbole de l’ultime horreur sociale ! - voire carrément religieux. On pense endoctrinement. De là vient cette imbécile culpabilité d’infliger cela à l’enfant.


En sommes,nous parents, nous sommes à coup sur les dignes héritiers d’un siècle qui a en quelques sortes détruit devant nous des grandes utopies en plaçant trop de  tabous à de nombreux endroits, des conclusions historiques simples, des peurs que nous, les adultes, cristallisons sur nous-mêmes.


Ces peurs, nous les projetons sur nos enfants, de la manière la plus basique qu’il soit :

> en les considérant à la fois comme nos égaux ou nos maîtres mais aussi comme des objets de consommation ;

> en nous débattant avec leurs caprices afin de leur  construire un cocon en dehors des contraintes du monderéel.


Le message qui a peut-être une connotation sociale, de son côté, ne vaut pas mieux : il est culpabilisant et moralisateur. Il est de bon ton de dire qu’un enfant ne doit avoir de contraintes pour se développer, de dire qu’un enfant peut apprendre la vie seul.


Tout message inverse est de suite interprété comme celui d’un tortionnaire ou d’un réactionnaire dans une opinion publique où qu’on le veuille ou pas l’héritage de mai 1968 et sa suite, fait long feu : pas de contrainte, pas d’autorité, plus de liberté.


Les dangers dans la construction de l’enfant


Les conséquences sur les enfants sont multiples :

Lorsque le « cadet » montre le bout de son nez, il perd son statut privilégié et ça le perturbe beaucoup, il veut rester « chef » et le « protégé ». Il va devoir apprendre à partager ses parents, sa chambre, ses jouets, tout ce qui constitue son univers, ce qui ne se fait pas toujours sans difficultés car dans l’absolu.. ce nouveau de comportement ne lui convient pas


Les enfants s’habituent vite à n’avoir qu’un plaisir provoqué par une abdication des autres (et en particulier des adultes) à leur volonté ;


Les enfants n’apprennent pas la notion du temps, de la patience ;

Ils prennent les angoisses temporelles de leurs parents et vivent tout retard dans le plaisir immédiat comme une blessure profonde ;

Ils deviennent insensibles au désir mais sont pilotés par le vouloir (à l’instar de leurs parents) ;


L
es enfants vivent dans la course constante au plaisir immédiat, reformulent la peur de l’autorité de leur parents de manière extrême et peuvent devenir asociaux


La période d’adolescence montre des enfants complètement déstructurés, qui peuvent avoir contribué à l’explosion du couple de leurs parents (pour peu que l’estimation des limites à imposer soit divergente entre les deux membres du couple), qui peuvent battre leurs parents, les insulter, avoir des comportements violents sans que l’empathie ne leur ait été inculquée, sans que le souci de l’autre - même dans une version minimale - ne leur ait été enseigné ou même montré comme exemple.


Ils sont souvent contestataires, très souvent sans raison et par principe, ayant appris le refus de l’autorité dans le fait que leurs parents abdiquent leur autorité. Ils sont facilement manipulables par une idéologie du refus, de l’opposition brutale, du dialogue haineux et simpliste lors de l’adolescence. Ils ne savent pas de quoi ils parlent mais n’agissent qu’en négatif, qu’en opposition, qu’en réaction par rapport à un monde qui, justement, ne les traite pas comme les rois qu’ils croyaient être.


Sitôt sortis de l’adolescence, ces enfants voteront. Du fait de leur manque absolu de maturité, ils sont une chair à canon extrêmement docile pour ceux qui peuvent les brosser dans le sens de leur poil contestataire. Les sectes et autres mouvements d’oppositions généralisées ont de beaux jours devant eux .


Insatisfaction et inadaptation chroniques à l’âge adulte


Ce tableau n’est pas un tableau catastrophiste car, si le phénomène prend de l’ampleur, il est difficile de le mesurer statistiquement et d’estimer véritablement les enfants touchés par ces logiques. Ce tableau sombre cherche à montrer que le péril s’annonce si rien ne se produit au sein d’une opinion publique qui laisse faire, qui cautionne et qui montre dans les médias de nouvelles pathologies mentales de l’enfant sans les mettre en perspective par rapport à notre histoire.


Le pire, pour ces enfants et pour les adultes qu’ils seront un jour, est de les élever dans la logique de l’insatisfaction et du malheur chronique. Les bonnes intentions des parents, qui peuvent se transformer en un véritable enfer au quotidien pour tout le monde, mènent à rendre leurs enfants malheureux car ces derniers sont éternellement insatisfaits. La relation à l’autre, construite durant l’enfance, en est profondément modifiée, altérée : une certaine frange des nouvelles générations est sacrifiée sur l’autel des grands principes d’éducation de l’enfant roi.


Ces enfants-là, quelque soit leur milieu social partent avec un handicap. Une fois adulte, ils errent de révolte en révolte n’ayant rien appris de l’autre, bloqués dans leur égoïsme aux relents paranoïaques.


Conclusion


Il faudrait vraisemblablement se méfier de l’héritage que nous laissons à nos enfants, et subséquemment se méfier de celui que nous avons reçu de nos parents.

Il est important de réaliser qu’élever des enfants est une responsabilité et que si, spontanément, nous ne nous sentions pas prêt à revenir sur nous-mêmes pour résoudre nos problèmes enfouis, nous nous devons de le faire pour eux, afin de ne pas les charger de combats périmés et d’idées absurdes, et de ne pas les affubler des clés de l’insatisfaction latente.

A toute fin utile, je vous donne une info :

L’an passé, l’occasion m’a été donnée de lire un ouvrage traitant à souhait le sujet : La psychologie de l’enfant-roi de Gilbert Richer.

Cet un ouvrage de 220 pages est à lire pour disséquer le « problème »

Ce livre est paru aux éditions « Option Santé » présente les étapes du développement d'une éducation réussie et une analyse des caractéristiques  de la psychologie de l'enfant roi.

Doc / Mickaelos - lundi 28 mai 2007 - 07:55:18


Contribution le : 28/05/2007 08:33

Edité par Mickaelos sur 28/5/2007 13:04:34
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