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BLOGs - Articles de Keltouma
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23/08/2012

Auteur: Keltouma (9:58 am)

La Reine réunit son conseil en toute urgence:

"Le Roi vient de me faire parvenir son ultimatum et j'ai vraiment peur. Son envoyé est arrivé jusqu'à mon lit alors que toute la garde est sur le qui vive

"N'ayez pas peur votre altesse, s'il avait voulu vous faire du mal, il l'aurait déjà fait, c'est sûrement quelqu'un qui entendu parler de la grandeur de votre cité, de la beauté de  votre palais et votre trône inégalé. Si nous lui promettons de bons présents il ne résistera plus, surtout que vivant avec les animaux il n'a pas eu l'occasion d'apprécier le bonheur des belles choses.

En revenant à l'heure convenue, l'aigle trouva la grande place du palais scintillante de  pierres précieuses gardées  par de très belles esclaves blanches , presque nues.

 

Lorsqu'il  déposa les présents devant son roi  ce dernier  comprit les desseins de la reine , alors il ordonna à son armée de se mettre en route.

Les plus forts des  animaux, commeles  éléphants   les  lions, et les guépards, partirent en premier , suivis des loups,renards et hyennes , puis les hommes, alors que les oiseaux de toutes leurs formes et apparances investirent tout le ciel  jusqu'à assombrir la cité.
A quelques  kilomètres du palais, le Roi  arrêta son armée et établit son campement  pour la nuit, dans l'attente de l'aube prévu pour l'attaque.

Il réunit à nouveau son conseil de guerre dans la prespective d'arrêter les derniers détails de l'opération  lorsque son principal conseiller le  hibou lui recommanda de patienter un peu et lui proposa une nouvelle et dernière tentative.Pour ce , il  rédigea une nouvelle lettre où il invitait la reine à venir discuter de vive voix avec le roi, et  suggéra aux  "Gines" de préparer une réplique du très beau palais de Belkiss:

" Comme cela votre majesté, la Reine comprendra que ce n'est pas son palais ni ses richesses qui vous intéressent mais bel et bien la parole de Dieu, et elle ne saura plus résister. Cela nous évitera du sang inutile.

 Alors que les présents retrouvèrent la grande place, comme par enchantement et  à la surprise générale, l'aigle traverse à nouveau les défenses ennemis et transmis à la reine,qui avait entretempsd changé de refuge, la nouvelle lettre de Salomon .

 

Belkiss réunit à nouveau ses conseillés pour analyser  les rapports de ses espions et comprit que toute résistance était inutile, alors elle décida d'accompagner , seule , l'envoyé du Roi.

Elle fut ébahie lorsqu'elle entra à la réplique de son palais , qu'elle croyait unique au monde et le fut encore plus lorsqu'elle vit un trône identique au sien. Le Roi l'invita à s'y asseoir.

Belkiss , qui devait traverser la grande place scintillante  leva ses habits jusqu'à découvrir ses belles jambes,  mais se rendit vite compte que ce qu'elle avait pris pour un petit bassin d'eau , n'était en fait qu'un sol luisant d'émeraudes.

Elle baissa les yeux et comprit que quelle que soit la  force et la puissance de l'être,  , il y avait  toujours un plus fort que soit.

 Le Roi  ne put que remercier Dieu pour tous les pouvoirs qu'il lui avait  donné et expliqua à sa hôte que c'était grâce à Dieu qu'il a pu commander tant les hommes, que les animaux et les "Djinns".

La Reine  reconnut son erreur et accepta de rétablir la religion initiale de ses parents. Elle accepta aussi la demande du Roi et devint sa femme.

Ils régnèrent longtemps sur une population qui retrouva en sa croyance la force de sa prospérité .

Fin

22/08/2012

Auteur: Keltouma (10:02 am)

 précédée par  Le lion l'armée  de Salomon  arriva aux frontières de  la cité et cette manoeuvre entraina un mouvement de panique.

Belkisse réunit à son tour son état major..

Les nouvelles étaient de plus en plus mauvaises puisque aussi puyissante qu'elle était, son armée n'avait jamais eu affaire à un ennemi aussi peu ordinaire!
Des milliers d'animaux géants qui en quelques heures encerclèrent la cité, et  en envahirent le ciel.

Malgré cela , le commandant en chef voulait se montrer confiant et apaiser la peur qui couvait en ses paires:

"Toute  notre armée est  sur le qui vive prête à défendre âprement la  cité et son impératrice.

"Je sais et j'apprécie beaucoup le courage de nos vétérans, mais là il s'agit d'une guerre inégale. Je ne vais pas envoyer tous mes hommes au massacre.

"Majesté mourir pour vous est un honneur, et Dieu soleil nous viendra sûrement en renfort, il n' y a qu'à prier et ils les fera brûler par ses feux

Le chef religieux intervint à son tour.

" Votre courage est louable à plus d'un titre, mais là il s'agit d'un Roi qui n'a rien à voir avec les autres. Son autorité s'étend sur les humains , les animaux et même sur les "gines" et vous n'êtes pas sans oublier que de tels chefs brûlent tout sur leur passage

"que nous conseillez vous alors

"Ne rien entreprendre et attendre leur intervention. Ces gens là n'attaquent jamais sans lancer d'ultimatum.

de l'autre coté, les  gines faisaient déja leur  compte rendu détaillé de la réunion au Roi et l'aigle proposa alors d'aller lui même porter l'ultimatum à la Reine et de se charger de rapporter sa réponse. Le Hibou rédigea une bien belle lettre où il est dit en substance: "De la part du Roi des rois à tous ses sujets sur la terre.

Je suis venu avec mon armée vous demander de retrouver la religion de vos ancêtres et de prier Dieu seul. Je n'ai nullement l'intention de vous prendre vos biens. Ce que je possède est plus qu'il n'en faut. Je suis capable de vous châtier tous en un clin d'œil, mais ma religion m'a appris l'indulgence. Je peux tout accepter sauf la non croyance en un Dieu unique. Alors je vous demanderait en toute humilité de venir paisiblement manifester votre rédemption, et tous vos bien vous seront laissés.

L'aigle échappa aux flèches des soldats et parvint jusqu'aux sous sols où s'était réfugiée la reine. Celle ci cria de toutes ses forces lorsqu'elle sentit le poids de l'aigle sur son oreiller.

"N'ayez pas peur majesté, je suis un envoyé spécial et j'ai un ultimatum à vous remettre personnellement

"Ainsi vous parlez notre langue

"Nous parlons par la grâce de Dieu toutes les langues des humains, ainsi que ceux des animaux et de tous les êtres qui vivent sur cette planète

" Que nous veux votre Roi, nous n'avons pas d'ennemis, et nous ne faisons de mal à personne

"Les ennemis vous n'en aviez pas, mais vous vous en avez créer vous même en changeant la religion de vos ancêtres. Le mal que vous faites à vos sujets en les obligeant à prier le soleil plutôt que Dieu est encore pire que tous les châtiments physiques que vous pouvez leur infliger. Lisez la lettre de mon Roi, et répondez à l'ultimatum de mon Roi  dans une heure.

17/08/2012

Auteur: Keltouma (4:39 pm)

Avant de continuer leur chemin ils se concertèrent, et certains d'entre eux conseillèrent de retourner et de combattre la reine Belkiss alors que d'autres suggérèrent de fuir au loin la sévérité de cette impératrice.

 D'un coup d'aile,l'aigle fit un tour sur le haut palais de la reine et s'en alla informer son Roi qui s'inquiétait justement de son retard.

 Lorsqu'il lui rendit compte de ce qu'il avait vu, le Roi qui commandait aussi bien les hommes que tous les animaux de la nature et se croyait de ce fait le plus riche de la planète   n'en croyait pas ses oreilles. Il n'avait jamais entendu parler d'un palais pareil ni d'un aussi gigantesque trône. Intrigué il décida de s'en accaparer et demanda à ses soldats :

" Lequel d'entre vous pourrait me  procurer ce trône et le plus vite possible. Le chef des soldats  humains proposa  de le lui ramener en une semaine. Celui des "Gines" ne demanda  pas plus qu'une heure.

 l'aigle qui était le bras droit du Roi proposa confiant:

" Je peux vous le ramener avant que votre majesté ne referme sa paupière, il suffit de me l'ordonner.

Le roi n'eut même pas le temps de terminer son ordre que le trône était déjà entre ses mains.

Il  ne put que remercier Dieu pour lui avoir offert tout ce pouvoir de commander, humains animaux et "Gines".

Le roi réunit son état major pour décider de la stratégie à suivre .

Le commandant en chef des hommes était le premier à prendre la parole:

" Je propose d'encercler leur cité des quatre coins, les  éléphants  tireront nos catapultes et les aigles nous nous indiqueront les repères . Avant trois jours la cité sera entièrement incendiée, et personne de ces hérétiques n'en sortira vivant.

" Mais j'ai entendu dire qu'il y avait aussi des croyants, et il faut les épargner.

Le lion intervint de demanda la parole:

"Je propose qu'au lieu de les tuer, il vaut mieux leur faire peur. Mes soldats encercleront la cité, et les aigles pourront alors les inciter à revenir à la religion de leurs ancêtres. Comme cela ceux qui acceptent seront épargnés , et ceux qui résistent vous déciderez de leur sort.

Le plus gradé des "gines" appuya cette démarche:

" Oui mes soldats pourront vous dire majesté qui des gens sont réellement croyants de ceux qui ne le feront que par peur.

La proposition fut adoptée à l'unanimité des voix.

16/08/2012

Auteur: Keltouma (2:32 pm)

Quelques part au Yémen vivait une très belle et très intelligente reine appelée "Belkiss". L'éducation privilégiée de son père l'aida à faire du Royaume de "Saba"  l'un des plus prospères de la planète . Les sciences les plus développés étaient au service de l'agriculture, et les produits fabriqués étaient très demandés sur les marchés extérieurs. De plus la force de persuasion de son armée laissait son royaume toujours en paix et l'aidait à s'épanouir.

Elle décida un jour de construire le plus beau palais de la planète, et fait apporter pour cela 500 poutres en  marbre  d'une hauteur  de vingt mètre chacune pour les ériger sur un grand terrain   aux environs  de "Sanaa".

Le palais fut construit sur ces poutres recouvertes de grandes plaques en marbre et les mures étaient tout auréolés de pierres précieuses.
 Sur chacun des quatre coins du palais fut érigé une coupole dorée  et sur la porte principale une plus grande coupole sur laquelle flottait le drapeau.

Sur la partie extérieure du palais, plusieurs habitations  furent construites pour les proches de la reine et ses conseillers en fonction de leurs grades.

Le trône dépassait de beauté toute cette architecture, et de hauteur tous ceux qui existaient à son époque. il était tout en or, auréolé de pierres rouges et diamants rarissime.

Forte de sa puissance infinie, Belkiss ne voulut plus prier un Dieu qu'elle ne voyait pas.
Malgré les conseils de ses proches collaborateurs elle décida de changer la religion de son empire et de prier désormais le soleil, seul astre fort et puissant visible à l'œil nu et  ordonna de punir quiconque ne suivrait plus la nouvelle religion.

Ce  fait a entraîné la discorde au sein de sa population surtout ceux qui  ne voulaient pas quitter la religion de leurs parents. Un nombre impressionnant de ses conseils ne la suivirent qu'obligés, car ils pensaient que la vie sur terre n'était qu'éphémère et ils craignaient le châtiment de Dieu .

Alors des jeunes décidèrent de quitter le royaume à la recherche d'une autre cité capable de leur préserver la liberté de culte.

Après des milliers de miles, ils s'endormirent fatigués sur les hauteurs d'une montagne. Au petit matin, ils se levèrent et entamèrent leur prière sous l'œil curieux de l'aigle gardien des hauteurs de cette montagne.

Avant de continuer leur chemin ils se concertèrent , et certains d'entre eux conseillèrent de retourner et de combattre la reine Belkiss alors que d'autres suggérèrent de fuir au loin la sévérité de cette impératrice.

08/08/2012

Auteur: Keltouma (12:58 pm)

La grande horloge sonne ses vingt quatre coups.

L'homme regarde sa petite montre, enlève ses lunettes et s'étire. Il éteint son ordinateur et se lève.

Il brasse un regard autour de lui, et contemple avec nostalgie les centaines d'ouvrages qui ornent sa bibliothèque.

Il en choisit un au hasard, le dépoussière un peu et le remet en place. Il ne prend même pas la peine d'en lire le titre.

Il s'approche du vieux bureau en bois massif, caresse le fauteuil- chaise en cuir et s'y assoit.

D'un geste mécanique il prend la belle plume noire , y passe son pousse jusqu'à la sa pointe, et la remet dans son encrier vide, à coté du grand buvard vert .

Il réajuste l'ensemble à droite puis à gauche et finit par les pousser un peu plus vers le coin du coté de la porte.

Il reste là à bailler longuement avant de se relever.

Il éteint la lumière et sort en fermant, cette bibliothèque qui sert aussi de bureau, et qui avait beaucoup perdu de sa quiétude depuis que le maître de maison a décidé d'y installer un ordinateur.

Cela fait presque six mois que cette boite à merveille dérange tous les occupants de cette grande pièce qui retrouve enfin son calme .

La pauvre porte, jadis bien chaude dans son cuire risque une bronchite, tellement elle s'ouvre et se referme à longueur de journée.

Elle, qui avait le privilège de servir exclusivement le maître de maison, se trouve depuis lors agressée par tous les poignés de main.

 Elle en souffre et ne cesse de grincer pour marquer son indignation.

 Il faut dire aussi qu'elle n'a plus l'âge pour se donner à ses exercices.

 Elle avait toujours veillé sur les livres de cette petite bibliothèque qu’elle  gardait si jalousement que la poussière même n'avait pas droit d'entrée et qui peuvent enfin retrouver leur tranquillité, et peut être aussi dormir.

Leur vie fut  complètement bouleversée depuis que le maître de maison a introduit cette boite à son qu'on appelle l’ordinateur.

L’encrier, presque inerte est lui aussi  là, dans un petit coin sombre, vidé de cette encre qui lui avait pourtant donné son nom, et sa couleur.

Il est plutôt grisâtre, signe de vieillesse,

C'est l'âge !

Il regarde nostalgique la plume  qui n'a rien perdu de sa beauté. Aucune ride, malgré ses cent ans.

Sa ligne de conduite reste irréprochable !

 Cela fait un siècle qu'elle veille sur la ligne de sa feuille,  de son corps, et même de sa conduite et l'encrier en est le plus grand témoin.

Aucun gros mot, que de la belle parole!

Le calme qui imprègne cette grande pièce les a toujours impressionnés.

Les gens y parlaient si doucement que l'on se croirait dans un lieu de culte.

C'est peut être vrai d'ailleurs.

Elle contient tellement d'ouvrages qu'on dirait un conseil de sages.

La plume se rappelle parfaitement de tous ces grands de la sagesse pour avoir transcrit leurs noms au moins des centaines de fois.

Elle se remémore encore le contenu de leurs pensées et  n'hésitait pas à s'envoler aux fins fonds de la connaissance, et y puiser la sagesse.

Avec eux elle avait apprit la bonne parole.

Elle sait toujours que c'est le mot qui véhicule la pensée, et qu’il est aussi sacré que vulnérable.

C'est pour cela, qu'elle s'était juré, de ne transcrire que les mots justes.

Elle rechignait à reproduire la mauvaise parole, et parfois lorsqu'on la forçait, elle marquait son amertume par le jet d'encre.

Elle préférait accoucher ailleurs plutôt que salir la belle fresque par un gros mot.

D'ailleurs tous ceux qui l'avaient côtoyé évitaient toutes les grossièretés en mettant le "gros mot" entre guillemets car ils savaient que jamais elle ne le leur pardonnerait.

Oui c'était la belle époque.

Mais cela fait très longtemps qu'elle n'a plus caressé le bon papier ni même senti la belle odeur de l’encre.

Autant dire qu'avec son ami de toujours, ils sont en retraite, forcée !

En fait, ils n'ont jamais aimé l'oisiveté.

Ils avaient  influencé   l'histoire en créant l’espoir,

En ravivant les ardeurs et  apaisant les douleurs

Ils vouaient une confiance en la justice divine.

Défendaient le "bien", alors que le "mal" domine.

Ils croyaient toujours à la beauté absolue.

Pour eux , le mot n'est pas une simple suite de syllabes.

C'est surtout une belle image

Une fresque le long de la page,

Pourtant l'homme reste l'homme !

Il n'est pas clément, et à la première occasion il les a peu à peu poussées vers l'extrémité de ce grand bureau alors qu'ils en avaient longtemps occupé le centre.

Autant dire qu'ils s'approchent chaque jour un peu plus de la porte de l'oubli !

L’encrier n'ose même plus regarder vers sa compagne, pensive, stérile et  plus calme que la mort.

Il est sûr que l'homme n'a plus besoin de leurs services.

Cette boite carré qui émet des sons leur a prit toute la place.

Oui on ne peut pas arrêter le progrès.

Cette chose contient en son sein plus d'ouvrages que ceux de cette grande pièce.

C'est peut être pour cela que les livres ont été eux aussi mis en quarantaine.

Plus personne ne les consulte.

 Il semblerait même, qu'ils ne sont plus d'actualité.

Oui ces ouvrages qui ont toujours résisté aux temps, mais qui donnent les signes du vieillissement..

Leurs formes et leurs couvertures les rendent "snob" gênants même!

Leurs vues ne sont plus aussi perspicaces.

Ils ne peuvent plus voir aussi loin.

Enfin pas assez pour ceux qui ont hâte de connaître le future.

Ils semblent aussi manquer de souffle, et ne peuvent pas suivre le même rythme.

La course folle à l'information les a largués loin derrière.

En fait se sont les gens qui sont impatients, et encore plus fainéants!

Ils ne peuvent plus prendre la peine de feuilleter.

 Paraît-il c'est fatigant et c'est même démodé.

Il suffit de "cliquer".

Oui, une touche et le texte accoure comme un chien bien rôdé, prêt à être remodelé.

C'est dommage!

Le texte a perdu toute humilité.

Il n'exige plus que l'on respecte son intégrité.

Il ne demande plus qu'on sauvegarde sa célérité!

Même la phrase a perdu sa dignité.

Elle se présente d'elle-même maquillée de mille façons pour plaire.

Elle se solde pour ne pas dire qu'elle se "prostitue».

C'est écœurant !

Même le mot a perdu sa vanité.

Il n'attend plus qu'on peine pour le choisir et le supplier de peindre la pensée et  n'est même plus aussi beau qu'avant.

Ses caractères sont uniformes comme sortant d'une usine.

C'est lamentable.

Toutes les langues se mêlent dans une proximité inquiétante. Aucune d'elles n'a su garder sa souveraineté et sa virginité.

C'est honteux.

L'encrier est de plus en plus nerveux, il ne se contrôle plus et rouspète tout le temps:

" Je ne supporte plus le son de cette boite, je vais finir par faire une crise

" Moi ce sont surtout les images obscènes qui me mettent hors de moi

Malheureux, il compatit ; mais il n'a plus de larmes et devient  muet depuis qu'il ne peut plus s'exprimer!

Pourtant, il sent qu'il est aussi jeune et viril qu'avant et qu'avec la plume, il  peut encore ressentir un réel plaisir et  qu'ensembles, ils peuvent créer la vie , reproduire de belles fresques, et enfanter de belles sagesses.

Malheureusement rien n'est éternel.

La plume sait tout cela, mais n'ose pas en parler.

Elle a toujours était discrète et ce n'est pas aujourd'hui qu'elle changera.

 Elle n'osera jamais dévoiler ce qu'elle voit devant elle.

Elle n'osera jamais décrire ce qui est advenu des mœurs ou ce  que cette boite fait paraître comme horreurs.

Déjà qu'elle refusait d'écrire les gros mots alors décrire ces horreurs , serait le pire des supplices.

Elle préfère ne pas commenter et rejoindre le mutisme de son compagnon de toujours !

A ce rythme, tant les livres, la plume que l'encrier deviendront de trop.

Déjà ils sont encombrants et  risquent de devenir bientôt des "SDF",

La pièce, jadis maîtresse, qui les a toujours si tendrement parrainé est aujourd'hui en option, et bientôt, elle n'aura plus place dans l'architecture.

L'homme porte toute sa bibliothèque dans la petite boite à merveilles;

Les livres fatigués, acceptent leur destin.

L'encrier lui aussi semble résigné.

Il ne bouge plus et ne réclame plus rien.

Il sait que si on l'arrose d'une seule goûte d'encre, les flammes de la plume, se raviveraient et elle demanderait encore à caresser le papier.

Elle irait combattre la mauvaise parole, rendre au mot sa beauté, à la phrase sa dignité, au texte son intégrité et à la langue sa virginité.

Il sait qu'elle n’a pour épée que le mot, et pour bouclier que les valeurs, et qu'elle est encore capable de raviver la sagesse !

Il sait qu'elle peut faire ralentir l'horloge et laisser aux gens le temps de vivre et d'aimer la lecture.

Il sait tout cela, mais il a peur pour elle.

Il ne veut pas la lancer dans un combat perdu au risque d'être choquée.

Il préfère qu'elle garde l'espoir qui la laisse en vie, et qui la fait toujours rêver.  

Oui, l'espoir !

Elle est la seule à croire encore à ce remède miracle.

 

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