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22/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (12:29 am)

La Russie ne se laisse plus faire, par Israël Adam Shamir

L’ordre mondial qui régnait depuis 1991 est en train de s’écrouler en ce moment sous nos yeux. La décision du président Poutine de se dispenser du pèlerinage à Auschwitz, juste après son absence remarquée au festival Charlie à Paris, c’est le point de non-retour. C’était très drôle de troller la Russie, tant qu’elle se laissait faire. Mais c’est fini, la Russie a déchiré la règle du jeu.Jusqu’à maintenant, la Russie, comme un rustre à Eton, s’efforçait de faire comme les autres pays. Elle accourait aux raouts des grands, comme à un dîner de cons, payait ses dettes aux entités européennes qui lui crachaient dessus, endurait patiemment les incessantes rodomontades des grands pouvoirs et le harcèlement irritant des petits bras de l’Europe de l’est. Et puis quelque chose a lâché.

Le bougre ne cherche plus à se faire accepter ; il a repris ses billes et il est rentré chez lui, juste au moment où ils avaient besoin qu’il aille plier le genou à Auschwitz.Chaque année, les dirigeants occidentaux vont à Auschwitz comme à Canossa pleurer en chœur sur leur échec historique à protéger les juifs, et jurent obéissance éternelle aux juifs.

C’est l’un des rites religieux les plus importants de notre époque, l’Anneau unique auquel ils doivent se soumettre, un rite instauré en 2001, lorsque l’empire judéo-américain avait atteint le point culminant de son pouvoir.
Le dirigeant russe y avait dûment assisté jusqu’ici. Cette année, ils vont devoir se passer de lui. Les ministres israéliens ont déjà fait connaître leur profonde déception car c’est l’Armée Rouge qui avait sauvé les juifs à Auschwitz, après tout.
L’absence de la Russie va faire du H’Day mémoriel une kermesse paroissiale, réservée aux Occidentaux. Pire encore, la place de la Russie sera prise par l’Ukraine, gouvernée par les héritiers nullement repentis de Bandera, la créature d’Hitler.Cela survient après la manif pour Charlie, également boudée par la Russie. L’Occident avait laissé entendre que les péchés de la Russie lui seraient pardonnés, jusqu’à un certain point, si elle rejoignait, d’abord la manif, puis la coalition anti-terroriste programmée, mais la Russie n’a pas mordu à l’appât. C’était un changement d’humeur voyant, car jusque-là, les dirigeants russes se précipitaient pour participer aux célébrations unitaires et votaient les résolutions sponsorisées par l’Occident.

Poutine avait pleinement soutenu la guerre de Bush contre le terrorisme à l’ONU, en paroles et sur le terrain.
Pas plus tard qu’en 2011, la Russie avait encore embrayé, pour les sanctions contre la Corée du nord et contre l’Iran. Et, pour les convocations aux manifs, on pouvait toujours compter sur la Russie.

Cette fois ci, les Russes ne sont pas venus, le ministre des Affaires étrangères Lavrov a tout juste fait acte de présence. Cet indomptable successeur de Mr.Niet a quitté les lieux presque aussitôt et s’en est allé prier à l’église russe, dans une sorte de contre-manifestation, contre Charlie. En allant à l’église, il proclamait qu’il n’est pas Charlie.En effet, Charlie Hebdo était explicitement antichrétien (et le reste probablement), tout autant qu’antimusulman. On trouve dans ses pages certains dessins parfaitement odieux contre la Sainte Vierge et pour le Christ, pour le pape et pour l’Eglise (bizarre, ils n’offensent jamais les juifs).

Un bloggueur russe qui découvrait l’existence de ce périodique a écrit sur son site : « j’ai honte que ces bâtards se soient fait descendre par des musulmans et pas par des chrétiens » C’était le sentiment général à Moscou, ces jours-ci. Les Russes ne pouvaient pas croire que ce torchon ordurier ait pu paraître et être défendu comme exemple de liberté d’expression. Et une manifestation contre Charlie a été envisagée, mais le maire de Moscou l’a interdite.

Rappelez-vous, il y a quelques années, les Pussy Riot avaient profané l’église Saint-Sauveur à Moscou comme les Femen l’ont fait dans plusieurs grandes cathédrales européennes, de Notre-Dame de Paris à Strasbourg. Le gouvernement russe n’a pas attendu que la justice populaire s’abatte sur les viragos, mais les a expédiées en prison pour deux ans. Au même moment la législation pénale a été modifiée pour inclure le sacrilège parmi les délits ordinaires, avec l’assentiment général. Les Russes tiennent à leur foi bien plus fermement que ne le voudraient les dirigeants de l’UE.

Dans la France de Charlie, le régime de Hollande a contraint le peuple rétif à accepter la loi sur le mariage gay, malgré des manifestations monstres de catholiques. Les Femen souillant les églises n’ont jamais été punies, mais un bedeau qui avait essayé de les en empêcher a été lourdement pénalisé.

La France a une longue tradition anti-chrétienne, généralement décrite en termes de laïcité, et sa grande coalition contre l’Eglise, d’athées, de huguenots et de juifs s’est constituée à l’époque de l’Affaire Dreyfus. C’est pourquoi l’escapade de Lavrov à l’église a bel et bien constitué une contre-manifestation, qui proclamait :

la Russie est avec le Christ, et la Russie n’est pas contre les musulmans.

Tandis que le régime occidental actuel est anti-chrétien et antimusulman, il est pro-juif à un degré qui défie toute explication rationnelle. La France a envoyé des milliers de soldats et de policiers pour défendre les institutions juives, alors que cette dévotion dresse ses voisins contre elle.

Tandis que Charlie est encensé parce qu’il insulte chrétiens et musulmans, Dieudonné a été mis en garde à vue (juste une journée, mais en fanfare) parce qu’il dérange les juifs. Ce deux-poids deux-mesures aggrave les choses ; dans les tribunaux, on se gausse des musulmans quand ils portaient plainte contre les dessins les plus vils de Charlie, mais les juifs gagnent presque toujours quand ils portent plainte contre ceux qui les dénigrent. J’ajoute que moi aussi, j’ai été poursuivi par la LICRA, l’organe de répression juif, tandis que mon éditeur se voyait dépouillé par leurs attaques en justice.

Les Russes ne comprennent pas l’infatuation occidentale autour des juifs, parce que les juifs russes ont été assimilés et bien intégrés à la collectivité.

La rengaine de l’Holocauste n’est nullement populaire en Russie pour une bonne raison : tellement de Russes de toute origine ethnique ont perdu la vie dans la guerre, qu’il n’y a aucune raison de traiter les juifs comme des êtres à part, des victimes suprêmes.

Ils sont des millions, ceux qui sont tombés au siège de Leningrad, le Belarus a perdu un quart de sa population. Et surtout, les Russes n’éprouvent aucune culpabilité envers les juifs : ils les ont traités honnêtement, et les ont sauvés des nazis. Pour eux l’Holocaust Story est un produit occidental, aussi étranger que le refrain « Je suis Charlie ». Et ils ne voient aucune raison de cultiver la chose, alors que la Russie prend ses distances du consensus occidental.

Ce qui ne signifie pas que les juifs soient discriminés en Russie. Les juifs de Russie s’en sortent très bien, merci pour eux, et sans avoir besoin de la religion de l’Holocauste : ils occupent les plus hautes positions sur l’échelle de Forbes, dans les listes des riches de Russie, avec un capital collectif de 122 milliards de dollars, tandis que les Russes ethniques riches arrivent à 165 milliards, selon cette même source de propriété juive.

Les juifs gèrent les shows médiatiques les plus acclamés aux heures de grande audience sur la télévision d’État ; ils publient des journaux, et ils ont un accès total et sans limite à Poutine et à ses ministres ; en général les portes s’ouvrent devant eux dès qu’ils réclament un lopin de terre pour leurs projets communautaires. Et la propagande antisémite est punie par la loi, comme la discrimination antichrétienne ou antimusulmane, encore plus sévèrement, d’ailleurs. Mais il demeure impossible d’imaginer un journaliste russe mis à la porte comme Jim Clancy, le pilier de CNN, ou encore Tim Willcox, de la BBC, pour avoir choqué un juif ou dit du mal d’Israël.

La Russie préserve son pluralisme, sa diversité et sa liberté d’opinion. Les médias russes pro-occidentaux, tel Novaya Gazeta de l’oligarche Lebedev, propriétaire du quotidien britannique The Independent, fait sien le slogan « Je suis Charlie » et disserte sur l’Holocauste, tout en exigeant que la Crimée soit rendue à l’Ukraine.

Mais la vaste majorité des Russes soutient son président, et son choix de civilisation. Celui-ci l’a fait connaître en allant à la messe de minuit dans une petite église de village dans une province reculée, pour être au milieu des orphelins et réfugiés d’Ukraine. Et il l’a fait connaître, son choix de civilisation, en refusant d’aller à Auschwitz.

La Russie n’est pas sortie des rails facilement ni volontairement. Poutine a essayé d’attirer l’Occident dans sa logique sur plusieurs terrains : les JO, la confrontation en Syrie, la politique du gender, la frontière géorgienne, et même les sanctions liées à la Crimée. La guerre économique ouverte a été la nouvelle donne. La Russie s’est sentie attaquée par la chute des prix du pétrole, les convulsions du rouble, la dégradation du crédit. Tous ces détraquements sont considérés comme une ouverture des hostilités, bien plus que comme le résultat de la « main cachée du marché ».

Les Russes adorent les théories complotistes, comme le faisait remarquer James Bond. Ils ne croient pas au hasard, aux coïncidences ou aux accidents naturels, et sont portés à considérer que toute chute d’une météorite ou tremblement de terre sont le résultat de manigances américaines, à plus forte raison s’agissant de la chute d’une chute du taux de change entre le rouble et le dollar. Ils pourraient bien avoir raison d’ailleurs, même s’il n’est pas facile de le prouver.

Au sujet de la chute du prix du pétrole, tout est possible. Les uns disent que cette action des Saoudiens vise les firmes américaines du gaz de schiste, ou bien, version alternative, que c’est un complot américano-saoudien contre la Russie.

Cependant, le prix du pétrole ne dépend pas du rapport entre l’offre et la demande, mais d’instruments financiers, des contrats à terme et des produits dérivés. Ce terrain virtuel de rencontre de l’offre et de la demande est bien plus vaste que l’autre. Quand les fonds d’investissement spéculatifs ont cessé d’acheter du pétrole futur, la retombée des prix est devenue inévitable, mais les fonds étaient-ils pilotés par les politiciens, ou bien ont-ils agi de la sorte parce que l’offre quantitative disparaissait ?

La chute brutale du rouble pourrait être liée à la baisse des prix du pétrole, mais pas nécessairement.Le rouble n’intervient pas dans la formation du prix du pétrole. Il pourrait s’agir de l’action d’une très grosse institution financière. Soros a cassé la livre anglaise en 1991 ; les Coréens ont gagné, le bath thai et le ringgit malaisien ont subi la même dégringolade en 1998. Dans chaque cas, le pays attaqué a perdu environ 40% de son PIB. Il est possible que la Russie ait été attaquée par des armes financières maniées depuis New York.

Les sanctions européennes punitives ont interdit l’accès au crédit à long terme bon marché aux firmes russes. L’État russe n’a pas besoin d’emprunter, mais les firmes russes si. La combinaison de ces facteurs a fait les poches aux Russes. C’est pour des raisons politiques que les agences de notation ont continué à dégrader le rang de la Russie au plus bas niveau à ce qu’on m’a dit.

En se retrouvant privées de crédit, les firmes d’État ont commencé à stocker des dollars afin de payer leurs dettes plus tard, puisqu’elles se trouvaient entravées pour convertir leurs énormes profits en roubles, comme elles le faisaient jusqu’à présent. Le rouble a chuté de façon drastique, probablement bien plus qu’il n’aurait dû le faire.

Ce ne sont pas là des sanctions en piqûre d’épingle contre les amis de Poutine. C’est une guerre ouvertement déclarée. Si ceux qui l’ont lancée espéraient que les Russes en deviendraient enragés contre Poutine, ils ont mal calculé leur coup.

Le public russe est furieux contre les organisateurs américains de la guerre économique, mais non contre leur propre gouvernement. L’opposition pro-occidentale a tenté d’organiser des manifestations contre Poutine, mais très peu de gens ont accouru.

Les Russes ordinaires continent à prendre la chose froidement. Ils n’avaient pas souffert des sanctions jusqu’à ce que le rouble dégringole, et même à ce moment c’est plutôt la folie des achats qui les a saisis, plutôt que la hargne contestataire. Face à leur monnaie s’amenuisant comme peau de chagrin, ils n’ont pas acheté du sel et du sucre, comme leurs grands-parents en papreille circonstances.

Leur cri de guerre contre l’accaparement c’était : « ne prenez pas plus deux voitures Lexus par foyer, laissez-en pour les autres ! »

Peut-être que les financiers invisibles sont allés trop loin. Au lieu de se sentir intimidés, les Russes se préparent pour une vraie guerre longue, comme leurs aïeux en ont livré, et gagné. C’est qu’ils n’ont pas le choix : les US insistent pour dire que la Russie devrait se joindre à leur « guerre contre le terrorisme », mais n’envisagent même pas de renoncer aux sanctions.

Les Russes ne savent pas comment réagir à une attaque financière. Sans prendre des mesures restrictives sur les mouvements de capitaux, la Russie ne s’en sortira pas. La Banque centrale et les agents du Trésor sont des monétaristes stricts ; pour eux, mettre des entraves au capital est un anathème. Comme Poutine est lui-même un libéral, apparemment il leur fait confiance ; mais la fuite des capitaux a pris des proportions énormes.

Tant que la Russie ne mettra pas en pratique les mesures essayées par Mohammad Mahathir de Malaisie avec succès, cela continuera. Pour l’instant, nous ne voyons pas de signe annonciateur de changement.

Cela pourrait pousser Poutine à avancer ses pions en Ukraine. Si les Russes ne savent pas comment gérer les contrats à terme et les produits dérivés, ils sont experts en matière de mouvements de blindés et en batailles de tanks. Kiev aussi veut la bagarre, apparemment encouragée par les néo-cons américains. Il se peut que les US y gagnent tout autre chose que ce qu’ils négociaient en Ukraine.

On peut être certain que les Russes ne soutiendront pas la croisade de l’OTAN au Moyen Orient, parce que cette action militaire a été préparée lors de la manif pour Charlie à Paris.

On est loin d’y voir clair dans la tuerie des caricaturistes de Charlie, mais tant Paris que Washington tentent de s’en servir pour rallumer la guerre au Moyen Orient.

Cette fois-ci, la Russie sera dans l’opposition, et utilisera probablement l’occasion pour sortir de l’impasse ukrainienne inconfortable. Tout cela pour dire que le camp de la paix au Moyen Orient tient une bonne raison de soutenir la Russie.

Traduction : Maria Poumier

19/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (1:35 am)

TCHETCHENIE - #Chrétiens célébrant l'office - #Musulmanes le vendredi de prière

TCHETCHENIE - #Chrétiens célébrant l'office - #Musulmanes le vendredi de prière

#TCHETCHENIE - #Chrétiens célébrant l'office - #Musulmanes le vendredi de prière #Kadyrov #Russie #Poutine pic.twitter.com/ZyKJK61ktE


19/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (1:26 am)

Le Rafale écrasé par l’ombre du Mistral

17/01/2015 – Bloc-Notes

Cela fait plusieurs semaines que la question du bouclage du contrat Rafale en Inde (126 exemplaires, pour autour de $20 milliards) est devenu entièrement politique et de communication.

L’apparition du phénomène se situe autour du mois de novembre 2014, lorsqu’il est apparu que la livraison du premier porte-hélicoptères français classe Mistral à la Russie entrait officiellement dans les eaux de l’incertitude, en connexion évidente et directe avec la situation en Ukraine à la lumière (du point de vue français) de la narrative du bloc BAO.

Depuis ont commencé à fleurir des échos, des suggestions, des “informations” concernant la possibilité d’un changement de choix, l’Inde allant plutôt vers un avion de combat russe à la place du Rafale. Les conditions se sont précisées :

il s’agit du Soukhoi Su-30MKI. Un événement vient nous confirmer que nous sommes passés à une phase active : la visite du ministre de la défense russe Choïgou en Inde, pour rencontrer son homologue Manohar Parrikar, le 21 janvier.

Nous changeons de registre … De la communication pure, avec l’idée souvent rencontrée que les Indiens accréditaient en sous-main la possibilité d’un changement de choix vers les Russes pour faire pression sur les Français et obtenir de meilleures conditions, on passe à l’opérationnalisation du problème.

La visite du ministre russe en Inde signale que les Russes, eux, ont pris très au sérieux l’opportunité qui s’offre à eux. Ils entendent la forcer et font savoir qu’ils considèrent qu’il y a désormais de sérieuses chances (comme on voit ci-dessous, ils disent que c’est du “50-50”) que le Su-30MKI remplace le Rafale.

Un texte de La Voix de la Russie, du 16 janvier 2015, assez détaillé, présente la question. Il est évident que ce texte est assez logiquement orienté, qu’il présente les arguments russes sous un jour très flatteur et peut-être un peu outré, avec éventuellement quelques “aménagements” de ces arguments, sinon des faits eux-mêmes. Il faut donc le prendre autant comme un texte d’“intérêt national” russe où l’on ne s’embarrasse pas trop de la véracité des faits, des précisions techniques, des affirmations des avantages financiers, etc. ; un texte fait pour “vendre” le Su-30 et pour flinguer le Rafale sans trop de souci d’une pseudo-objectivité … Il reste que ce texte marque bien une étape supplémentaire vers le risque d’une catastrophe majeure, non seulement pour le Rafale et Dassault, mais pour toute l’industrie de l’armement française, – ou, disons, ce qu’il reste de français venu de l’industrie d’armement indépendante et souveraine mise en place par la France entre 1945 e 1969…

Quoi qu’il en soit, le texte mérite citation, avec toutes les réserves qu’on a dites, et sans qu’il soit nécessaire de s’attarder à une enquête pour déterminer ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, – dès lors qu’il y a le fait majeur de la visite du ministre russe en Inde et qu’il y a, comme une ombre absolument écrasante au-dessus de cette affaire, la polémique du Mistral.

Cette affaire est évidemment l’élément déterminant puisqu’elle mine insidieusement le principal atout de l’industrie d’armement française à l’exportation, – l’indépendance vis-à-vis de toute pression intérieure, la garantie de non-ingérence du domaine politique partisan dans les échanges réalisés, et de non-ingérence dans l’indépendance nationale de l’acheteur de la part du vendeur, avec transfert de technologies, etc…

«Le ministre de la Défense d’Inde Manohar Parrikar n’exclut pas une telle perspective. Le 21 janvier prochain le ministre de la Défense de Russie Sergueï Choïgou se rend en visite en Inde où il évoquera avec son homologue indien l’augmentation des livraisons à New Delhi d’avions de combat russes.

»En 2012 le constructeur français Dassault a remporté un appel d’offres pour la fourniture de 126 avions de chasse à l’Inde. Le Rafale est unique du fait qu’il remplace dans les forces armées françaises sept types d’avions de combat à savoir le chasseur-bombardier Jaguar, l’avion d’attaque embarqué Super-Etendard, le chasseur embarqué Crusader, le chasseur tactique Mirage F1, l’intercepteur Mirage 2000C, l’avion d’attaque nucléaire Mirage 2000N/D et le bombardier stratégique Mirage IV. Il est vrai que des avantages sérieux de l’appareil français finissent là-dessus. Le Rafale est très spécifique et son entretien coûte cher. C’est la raison pour laquelle Dassault Aviation n’est parvenu à le vendre à personne, sauf les militaires français.

»Cependant le retard dans la signature définitive du contrat avec l’Inde ne tient pas au seul coût élevé de l’avion. Bien que les Français aient doublé le prix du contrat après la fin de l’appel d’offres l’ayant porté de 10 à 20 milliards de dollars, la déception principale pour l’Inde est ailleurs.

La France a refusé de donner la garantie sur les appareils lesquels, en vertu de l’accord, devaient être construits sous licence en Inde, note le président de la commission militaro-industrielle près le gouvernement de Russie Viktor Mourakhovski : “Il s’est avéré que le prix du constructeur français ne convenait pas à l’Inde. Le transfert des technologies n’a pas été assuré. Les délais de livraison ont été également révisés par les Français. Le dernier événement, suivi attentivement en Inde, est lié aux Mistral. La France a démontré qu’elle n’était pas un fournisseur d’armements fiable et qu’elle pouvait changer ses décisions sur un contrat en fonction de la conjoncture politique”.

»En 2012 l’Inde a décidé de diversifier les sources de fournitures d’armements. Etant donné que le développement du MiG-35 russe et du Tejas indien n’était pas à cette époque achevé, le contrat de fourniture d’avions de combat multirôle a été accordé à la France. Cependant les années écoulées depuis ont démontréque les avions russes étaient non seulement moins chers que les avions français, mais aussi plus fiables, plus simples dans l’entretien et plus efficaces au combat, signale le directeur adjoint du Centre d’analyse du commerce d’arme mondial Vladimir Chvarev :

“A l’en juger d’après les déclarations des officiels, plus particulièrement des responsables du ministère indien de la Défense, la probabilité du remplacement des Rafale par les Soukhoï Su-30MKI est de 50 à 50.L’agence Reuters a annoncé qu’une délégation française représentative se proposait de se rendre prochainement à New Delhi pour sauver le contrat Rafale. Et le faire avant la visite en Inde du ministre de la Défense de Russie Sergueï Choïgou”.

»L’avantage des chasseurs russes est dans le fait qu’ils constituent un tiers du parc des forces aériennes d’Inde. Les pilotes indiens exploitent ces aéronefs depuis de nombreuses années. Ils participent à des exercices militaires internationaux pendant lesquels ils ont affronté les F-15 et F-16 américains, les Mirage français et les Typhoon britanniques. Au cours de ces exercices le Su-30MKI sortait toujours gagnant. Les pilotes indiens étaient les premiers à repérer l’adversaire et, par conséquent, à tirer des missiles.

En plus, grâce à la manœuvrabilité de leurs avions, ils imposaient à l’adversaire le combat rapproché dans lequel, selon les experts militaires, le Su-30MKI n’a pas d’égal. Le Su-30MKI possède un très large arsenal d’armement. Il embarque même les missiles-assassins Novator KS-172 d’une portée de 400 km. En plus l’Inde achève le développement de la version aérienne du missile de croisière supersonique BrahMos. Ce missile embarqué sur le Su-30MKI rend ce dernier un des chasseurs les mieux armés et les plus polyvalents au monde.»

Il est difficile de trouver une occurrence où le cas d’école devient un quasi-archétype, un étalon d’or de la sottise brute appliquée en politique, – si, effectivement, comme cela devient possible, Dassault perdait le contrat indien au profit des Russes, bien entendu pour l’essentiel à cause de l’affaire Mistral. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est cette tendance, dans la sottise de la politique française suivie depuis la fin des années 2000 (depuis le Sarko de l’attaque en Libye, avec BHL dans sa pochette-cravate), à faire précisément de cette sottise un instrument d’abaissement de la politique française elle-même, – c’est-à-dire pas tant par rapport aux autres, à ses alliances, etc., que par rapport à elle-même, à ses principes, à ses structures.

Dans l’affaire Rafale qu’on pourrait bien être conduit à nommer “affaire Rafale-Mistral”, tout est conduit en parfaite connaissance de cause. Depuis la mi-novembre, le ministère de la défense nationale française avertit que le cafouillage de l’affaire Mistral assorti de la possible/probable non-livraison de l’unité à la Russie devrait probablement entraîner l’abandon de la commande indienne. La chose est en général admise à l’Élysée.

Néanmoins, cette politique se poursuit, impavide, alors qu’il apparaît évident aux experts comme aux comptables que l’abandon de la commande Rafale par l’Inde constituerait la fin du programme Rafale, un risque de la perte définitive de ses capacités de quasi n°1 mondial des avions de combat de Dassault, la fin de la politique d’indépendance nationale en matière d’exportation d’armement et d’armements tout court pour la France. (Tout cela, avec les effets qu’on imagine sur la situation intérieure française, économique, sociale, etc.)

Il n’y a même pas eu besoin pour en arriver au bord extrême du risque des habituelles manigances anglo-saxonnes. La France-2015 est assez autonome, – ce qui lui reste de ses vestiges d’“indépendance nationale”, – pour s’assurer elle-même de réunir les éléments pouvant éventuellement conduire à de telles catastrophes.

Les Russes, eux, jouent sur du velours, avec une foultitude d’arguments, y compris politiques avec un resserrement supplémentaire des liens stratégiques avec l’Inde et la poursuite de la mise en place d’une grande politique d’armement à l’intérieur des BRICS.

Ils viennent déjà d’étendre leur gamme de fourniture d’armements à la Chine grâce aux retombées de la crise ukrainienne, ils tentent de faire la même chose avec l’Inde. Ils travaillent avec patience, discrétion, sens de l’opportunité, et selon la ligne du respect du principe de l’indépendance nationale des partenaires impliqués emprunté à la politique gaulliste (française) des années 1960.

(Le texte cité signale aussi la possibilité, annoncée par Reuters, d’une visite en catastrophe d’une délégation française de Dassault en Inde avant la visite du ministre russe, – ce qui fait court, précipité, sinon marqué par la panique. Les Français ont-ils de nouveaux arguments ? Par exemple, une version spéciale du Rafale capable de larguer des bombes à fragmentation répandant des milliers d’exemplaires de Charlie-Hebdo contre les forces pakistanaises, en cas d’attaque ?

Se citant lui-même à propos des djihadistes de Al-Nusra armés par la France pour agir contre Assad et retour vers Charlie-Hebdo, Fabius pourra arguer que les Rafale ainsi équipés feront «du bon boulot».)


19/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (1:23 am)

lundi 12 janvier 2015

Entretien. Invité pour un festival de BD le 13 octobre, le dessinateur a été refoulé par les autorités israéliennes qui ne semblent guère apprécier ses dessins.
Photo : DR
Maximilien Le Roy
Photo : DR
À tout juste vingt-neuf ans, Maximilien Le Roy témoigne dans ses livres de trajectoires individuelles et historiques ancrées dans les problématiques sociales et politiques. Dessinateur et scénariste, toujours sur le terrain, il milite depuis 2008 pour la Palestine et réunit ­plusieurs collectifs de dessinateurs autour du conflit israélo-palestinien, Gaza un pavé dans la mer (2009) et Faire le mur(2010). Il publie en 2010, avec Soulman,les Chemins de traverse et, en 2013, avec Emmanuel Prost, Palestine, dans quel État ?, un carnet de route. Désormais interdit de séjour sur le territoire israélien, il revient sur les conditions de son expulsion et les répercussions sur son travail.

Dans quelles conditions avez-vous été interrogé ?
Maximilien Le Roy : J’avais été invité pour le premier festival de bande dessinée en territoire palestinien à l’occasion d’une exposition et d’un cycle de rencontres. Je m’étais déjà rendu quatre fois en Palestine et je connaissais ce type d’interrogatoires. De toute façon, nous arrivons en Israël en touriste et il est préférable de ne pas mentionner un séjour dans les territoires occupés, encore moins à Gaza même si nous sommes invités par un festival de BD. Contrairement à tous les pays du monde, il n’y a pas de demande de visa préalable pour Israël qui décide sur place de laisser passer ou non. Je faisais la queue pour faire tamponner mon passeport, on m’a emmené dans un bureau et l’interrogatoire a duré près de quatre heures et demie, entre l’attente et les questions à répétition les plus absurdes.

Comment s’est déroulé votre interrogatoire ?
Maximilien Le Roy : Ils savaient ce que j’écrivais et m’ont cité les titres de mes livres. Ils ont fouillé mes affaires, mon téléphone portable, en me questionnant sur les photographies des drapeaux du Parti communiste français et du Front de gauche, sur les noms arabes de mon répertoire, en me demandant pourquoi je portais la barbe. Ils m’ont posé dix fois les mêmes questions sur tous les tons, et en dernier, un représentant du ministère de l’Intérieur s’est montré très agressif. Ils m’ont expliqué, pour conclure, que si je pouvais critiquer Israël dans mon pays, je n’aurais plus le droit de le faire sur leur territoire. Je savais dès les premières minutes qu’ils allaient m’expulser, mais je ne ­m’attendais pas à une interdiction de séjour de dix ans. Ils m’ont traité comme si j’étais un terroriste.

Pouvez-vous définir votre engagement ?
Maximilien Le Roy : J’ai commencé à étudier le conflit israélo-palestinien dans les livres, car je voulais savoir pourquoi le sujet était aussi clivant et cristallisait des attaques contre des intellectuels comme Edgar Morin ou Daniel Mermet. J’ai donc décidé d’aller voir sur place au camp de réfugiés d’Aïda où j’ai noué des contacts. Je suis foncièrement athée et je ne défends ni un État juif ni un État musulman. Dans mes livres, j’ai toujours fait en sorte de donner la parole à des Israéliens et à des Palestiniens, même si parmi les Israéliens, j’interroge des ­activistes militants pour la cause palestinienne qui ne représentent pas la majorité de l’opinion israélienne. Avec le besoin de ­comprendre, j’explore la possibilité du vivre-ensemble, le taayoush, en arabe, du nom d’un mouvement judéo-arabe né en 2000 ayant pour vocation de réunir les deux peuples. Les Français contre la guerre d’Algérie ou les Américains contre la guerre du Viêt Nam ont toujours paru, en leur temps, comme des traîtres à la patrie. ­Aujourd’hui, Matan Cohen, objecteur de conscience, engagé au sein du mouvement Les ­Anarchistes contre le mur, ou Michel ­Warschawski, un militant pacifiste, sont des personnalités dissidentes qui vont au contact des Palestiniens et leur rendent une humanité contrairement de la propagande officielle. Cette démarche est universelle.

Comment comptez-vous poursuivre votre travail sur la Palestine ?
Maximilien Le Roy: C’est bien là le problème. Les Israéliens verrouillent tous les passages vers le territoire palestinien, y compris par la Jordanie, et il est bien entendu impossible de passer par les tunnels égyptiens vers Gaza. Je ne peux donc plus me rendre en Palestine. J’ai eu l’occasion d’aller en Algérie, en Chine, au Viêt Nam, en Russie sans être inquiété. Comment un régime qui se targue d’être la plus grande démocratie du Moyen-Orient peut-il interdire le passage sur son territoire sous prétexte d’écrits ? Comment peut-on apparaître comme un fanatique en critiquant simplement la politique ­d’Israël ? Je n’ai jamais prôné ou fait l’apologie du terrorisme. Criminaliser la parole et la pensée est un vrai danger pour toutes les démocraties. Pour ma part, je me tourne vers d’autres sujets et, en ce moment, je travaille sur une biographie de Carmen Castillo et sur la dictature de Pinochet au Chili. Je fais de la bande dessinée politique, j’aime donner à voir d’autres regards, à contre-champ, et je continuerai ainsi.
Maximilien Le Roy est dessinateur et scénariste
Entretien réalisé par Lucie Servin
Mardi, 28 Octobre, 2014
19/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (1:21 am)

Ce que dit « Je suis Charlie » du peuple français

Publié le : vendredi 16 janvier

Le fait de démêler le vrai du faux dans les affaires de terrorisme, de démonter ou pas la version officielle, de traquer les manipulations, les mensonges, les falsifications, les non-dits, les dissimulations est un exercice bénéfique pour une prise de conscience générale du phénomène de « stratégie de la tension« . MAIS, et c’est un gros « MAIS« , on est en droit de se demander pour quels résultats politiques concrets ?

Le détricotage de la VO du 9/11 a-t-il mis un frein à l’agenda de la ploutocratie transnationale ? Nul besoin de s’étendre, les lecteurs de Scripto ont d’ores-et-déjà la réponse. Et elle est incontestable et implacable.

Cette discussion autour des vrais commanditaires voire de l’identité réelle des exécutants est certes passionnante, mais elle passe à côté de ce que l’auteur de ces lignes estime être, peut-être à tort, l’essentiel dans toute cette affaire, à savoir : la réaction d’une large partie des Français et leur degré de conditionnement.

Pour tous ces Français qui adhèrent sans sourciller à l’intégralité de ce que l’on pourrait appeler la version des faits « J’affabule Télé/Ruth FM TV« , une réaction normale et légitime aurait été de considérer les dirigeants « français » comme responsables ET coupables de la tragédie.

Les Français auraient dû leur réclamer des comptes sur la politique migratoire folle menée depuis quarante ans, l’islamisation rampante de nombreux quartiers grâce à des financements étrangers, le laxisme judiciaire, le tonneau des Danaïdes de la politique de la Ville, la réforme pénale Taubira, le soutien et la formation apportés aux jihadistes en Syrie et en Libye, la politique pro-israélienne du Quai d’Orsay depuis Sarkozy, Schengen etc.

Mais au lieu de cela à quoi a-t-on assisté ? Des millions de personnes sont allés défiler derrière leurs dirigeants actuels et passés, et même plus fort que ça, ils sont allés manifester directement à l’appel de ces derniers !!!

Nul besoin de formuler une quelconque menace. Les injonctions sociales auront largement fait leur œuvre. Ce petit bruit, ce murmure médiatique permanent et lancinant dans leur oreille « Tu dois y aller, Tu dois y aller » aura suffi pour les convaincre du bien-fondé de la démarche. L’impression pathétique et désagréable de revivre la mascarade de l’entre-deux-tours de 2002.

Inutile de s’attarder sur la pantalonnade « Je suis Charlie » qui n’était pas sans rappeler le « Nous sommes tous des Américains » de Colombani en 2001. Mélange de moraline abjecte, d’angélisme gaga, de bons sentiments sirupeux et d’universalisme sali et affaissé. Eh bien là encore, qu’avons-nous observé ?

Des milliers de gens brandissant leur papier A4 « Je suis Charlie » sur les réseaux sociaux, devant les caméras de télévision, dans les cortèges etc. Et pour les rares réfractaires, on sort la menace à peine voilée de la mère Tape-dur Saint-Cricq :

« Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie« .

Rappel qui était au fond inutile puisque ceux qui refusaient (discrètement) le « Je suis Charlie » restaient largement confinés dans les limbes de la Toile. La crainte de l’exécution sociale permettant d’intimer le silence aux plus récalcitrants et à tous ceux qui ne souhaitaient pas se joindre à cette grande farandole vivrensembliste.

Le coup de la liberté d’expression ensuite. Le complexe médiatico-politique a réussi à convaincre des millions de Français que se précipiter pour acheter Charlie et faire la queue devant les kiosques à journaux seraient les meilleurs boucliers contre les assassinats liberticides.

Dans le même temps, Dieudonné était placé en garde à vue pour un simple tweet (vraiment dans l’espritHara-Kiripour le coup) et traîné en correctionnelle, Zemmour était menacé de mort et mis sous protection policière et Houellebecq était obligé de faire profil bas et d’interrompre la promotion deSoumission.

Sans que tout cela n’émeuve le moins du monde les néo-abonnés ou acheteurs deCharlie. La majorité d’entre eux, très probablement, trouvant même cela logique et « bien fait pour eux » comme disent les enfants.

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