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BLOGs - Articles de flotiront
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30/01/2009

Auteur: flotiront (11:20 am)



Je suis assis sur ce banc,

Qui me reçoit sans autre formalité.

Sa couleur m’importe peu,

Du moment qu’elle m’apparaît comme une banalité.

Je prends mes aises et étend mes deux bras,

Bien décidé à capter la douceur printanière,

Qui se concentre sur mes deux joues.

J’en ressens toute sa vitalité.

Que de printemps avortés par des fatalités,

Que l’histoire n’a jamais eu le temps d’écrire.

C’est la faute à Pas de chance, dit-on,

Pour ne pas vouloir dire autre chose,

Qui obligerait la conscience à s’éclairer d’une autre lanterne.

Chemin difficile pour celui qui veut s’y souscrire,

La faute à qui ? La question peut faire sourire.

Tel ce banc qui m’offre son hospitalité,

Me reconnaissant pour un temps l’hôte privilégié de ce lieu de repos.

L’âme tourmentée par un printemps qui n’arrive jamais,

Et qui, en toute lucidité,

Se demande bien qu’elle en sera la finalité,

D’un drame fait de tant de brutalité,

Qui semble scellé pour l’éternité.

Telle une terre ensanglantée par trop de guerres, de conflits que l’on justifie,

Au nom d’une vérité que personne ne comprend.

La douleur laboure le cœur brisé de celui

Qui se retrouve sur le banc des accusés.

L’âme languissante se perd dans une procédure de non-recevoir.

Il aimerait comprendre ce qu’il n’arrivera jamais à comprendre,

Il désirera se défendre sur le terrain d’une législation pénale

Qui aura décidé de ne pas le défendre.

Il croira qu’il existe des lieux d’audience,

Où il pourra exposer les faits d’une manière exacte et vigoureuse,

Mais ce sont des cours d’appel qui restent sans appel.

Le désarroi viendra intensifier ses meurtrissures, telles des plaies purulentes.

Malheur à lui s’il doit comparaître devant une cours de cassation.

Pour celui dont la vie se réduit à une survie,

Toute faite de fragilité et de vulnérabilité,

La mise à ban devient vite son pain quotidien.

Il est comme ce voyageur,

Assis sur le banc de l’indifférence.

Bien des gens passent devant lui,

Mais personne ne le remarque.

Aucun sourire, aucun bonjour à cet inconnu,

Qui, pourtant, est bien là, vivant parmi les vivants.

Il respire le même oxygène que tous les autres.

Son cœur, à lui aussi, bat.

Dans ses veines coule le même sang.

Bon sang ! La terre compte-t-elle tant d’aveugles ?

Il y a lui et les autres.

Ce monde des Pas comme Lui.

Etre autrement, est-ce la porte d’embarquement pour ce voyageur sans identité propre ?

L’indifférence risque d’être l’adresse

A laquelle il va échouer,

Sans que cela soit inscrit sur un registre officiel.

Pourtant, le printemps jaillit du sol,

Lorsque l’hiver termine son long sommeil.

Cette terre, qui est la nôtre à tous,

Fidèle à elle-même,

Et dans un grand élan de générosité,

Apporte à tous ceux qui la peuplent,

Ses nouvelles semailles, ses nouveaux parterres de fleurs.

La forêt se colorie de ce vert tendre,

Dont elle s’abreuve sans aucune retenue.

Des bourgeons se dévoilent dans l’enchevêtrement des branches des arbres,

Dont la nudité les avait maintenus pendant quelques mois.

Le chant des oiseaux se fait entendre à nouveau,

Les ruisseaux que la neige avait réduits au silence s’égayent de plus belle,

En s’appuyant sur les berges afin d’assurer leur tracé habituel.

Printemps, saison de tous les espoirs, de tous les renouveaux,

Qui viennent alimenter les discussions de table.

Eh oui ! Il faut se mettre au vert,

A défaut de se mettre sur son trente et un.

Tiens, j’en oubliais presque mon voyageur de passage,

Toujours assis sur ce banc qu’il n’ose quitter.

D’ailleurs, où aller ?

Ce banc est le seul qui lui est souhaité la bienvenue.

Dans un langage plus administratif,

On dira que cela ne lui crée pas d’infortune,

Voir même un fâcheux précédent.

L’indifférence, tout le monde s’en accommode,

Lorsqu’il s’agit des autres.

Mais l’indifférence, dès l’instant où elle frappe à votre porte,

Elle vous transperce le cœur telle une flèche en pleine poitrine.

Et là, un cri s’échappe.

C’est celui d’une justice,

Pour laquelle il n’existe aucune cours d’appel, aucune cours d’assise.

S’en accommoder, c’est ne plus exister.

Je voudrais tant qu’on reconnaisse,

A cet homme qui a croisé mon chemin,

Mais aussi à tous ces autres,

Le droit de voir leur existence s’élever au-dessus de leur propre cimetière,

Se transformer en un nouveau printemps,

Où les fleurs dans leurs robes chatoyantes remplaceront ce tapis de mauvaises herbes,

Qui n’attirent aucun regard d’homme,

Où le chant des habitants des bois brisera la loi du silence,

Où des cours d’eau à l’aspect cristallin,

Redonneront vie à des déserts trop longtemps cachés.

Je jette un dernier regard vers ce banc.

A ma grande surprise, un enfant a pris place a ses côtés.

Mes pensées s’embrouillent,

Des questions fusent dans ma tête.

Bon Dieu ! Quel est cet étrange visiteur de dernière minute ?

Mais il faut prendre congé d’eux.

A regret, je leur fait un petit signe de la main en guise de salutation.

Et je me mets à croire que cette loi du silence peut être rompue à tout moment,

Et qu’il faut un peu de courage, d’audace, d’amour,

Pour donner un visage moins hideux à ce dogme de l’indifférence.

30/01/2009

Auteur: flotiront (12:40 am)

C’est ici que l’on vient se reposer,

Lorsque la chaleur du soleil devient trop intense

Et qu’elle rend vos muscles souffrants et lourds.

 

Vous y trouverez bon accueil,

Et elle vous permettra de déposer toute votre sueur.

Elle n’est pas très bavarde,

Se souciant bien davantage de votre confort,

Ne désirant pas entraver le repos que votre corps exige.

 

Elle se réjouit toujours de vous voir arriver,

Appréciant votre compagnie,

Prête à vous proposer ses suites ;

Tout cela avec un zeste d’ingéniosité qui en fait tout l’intérêt de la chose.

 

Tantôt vous apprécierez un tapis de feuilles provenant de branches

Trop fatiguées à conserver cette décoration usée et ternie par le temps.

Cette litière imprégnée de cette senteur associant humus, mousses et lichens,

Vous invite à un temps de rafraîchissement, d’évasion et de méditation,

Tel un sanctuaire qui s’offre à vous et semble battre

De son propre rythme, de sa propre cadence.

L’âme du voyageur, de l’aventurier,

Peut ici réorganiser sa pensée, entrevoir de nouveaux défis, caresser des espoirs fous.

Il ne craint pas l’ombre que cet arbre lui prodigue.

Elle devient, pour lui, une amie, une compagnie dont il ne saurait en dénigrer son utilité.

 

Il y a des suites plus campagnardes.

Cette fois-ci, la forêt a cédé sa place à un grand verger.

L’arbre sous lequel je me tiens assis,

Exhibe fièrement ses fruits arrivés à maturité.

On dirait de grandes clochettes,

Qu’un décorateur s’est plu à suspendre au moyen d’un fil invisible.

Une échelle en bois, dont l’extrémité se perd dans l’enchevêtrement de son branchage supérieure,

Semble s’ennuyer profondément.

J’entends un chien aboyant au lointain,

Le coq d’une ferme proche entonner sa sempiternelle chanson.

Des relents, dont je ne saisis pas la provenance,

Me dissuadent de goûter à ce fruit qui s’offrait déjà à ma bouche.

Un tracteur effectue des allées et venues sur un champ fraîchement fauché.

 

Mais le décor peut encore changer, surprendre.

Il ne s’agit plus d’étendues boisées, de plaines aux cultures prospères.

Le palmier, le cocotier s’imposent et donnent une note plus exotique à ce endroit.

Des fous de Basan décrivent des trajectoires empreintes de grâce,

Dans l’immensité d’un ciel lisse et sans nuages.

Des enfants s’affairent à construire des châteaux de sable,

 

Qu’une vague vient emporter en un clin d’œil,

Brisant un rêve qui ne sera jamais concrétisé.

Quelques audacieux que la passion a saisi jusqu’à son extrême,

Filent à grande vitesse sur ces dunes d’eau,

Se jouant des courants qui leur donnent à tout instant de nouvelles formes.

Un parasol assure cet ombrage au touriste de passage,

Occupé à remplir sa mémoire de sensations, d’émotions, de décors qui,

Tels des tableaux, viendront égayer son quotidien.

Il tient dans ses mains un ouvrage littéraire qu’il peut enfin découvrir en toute quiétude,

Et qui rejoindra l’étagère de son salon,

Une fois le temps du dépaysement terminé.

 

Il y a encore un autre endroit où l’ombre vous offre son toit,

Avec un verre de jus d’orange accompagné de sa pulpe,

Donnant à ce breuvage tout son arôme,

Et l’éditorial du jour dont les titres semblent être du déjà vu, du déjà entendu.

Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous …

Cette terrasse ombragée devient alors un point de rendez-vous,

Un lieu de convergence pour l’esprit avide de tout détail insolite,

Qui en fait une plate-forme d’observation par excellence.

Toute l’âme du village se concentre ici

Et aucune ombre ne vient troubler cet espace convivial,

Où tout s’anime.

Avec son clocher qui vous rappelle le temps qui passe, s’écoule de manière inexorable,

A l’image de cette fontaine dont les matériaux évoquent la fameuse époque des lavoirs,

Endroits porteurs d’une condition féminine qui se mesurait à la force des poignets et des bras.

 

Sous son ombre ont passé toutes sortes de gens.

On les appelle petites gens ou parfois sottes gens,

Gens de rien qui ne valent rien et qui sont ces vauriens, ces moins que rien.

Etres sans aucune identité, sans aucune racine, sans aucune terre à eux,

Vagabonds sans nom que la terre a malgré tout porté,

Mais qui n’avaient pas d’autre choix que de rester dans l’ombre…

 

Pour ne pas faire de l’ombre aux Sirs, aux Lords, à Sa Majesté,

Aux illustres de ce monde qui ne se sont pas toujours bien illustrés.

Aux éminents friands de moquette rouge et de limousines flanquées de vitres teintées ;

Car discrétion oblige, lorsque l’immunité diplomatique s’en réclame !

Aux nobles et seigneurs au faîte de leur gloire et de leur puissance,

Aux génies de tout genre.

 

Ombre, ce qui augure des lendemains incertains et faire surgir des horizons menaçants.

Ombre, lieu de refuge pour celui qui fuit les bains de foule,

Les flashs des photographes avides de faits insolites, de confidences.

Ombre, ce qui dérange, agace, brouille les bons principes,

Les évidences propres à flatter le consensus du genre humain,

Ombre, langage qui évoque l’esprit de compétition, la rage de vaincre,

Sert l’orgueil de l’homme.

 

 

Faire de l’ombre à quelqu’un,

Rester dans l’ombre,

Sortir de l’ombre

L’ombre des choses à venir…

Autant de sens subtils qui éclairent notre compréhension de la langue française.

30/01/2009

Auteur: flotiront (12:00 am)

 

Je marche à vive allure sur ces pavés à l’aspect luisant et aux formes régulières. La rue semble déserte, seul le tintement d’une cloche lointaine vient troubler la quiétude de ce lieu. Mes sens restent malgré tout en alerte, comme mus par le désir de saisir la moindre étincelle de vie. Le ciel ne laisse apparaître que quelques rais de lumière venant mourir sur les façades des maisons serrées les unes contre les autres. Jetant un coup d’œil à ma montre, je ralentis la cadence étonné du temps qu’il me reste jusqu’à mon lieu de rendez-vous. Mon regard s’arrête alors sur une maison aux façades habillées de couleurs fantaisistes et qui semble avoir été posée là par erreur. Aucun bruit ne s’échappe des fenêtres, que des volets ferment, intensifiant davantage encore le silence de cet endroit. Je remarque un peu plus loin une demeure toute de pierre, flanquée d’un balcon occupé par un chat, figé comme une gargouille. Perdu dans l’intrigue de cette curiosité architecturale, je n’entends pas venir dans ma direction une jeune femme et il faut que je sois à sa hauteur pour que je dévisage cette créature à l’allure svelte et élégante. Son pas semble léger, décidé et son visage reflète une sérénité, une lumière qui me subjugue. Je voudrais répondre, exprimer quelque chose, lui tendre la main. Mais je ne me sens pas la permission d’engager cette conversation : j’ai la forte impression que le moment n’est pas favorable. Je la regarde s’éloigner, heureux de me rappeler que la vie est là, juste à côté de moi, et en même temps frustré de ne pas l’avoir saisi.

Et puis, soudainement, un bruissement de voix parvient à mes oreilles qui s’amplifient au fur et à mesure que j’avance. Tous mes sens s’éveillent et au détour d’une rue, je me retrouve sur une grande place. Il y a des échoppes, des terrasses où se prélasse toute une populace. Je perçois des conversations engagées et enflammées, des airs de musique aux rythmes soutenus, parfois endiablées. Quelques artisans affichent fièrement leurs chefs-d’œuvre. Par moments, je m’associe aux rires si tendres d’enfants qui semblent libres de toute contrainte, de toute retenue. Je ferme alors les yeux et je laisse toutes ces odeurs, ces senteurs, ces bruits, ces images envahir chacune des fibres de mon corps. Je désire mettre un mot à cette scène qui s’offre à moi : hymne à la vie.

29/01/2009

Auteur: flotiront (1:00 am)

Le ciel est d’un bleu profond sans pareil. Je voudrais en saisir toute l’intensité avec mes doigts et laisser ceux-ci épouser sa texture en les faisant courir sur cette draperie aux dimensions infinies. Moi, le petit terrien de cette planète pas comme les autres, je me sens rattaché à cet architecte qui a su, par je ne sais quelle prouesse, faire apparaître cette étendue au-dessus de ma tête. Je suis émerveillé, sans voix devant cette toile que rien ne vient troubler. Ce sol neigeux, sur lequel je me tiens debout, semble fusionner avec ce ciel, le rencontrer pour ne former qu’une seule réalité.

Terre, ciel, atmosphère, air : des mots qui portent en eux-mêmes un message allant au-delà de ce que mes sens captent, ressentent et lisent en ce moment même. Un silence m’envahit, me remplit. Il parcourt chacune de mes fibres, chacune de mes cellules, tel un langage qui appartient à un Concepteur d’un autre âge, d’un autre temps. Je me nourris de ce silence, telle une musique que l’on ne peut apprécier que loin des tumultes de la plaine. J’offre mon cœur à cette symphonie si particulière, enrichie de sons à peine perceptibles, tels des filets d’eau courant le long de gouttières sous des toits, parfois un chuintement provoqué par un surplus de neige que des branches de sapins font tomber pour éviter leur brisure. Tel un diaporama destiné à ma propre attention, les images défilent les unes après les autres, toutes uniques, toutes chargées de perspectives et de courbes de niveau. J’ai l’impression de tenir dans mes mains l’album que m’aurait remis le photographe de ces lieux ; de vraies cartes postales à vous couper le souffle !

Eh oui ! J’en oublie presque ma respiration, car le spectacle dont je suis gratifié est magnifique. Ici, au milieu de ce grand jardin naturel où alternent ce blanc si lumineux et ce bleu des profondeurs océaniques, le temps ne semble plus avoir pignon sur rue. Il est comme arrêté, suspendu, mis entre parenthèses. Les obligations de toutes sortes, les sollicitations de tout genre, les échéances qui vous assaillent de toutes parts, les justifications qu’il faut fournir et les justificatifs, pièces à conviction qu’il faut produire n’ont plus cours ici. Ils tombent dans une désuétude totale. Plus besoin de devoir s’affirmer, de faire sa place, de jouer des coudes, en espérant que notre droit à la vie sera entendu. La nature vient, tel un balancier, remettre toutes choses à sa juste place. Elle n’a pas besoin de hurler, de contraindre, de se faire entendre à coups de fusils, de bombes que seule la folie des humains a engendrées, de s’assouvir de démagogies aux effets pervers. Ici, son seul langage est celui de la beauté, de l’harmonie, de la pureté, du respect, de l’écoute, du ravissement, de la sérénité. La nature, avec ses couleurs, ses senteurs, ses parfums et ses formes innombrables, nous oblige à changer de cap, de direction, d’horizon. Elle m’interroge, me bouscule dans le dédale de mes pensées, avec ses préjugés, ses valeurs du moment, sa quête de l’absolu, ses références socioculturelles. Je me retrouve en communion avec elle et je me mets à lui parler, comme une amie intime avec qui l’on se plaît à savourer de tels instants magiques. Instants d’une perfection qui transcende ce monde que je viens de laisser depuis quelques heures déjà. Il est si loin de moi et pourtant, je le sais bien, viendra cet instant inéluctable où je devrai à nouveau me conformer à ses us et coutumes.

Mais je décide de me nourrir encore de cette mosaïque dans laquelle tous mes sens plongent. Je respire profondément pour obliger mes poumons à faire le plein d’oxygène et emporter avec moi un peu de cet air pur. Mes yeux se ferment alors subitement, comme s’il fallait retrouver ce cœur émotionnel, cet être intime, ce moi qui m’interpelle. Je suis toujours le visiteur de ces lieux, mais une voix intérieure m’invite à un voyage auquel je n’étais pas préparé. Des mains invisibles ont enlevé cet album que je contemplais avec tant d’émerveillement et devant moi apparaît une chevelure, un visage, des yeux, des lèvres ; puis il s’agit d’une jeune femme habillée avec élégance et goût. Tout est synonyme de beauté, de raffinement et j’ai l’impression qu’une force irrésistible m’environne, m’enlace sans que je puisse m’y opposer. Sa chevelure est soignée : on dirait des fils d’argent disposés en des formes aériennes, créant une coiffure parfaite. Ce visage, qui me regarde avec des yeux toujours aussi lumineux et dont le langage m’échappe encore, ces lèvres si délicates qui ne demanderaient qu’un baiser pour les satisfaire, me laisse sans voix. Je suis les contours de son corps, tel un chef-d’œuvre réalisé par un grand maître sculpteur. Mes mains désirent la caresser et l’attirer jusque dans mes bras. Elles sont ouvertes en guise d’invitation et tout mon être se porte vers elle. Je ne vois plus ce paysage hivernal avec son tapis blanc, ses hôtes en branches et les bruits que j’en percevais n’alertent plus mes sens. Je ne suis là que pour elle, je n’existe que pour elle. Tout ici prend, en cet instant sublime, une profondeur jamais égalée et une prière s’élève alors de ce cœur qui part en tangage : que ce morceau d’éternité soit gravé quelque part sur le linteau de la porte de ma demeure intérieure. Je me rapproche encore d’elle, espérant rencontrer ses lèvres, sa bouche. Mon cerveau bouillonne, mon cœur s’affole et je me demande si le sang circulant dans mes veines et artères ne va pas provoquer une rupture de ces derniers. Je ne sais si elle répondra, elle aussi, à cette passion qui, à l’image d’une flamme, me brûle, me consume. Je suis comme un arc tendu et je sais qu’il faudra bien que je puisse, à un moment ou un autre, lui déclarer mon amour. Et puis, comme si la frontière entre le rêve et la réalité s’entremêlaient au point de ne former plus qu’une allée invitant à la délectation de soi et de l’autre, je ressens un bonheur intense que le meilleur des dictionnaires de langue française ne pourra jamais restituer : oui, je le sais, je l’ai aimée véritablement dans mon jardin secret et cet amour qui m’envahit se colorie d’un parterre de roses sans pareil. Je distingue des courants d’eau d’une transparence cristalline qui serpentent ici et là, se perdent ensuite en plusieurs méandres ; des papillons aux motifs exotiques planent au-dessus de ce jardin fleuri et tracent dans l’air immobile des ellipses, des arabesques qu’un excellent géomètre aurait peine à reproduire. Je me dis que l’amour est là, sans notes dissonantes, sans masques, sans calculs. Je veux encore me rassasier de cette plénitude qui dépasse toute dimension terrestre, toute contingence définit par une législation humaine.

Et puis, cette voix qui m’avait invité à ce voyage féerique, à l’itinéraire si fascinant me prie avec beaucoup de tendresse et de douceur, à reprendre le chemin du retour en me souhaitant bon vent. Cette terre promise, qui s’éloigne de moi, je le sais, n’est qu’un au revoir et qu’un jour, je la partagerai avec l’élue de mon cœur. Comme pour valider ce pacte qui ne sera connu de personne d’autre, je lui fais un signe de la main et la salue. Une joie profonde s’ensuit, remplissant mon âme d’un chant nouveau. Mes yeux s’ouvrent alors et je réalise que le soleil n’est plus au zénith de sa course : il est grand temps pour moi d’engager le pas. Portant mon regard vers le ciel, je constate que son aspect a changé. Des nuages, en forme d’écheveaux de laine, se traînent péniblement sur cette mer suspendue. Par endroits, il semble qu’une main artiste a créé, au moyen d’un pinceau gigantesque, de nouvelles couleurs allant du rose à l’orange. Tout en avançant d’un pas allègre, captant à nouveau les bruits qui me ramènent vers cette existence terrestre déroutante, tumultueuse et pleine d’inconnues, je me réjouis de cette rencontre qui me paraît à la fois si proche et si lointaine encore.

27/01/2009

Auteur: flotiront (10:50 pm)

Penser. Trop penser. Ne pas assez penser. C'est un mot qui me poursuit depuis bien longtemps ; tantôt il sait se montrer avenant, courtois, bienveillant ; mais au détour d'une réplique, d'un pamphlet, d'une envolée, il vous laisse bouche bée, pantois, ayant créé son effet de surprise.

Monsieur Pensées a aussi ses mauvais jours et là ... il vaut mieux être absent pour ne pas devoir affronter ses foudres ! Ah ! me direz-vous ! Il n'est pas si aise de l'éviter. Car, voyez-vous, sa ténacité est telle qu'elle finira bien par vous rattraper au moment où vous vous y attendrez le moins !

Qu'en pensez-vous ? Je n'en pense pas moins ! A bien penser ! Comme je suis en pensées avec vous ! Ma pensée se porte constamment vers vous. Décidément, elle habite en nous sans que nous puissions l'en déloger et son langage recelle de subtilités, résonne d'intonations, produit des couleurs en une mosaïque telle qu'aucun esprit humain ne pourra jamais la saisir dans son entierté.

Pensée : mot magique, concept d'une puissance inouïe, associations d'idées qui nous permettent de caresser l'impensable, le peut-être ou le pourquoi pas, énergie cristallisante qui nous rend capable d'oser, d'entreprendre ; matrice porteuse de vie, de beauté mais qui porte aussi en son sein son venin mortel, un labyrinthe où l'on peut se perdre facilement. Eh oui ! Etre perdu dans ses pensées, cela peut nous arriver à tous, n'est-ce pas ?

Rien que d'y penser, je me sens grisé par toutes ces perspectives qui s'offrent à moi, comme autant de routes à envisager, à emprunter.

La pensée : un champ d'exploration qui nous relie à nous-mêmes et aux autres.

Mais hélas, Monsieur Pensées doit aussi prendre parfois des gants, se montrer diplomate, requérir un certain entregent. Car il a ses détracteurs et on lui colle alors cette étiquette de fauteur de troubles, d'agitateur. Oui, Monsieur Pensées doit compter avec les susceptbilités, les sous-entendus, les arrière-plans et cela l'attriste bien souvent.

Le plus déconcertant est que même si Monsieur Pensées applique la politique du silence, on lui reprochera de s'en tenir là et de ne pas faire plus d'efforts. On tentera de lui arracher des aveux, des confidences.

La vie de Monsieur Pensées est bien compliquée et ce n'est pas demain qu'il pourra enfin prendre un peu de repos pour se refaire une santé. Car, sous les ponts, bien des courants d'eau continueront à les fréquenter avant que le genre humain ne tire sa dernière révérence.

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