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12/11/2010

Auteur: Keltouma (4:35 pm)

Après tout, l’église est la maison de Dieu disait-il et nous étions, tous, ses sujets !

Je restais toute la journée à garder Issa, tandis qu’Aicha  se démenait pour subvenir à nos besoins. Elle  n’avait jamais osé raconter ce qui m’était arrivé de peur que les gens ne me prennent pour un terroriste et nous chassent tous. Elle en souffrait beaucoup, mais je pense qu’elle avait finit par se   confier à père « Jean » qui s’est montré compréhensif et qui l’avait aidé financièrement, mais cela n’était pas suffisant.

 

Le malheur c’est que je ne pouvais même pas jouer avec mes enfants, me demandant comment réagirait  Issa,    lorsqu’il verrait  que je n’ai pas deux mains comme les autres papas ? Même Zineb avait peur de moi, me demandant une fois si réellement on m’avait coupé la main parce que j’étais un voleur.

J’avais vécu avec cette présomption de culpabilité durant trois ans,  les gens  ne répondant  même pas à mon salut préférant changer de  trottoir.

J’étais vraiment devenu un indésirable, un proscrit.

Ce qui me faisait tellement saigner le cœur n’était pas le fait d’être considéré présumé   terroristes ; mais surtout qu’étant sans emploi, je ne pouvais plus  subvenir aux besoins de ma petite famille : J’étais incapable de faire les petites bricoles  et le seul salaire de ma femme ne suffisait pas.

Nous dûmes alors  prendre la plus difficile décision de notre vie de  couple en plaçant  notre fils à l’orphelinat de Chambéry.

 

J’étais  tellement déprimé et si  désespéré que  je sanglotais  sans arrêt comme un petit enfant, maudissant  mon incapacité à faire  vivre ma propre progéniture, comme si c’était de ma faute si de quelconques terroristes avaient mis une bombe dans un café au cœur de Paris.

Justement c’était à la capitale que  j’ai décidé d’aller  chercher du travail.

 

Je faisais le tour des quartiers périphériques mais personne ne voulait m’engager, par  contre certains commerçants n’hésitaient pas à me filer quelques francs, et parfois aussi un petit repas. Sans m’en rendre compte,  j’avais pris l’habitude de tendre la seule main qui me restait.

C’est comme cela que, j’avais pris l’habitude d’aller demander la charité  aux commerçants arabes de la capitale qui par compassion n’hésitaient pas à me dépanner, me donnant parfois  des sommes assez consistantes qu’ils appelaient « Zakat » ; Sorte d’impôt social que les riches des musulmans donnaient  aux pauvres chaque année, sous peine de s’en brûler en enfer. Enfin, c’est ce que m’avait apprit un jeune étudiant que j’avais rencontré dans une sorte de restaurant populaire où  des hommes barbus offraient  bénévolement aux pauvres des « Ftour », durant le mois sacré du Ramadan.

C’était la seule fois ou j’étais resté tout un mois, car disaient-ils, ce repas n’était servi que durant ce mois de jeûne.

Ces bons gens, invitaient ceux que cela intéressait au « Masjid » afin de leur expliquer  ce qu’était la religion musulmane.

 Moi cela me convenait bien, car  cela me permettait de rester au chaud, mais surtout  de chercher à mieux comprendre  ce que, feu  Hammou, m’avait juste signalé sur la religion de mes ancêtres.

 C’était  dans cette maison de Dieu que j’avais prié en groupe, demandant, tout en  remords,  à Dieu de me pardonner et de m’aider à prendre en charge ma petite famille.

 

Je ne dirais pas que c’était la première fois ou j’avais jeûné, puisque je jeûnais d’office, mais comme application de l’un des cinq préceptes de l’Islam, cela a été la première fois.

09/11/2010

Auteur: Keltouma (9:58 am)

Sacrée main

 

Une bombe dans un café en plein Paris ; Boom ; je me suis réveillé à l’hôpital avec un corps en passoire et une main en moins.

Alors que je ne faisais que passer devant le café ; je n’étais même pas à l’intérieur.

C’est bizarre comme un évènement peut bien changer le cours de vie d’une personne. J’aurais eu la même séquelle suite à un accident de circulation personne ne s’en soucierait, mais là, j’étais devenu un petit héros pour quelque temps.

Non  que j’aie fait un quelconque acte d’héroïsme mais seulement parce que j’aurais été  un chiffre de moins dans les comptes macabres des terroristes. Alors le gouvernement en avait fait une victoire pour sa politique policière, alors que les  politiciens y jetèrent tout leur art d’hypocrisie savourant  pleinement ce raté du terrorisme.

Tout cela était nouveau pour moi, jamais aucune personne ne s’était occupée de moi jusqu’à ce que je reçoive la visite de Monsieur le président de la république en personne.

C’était à l’hôpital, le troisième jour de l’attentat, et  même, qu’il m’a offert des fleurs et ça jamais je ne l’oublierais : personne ne m’en avait offert auparavant.

Mr le maire de Paris,  qui était juste derrière lui  m’avait même embrassé au front, murmurant que ses bureaux m’étaient toujours ouverts.

Oui j’ai été, grâce à cette main amputée, un héros, même si c’était juste pour quelques minutes,  le temps que les journalistes immortalisent  les gestes patriotiques des plus hauts dignitaires de la République.

Dès que les caméras furent rangées, je redevins  comme le commun des mortels, avec en plus, une main en moins, et des enfants   qui n’avaient personne pour subvenir à leurs besoins.

 

Lorsque je suis rentré à la maison les gens étaient étonnés de me retrouver avec une seule main.

Un voisin, qui me chargeait de son jardin, s’excusa de ne plus me confier ses travaux.

Il avait raison : Comment ferais-je pour utiliser les ciseaux avec une seule main ?

Mais ce qui m’a fait le plus mal, ce n’est pas de perdre cet emploi, mais que ce voisin pensa   que cet incident avait un rapport avec un acte illicite. Tout bonnement il m’annonça qu’il avait lu quelque part que les Musulmans coupaient la main des voleurs, et curieusement toute la petite bourgade ne parlait plus que de la main amputée en cas de vol.

Même le patron du bistrot refusa mes services, même si  je pouvais encore faire beaucoup de choses avec une seule main. Paraît-il les gens du village l’avaient menacé de boycotte si jamais il me reprenait.

La propriétaire de la  petite maison où nous vivions mourut, et ses héritiers triplèrent exprès  le prix de location, nous obligeant à quitter la petite maison, après un retard de loyer de deux mois.

Heureusement que, le père « Jean » nous hébergea  gratuitement dans  une grande pièce attenante à l’église.

Après tout, l’église est la maison de Dieu disait-il et nous étions, tous, ses sujets !

05/11/2010

Auteur: Keltouma (9:49 am)

La vie reprenait son petit train, je trimais toujours, content de voir mes  enfants grandir, et recevoir  les frères d’armes de « père Hammou » une fois par mois.

Ils venaient presque tous, très heureux de se retrouver et encore plus de manger le plat  que certains n’avaient plus  goûté depuis des années Aicha était toujours volontaire pour leur préparer de succulents gâteaux marocains et de  leur partager leur thé à la menthe, mais ce qui  les contraignait un petit peu, c'était qu'elle leur partageait  aussi leurs cigarettes .

Ces vieux légionnaires n’arrivaient pas à admettre, qu’une femme musulmane puisse fumer  et c’était parti pour une longue discussion religieuse . Certains d’entre eux, ne reconnaissent pas, après presque un demi-siècle de vie en France, que la femme soit  l’égale de l’homme. Pourtant je n’ai jamais senti que Aicha était inférieur à moi en quelque point que se soit, bien au contraire, c’était elle qui me donnait toute cette force de résistance !

Cette supériorité de l’homme que les amis de père Hammou voulaient m’inculquer à tout prix  s’estompait dès que je remettais le tablier de mlle Lola.

Ma virilité ne se faisait sentir que l’espace d’un enterrement.

L’un de ces anciens combattants nous raconta un jour l’histoire du corbeau qui voulait apprendre à marcher comme la colombe mais qui n’avait pas pu. Lorsqu’il avait voulu revenir à sa marche initiale, il découvrit qu’il avait oublié comment faire.

Cette histoire m’avait beaucoup marqué !

J’étais un peu comme ce corbeau, et j’en étais réellement malheureux !

Pourtant je devais me sentir heureux d’avoir un travail « stable », une belle femme et deux petits enfants, et surtout de vivre dans un pays réputé pour sa liberté. Un havre du bonheur, où, il n’y aurait que de bonnes choses,  comme disaient les  politiciens à la télé : la  terre de la « liberté » !

Pourtant je sentais que cette liberté est toute relative, et qu’elle avait un goût d’inachevé, puisqu’elle n’était pas la même pour tout le monde !

Oui  nous étions bien libres, mais seulement de crever à défaut de travailler dix huit heures par jour ! 

C’est peut être un paradis mais sûrement pas pour nous, puisque nous n’avions visité aucun site touristique, même pas  la tour « Eifel ».

Justement c’est lorsque j’avais l’intention d’aller monter sur  cette très haute tour que j’ai eu le fameux accident, où j’avais perdu ma main gauche.

J’étais venu seul.

Heureusement car autrement, si Aicha m’accompagnait, Dieu seul sait, ce qui aurait été devenu de mes enfants et qui aurait pu les  prendre en charges durant les trois ans les plus sombres de notre vie ?

 

.
27/10/2010

Auteur: Keltouma (10:37 am)

L’enterrement

 

 

 

 

Entre temps père Hammou est  mort dans le dortoir qu’il partageait avec d’autres anciens combattants.

Il avait demandé à ses amis de l’enterrer au petit cimetière de notre village près de son frère d’arme, et eut droit à une sépulture religieuse selon les traditions musulmanes.

Une dizaine d’autres combattants étaient venus de différentes régions citant  en chœur plusieurs versets du coran et priant Dieu de lui accorder sa sainte miséricorde, avant de le mettre sous terre.

Tout cela était nouveau pour moi, et j’étais partout et  nul part,  alors,  même   que j’avais une dette envers cet homme qui m’avait tant donné.

. 

 Je  voulais faire tellement de choses en cette douloureuse circonstance, mais en fin de compte je me suis retrouvé avec le « père Jean », le représentant de la mairie, et quelques gradés de l’armée française, comme si j’étais moi-même un non musulman,  ne pouvant ni  lire les versets coraniques ni répéter ce que les autres citaient à haute voix.

Même mes larmes n’arrivaient pas s’exprimer, et à  peine eussé-je eu  la présence d’esprit d’inviter les anciens combattants à venir boire le thé, après la cérémonie.

Aicha avait les yeux tout rouges,  en finalisant la préparation du couscous qu’elle présenta à nos invités.

Je ne m’étais jamais rendu compte qu’Aicha n’avait jamais pleuré devant moi jusqu’à ce fameux jour. Pourtant elle avait tant souffert, et, en avait vu de ces moments difficiles, mais  jamais ses yeux de gazelle  n’avaient laissé scintiller de  si rares  perles c’était  la première fois ou je voyais les larmes jaillir des beaux yeux de  ma femme.

Elle s’était ressaisie en recevant ses hôtes avec un large sourire puis en les invitant  à revenir chaque dernier  vendredi du mois à  manger le couscous à la maison.

 

 

26/10/2010

Auteur: Keltouma (3:14 pm)

Je ne pouvais refuser au risque de perdre le seul travail « stable »qui me permettait de faire vivre ma petite famille.

Ma réputation de ‘play-boy » avait alors  refait surface, et ceux   qui n’avaient pas digéré mes actes du passé, trouvaient une grande satisfaction à m’humilier.

Le patron était heureux que ses clients puissent passer du bon temps à mes détriments, car cela faisait marcher son commerce. Par contre, je devais supporter les répliques des clients qui retrouvaient en cette mise en scène une partie de leur virilité bafouée par mes ignobles actes du passé.

Ils  se permettaient des plaisanteries du genre : « le renard  qui devient brebis » ou « approche petit minet », ou bien, « hé, Lola, oh pardon ! Leila ».

Ces plaisanteries ne me faisaient pas tellement mal, car  j’étais sur que bon nombre de ceux qui m’appelaient petit minet en savaient long sur ma virilité, mais c’était vis-à-vis d’Aicha que je ressentais  le plus de remords!

 

Ma  seule compensation était  que le patron m’avait alors accordé une petite prime pour cette mascarade, et le « pourboire » était plus consistant, me permettant de satisfaire aux besoins grandissants de  ma petite famille.

 

Ressentant mon désarroi, et ne voulant guère que ma virilité soit remise en cause Aicha,  me  prouva  son amour par la plus extraordinaire des manières, en  tombant  exprès enceinte, malgré les difficultés de ses deux précédentes grossesses.

 Je ne lui en serais jamais assez reconnaissant, car j’avais vraiment besoin de me rappeler  que je  m’appelais toujours   Alain et non  Lola.

Heureusement que le régime prescrit par le gynécologue avait donné ses fruits ce qui permit à ma femme d’avoir  un accouchement moins difficile.

Nous avons eut un garçon que nous avions appelé  « Issa », le nom musulman du Christ.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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