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17/12/2010

Auteur: Keltouma (10:44 am)

Plus de soixante ans  de vie étalés en une demi-heure !

C’est bizarre que l’on soit si pressé de tout étaler à la fois !

Mon mari  n’avait jamais parlé de lui  jusqu’à ce qu’il s’était mis à me raconter les péripétes de son enfance: "Ne crois surtout pas que je n’ai pas de passé, , j’ai aussi fait mes cent coups, comme tout le monde; moi aussi j’étais un espiègle.

Humble jusqu’à la timidité, il  n’a jamais laissé montrer qu’il était faible, beaucoup plus aucune grande décision familiale ne pouvait se prendre sans son consentement, et souvent ses conseils sont judicieux.

C’est seulement maintenant qu’il est en retraite  qu’il sentait le  besoin de s’exprimer, et  la lueur qui partait de ses yeux manifestait plus qu’une envie, une volonté, une certitude, un espoir, une volonté de dire crois-moi, je ne mens pas, j’étais  vraiment un espiègle.

Je ne l’avais jamais vu sous cet aspect, plutôt je n’avais jamais remarqué qu’il avait des yeux verres, peut être parce que je n’avais jamais été si proche de lui.

Il faut dire que le temps y était pour quelque chose, Il faisait très beau, et ce grand soleil qui prenait plaisir à s’étendre sur chaque millimètre de cette belle terrasse du café, te dégageait ,une à une cette dizaine de cheveux soigneusement collés sur sa capillaire chauve, donnant à son front de plus en plus rouge l’image d’une orange à peine cueillit. 

C’était aussi notre première visite à Marrakech après toute cette vie de couple, et c’était à l’initiative de ses amis qui  nous ont accordé une semaine comme cadeau de départ en retraite. C’était nouveau pour nous, non seulement la ville, mais le voyage lui-même, car à part quelques virées au Bled, nous n’avons jamais voyagé ensemble ni même prit d' hôtel !

Il jurait à chaque bout de phrase, même s’il n’avait pas besoin de le faire, je le croyais volontiers, car jamais il ne m’avait menti ou même faillit à sa parole et il le savait, mais il se doutait surement que tel que je le connaissais et tel que je le traitais  je n’aurais surement pas pensé qu’il puisse être capable, même dans sa tendre enfance à faire un coup bat à quelqu’un.

 C’était pourquoi il riait bien avant de raconter une petite anecdote où il était pour une fois le méchant, le bourreau et non la victime..

Ma sincérité et la spontanéité de mes réactions l’encourageaient et peu à peu il était seul à parler, alors que je me contentais de l’écouter scrutant ces changement de traits et de réactions à l’occasion de chaque acte, passant d’un grand rire, à un rétrécissement du front, ou à un arrêt net, donnant l’impression de vouloir se désaltérer alors qu’il avait déjà bu son jus d’orange d’un seul trait.

Même sa façon de rire était nouvelle pour moi, puisqu’il laissait voir ses molaires toutes jaunis et toutes gâtées qu’il s’était évertué à  cacher si jalousement  derrière des dents toutes blanches activement lavées. Des résidus de son passé du Bled qu’il n’avait jamais réussi à effacer malgré plus de cinquante ans passés dans une grande métropole.

Il était tellement convainquant que je le suivais dans toutes les petites fabriques qu’il avait animées par ses intrigues depuis l’âge de dix ans lorsqu’il avait rejoint son oncle à Casablanca. De la  mécanique à la tôlerie, du petit atelier de menuiserie à la grande  fabrique de bois, à l’usine de sucre il avait fait le tour de tous les métiers disponibles alors qu’il n’avait même pas douze ans !Il n’était pas venu du Bled pour se croiser les mains , mais pour apprendre un métier, et surtout venir en aide à sa mère et à deux de ses frères laissés seuls après le décès de son père. Il savait qu’il était titulaire d’une mission, mais ce n’était pas comme cela qu’il entendait la mener. Certes il avait l’obligation morale et même sociale de suivre les conseils de son oncle qui entretemps l’hébergeait, mais tous ces métiers étaient quelque peu durs pour sa petite physionomie et il ne pouvait nullement l’exprimer au risque d’être traité de bon à rien ou même de femelle et réintégrer son Bled. Et c’était l’occasion de faire jouer ses méninges et trouver à chaque fois le moyen de changer de boulot sans donner l’impression qu’il ne pouvait pas être à la hauteur de la confiance de son oncle. Alors , il parlait de  l’insécurité des routes qu’il devait traverser à cinq heures du matin, par un froid glacial, alors qu’il devait se taper une dizaine de kilomètres à pied pour arriver à six heure de matin et balayer le local avant l’arrivée du patron ! il s’attardait longuement sur  la saleté des fabriques et la mauvaise foi des ouvriers qui voulaient tous s’accaparer ses services exploitant au maximum son agilité et son aptitude à ne jamais refuser un ordre : c’était le seul conseil que lui donnait son oncle chaque fois qu’il l’accompagnait à un nouveau calvaire ! Mais lui, il n’était pas de cet avis, et sa fierté l’empêchait de céder l’acculant à riposter à chaque acte quitte à se voir mettre à la porte. Il était tellement fier en me racontant cela que j’avais l’impression qu’il s’agissait d’une scène qui s’était passée juste la veille, surtout lorsqu’il parlait de la façon dont il s’est vengé de Kappa, le  très grand, géant contremaitre qui l’avait giflé ! Il avait répété trois fois son nom, riant dans un rire satirique, presque tragique qui exprimait beaucoup plus une frousse qui l’avait accompagnée cinquante ans de sa vie, et tellement heureux de pouvoir enfin le raconter à quelqu’un et s’en débarrasser!  Sa position au  bout de la table où la grosse scie devait étancher cette grande, très grande madrier  qui pesait si lourd sur ses petits bras, alors qu’étalant toutes les forces de ses  muscle, le tyran qui l’avait choisit entre les dizaines d’autres apprentis, prenait plaisir à retarder l’opération scrutant amusé presque  sarcastique, la sueur qui dévalaient comme dans un slalom, du petit visage tout rouge qui ne voulait pas s’avouer vaincu. Presque le même que  celui du sexagénaire qui ne riait plus, mais dont la gouttelette,  luisante par ce beau soleil qui lui tapait droit dans la face, pendait timidement des bords de ses petits yeux qui en disaient longs sur ce qu’il avait enduré. Puis de toute la force de sa haine, il poussa la poutre, au moment où s’abaissant pour ajuster le trait, Kappa, le grand Kappa, le géant Kappa, le tyran Kappa, en recevait l’autre bout en plein visage. Le sang s’éjaculat de partout, du nez, des dents, du front et de je ne sais d’autres  points comme s’il s’agissait l’ogre que Jaques avait piégé le faisant dégringoler du haut de son arbre  magique !

S’était l’impression qu’il me donnait en fuyant la fabrique pour se cacher tout un mois sans sortir, prétendant que le géant Kappa le cherchait toujours. Je n’étais pas si sur que ce pauvre monsieur était si géant que ça, ni si effectivement il le cherchait pour le corriger, ni même s’il connaissait où il habitait, mais toujours est-il que c’était la scène que mon mari trainait durant un demi siècle, et qui semble-t-il avait constitué un tournant dans sa vie car suite à ça, il était revenu au bled !

Ce retour imprévu, ou cette fuite masquée, lui avait permit d’intégrer l’école nouvellement créée à Ouled Berhil !

Il s’était présenté de lui-même et n’avait même pas de cartable, mais il savait déjà lire et écrire, puisqu’il avait appris le coran au Msid du douar. Cela lui avait valu d’être inscrit à la seconde classe du primaire, et même de faire étaler ses capacités de menuiserie durant la deuxième moitié de journée. Une stabilité certes précaire, mais suffisante pour le garder auprès de sa défunte mère jusqu’à ce qu’il obtint son certificat d’études primaires.

Cette étape de sa vie n’avait eu droit qu’à trois à quatre phrase, pourtant, en terme temps elle était plus longue que sa précédente. C’est qu’il n’y avait rien à raconter, enfin pas de si important pour quelqu’un qui aimait l’aventure aiguisées par toutes les scènes  passés à combattre tous ceux qui l’empêchaient de réaliser ses rêves !

Justement c’était ce qui l’avait poussé à revenir à Casa, revivre chez son oncle, d’autant plus qu’il n’y avait pas de collège dans son petit patelin, et qu’entre temps sa mère était morte. Evénement à peine évoqué comme s’il s’agissait d’une fatalité, pourtant elle n’était pas si âgée, mais il avait tellement envie de continuer ses espiègleries qu’il n’avait pas le temps de s’arrêter sur un fait si banal. Tout le monde mourrait de n’importe quoi dans son Douar et personne ne se demandait pourquoi ! Du typhus, me dit-il entre deux phrases lorsque je lui  demandais de quoi elle était morte !

Il faisait tous les petits boulots possibles et imaginables pour se payer la fourniture scolaire pour des cours du soir, avant d’obtenir son brevet, puis il avait donné des cours particuliers en arabe jusqu’au Bac qu’il n’avait pas pu obtenir ! Un rythme d’enfer qui exprimait cette volonté d’arriver quel que soit la position des gens vis-à-vis d’un  petit « Chleuh » maigrichon  qui voulait faire comme les autres !

Pourtant cela fait plu de quarante ans que nous sommes mariés.

 Je ne lui en voulais pas, il travaillait tout le temps, et les vacances il donnait des cours, car le salaire ne suffisait pas. C’est dire qu’il n’avait pas le temps de me parler de lui, mais moi-même je ne lui ai jamais raconté ma vie. Non seulement cela, mais nous ne  sommes jamais rencontrés avant notre mariage,  et je ne m’en plains pas.

« La beauté du corps disparait avec le temps, celle de l’âme reste toujours » me disait maman la nuit de mes noces et c’est ce que je constatais presque un demi-siècle après.

Il avait passé ses mains autour de mes épaules pour la première fois de notre vie de couple, et ça je ne l’oublierais jamais jusqu’à la tombe. Mon corps avait frissonné  et j’allais  me dégager  mais une force interne me retint.

C’est alors que j’ai compris que c’était cela l’amour.

Un drôle d’amour, me diriez-vous, non, c’est comme cela le mariage traditionnel, l’amour vient  de lui-même, avec le temps, même si c’est avec du retard, mais  il arrive quand même.

 

10/12/2010

Auteur: Keltouma (10:16 am)

L’appel du passé

 

L’indemnité reçue, était plus qu’une bouée de sauvetage, et nous avions enfin pu manger à notre faim et nous habiller à notre goût.

Aicha faisait le tour des magasins et des grandes surfaces qu’elle découvrait pour la première fois, et s’achetait des tableaux pas très chers prenant un réel plaisir à meubler l’appartement que nous avions loué dans la banlieue de Paris.

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Elle s’enfermait aussi des après midis tous entiers dans un cybercafé, sans  me dire ce qu’elle recherchait, mais je devinais qu’elle voulait connaître le sort de ses filles jumelles.

C’était même devenu une échappatoire chaque fois qu’elle trouvait une petite piste lui donnant espoir, passant des semaines à faire des recherches.

Mais dès que la piste n’aboutissait pas, elle en tombait malade,  pleurant  dans la solitude de ses  nuits et cela me faisait très mal.

Elle n’était pas femme à abandonner facilement, et elle n’a pu  combler ce vide qu’en récupérant  notre fils Issa ce qui donna  un sens à notre vie.

Elle le combla de sa tendresse, lui procurant aussi  la moto de ses rêves et tous les habits signés qu’il était donné à un fils de riches de porter.

 A trois, nous avions enfin pu monter à  la tour « Eifel » et voir Paris  d’en haut, et même visité Versailles et bien d’autres beaux sites, mais, la tendance était à la dépense et  l’argent s’effritait si facilement !

Je pensais de plus en plus à retourner vivre au Maroc, car même si nous ralentissions notre  stand de vie comme le proposait Aicha,  cette indemnité, aussi consistante soit-elle, ne permettrait pas de nous entretenir jusqu’à la fin de notre vie.

D’autant plus que  nous n’avions aucune autre ressource, et je ne bénéficiais même pas d’allocation de chômage.

Je  voulais tant travailler  pour sentir que j’étais encore utile, mais il était déjà difficile de trouver un travail en ayant ses deux mains, qu’en est-il pour celui  qui n’en avait qu’une ?

.

Aussi salvatrice qu’elle pouvait l’être cette indemnité  apportait quand même avec elle, un grand problème d’existence et je me demandais si je devais rester en France au risque de tout dilapider , même si, dans les moments les plus difficiles de ma vie, je n’avais jamais pensé quitter cette patrie d’accueil.

D’abords parce qu’avant mon mariage,  j’avais la conviction que Mme Christine constituait  ma seule famille, et je  n’avais personne chez qui aller au-delà de mon petit patelin, puis  lorsque les choses tournaient  mal ,  j’étais trop pauvre pour réfléchir à aller où que se soit.

De plus ma femme et mes enfants  avaient plus de racines en France qu’ailleurs !

 

La décision n’était pas facile à prendre, mais j’avais si  peur de la misère et chaque fois que je faisais usage de ma carte bancaire, je ressentais  les griffes de la misère s’approcher encore plus de mon corps pour le déchiqueter.

Dans cette terre d’accueil j’avais toujours  trouvé quelqu’un qui me tendait la main, lorsque j’en avais besoin, mais le risque de  perdre cet argent dans les futilités me hantait à longueur de journée, autant que l’idée de  retourner à mon pays natal blanchissaient  mes nuits.

Là-bas au moins j’aurais l’espoir d’ouvrir un commerce, et de ne plus avoir de soucis pour l’avenir me disais-je à chaque fois pour me convaincre que j’allais prendre la bonne décision.

Aicha était contre, manifestant expressément son refus, et  développant  des dizaines d’arguments, mais elle finit par s’effacer devant ma ténacité pour me suivre  au Maroc
29/11/2010

Auteur: Keltouma (4:46 pm)

Le secrétariat de Mr le Maire m’appela aussitôt me recommandant  d’aller me présenter à un Organisme  situé aux environs de Paris, dont le directeur me réserva un accueil chaleureux,  réitérant ses excuses.

Par contre le fonctionnaire qui devait instruire mon dossier était moins aimable, essayant de mettre toute la responsabilité de ce retard sur mon manque de diligence.

J’avais beau lui dire que je ne savais pas, il semblait incrédule, me répétant à chaque bout de phrase que « nul n’est sensé ignorer la loi »

Devant mon incapacité à comprendre ce qu’il entendait par là, il fut acculé à m’expliquer  que  non seulement je n’avais pas fait de demande  d’indemnisation mais que je ne répondais même pas à son courrier, me récitant l’adresse portée au PV de police.

Je lui  expliquai alors que Mme Christine m’avait chassé de chez elle et que le loyer du petit appartement où je vivais avec Aicha ma femme  avait triplé, et que c’est grâce à père Jean que nous avions trouvé un gîte, il ne semblait pas bien comprendre de quoi je parlais.

Hors de moi, je lui dis qu’il suffisait d’écrire à la mairie comme l’avaient fait les autres, mais je pense que je  n’aurais pas dû faire cette remarque !

Outragé, il m’avait alors sèchement répliqué que c’est la victime qui devait saisir le Fonds et non le contraire,  me citant les  textes de loi qui me déboutaient de tout droit à l’indemnisation car il y avait des délais à respecter et que je ne l’avais pas fait.

Il était tellement en colère  que j’avais l’impression qu’il allait revoir sa position et reclasser de nouveau le dossier.

J’allais même repartir lorsqu’il  me dit, sous un sourire maquillé,  que je devais  une fière chandelle à l’interview donnée par ma femme.

Du coup il fit un vibrant hommage à ma Aicha,  s’attardant  beaucoup sur la perspicacité de sa vision de la vie comme pour insinuer qu’elle paraissait plus civilisée et plus française que moi. Je n’avais d'alternatives que de subir son long discours sur le conflit des civilisations, des problèmes des immigrés, et les sévices qu’endurait  toute l’administration pour gérer leurs affaires toujours compliquées.

J’eus l’impression que si ça ne tenait qu’à lui,  il aurait définitivement classé mon affaire, mais selon lui cette interview avait  faillit créer des tensions dans les relations entre le Maroc et la France.

 En fait, je ne comprenais pas ce que venaient faire  les Marocains dans une affaire entre français, et je  me hasardai à lui poser la question.

Plutôt gêné par mon ignorance, le  haut fonctionnaire à col blanc, m’apprit d’une façon  presque arrogante, que j’étais aussi marocain, m’expliquant,  tout en tirant sur sa cigarette, qu’il ne suffisait pas d’être naturalisé pour devenir réellement un Français, car je n’avais pas perdu ma nationalité marocaine !

 

C’est alors que  j’avais appris que j’avais deux nationalités, chose que je n’avais jamais su avant cette rencontre, même si, dans sa présentation des choses, j’étais plus marocain que français. ..

J’étais heureux de l’apprendre, parce que cela me rappelait que moi aussi j’avais des racines quelques parts, les terres de mes ancêtres

J’avais enfin compris que l’interview accordée par ma femme avait fait des remous aux plus hautes sphères du pouvoir !

Paraît-il ma petite affaire allait envenimer les choses, car des journaux malveillants avait reprit certains propos de ma femme, sur l’inégalité et l’injustice envers les non français d’origine, pour les utiliser à de mauvaises  fins. Certaines associations des « droits de l’homme » au Maroc avaient mal réagi à ces discriminations, ce qui poussa les hauts responsables de la politique française à s’ intéresser  de plus  près à mon affaire en donnant les instructions pour  régler cette question le plutôt possible.

L’indemnité était très consistante, car le  bruit que cette affaire avait fait courir  autour d’elle avait rendu les argentiers de l’Etat moins cupides, et on m’avait comptabilisé et les intérêts de retard et la perte de revenu consécutif à ces trois ans d’inactivité.

L’objectif, d’après Aicha qui lisait beaucoup les journaux, était que l’affaire ne soit pas portée devant les tribunaux, car l’image de la République risquait d’en pâtir.

Alors le Fonds de garantie, fut  contraint de me faire une proposition de transaction à l’amiable très alléchante, de telle sorte que je ne puisse pas refuser.

 

 

 

 

25/11/2010

Auteur: Keltouma (11:39 am)
J’avais reçu, il y a juste un an, un ami français et cela coïncidait avec la fête du mouton au Maroc. Ma femme s’est surpassée en préparant les repas traditionnels, mais le plus intéressant était ce qui est arrivé après. Dans une grande occasion comme celle-là la grande famille se réunit souvent, et il y avait en plus de la mienne celle de ma sœur et la discussion qui s’en est suivie ne fut que plus captivante d’autant plus qu’elle portait sur le web.
 A un moment donné j’étais distancé  n’arrivant plus à suivre les termes techniques et les circuits informationnels  dont ils décortiquaient les composantes à tel point  que j’étais convaincu que que mon expérience est à mettre aux archives. Mais dès qu’ils sont passés aux applications le cumul des années  reprit le dessus et je me suis trouvé seul à monopoliser la parole.
 En  fait ce que j'avais decouvert c'est qu'on parlait de la même chose sauf que les termes et l'approche étaient différents.dans cette nouvelle vision, le monde n'est plus qu'une grande cité où tout le monde peut communiquer sans entraves à condition de laisser de coté les préjugés socio-culturels.
Le  passage de mon ami au sein de ma famille nous a laissé une très bonne impression , mais plus que cela, les idées préconçues furent  dénudés , comme quoi il n’y a que la communication qui aplanit les difficultés!
15/11/2010

Auteur: Keltouma (1:24 pm)

Durant cette période critique, Aicha était restée seule et les  gens étaient sans pitié pour elle supportant mal qu’elle continuât à servir leur église sans partager leurs convictions religieuses.

Après tout, je ne leur en voulais pas tellement puisqu’ils me prenaient pour un voleur, ne  sachant  sûrement pas que j’étais moi-même une victime.

Mais ils ont fini par le savoir puisque  nous étions  invités ma femme  et moi,   à la Mairie de Paris pour le   troisième anniversaire de l’attentat.

Il avait  fallu attendre trois ans jour pour jour pour que Monsieur le Maire se souvienne, que ses bureaux m’étaient toujours ouverts !

Trois malheureuses années où j’avais  faillit  me suicider mille quatre-vingt quinze fois squattant les  stations de métro et  les  bancs de jardins publics !

J’étais devenu un  hominidé,  qui n’avait  sa  place nulle part, et qui était hors du temps et de l’espace, sans passé, sans présent sans avenir et qui n’était que l’ombre de lui-même, n’ayant  pas le droit de rêver, ni même d’espérer. Un sans famille, alors que mes enfants étaient bien vivants,  tout simplement un non-homme.

J’eus très peur lorsque je reçus la convocation de me présenter à la Mairie, mais le large sourire de Mr le Maire,  me rassura quelque peu.

Ce fut  un  très grand bureau, qui me rappela  pourquoi le Maire de Paris disait « mes bureaux », et non mon bureau.

Il parla devant  tous les élus de notre contrée de la fierté à ce que l’un de ses concitoyens soit convié à une si grande cérémonie. Je ne savais pas de qui il parlait, mais dans tout le discours improvisé qui suivait, je n’avais retenu que le mot « concitoyen » qu’il disait chaque fois que yeux se tournaient vers moi. Il résonnait si fort dans ma tête qu’il me couvrit tout le reste, surtout lorsque j’ai compris que le concitoyen était moi. J’avais le sentiment d’être enfin accepté, reconnu,  adopté, pardonné  comme la fois où  Mme Christine m’avait appelé pour lui chercher les cigarettes.... J’eus la même envie de baiser la main de M. Le Maire comme je l’avais maintes fois fait avec ma marraine. J’étais prêt à pardonner à tout le monde, à tirer un trait sur toutes les souffrances du passé, tellement je lui étais redevable de m’avoir reconnu entant que concitoyen !

 C’est magique l’effet d’un bon mot.

Le conseil municipal me consacra même une réunion spéciale et j’eus droit à des excuses, quoiqu’implicites, de la part de certains de nos représentants et nous avons pu déménager dans un petit appartement salubre !

C’était devenu une question d’honneur pour le conseil, me dit l’un de nos honorables représentants qui  craignait surement  la réaction des journalistes s’ils découvraient là où je logeais avec ma famille et comme nous n’étions  pas présentables pour un si grand événement, le conseil  nous alloua une  allocation et mit un véhicule à notre disposition.

 

 

 

Je me suis contenté d’un costume bleu bon marché épargnant   le reste du budget pour les habits traditionnels de ma femme.

 Elle en avait tellement besoin pour redevenir femme, et paraître belle, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie.

Aicha s’était alors déplacée jusqu’à Paris pour se procurer  alors un  « Kaftan »  marocain.

J’étais heureux de porter  ces nouveaux habits  qui me donnaient l’impression de  ressembler au reste des Français, mais le jour des festivités tous les regards étaient portés sur ma femme.

 Elle était resplendissante.

C’est comme s’il ne lui manquait que les habits pour faire éclater toute sa beauté au grand jour,  accompagnant son joli « kaftan » d’une belle coiffure traditionnelle marocaine avec  les cheveux en superposition en haut de la tête.

 

 

J’avais hâte de revoir Mr  le président me répétant mot à mot son petit discours, à la même salle trois ans plutôt ; Malheureusement, il  était  en voyage à l’étranger.

J’en étais quelque peu déçu, mais M. Le Maire de Paris remplissait amplement son rôle d’ôte en nous saluant  un par un, prenant même la peine de baiser la main de ma femme.

Peut être parce qu’elle était différente ou tout simplement plus belle que les autres, mais elle  était  vraiment rayonnante devenant vite le centre d’intérêt de toute cette crème de la société combien même c’était moi l’invité de la soirée.

 

J’étais vraiment aux anges, Aicha me faisait honneur et j’en étais vraiment très fier,  surtout qu’elle était très sollicitée par des  femmes de ministres et autres hautes personnalités qui admiraient sa façon d’expliquer la tradition marocaine avec des mots très recherchées.

Cela ne se voyait pas qu’elle improvisait, et sa connaissance des peintres du moyen âge laissa ces  bonnes femmes ébahies, n’arrivant pas à croire qu’elle  n’avait jamais fréquenté  ni école d’art, ni école tout court.

Nous avons eu droit à une série de  photos avec Monsieur le maire et sa gentille femme, alors que sollicitée par  un  journaliste Aicha avait même donné une interview à un magazine de haute société, où  elle avait  parlé des  traditions marocaines, des habits, du « kaftan », et des menus qu’elle était supposée préparer à la maison.

Très excitée, elle en   profita pour parler de mes souffrances durant les trois ans,  exprimant  clairement  la réaction de mes concitoyens, et la bonté de cœur du père « Jean ».

J’étais à ses côtés et je ne faisais qu’acquiescer,  tellement heureux que le sourire ne  quittait plus  mes lèvres.

L’indigence où nous vécûmes ne  laissa pas  indifférent le journaliste qui profita de l’occasion pour photographier  Aicha de tous les angles, et l’une de ces splendides photos avait fait la couverture du magazine.

 

Drôle de coïncidences,  c’est un peu grâce à cette interview que j’ai pu être indemnisé   par la suite !

Heureusement que ma femme a eu le courage de parler de nos  difficultés, car autrement je n’aurais jamais su que l’Etat payait quelque chose à celui qui perdait  un organe lors d’un attentat terroriste !

Comment aurais-je pu le savoir, alors que j’étais illettré et coupé du reste du monde !

Personne à la mairie ne m’avait dit que j’avais droit à une indemnisation, même pas Monsieur le Maire, qui était beaucoup plus occupé par la main de ma femme que par la mienne.

Peut être qu’il pensait que j’étais déjà indemnisé !  Oui, peut être, mais toujours est-il que les  choses se sont précipitées depuis l’apparition de cette interview.

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