ID Passe
Moi aussi, je veux un Blog : je m'inscris ICI
Menu Principal
Moteur weBlogs
Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Conserver

Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Stats inscriptions
 Inscrits:
  aujourd'hui: 0
  hier: 0
  Auteurs: 220
Dernier: Laetitia80

 En ligne:
  Invités : 0
  Auteurs : 3
  Total: 3
[Détail]
 Infos site

Historique
Di Lu Ma Me Je Ve Sa
29 30 31 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 1 2
Promo


Top-Five !
1 Keltouma 712
2 motpassant 614
3 vilistia 433
4 atanetbout 342
5 lydwine 238
.../...

Telecharger Skype - France , le portail du téléphone gratuit

Noogle, fournisseur de sites web

BLOGs - Articles de Keltouma
 Publier les articles de Keltouma

Catégories


Articles les plus récents
09/11/2011

Auteur: Keltouma (3:08 pm)

 Le privilège de préparer la mariée revenait à  « Nanna » et à ses  lieutenantes  spécialisées  dans l'art du "Henné".

Même si elle était entre des mains expertes, Zahra n’avait  pas  trop besoin de rajouts pour s’ennoblir et  le plaisir qu’avaient  ces dames à la peindre à leur manière, à se surpasser pour se voir dans la plénitude de ses traits, faisaient  qu’elle incarnait la beauté divine..

 La taille  de son  père et les traits de sa mère, étaient un don du ciel, et en dire plus serait blasphémer sur les pouvoirs du tout puissant : « Grâce, Dieu, grâce ; le meilleur des créateurs »,  disaient toutes celles qui la voyaient.

  La  veille  des noces  rappelait  à la fois les traditions oubliées par le temps,  et Zahra savait que c’était  la journée fatidique.

Sa mère lui avait  tout appris  de la vie, sauf ce qui se passait la nuit des noces et elle en était plutôt  anxieuse.

C’est que c'était  un sujet tabou, et dans la pratique c’était souvent une tante ou une cousine plus âgée qui se chargeait  de cette besogne, si les autres  filles n’en parlaient pas entre elles.

  Zahra n’avait  jamais joué ou même parlé avec une autre fille avant sa récente descente à la plaine, et, sentant son désarroi,   "Nanna" crut  bon de lui expliquer ce qui allait  se passer, et ses  lieutenantes  en ergotaient  exagérément  les séquences avec humour.

La jeune mariée   n'en  fut que plus  choquée :   Moussa  allait  la déshabiller et même  la faire saigner.  Non, jamais !

C’était inconcevable,  monstrueux  même !

Ce n'était pas comme cela qu'elle concevait le mariage.

Entre  ses parents il n’y avait qu'une  certaine amitié où jamais, il  n'a été question de se faire saigner.

Elle avait  très peur, et telle une petite fille elle réclama  sa mère avec insistance,  ne voulant   surtout pas que les femmes découvrent que ses  dessous  étaient mouillés.

 Zahra se jeta dans les bras de sa maman  qui la consola lui montrant qu’elle était là pour la protéger  du froid, de la famine des loups et des hommes.
Elle lui transmit l’histoire que sa propre mère lui avait  racontée la veille  de sa nuit de noce : celle d’Adam et d’Eve.

«  Satan avait  montré à Adam ce que Dieu  par pudeur lui avait  cachéC’est que cet organe  est  tellement sacré que Dieu lui même n’osait  pas en parler à celui qu’il avait  crée. C'est de là que sort la vie et c’est la partie interdite de ton corps que seul ton mari peut toucher.

Plusieurs  idées s’interfèrent dans la tête de ce grand bébé qui serait  laissé  cette nuit même entre les mains d’un inconnu.

« Tu pourras  rester à mes cotés lorsque Moussa voudra m’enlever mes habits, j’ai vu ce qu’il a fait à Brahim et j’ai  tellement peur.

Comprenant  l’impact de l’isolement sur l’éducation de  sa fille,  la pauvre dame  fut encline de  lui expliquer calmement et  sans rougir  le procédé d’accouplement.

19/09/2011

Auteur: Keltouma (3:15 pm)

La nuit   se dissipait  en perles de rosée aurorale sur un petit Douar sise aux pieds du  Moyen Atlas.

Deux   rangées d’habitations incolores et non alignées longeant une ruelle  rocailleuse où les ordures  ménagères jonchaient les coins.

Driss enfila des gans en laine, enfourcha sa vieille bicyclette et se laissa  lentement emporter par la descente.

Quelques minutes après,   sa  femme recueillit un jeune homme aux aguets qui  se faufila   furtivement  à l’intérieur.Elle le rejoignit au   matelas encore tiède, déposé à juste le sol, et la   petite   pièce    se réchauffait  aux  souffles des deux amants lorsque  le  refrain des corps fut subitement rompu par la réouverture de la porte en zinc.

D’un pas décidé, Driss   réinvestit la chambre,  récupéra quelques affaires  et   ressortit aussi vite qu’il y était entré.

L’air d'un zèbre recroquevillé nu derrière le métier à tisser,  le soupirant  ne comprit   rien à ce qui venait  de se passer, puisque le  mari l'avait   bien vu et contourné, mais le temps n'étant pas à la cogitation il enfila ses habits  et prit  la tangente.

Le moment de peur passé Zaïna  se martela les cuisses, et  s’envoya    des  soufflets, mais  tant son gosier que ses yeux restèrent secs.

En effet  quelque chose d’inédit venait de se passer, car dans pareils cas le mari trompé s'en prend toujours   à sa femme qui ne peut que se laisser tabasser parfois même jusqu'à  la  mort.

Terrifiée par l’inexplicable attitude de son mari elle tournoyait autour d’elle-même  «  Si on l’avait dépossédé de son vélo il aurait remué ciel et terre mais pour sa femme il ne s’est même pas rebiffé, pas un mot, un geste une insulte une gifle  un "tfou", rien, rien, c'’est  comme si je  ne vaux  même pas  le mérite d'être battue !

                                                  *****

Zaïna  est née dans une  Bourgade  située  à une quarantaine de  kilomètres du petit patelin où son mari l’avait prise en flagrant délit d’infidélité.

Depuis qu'elle avait perdu sa mère à l'âge de  deux ans elle  passait toute sa journée  au Msid où son père  enseignait le coran  aux enfants.

Elle était la seule fille du groupe et en jouant, les garçons la chatouillaient aux parties sensibles de son corps et  cela lui plaisait énormément.

Celui  qui devait veiller sur son éducation était très loin de donner le bon exemple.

Imam et Fkih, il  réservait  ses soins médicaux exclusivement aux femmes se faisant  toujours payer « en nature».

  Zaïna  qui l’assistait souvent croyait   que cela entrait dans le cadre de la médication.

D'ailleurs c'est ce qu'il  lui avait  expliqué  lorsqu'elle l’avait  trouvé couvant  de son pesant  corps une dame toute nue.

Pour lui   tout est le fait des "Ginnes" et comme il maîtrisait   les soixante Hizbes du  livre sacré, personne ne pouvait lui contester l'exclusivité de la science médicinale.

L’oisiveté permettait  aux habitants  de savoir avec exactitude  ce qui se passait  dans le Msid, mais personne n'osait  protester.

Cela ne les empêchait  pas  de se  venger sur  la pauvre Zaïna et  de s'en vanter publiquement.

Tellement occupé à combler les défaillances conjugales de ses voisins, le Fkih  ne s'était rendu compte que Zaïna  avait mûrit  que  le jour ou elle rentra la blouse toute entachée de sang.  le garçon qui l’avait  violée avait   quitté aussitôt le douar et ses parents le suivirent  juste  après de peur d'une terrifiante réprimande.

Heureusement,  elle n'était pas tombée enceinte, et  l'histoire n'a pas eu de suite.

Mais avec le temps d'autres garçons furent tentés et l’adolescente finissait par céder en cachette tout en se faisant payer par des petites pièces, des sucreries ou des œufs sans éveiller les soupçons du Fkih.

Exercice qu'elle réussi avec brio alors que totalement voué à sa mission de guérisseur, Si Moussa ne remarquait toujours rien  et c'est  l'une de ses patientes qui l’en avait informé.

Devenu la risée du douar, l’Imam, qui   ne supportait  plus les clins d'œil durant son prêche du "Joumouaa",   décida alors de marier Zaïna  et il ne pouvait  lui trouver mieux que Driss, l'aide coiffeur, qui venait justement, de perdre sa femme.

La cérémonie n'avait  duré que le temps de lire la " Fatiha" et manger le plat de couscous auquel seuls l'épicier et le coiffeur furent conviés.

En fait, Driss n'a jamais voulu de ce mariage forcé, surtout avec une fille  dont  il connaissait par cœur les passades, mais il   n’osait pas décliner « l’offre » du Fkih  qui, durant deux ans de suite,   soignait  bénévolement  sa défunte  épouse.

Il   s’engagea alors dans une mine à ciel ouvert et loua une maisonnette  comportant un patio et une pièce transformée en chambre à coucher, lieu de la scène d’adultère dont il venait d’être   témoin.
A suivre

18/01/2011

Auteur: Keltouma (10:30 am)

Il  s’est librement immolé

Et le  petit feu-follet

S’est aussitôt envolé

Pour embraser Carthage

Quel courage !

 

Il  s’est librement immolé

Et tel un  feu-follet

Son âme s’est  envolée

Criant 

Assez, assez, assez…..

Il   faut   casser,

Les  chaines du passé.

 

Il s’est immolé

Alors  qu’il voulait

 Seulement  vivre,

Libre…..

Seulement   vendre  sa misère

Sur une charrette en  plein air

Ce n’est pas une perte

Pour Tunis la verte

12/01/2011

Auteur: Keltouma (11:07 am)

Comme je n’avais plus qu’une seule main, et vu mon âge j’avais préféré ne pas apporter de valise.

Je croyais que, comme en France, le Car me déposerait en plein centre et que je n’avais qu’à m’installer dans un hôtel le temps de me reposer avant d’entamer mes recherches.

C’était ma seconde  grande désillusion.

Durant les quatorze heures de trajet je  suffoquais et la sueur  mastiquait  tout mon visage, alors qu’il faisait presque quarante degrés dans un  car non climatisé. De plus au seul café ou nous nous étions arrêtés les toilettes sentaient tellement mauvais que je ne m'y suis même pas hasardé!

Pour boucler la boucle, il  n’y avait pas d’hôtel à la petite  localité loin d’une vingtaine de kilomètres d’Idda Ou Semlal, où le vieux car s’était enfin arrêté en fin d’après-midi.

Comme il n’y avait  pas d’autres moyens de locomotion,  un vieux monsieur me proposa alors de m’emmener sur le dos de sa mule, sur un sinueux chemin montagneux,  moyennant une somme très modique.

Le problème était que la mule n’avait ni scelle, ni rênes, et que j’étais obligé de rester agrippé de ma seule main  à son coup,  durant tout le trajet.

Lorsque je parvins enfin à la tribu, esquinté, affamé, assoiffé et surtout très sale, personne n’avait voulu me parler ! J’ai compris un peu tardivement qu’ils m’avaient pris, avec ma main coupée, pour un…. Mendiant.

Je  passai  toute la nuit accroupi,  près de  la petite mosquée, alors qu’il  faisait très froid, ne ressentant  même plus les parties de mon corps. J’allais y laisser la vie si ce n’est un jeune homme, qui me ramena chez ses parents à sa sortie de la  prière du « Fajr ».

J’eu droit à une bonne soupe bien chaude et un morceau de pain directement sorti  du four en terre battue que sa mère entretenait depuis l’aube.

Il me tardait de voir les premières lueurs  du soleil pour déguerpir,  jurant  de ne plus remettre les pieds dans ce coin de l’enfer.

 

 

Durant ce long trajet de retour  je n’avais pas cessé de penser aux  conséquences de mon acte. Avais-je raison de revenir au pays, mais surtout fallait-il embarquer ma femme et mon fils avec moi dans cette aventure.

 

Je  me suis alors rappelé le geste humble, de ce jeune homme propre, qui faisait sa prière à quatre heures du matin, et je  ne cache pas qu’à ce moment précis  j’avais espéré que ce soit lui mon fils et non Issa que je ne reconnaissais  plus. 

Même si je lui avais préparé toutes les conditions matérielles nécessaires, pour s’intégrer, mon fils ne se retrouvait pas parmi ses semblables marocains, et  faisait souvent allusion à ses difficultés d’adaptation et à l’esprit différent des jeunes de son lycée. 

Il voulait peut être faire autre chose de sa vie,   mais je ne pouvais le laisser seul en France, car nos destinées étaient liées. J’avais toujours à l’esprit, ce que j’avais subi à son âge, et je ne voulais guerre le voir souffrir comme j’avais souffert !

Le directeur m’avait convoqué pour me dire  qu’il  séchait les cours surtout ceux qui se faisaient en  la langue Arabe, mais je savais qu’il n’avait jamais étudié cette langue et je ne pouvais pas lui en vouloir.

Alors il se mit à se  droguer.

Il avait tout pour suivre ce mauvais chemin, puisqu’il était beau, jeune, riche, et naïf, et je savais tout cela, et  sans le vouloir, je l’avais quand même jeté en mer mais  les  vagues l’avaient mené partout sauf là, où je voulais, qu’il arrive.

J’étais le seul à blâmer !

Ce petit voyage dans "mon passé" me rappela  que mon présent n’était peut être pas meilleur, alors que je ne savais même plus qui j’étais réellement ! 

 

Je n’étais  plus  un  français mais pas encore   un marocain, et l’histoire du corbeau qui voulait apprendre à marcher comme la colombe s’appliquait totalement à mon cas.

Cette nuit passée à la « belle étoile » m’avait causé une pneumonie et je toussais tellement ce qui m’avait prévalu une longue   hospitalisation dans une clinique privée !

 

Comme je  ne savais pas que,  même dans une clinique payante,  il fallait quotidiennement  donner un pourboire aux infirmières, je me suis vu traiter avec une indifférence qui frôlait le mépris !

Aicha était dans tous ses états, et  s’était alors mise à protester, acculant le directeur à  intervenir en personne, nous invitant dans son bureau.

Le pauvre avait subit un mauvais quart d’heure combien même que je n’avais même pas prononcé un seul mot. Aicha était la seule à monopoliser la parole usant de termes médicaux spéciaux que je n’avais jamais entendu, discutant  même les frais pour  obtenir une réduction consistante.

 

Le directeur n’en était que plus enchanté  surtout lorsqu’elle reconnut  une toile ayant une grande valeur artistique, bien placée derrière son siège. Ils discutèrent longuement de la peinture et d’une association marocaine de peintres amateurs oubliant même que j’étais là.

Ceci à eut un effet bénéfique sur ma femme qui  sentait qu’elle pouvait encore agir sur son entourage  et elle était tellement contente, qu’elle  m’encouragea à entamer de nouvelles recherches.

« L’être humain devrait persévérer  dans  ses rêves, sinon son passage sur terre serait une  chimère!

 

04/01/2011

Auteur: Keltouma (10:47 am)

La désillusion

 

J’étais parti  pauvre mais entier de corps, et je  suis revenu, nanti, mais physiquement démuni. Une séquelle apparente mais une multitude de cachées.

 

J’étais   venu chercher des  racines qu’un demi-siècle de vie en France n’a  pas pu nous procurer, mais  ce n’était qu’une illusion, car nous eûmes droit à un cadeau d’accueil dès notre descente à l’aéroport de Casablanca.

Par suspicion ou par excès de zèle les douaniers, fouillèrent nos valises de fond en comble.

Nous dûmes, attendre trois heures avant d’être  autorisés  à entrer dans notre  propre pays.

Le chef de sûreté de l'aéroport dut me faire des excuses à peine voilées en m’expliquant le plus naturellement du monde que c’était du au nom porté sur mon passeport.

 

Cette affaire de nom me suivit partout durant mon installation, et   je lisais toujours les mêmes  interrogations sur les yeux de mes interlocuteurs, étant obligé de les convaincre que j’étais bel et bien marocain et musulman avant de conclure toute  transaction.

 

En fin de compte, j’ai dus confier mes actes administratifs à un notaire de renom afin de ne plus subir toutes ces agressions visuelles chaque fois que je présentais mes pièces d’identité.

 Grace à lui j’ai pu acquérir  un petit fonds de commerce sous forme d’une  « droguerie » et une splendide petite villa dans le même quartier.

 

La proximité  me permettait de ne pas trop me déplacer, mais surtout de faire mes cinq prières à la  petite mosquée du quartier.

 

Cela me permit de m’intégrer facilement   dans mon nouveau milieu, trouvant   un réel plaisir à  parler avec tout le monde.

Beaucoup plus que de la simple conversation,  ces discussions me donnaient l’effet de ne plus être ignoré, et j’y  ressentais régénérer ma nature humaine, longtemps enfouis dans les décombres de mes cinquante ans de vie en France.

 

Par  contre chaque  fois que je voulais  me concentrer dans  mes  prières, ou dans l’écoute du prêche du Vendredi,  les  atrocités de mon passé me revenaient à l’esprit, me faisant rappeler que  je n’avais récolté de ce demi-siècle de vie en France, qu’une main amputée et beaucoup de mauvais souvenirs!

Oui ce  mauvais souvenirs qui  ne voulaient pas m’abandonner, me hantant l’esprit à tel point que chaque geste, chaque parole me rappelait un autre que j’avais eu, autre fois, m’empêchant  parfois même de dormir.

C’est dire que je n’avais pas  réellement d’histoire et  que  justement j’étais rentré pour la reconstituer.

 

J’étais  bien respecté par mes voisins qui m’appelaient désormais Si Ali par contre je  ne savais rien sur mon Douar d’origine. 

L’idée d’aller à « Idda ou Semlal »,  me hantait, et je me retrouvais souvent entrain  de mettre au point des scénarios et des suppositions à tel point que c’était devenu notre sujet quotidien, d’autant que je ne savais pas grande chose sur mes origines.

Tout ce qu’il m’a été donné de savoir était que  mon père s’appelait « Hmad Semlali » et que notre Douar se situait en pleine montagne.

Ce n’est pas beaucoup  si l’on tient compte du fait qu’à  l’époque la France était en pleine guerre pacification du pays, et que les sécheresses et les famines avaient provoqué un grand mouvement d’exode.

Pourtant  il suffisait de prendre un car, mais, j’avais peur de faire le premier pas et de  ne rien trouver par la suite.

Ce serait réellement horrible.

Tout ce, pourquoi j’avais déraciné, Aicha, l’être le plus aimé, ne serait qu’un leurre.

 

Celle-ci occupait  plus ou moins son temps en  faisant le tour des Souks et  Kissaria mais ne me semblait  pas épanouie pour autant.

Elle n’était plus la pétillante et juvénile fleur qui semait l’espoir et je regardais impuissant le feu de sa bougie  s’éteindre doucement, alors qu’elle  évoquait presque quotidiennement les déboires de notre fille Zineb.

Pensive et  presque résignée, elle se culpabilisait toujours  alors même qu’elle n’avait aucune part de responsabilité  dans sa fugue.

 

Zineb était le souffre douleur de  ses camarades de classe, qui lui rappelaient souvent qu’elle n’était que la fille de la servante qui lavait le parterre de leur église, et la  pauvre supportait mal l’exclusion du groupe !

Je  me rappelle bien du  jour où je l’avais surprise entrain de sermonner sa mère sur le choix de l’Islam, lui demandant de lui dire ce qu’il avait de plus que le christianisme.

J’avais voulu intervenir, mais moi-même je ne le savais pas.

Alors elle se mit à se droguer, et n'allait que rarement aux cours, et  finit par quitter définitivement le lycée.

.De là à fuguer, il n’y avait qu’un pas à franchir.

J’avais beau lui expliquer que j’étais le seul à blâmer puisque je ne m’occupais presque jamais de ma fille unique, elle ne voulait rien savoir.

En  réalité le milieu ou nous avions vécu et éduqué nos enfants était loin d’être l’idéal, et Zineb n’était autre qu’une  branche détachée  d’un arbre depuis longtemps déraciné.

Non, ma femme Aicha n’a aucune part de responsabilité dans cette fugue, pas plus que  dans celle de ses filles jumelles.

 Il est vrai qu’elle m’avait demandé une fois de l’aider à rechercher ses deux filles, mais j’avais cru qu’elle voulait plutôt, se venger de cette famille qui l’avait déraciné, souillé avant de la chasser, et elle avait fini par céder à mes tergiversations.

 

L’absence de ses trois filles lui avait surement  laissé un vide que toutes les tendresses du monde ne combleraient  jamais.

Au moins là-bas, elle avait l’espoir de les retrouver un jour mais en venant au Maroc, elle avait l’impression de les avoir complètement abandonnées ressentant cela  comme une trahison, dure  à supporter pour une mère. Malgré cela je la trouvais toujours à mon écoute,  ne cessant de m’encourager à entreprendre ce pourquoi j’étais réellement rentré au bercail.

Alors devant mes hésitations et la peur du résultat elle me dit  un soir :

«  Tu es comme un arbre déraciné, alors vas-y, cherche tes racines, encore heureux si tu trouves un bout de terre ou un témoin sur lequel tu peux greffer ton nom ; mais surtout  n’essaye pas de t’y réinstaller, car cela ne servirait pas à grand chose si elles sont   déjà mortes »

 

Cela m’avait encouragé à prendre la  décision d’aller à « Idda Ou Semlale ».

« 1 2 3 (4) 5 6 7 ... 143 »

Copyright © 2016 - Blog-Media - La plateforme multi-blogs du Net