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30/01/2015

Auteur: flotiront (10:54 pm)
C'est une grande tasse de forme arrondie et qui dégage quelque chose de solide, de robuste. Elle affiche une certaine épaisseur et pour un peu atténuer cette évidence, une grande anse lui a été ajoutée. Ses deux extrémités viennent s'appuyer sur sa base et son sommet comme pour la rendre plus désirable.En posant mes yeux sur cette sorte de proéminence, j'ai l'impression d'avoir en face de moi un visage auquel on s'est amusé à lui flanquer deux oreilles distendues et qui nous emmènent tout droit chez certaines tribus avec leurs drôles de coutumes. Elle s'habille d'un blanc couleur lait condensé et laisse apparaître ici et là quelques reflets comme si elle s'amusait avec la lumière de mon plafonnier. Cette tasse possède une âme de musicienne car j'y découvre sur son pourtour un extrait de partition dédié à un grand compositeur qui n'est autre que Mozart. Sa surface est polie, lissée et, au contact de mes doigts, je ne peux m'empêcher de fermer les yeux en m'imaginant sentir sous ceux-ci la peau légère et douce d'un corps de femme offrant toute sa volupté. A sa base figure un mot qui fait sourire dans sa langue originelle et se fait discret, car il faut la retourner pour l'apercevoir.

Elle apprécie toute sorte de breuvage mais est surtout friande de caféine et de théine. Elle se fera toujours la confidente de l'assoiffé de passage qui jettera sur elle un regard plein de complicité.

L'une de ses caractéristiques est de créer un environnement, un décor, une scène, une ambiance qui se veut tantôt discrète, tantôt bruyante, tantôt outrageusement moderne ou carrément campagnarde. Ses acteurs affichent l'étiquette de l'homme ou de la femme d'affaires, de la famille anglaise adepte du After Eight, du paysan avalant goulûment et à grands traits sa dose matinale énergisante, de l'épouse en train de s'évader, de rêvasser ou de se projeter dans ses petites histoires à elle et enfin de ces aventuriers, explorateurs trinquant joyeusement pour fixer dans leur mémoire le défi qu'ils viennent de relever. Mais elle se fait aussi objet d'art, se parant d'un bouquet de fleurs, d'un amalgame de branchage retenu à sa base d'un morceau de tapis de mousse, voire de fruits en papier de Chine. Même les malades l'apprécient pour sa capacité de s'adapter à leur état de santé et elle se fait ingénue, inventive. Elle suscite chez certains une envie de créer une véritable collection de cet objet si banal et vous pouvez admirer chez ces passionnés des modèles sortis tout droit de l'esprit créatif de notre cher homo sapiens. Ils reposent sur des rayonnages ou sont accrochés à un mur comme de véritables trophées de chasse.

Bien plus encore, elle s'est donné au fil des âges des noms aux sons plutôt fantaisistes et étranges : mug, moque, godet.

Soyez d'une grande courtoisie avec elle et sachez l'apprécier, car si vous la blessez, vous risquez de briser son coeur. Pour Madame Tasse, c'est signer son arrêt de mort.
30/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (6:54 pm)

Dégradation de la note de la Russie : analyse de Jacques Sapir- finances Russie OK

Jacques Sapir

Deux événements retiennent aujourd’hui l’attention : l’arrivée de SYRIZA au pouvoir en Grèce, à la suite des élections du 25 janvier, et la nouvelle dégradation de la note de la Russie par l’agence Standard and Poor’s.

En apparence, rien ne relie ces événements. Pourtant, des liens existent dès que l’on accepte de sortir des évidences par trop rabâchées.

La victoire de Syriza

Prenons tout d’abord la victoire, véritablement historique, de SYRIZA en Grèce qui a propulsée son chef, le charismatique Alexis Tsipras sous le feu des projecteurs. Ce parti est en réalité une alliance regroupant des anciens gauchistes, des anciens communistes, des écologistes, et des anciens socialistes. Ce qui a fait le ciment de cette improbable alliance, et qui explique son succès, avec plus de 36% des suffrages exprimés, c’est à la fois le refus d’une austérité meurtrière qui ravage la population grecque depuis 2010 et le refus de la soumission aux injonctions de Bruxelles et de la commission européenne.

La question sociale, pour importante qu’elle soit, n’explique pas tout. Syriza s’est engagé dans un combat pour la souveraineté du peuple grec contre les bureaucrates de Bruxelles et de Francfort, siège de la Banque Centrale Européenne. La désinvolture affichée d’Alexis Tsypras, en veste et sans cravates, symbolise le changement face aux mines compassées et aux stricts costumes trois-pièces des bureaucrates européens. Ce symbole ne s’arrête pas à Athènes.
La victoire de SYRIZA annonce peut-être celle de PODEMOS en Espagne au début de cet automne. Et, tout comme dans SYRIZA, la composante souverainiste est loin d’être négligeable dans PODEMOS, ou encore dans le parti Irlandais qui briguera lui-aussi la victoire au début de 2016, le SIN FEINN.Mais, au-delà du symbole, il y a des actes. Et les premiers actes de Tsypras ont été des signaux très forts envoyés aux autorités de Bruxelles. Tout d’abord, il a constitué son gouvernement en passant une alliance avec le parti des « Grecs Indépendants » ou AN.EL. Beaucoup disent que c’est une alliance hors nature de l’extrême-gauche avec la droite. Mais ce jugement reflète justement leur réduction du combat de SYRIZA à la seule question sociale. Ce qui justifie l’alliance entre SYRIZA et les « Grecs Indépendants », c’est le combat pour la souveraineté. Tsypras, dans son premier discours, a d’ailleurs parlé de l’indépendance retrouvée de son pays face à une Union Européenne décrite ouvertement comme un oppresseur.Le deuxième acte fort du nouveau gouvernement a été de se désolidariser justement de la déclaration de l’UE sur l’Ukraine. Une nouvelle fois, l’UE condamnait la Russie. Tsypras a dit, haut et fort, que la Grèce n’approuvait pas cette déclaration, ni sur le fond ni dans sa forme, car elle avait été prise sans respecter les procédures internes à l’UE. Il est désormais clair que l’UE ne pourra plus raconter n’importe quoi sur la crise ukrainienne. La règle de l’unanimité s’applique encore.Le troisième acte a été la décision du gouvernement, annoncée par le nouveau ministre des Finances M. Varoufakis, de suspendre immédiatement la privatisation du port du Pirée. Cette décision signifie la fin de la mise à l’encan de la Grèce au profit de l’étranger. Ici encore, on retrouve la nécessité d’affirmer la souveraineté de la Grèce.

Une dégradation très politique

Dans le même temps, on apprenait que l’agence de notation Standard and Poor’s avait dégradé la note de la Russie, plaçant cette dernière en catégorie spéculative. Si cela n’avait des conséquences économiques sérieuses quant aux entreprises russes et à leur capacité à emprunter sur les marchés financiers occidentaux, on pourrait rire de cette décision. Quelle « spéculation » y-a-t-il sur un pays dont la dette publique s’élève à 9% du PIB (contre plus de 90% pour celle de la France) et qui prévoit un déficit budgétaire de 1,5% en 2015, quand celui de la France sera largement au-delà des 3%?

Il n’y a aucun risque quant aux finances publiques russes. Il n’y a d’ailleurs pas plus de risques sur les entreprises. On voit donc que seules des raisons politiques peuvent expliquer cette dégradation. D’ailleurs, l’agence chinoise Dragon Global Credit (DGC), au contraire confère à la Russie une excellente note. En fait, cette dégradation apparaît comme une nouvelle étape dans les « sanctions », décidées à Washington et imposées tant aux agences de notation qu’aux pays de l’Union Européenne. Il n’y a aucune rationalité économique derrière cette notation sinon le discrédit politique imposé par les États-Unis sur les marchés vis à vis de la Russie.

Et c’est ici que les deux événements se touchent. Avec l’élection de SYRIZA en Grèce, un grain de sable est en train de se glisser dans la machine européenne aux ordres des États-Unis. Avec la décision d’imposer à Standard and Poor’s la baisse de la note de la Russie, les États-Unis sont probablement allés trop loin. Ils ont déconsidérés le processus de notation des dettes, ce qui va provoquer, à terme, une fragmentation de la finance internationale, et ce qui aura des conséquences désastreuses tant pour le Dollar que pour la puissance financière des États-Unis.

En effet, il ne peut y avoir de marché international des dettes, qu’elles soient privées ou publiques, que si le jugement porté sur ces dernières – jugement certes imparfait, nous le savons depuis la crise des subprimes – est déconnecté de tout aspect politique. En oubliant cela, les États-Unis qui sont jusqu’à maintenant les principaux bénéficiaires de la globalisation financière, se sont tirés une balle dans le pied. La politisation du processus de notation des dettes ne peut qu’aboutir à un doute grandissant sur la nature de ces dettes, et donc à une « dé-globalisation » qui poussera chaque pays à adhérer à des blocs financiers au grès de ces choix politiques.
Athènes et Moscou

Il faut donc voir la victoire de SYRIZA dans son contexte international. Cette victoire est la première pierre apportée au tombeau d’une Europe bureaucratique, confite dans l’austérité, inféodée aux États-Unis. Les déclarations d’Alexis Tsypras sur l’Ukraine en particulier, en témoignent. Dans le même temps, emportés par leur désir de détruire la Russie, les États-Unis ont mis en marche le processus de destruction de la globalisation financière qu’ils avaient construite avec beaucoup de persévérance depuis 1975.

Le fait que ces deux événements se soient produits à quelques heures d’intervalle est important. Il témoigne de ce que nous vivons aujourd’hui un moment où se retournent les grandes tendances du monde. Ce n’est pas le début de la fin comme le disait Churchill, mais la fin du début.

Finances RUSSIE janvier 2015

D’après les horloges de la dette que tout le monde peut consulter en ligne, la dette nationale russe comme pourcentage de son PIB est de 11%. La dette américaine est de 105% du PIB, c’est à dire près de 10 fois supérieure.

Mes co-auteurs Dave Kranzler, John Williams et moi-même ont montré que lorsque mesurée correctement, la dette nationale US a un pourcentage du PIB bien supérieur à ce que dit le chiffre officiel.

La dette nationale russe est de 1645 US$ par habitant, la dette américaine est de 56 952 US$ par habitant.

La dimension de la dette nationale russe est de 235 milliards de dollars. Celle des Etats-Unis est de 18 000 milliards de dollars, c’est à dire 76,6 fois supérieure à la dette russe.

Ramenons ceci en perspective: D’après les horloges de dettes, le PIB américain est de 17 300 milliards de dollars et le PIB russe est de 2 100 milliards de dollars, le PIB US est environ 8 fois supérieur à celui russe, mais la dette nationale américiane est 76,6 fois supérieurs à la dette russe.

Clairement, c’est la note du crédit américain qui aurait dû être dégradé au niveau des poubelles ; mais cela ne peut pas se produire. Quelque agence de notation américaine qui dirait la vérité serait fermée et attaquée en justice. Aucune importance des chefs d’accusation. Les agences de notation seraient coupables d’être anti-américaines, d’être des organisations terroristes comme RT etc… et elles le savent très bien. Ne vous attendez jamais à entendre la vérité des sbires de Wall Street. Ils mentent pour vivre et gagner leur beurre.

D’après ce site internet: http://people.howstuffworks.com/5-uni ... s-debt-holders.htm#page=4 les Etats-Unis doivent à la Russie à compter de Janvier 2013 162,9 milliards de dollars. Comme la dette nationale russe est de 235 milliards de dollars, 69% de la dette russe est couverte par les obligations de la dette des USA envers la Russie.

Si ceci constitue une crise russe, alors je suis Alexandre Le Grand.

Comme la Russie a suffisamment de dollars US en stock pour repayer son entière dette nationale et a toujours quelques centaines de milliards d’excédent en dollars, quel est le problème de la Russie ?


30/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (6:50 pm)

Interview de Bachar el Assad, qui pointe les responsables du djihadisme

Foreign Affair

Traduction : E. D.

© Inconnu

Le président de Syrie a été interrogé par « Foreign Affairs » , une émanation du très influent « Council on Foreign Relations » (CFR). Les questions elles-mêmes mériteraient d’être analysées tant elles sont révélatrices de la mentalité dominatrice et égocentrique américaine. Mais tel n’est pas le sujet de cette traduction.

Voici, ci-dessous, l’essentiel de cette passionnante interview, qui, me semble-t-il, n’est parue nulle part en français. La dureté des questions pourrait surprendre, mais elles permettent au président syrien de démasquer la propagande hostile qui sert de justification à la guerre en désignant les pays qui ne veulent pas que la conférence de Moscou aboutisse.

La France est citée en tête de ces pays. C’est sans doute la raison pour laquelle les médias français sont si discrets sur la position de Damas. Le fait que le Council on Foreign Relation sait, quant à lui, réalisé cette interview, démontrerait peut-être que la position des USA vis-à-vis du régime syrien aurait tendance à être moins obtuse ces derniers temps? Washington semblant s’être finalement rangé à l’idée de la conférence de Moscou… Suite aux attentats islamistes qui ont précédé Noël et à ceux de Paris en janvier, la France est directement impactée par la guerre au Proche-Orient et notamment en Syrie. C’est pourquoi il est si important pour nous Français de connaître les véritables responsables de cette guerre. Parce que les responsables de la guerre en Syrie sont également les premiers responsables des attentats islamistes en France. Bachar el Assad apporte des réponses catégoriques à ce sujet.

Cette interview a été réalisée le 20 janvier dernier par Jonathan Tepperman, rédacteur en chef de Foreign Affairs, alors que le conflit syrien dure maintenant depuis prés de cinq ans. Plus de 200 000 personnes ont été tuées, un million de blessés, et plus de trois millions de Syriens ont fui le pays, selon l’ONU.

A noter que tout au long de cette interview, il n’est jamais question de « Daesh » pour désigner l’État Islamique ; Daesh est une pure invention journalistique française, afin de ne pas employer le terme « islamique ». Ce fait a d’ailleurs été avoué par certains journalistes. C’est le fruit d’une concertation entre les journalistes du système. Il est donc préférable de ne pas rentrer dans ce jeu malsain et artificiel. Car il se poursuit même si depuis les attentats de Paris les autorités françaises se sont vues dans l’obligation d’appeler un chat, un chat et des attentats islamistes, des attentats islamistes.


Ne pensez-vous pas que cette guerre se terminera militairement?

Non, toute guerre se terminera par une solution politique.


Votre pays est de plus en plus divisé en trois : un mini État contrôlé par le gouvernement, un contrôlé par l’EI et Jabhat al-Nusra, et un contrôlé par l’opposition sunnite et kurde plus laïque. Comment pourrez-vous jamais rassemblé la Syrie de nouveau ?

Tout d’abord, cette image n’est pas exacte, parce qu’on ne peut pas parler de mini-Etats sans parler des gens qui vivent dans ces États. Le peuple syrien est toujours uni en Syrie ; il soutient encore le gouvernement. Les factions se déplacent d’un endroit à un autre, elles ne sont pas stables, il n’y a pas de lignes claires de séparation entre les différentes forces. Parfois, elles se mêlent les uns avec les autres. Mais la question principale concerne la population.

La population soutient toujours l’Etat indépendamment du fait qu’elle le soutienne politiquement ou non ; Je veux dire qu’elle soutient l’État en tant que représentant de l’unité de la Syrie. (…)Si vous alliez à Damas actuellement, vous pourriez voir les différentes, disons, couleurs de notre société qui vivent ensemble. Ainsi, les divisions en Syrie ne sont pas sectaires ou ethniques. Et même dans la région kurde dont vous parlez, nous avons deux couleurs différentes: nous avons plus d’ Arabes que de Kurdes. Donc la question ne porte pas sur l’appartenance ethnique, mais sur les factions qui contrôlent certaines zones militairement.
LA SUITE .....


30/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (6:42 pm)

De Bernard Lewis à Pegida : qui tire les ficelles du choc de civilisations ?

Bernard Lewis ne pas rater la biographie….la suite

Pas un lundi ne passe, depuis quelques mois, sans que se déroule dans une grande ville allemande une manifestation de citoyens furieux clamant « nous sommes le peuple ! »

Si bon nombre des manifestants « battent le pavé » pour exprimer leur rejet d’une politique d’affrontement avec la Russie et les politiques d’austérité qu’on lui impose, force est de constater que l’oligarchie financière cherche à se mettre à l’abri de la colère populaire, en la détournant vers les victimes de la crise, notamment les immigrés.

La propagande de guerre à l’encontre du monde entier (même en dehors du monde musulman) ne fait que commencer.


A la tête de cette opération, selon la presse allemande, une équipe plurinationale et anonyme de douze personnes qui pilote le mouvement PEGIDA (Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident), qui cherche à s’implanter dans toute l’Europe. Pour comprendre aujourd’hui l’émergence d’un mouvement de masse synthétique contre « l’islamisation de l’Occident », il faut en identifier la matrice conceptuelle et en retracer l’historique.

Ce qui suit complétera utilement tout ce qu’a pu en dire Jacques Cheminade, lors d’un colloqué organisé par l’Académie géopolitique de Paris à l’Assemblée nationale, où il a identifié les « racines britanniques du terrorisme ».

Car PEGIDA et ses clones ne sont rien d’autre qu’un produit de grande consommation élaboré par le géopoliticien britannique nonagénaire Bernard Lewis.


Bernard Lewis

Né en 1916 à Londres, Lewis est un historien, professeur émérite des études sur le Moyen-Orient à l’université de Princeton, spécialiste de la Turquie, du monde musulman et des interactions entre l’Occident et l’Islam. De citoyenneté britannique à sa naissance, il a aujourd’hui la double nationalité américaine et israélienne.

Lors de la Seconde guerre mondiale, il a d’abord travaillé pour l’Arab Bureau des services secrets britanniques. En tant qu’expert, il s’est ensuite joint au Conseil de sécurité des États-Unis et a été conseiller auprès de Benjamin Netanyahou lorsque ce dernier fut ambassadeur d’Israël à l’ONU. Il a fini par se lier avec la plupart des néo-conservateurs américains et israéliens les plus belliqueux.

Parrain du choc des civilisations

L’œuvre théorique de Bernard Lewis apparaît à l’origine dans le cadre de la Guerre froide, à l’époque d’Eisenhower et de son secrétaire d’État John Foster Dulles. Ce dernier fait l’impasse totale sur la décolonisation. Lorsqu’un pays non-aligné exprime son souhait d’émerger en dehors des deux blocs, Dulles n’y voit qu’une ruse soviétique visant à tromper « le monde libre ».

Après l’abolition de la monarchie en 1953 par Gamal Badel Nasser (1956-1970), un membre des Frères musulmans tente en 1954 d’assassiner Nasser, alors qu’il donne un discours à Alexandrie pour célébrer le retrait des forces britanniques. Et lorsqu’il appelle ouvertement au renversement de la monarchie saoudienne en déclarant que « les Arabes devraient commencer par libérer Riyad avant de libérer Jérusalem », les clignotants s’allument à la City et à Wall Street, où opèrent les représentants de Standard Oil, Shell et ARAMCO.

C’est en 1956, c’est-à-dire après l’affaire de Suez et lorsque plusieurs pays arabes manifestent leur volonté de s’émanciper, comme l’Égypte, de la tutelle coloniale, que Lewis « découvre » le choc des civilisations. Lorsque l’Etat égyptien s’oppose à l’Empire anglo-américain, ce n’est plus, prétend-il, à cause d’un différend politique mais d’une incompatibilité culturelle insurmontable :

Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations.

Si le monde musulman rejette « nos » valeurs, poursuit Lewis, c’est parce qu’il est depuis deux siècles en déclin. Comment expliquer la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 ? Non pas à cause du refus de John Foster Dulles de financer, comme promis, le barrage d’Assouan, mais… de la haine de l’Occident…

Car, cet « Islam affaibli » évoqué par Lewis,

a toujours cherché des appuis pour combattre son ennemi : la démocratie occidentale. Il a d’abord soutenu les puissances de l’Axe (Hitler, Mussolini et le Japon fasciste) contre les Alliés, puis les communistes contre les Etats-Unis : ce qui a abouti à deux désastres…

Le ton est donné : l’Islam, par sa nature même, est l’ennemi à abattre. Alors que bizarrement à la même époque, avec le soutien des Britanniques, Riyad va promouvoir, pour combattre le « panarabisme » de Nasser, le« panislamisme », en organisant en mai 1962 le sommet islamique de la Mecque…

Le Plan Bernard Lewis

Pour empêcher la montée du nationalisme arabe qui mettrait potentiellement en danger les intérêts pétroliers anglo-américains, Lewis envisage toutes les possibilités :

changement de régime, balkanisation des États, réduction de leur population et, si nécessaire, la guerre.

C’est dans cette perspective qu’il faut situer en 1975 la guerre et la partition du Liban envisagée par un adepte de Bernard Lewis à Harvard : Henry Kissinger.

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En 1978, l’Executive Intelligence Review (EIR), la revue fondée par Lyndon LaRouche, révéla l’existence du« plan Bernard Lewis », un plan visant, grâce à des guerres, à balkaniser la région s’étendant du Proche Orient au sous-continent indien dans une myriade de petits états fondés sur des identités tribales et ethniques.

Le Plan prévoyait une guerre entre l’Iran et l’Irak. Lorsque les shah remet en cause les privilèges des groupes pétroliers anglo-américains en Iran, il est remplacé en 1978 par Khomeini, dont les Britanniques espèrent se servir pour accélérer le processus général de dissolution dans la région.

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Zbigniew Bzrezinski

Un document de l’époque précisait : « Les Chiites se dresseront contre les Sunnites et les musulmans modérés contre les groupes fondamentalistes ; des mouvements séparatistes et des entités régionales propres comme le Kurdistan ou le Baloutchistan verront le jour. »

De 1977 à 1981, Bernard Lewis sera le conseiller du Conseil national de sécurité américain que préside alors Zbigniew Brzezinski.

Ce dernier popularisa en 1978 la théorie de « l’arc de crise », théorisée en premier par Bernard Lewis et visant à déstabiliser la Russie et l’Iran, une vision qu’il appliquera ensuite au Caucase dans son livre « Le grand échiquier ».

Guerre d’Irak

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L’ancien vice-président américain Dick Cheney.

Ensuite, dès 1998, Lewis est un des cosignataires d’une lettre envoyée par le soi-disant Comité pour la paix et la sécurité dans le Golfe persique au Président Bill Clinton, lui demandant d’adopter une « stratégie politique et militaire pour renverser Saddam et son régime ». Parmi les autres signataires, on retrouve le noyau dur des néoconservateurs du Project for a New American Century (PNAC), c’est-à-dire, Richard Perle, John Bolton, Donald Rumsfeld, Frank Gaffney, Paul Wolfowitz, William Kristol et Robert Kagan (l’époux de Victoria Nuland).

Après le 11 septembre 2001, c’est le vice-président Dick Cheney qui lui prête l’oreille. Et avant le départ en guerre contre l’Irak, Cheney déclarait lors de l’émission Meet the Press :

J’ai la forte conviction qu’avec des hommes comme Bernard Lewis, une personne qui a étudié cette partie du monde, la riposte forte des Etats-Unis à la terreur et les menaces réussira pleinement à calmer les choses dans cette partie du monde.

Lors d’une cérémonie tenue en son honneur à Tel Aviv en mars 2002, Paul Wolfowitz exprimait sa gratitude à l’égard de Lewis :

Bernard Lewis nous a appris à comprendre l’histoire complexe et importante du Moyen-Orient et à l’utiliser pour nous guider vers la prochaine étape, afin de construire un monde meilleur pour les prochaines générations…

Ainsi, en 2003, c’est Lewis qui convainc l’administration Bush que l’invasion du pays fera naître une aube nouvelle, que les troupes américaines seront accueillies en libératrices et que le Congrès national irakien de son ami M. Ahmed Chalabi, exilé véreux et sans grande influence, reconstruira un nouvel Irak…

Salman Rushdie

Entretemps, en 1988, une autre figure entre en scène. Il s’agit de Salman Rushdie, un Britannique d’origine indienne et auteur des « Versets sataniques », un roman combinant des faits réels et des éléments biographiques de l’auteur avec ceux de la vie du prophète Mohammed.

Officiellement, pour Rushdie, qui ne croit « en aucune entité surnaturelle qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane ou hindoue. », il s’agit plus d’une provocation que d’une insulte. Seulement, le fait qu’il a passé quatre ans de sa vie pour écrire cette œuvre de 500 pages, permet à ses détracteurs de douter qu’il s’agit, contrairement à ses affirmations, d’une simple blague…

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L’auteur des « Versets sataniques », Salman Rushdie, a été décoré du titre de chevalier par la reine Elisabeth II d’Angleterre.

En tout cas, les effets furent explosifs. Le fait que l’Inde, estimant que le livre est« susceptible de provoquer des heurts entre les communautés religieuses » en interdit la diffusion, fait en sorte que les fondamentalistes iraniens et pakistanais découvrent l’existence de ce qu’ils appelleront une « machine de guerre littéraire contre l’Islam ».

Les menaces de mort fusent. L’Université al-Azhar du Caire dénonce le livre et appelle les musulmans britanniques à intenter des actions en justice.

Fin 1988, 7000 personnes manifestent à Manchester et brûlent un exemplaire du livre dont ils exigent l’interdiction. En février 1989, à Islamabad, capitale du Pakistan, une foule en colère d’une dizaine de milliers de personnes tente de prendre d’assaut et d’incendier le Centre culturel américain, exigeant que le livre soit interdit sur le territoire américain.

Le 14 février 1989, à Téhéran, l’ayatollah Khomeini, guide spirituel de la Révolution islamique et du monde chiite iranien publie une fatwa (décret religieux) lançant un appel à tous les musulmans d’exécuter Rushdie, pour des« propos blasphématoires ». [1]

Rushdie, Lewis et leurs maîtres britanniques ont alors de quoi se frotter les mains : les réseaux qu’ils contrôlent dans le monde musulman, comme l’organisation dees Frères Musulmans créée en 1928 par Sir John Glub Pascha (1897-1948), ont pu entraîner les foules musulmanes dans la psychose.

LA SUITE...



30/01/2015
Catégorie: Politique

Auteur: vilistia (6:42 pm)

De Bernard Lewis à Pegida : qui tire les ficelles du choc de civilisations ?

Bernard Lewis ne pas rater la biographie….la suite

Pas un lundi ne passe, depuis quelques mois, sans que se déroule dans une grande ville allemande une manifestation de citoyens furieux clamant « nous sommes le peuple ! »

Si bon nombre des manifestants « battent le pavé » pour exprimer leur rejet d’une politique d’affrontement avec la Russie et les politiques d’austérité qu’on lui impose, force est de constater que l’oligarchie financière cherche à se mettre à l’abri de la colère populaire, en la détournant vers les victimes de la crise, notamment les immigrés.

La propagande de guerre à l’encontre du monde entier (même en dehors du monde musulman) ne fait que commencer.


A la tête de cette opération, selon la presse allemande, une équipe plurinationale et anonyme de douze personnes qui pilote le mouvement PEGIDA (Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident), qui cherche à s’implanter dans toute l’Europe. Pour comprendre aujourd’hui l’émergence d’un mouvement de masse synthétique contre « l’islamisation de l’Occident », il faut en identifier la matrice conceptuelle et en retracer l’historique.

Ce qui suit complétera utilement tout ce qu’a pu en dire Jacques Cheminade, lors d’un colloqué organisé par l’Académie géopolitique de Paris à l’Assemblée nationale, où il a identifié les « racines britanniques du terrorisme ».

Car PEGIDA et ses clones ne sont rien d’autre qu’un produit de grande consommation élaboré par le géopoliticien britannique nonagénaire Bernard Lewis.


Bernard Lewis

Né en 1916 à Londres, Lewis est un historien, professeur émérite des études sur le Moyen-Orient à l’université de Princeton, spécialiste de la Turquie, du monde musulman et des interactions entre l’Occident et l’Islam. De citoyenneté britannique à sa naissance, il a aujourd’hui la double nationalité américaine et israélienne.

Lors de la Seconde guerre mondiale, il a d’abord travaillé pour l’Arab Bureau des services secrets britanniques. En tant qu’expert, il s’est ensuite joint au Conseil de sécurité des États-Unis et a été conseiller auprès de Benjamin Netanyahou lorsque ce dernier fut ambassadeur d’Israël à l’ONU. Il a fini par se lier avec la plupart des néo-conservateurs américains et israéliens les plus belliqueux.

Parrain du choc des civilisations

L’œuvre théorique de Bernard Lewis apparaît à l’origine dans le cadre de la Guerre froide, à l’époque d’Eisenhower et de son secrétaire d’État John Foster Dulles. Ce dernier fait l’impasse totale sur la décolonisation. Lorsqu’un pays non-aligné exprime son souhait d’émerger en dehors des deux blocs, Dulles n’y voit qu’une ruse soviétique visant à tromper « le monde libre ».

Après l’abolition de la monarchie en 1953 par Gamal Badel Nasser (1956-1970), un membre des Frères musulmans tente en 1954 d’assassiner Nasser, alors qu’il donne un discours à Alexandrie pour célébrer le retrait des forces britanniques. Et lorsqu’il appelle ouvertement au renversement de la monarchie saoudienne en déclarant que « les Arabes devraient commencer par libérer Riyad avant de libérer Jérusalem », les clignotants s’allument à la City et à Wall Street, où opèrent les représentants de Standard Oil, Shell et ARAMCO.

C’est en 1956, c’est-à-dire après l’affaire de Suez et lorsque plusieurs pays arabes manifestent leur volonté de s’émanciper, comme l’Égypte, de la tutelle coloniale, que Lewis « découvre » le choc des civilisations. Lorsque l’Etat égyptien s’oppose à l’Empire anglo-américain, ce n’est plus, prétend-il, à cause d’un différend politique mais d’une incompatibilité culturelle insurmontable :

Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations.

Si le monde musulman rejette « nos » valeurs, poursuit Lewis, c’est parce qu’il est depuis deux siècles en déclin. Comment expliquer la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 ? Non pas à cause du refus de John Foster Dulles de financer, comme promis, le barrage d’Assouan, mais… de la haine de l’Occident…

Car, cet « Islam affaibli » évoqué par Lewis,

a toujours cherché des appuis pour combattre son ennemi : la démocratie occidentale. Il a d’abord soutenu les puissances de l’Axe (Hitler, Mussolini et le Japon fasciste) contre les Alliés, puis les communistes contre les Etats-Unis : ce qui a abouti à deux désastres…

Le ton est donné : l’Islam, par sa nature même, est l’ennemi à abattre. Alors que bizarrement à la même époque, avec le soutien des Britanniques, Riyad va promouvoir, pour combattre le « panarabisme » de Nasser, le« panislamisme », en organisant en mai 1962 le sommet islamique de la Mecque…

Le Plan Bernard Lewis

Pour empêcher la montée du nationalisme arabe qui mettrait potentiellement en danger les intérêts pétroliers anglo-américains, Lewis envisage toutes les possibilités :

changement de régime, balkanisation des États, réduction de leur population et, si nécessaire, la guerre.

C’est dans cette perspective qu’il faut situer en 1975 la guerre et la partition du Liban envisagée par un adepte de Bernard Lewis à Harvard : Henry Kissinger.

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En 1978, l’Executive Intelligence Review (EIR), la revue fondée par Lyndon LaRouche, révéla l’existence du« plan Bernard Lewis », un plan visant, grâce à des guerres, à balkaniser la région s’étendant du Proche Orient au sous-continent indien dans une myriade de petits états fondés sur des identités tribales et ethniques.

Le Plan prévoyait une guerre entre l’Iran et l’Irak. Lorsque les shah remet en cause les privilèges des groupes pétroliers anglo-américains en Iran, il est remplacé en 1978 par Khomeini, dont les Britanniques espèrent se servir pour accélérer le processus général de dissolution dans la région.

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Zbigniew Bzrezinski

Un document de l’époque précisait : « Les Chiites se dresseront contre les Sunnites et les musulmans modérés contre les groupes fondamentalistes ; des mouvements séparatistes et des entités régionales propres comme le Kurdistan ou le Baloutchistan verront le jour. »

De 1977 à 1981, Bernard Lewis sera le conseiller du Conseil national de sécurité américain que préside alors Zbigniew Brzezinski.

Ce dernier popularisa en 1978 la théorie de « l’arc de crise », théorisée en premier par Bernard Lewis et visant à déstabiliser la Russie et l’Iran, une vision qu’il appliquera ensuite au Caucase dans son livre « Le grand échiquier ».

Guerre d’Irak

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L’ancien vice-président américain Dick Cheney.

Ensuite, dès 1998, Lewis est un des cosignataires d’une lettre envoyée par le soi-disant Comité pour la paix et la sécurité dans le Golfe persique au Président Bill Clinton, lui demandant d’adopter une « stratégie politique et militaire pour renverser Saddam et son régime ». Parmi les autres signataires, on retrouve le noyau dur des néoconservateurs du Project for a New American Century (PNAC), c’est-à-dire, Richard Perle, John Bolton, Donald Rumsfeld, Frank Gaffney, Paul Wolfowitz, William Kristol et Robert Kagan (l’époux de Victoria Nuland).

Après le 11 septembre 2001, c’est le vice-président Dick Cheney qui lui prête l’oreille. Et avant le départ en guerre contre l’Irak, Cheney déclarait lors de l’émission Meet the Press :

J’ai la forte conviction qu’avec des hommes comme Bernard Lewis, une personne qui a étudié cette partie du monde, la riposte forte des Etats-Unis à la terreur et les menaces réussira pleinement à calmer les choses dans cette partie du monde.

Lors d’une cérémonie tenue en son honneur à Tel Aviv en mars 2002, Paul Wolfowitz exprimait sa gratitude à l’égard de Lewis :

Bernard Lewis nous a appris à comprendre l’histoire complexe et importante du Moyen-Orient et à l’utiliser pour nous guider vers la prochaine étape, afin de construire un monde meilleur pour les prochaines générations…

Ainsi, en 2003, c’est Lewis qui convainc l’administration Bush que l’invasion du pays fera naître une aube nouvelle, que les troupes américaines seront accueillies en libératrices et que le Congrès national irakien de son ami M. Ahmed Chalabi, exilé véreux et sans grande influence, reconstruira un nouvel Irak…

Salman Rushdie

Entretemps, en 1988, une autre figure entre en scène. Il s’agit de Salman Rushdie, un Britannique d’origine indienne et auteur des « Versets sataniques », un roman combinant des faits réels et des éléments biographiques de l’auteur avec ceux de la vie du prophète Mohammed.

Officiellement, pour Rushdie, qui ne croit « en aucune entité surnaturelle qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane ou hindoue. », il s’agit plus d’une provocation que d’une insulte. Seulement, le fait qu’il a passé quatre ans de sa vie pour écrire cette œuvre de 500 pages, permet à ses détracteurs de douter qu’il s’agit, contrairement à ses affirmations, d’une simple blague…

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L’auteur des « Versets sataniques », Salman Rushdie, a été décoré du titre de chevalier par la reine Elisabeth II d’Angleterre.

En tout cas, les effets furent explosifs. Le fait que l’Inde, estimant que le livre est« susceptible de provoquer des heurts entre les communautés religieuses » en interdit la diffusion, fait en sorte que les fondamentalistes iraniens et pakistanais découvrent l’existence de ce qu’ils appelleront une « machine de guerre littéraire contre l’Islam ».

Les menaces de mort fusent. L’Université al-Azhar du Caire dénonce le livre et appelle les musulmans britanniques à intenter des actions en justice.

Fin 1988, 7000 personnes manifestent à Manchester et brûlent un exemplaire du livre dont ils exigent l’interdiction. En février 1989, à Islamabad, capitale du Pakistan, une foule en colère d’une dizaine de milliers de personnes tente de prendre d’assaut et d’incendier le Centre culturel américain, exigeant que le livre soit interdit sur le territoire américain.

Le 14 février 1989, à Téhéran, l’ayatollah Khomeini, guide spirituel de la Révolution islamique et du monde chiite iranien publie une fatwa (décret religieux) lançant un appel à tous les musulmans d’exécuter Rushdie, pour des« propos blasphématoires ». [1]

Rushdie, Lewis et leurs maîtres britanniques ont alors de quoi se frotter les mains : les réseaux qu’ils contrôlent dans le monde musulman, comme l’organisation dees Frères Musulmans créée en 1928 par Sir John Glub Pascha (1897-1948), ont pu entraîner les foules musulmanes dans la psychose.

Samuel Huntington

C’est dans le contexte de l’affaire Rushdie que Bernard Lewis reprend donc de nouveau, en septembre 1990, sa formule choc de « choc des civilisations », dans un article intitulé « Les racines de la rage musulmane »publié par l’Atlantic Monthly.

Il laissera à son élève Samuel Huntington (1927-2008) le soin de la populariser dans son article « Le choc des civilisations », publié en 1993 dans Foreign Affairs. Il s’agit de la revue du Council on Foreign Relations (CFR) de New York, un think-tank où l’oligarchie financière mondiale peaufine ses politiques. La thèse sera publiée sous forme de livre en 1996 et traduite en 37 langues.

Après l’effondrement du système soviétique en 1991, Lewis et Huntington savent bien que le complexe financiaro-militaire a urgemment besoin d’un nouvel ennemi global. Ils vont donc doubler leurs efforts pour diaboliser l’Islam.

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Samuel Huntington, l’auteur du livre Le choc des civilisations et la refonte de l’ordre mondial

Huntington (p. 217) :

Le problème sous-jacent pour l’Occident n’est pas le fondamentalisme. C’est l’Islam, une civilisation différente de gens convaincus de la supériorité de leur culture et obsédés par l’infériorité de leur pouvoir. Ce n’est pas la CIA ou le Pentagone qui posent problème pour l’Islam, mais l’Occident, une civilisation de gens convaincus de l’universalité de leur culture, qui croient que leur pouvoir supérieur, bien qu’en déclin, leur impose l’obligation d’étendre cette culture dans le monde.

Huntington (p. 209) :

Certains occidentaux, comme l’ancien Président Bill Clinton, ont argué que l’Occident n’a pas de problème avec l’Islam, mais seulement avec des extrémistes islamistes violents. Quatorze siècle d’histoire démontrent le contraire (…) L’Islam est la seule civilisation qui a mis en doute la survie de l’Occident, et elle l’a fait au moins deux fois… (…) Les concepts parallèles de jihad et de croisade ne font pas que se ressembler.

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