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04/01/2011
La désillusion

Auteur: Keltouma (10:47 am)

La désillusion

 

J’étais parti  pauvre mais entier de corps, et je  suis revenu, nanti, mais physiquement démuni. Une séquelle apparente mais une multitude de cachées.

 

J’étais   venu chercher des  racines qu’un demi-siècle de vie en France n’a  pas pu nous procurer, mais  ce n’était qu’une illusion, car nous eûmes droit à un cadeau d’accueil dès notre descente à l’aéroport de Casablanca.

Par suspicion ou par excès de zèle les douaniers, fouillèrent nos valises de fond en comble.

Nous dûmes, attendre trois heures avant d’être  autorisés  à entrer dans notre  propre pays.

Le chef de sûreté de l'aéroport dut me faire des excuses à peine voilées en m’expliquant le plus naturellement du monde que c’était du au nom porté sur mon passeport.

 

Cette affaire de nom me suivit partout durant mon installation, et   je lisais toujours les mêmes  interrogations sur les yeux de mes interlocuteurs, étant obligé de les convaincre que j’étais bel et bien marocain et musulman avant de conclure toute  transaction.

 

En fin de compte, j’ai dus confier mes actes administratifs à un notaire de renom afin de ne plus subir toutes ces agressions visuelles chaque fois que je présentais mes pièces d’identité.

 Grace à lui j’ai pu acquérir  un petit fonds de commerce sous forme d’une  « droguerie » et une splendide petite villa dans le même quartier.

 

La proximité  me permettait de ne pas trop me déplacer, mais surtout de faire mes cinq prières à la  petite mosquée du quartier.

 

Cela me permit de m’intégrer facilement   dans mon nouveau milieu, trouvant   un réel plaisir à  parler avec tout le monde.

Beaucoup plus que de la simple conversation,  ces discussions me donnaient l’effet de ne plus être ignoré, et j’y  ressentais régénérer ma nature humaine, longtemps enfouis dans les décombres de mes cinquante ans de vie en France.

 

Par  contre chaque  fois que je voulais  me concentrer dans  mes  prières, ou dans l’écoute du prêche du Vendredi,  les  atrocités de mon passé me revenaient à l’esprit, me faisant rappeler que  je n’avais récolté de ce demi-siècle de vie en France, qu’une main amputée et beaucoup de mauvais souvenirs!

Oui ce  mauvais souvenirs qui  ne voulaient pas m’abandonner, me hantant l’esprit à tel point que chaque geste, chaque parole me rappelait un autre que j’avais eu, autre fois, m’empêchant  parfois même de dormir.

C’est dire que je n’avais pas  réellement d’histoire et  que  justement j’étais rentré pour la reconstituer.

 

J’étais  bien respecté par mes voisins qui m’appelaient désormais Si Ali par contre je  ne savais rien sur mon Douar d’origine. 

L’idée d’aller à « Idda ou Semlal »,  me hantait, et je me retrouvais souvent entrain  de mettre au point des scénarios et des suppositions à tel point que c’était devenu notre sujet quotidien, d’autant que je ne savais pas grande chose sur mes origines.

Tout ce qu’il m’a été donné de savoir était que  mon père s’appelait « Hmad Semlali » et que notre Douar se situait en pleine montagne.

Ce n’est pas beaucoup  si l’on tient compte du fait qu’à  l’époque la France était en pleine guerre pacification du pays, et que les sécheresses et les famines avaient provoqué un grand mouvement d’exode.

Pourtant  il suffisait de prendre un car, mais, j’avais peur de faire le premier pas et de  ne rien trouver par la suite.

Ce serait réellement horrible.

Tout ce, pourquoi j’avais déraciné, Aicha, l’être le plus aimé, ne serait qu’un leurre.

 

Celle-ci occupait  plus ou moins son temps en  faisant le tour des Souks et  Kissaria mais ne me semblait  pas épanouie pour autant.

Elle n’était plus la pétillante et juvénile fleur qui semait l’espoir et je regardais impuissant le feu de sa bougie  s’éteindre doucement, alors qu’elle  évoquait presque quotidiennement les déboires de notre fille Zineb.

Pensive et  presque résignée, elle se culpabilisait toujours  alors même qu’elle n’avait aucune part de responsabilité  dans sa fugue.

 

Zineb était le souffre douleur de  ses camarades de classe, qui lui rappelaient souvent qu’elle n’était que la fille de la servante qui lavait le parterre de leur église, et la  pauvre supportait mal l’exclusion du groupe !

Je  me rappelle bien du  jour où je l’avais surprise entrain de sermonner sa mère sur le choix de l’Islam, lui demandant de lui dire ce qu’il avait de plus que le christianisme.

J’avais voulu intervenir, mais moi-même je ne le savais pas.

Alors elle se mit à se droguer, et n'allait que rarement aux cours, et  finit par quitter définitivement le lycée.

.De là à fuguer, il n’y avait qu’un pas à franchir.

J’avais beau lui expliquer que j’étais le seul à blâmer puisque je ne m’occupais presque jamais de ma fille unique, elle ne voulait rien savoir.

En  réalité le milieu ou nous avions vécu et éduqué nos enfants était loin d’être l’idéal, et Zineb n’était autre qu’une  branche détachée  d’un arbre depuis longtemps déraciné.

Non, ma femme Aicha n’a aucune part de responsabilité dans cette fugue, pas plus que  dans celle de ses filles jumelles.

 Il est vrai qu’elle m’avait demandé une fois de l’aider à rechercher ses deux filles, mais j’avais cru qu’elle voulait plutôt, se venger de cette famille qui l’avait déraciné, souillé avant de la chasser, et elle avait fini par céder à mes tergiversations.

 

L’absence de ses trois filles lui avait surement  laissé un vide que toutes les tendresses du monde ne combleraient  jamais.

Au moins là-bas, elle avait l’espoir de les retrouver un jour mais en venant au Maroc, elle avait l’impression de les avoir complètement abandonnées ressentant cela  comme une trahison, dure  à supporter pour une mère. Malgré cela je la trouvais toujours à mon écoute,  ne cessant de m’encourager à entreprendre ce pourquoi j’étais réellement rentré au bercail.

Alors devant mes hésitations et la peur du résultat elle me dit  un soir :

«  Tu es comme un arbre déraciné, alors vas-y, cherche tes racines, encore heureux si tu trouves un bout de terre ou un témoin sur lequel tu peux greffer ton nom ; mais surtout  n’essaye pas de t’y réinstaller, car cela ne servirait pas à grand chose si elles sont   déjà mortes »

 

Cela m’avait encouragé à prendre la  décision d’aller à « Idda Ou Semlale ».

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